Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira: Voici le chemin, marchez-y!
Is 30,20
"L'Esprit du Seigneur empli l'univers" chantons-nous à la messe comment maintenir une telle affirmation en posant son regard autour de soi ? et dans nos propres consciences, nous sentons-nous atteints et emplis par l'Esprit de Dieu ?
Dans son livre sur "le Temps dans la vie morale" Mme Amado-Valensin écrit "L'Esprit de Dieu n'a pas quitté le monde : "lui aussi s'est fait chair" c'est-à-dire qu'il s'y est aveuglé, assoupi, mais qu'il s'y enracine comme une promesse...C'est une germination... la chair - de l'homme - peut faire éclore le germe qu'elle contient" (p.55)
Oui l'Esprit de Dieu remplit l'univers, mais comme une naissance, difficile, redoutée autant qu'attendue... Dans le climat souvent morose de nos sociétés malades pour qui le seul remède est le plus d'argent de la croissance économique comment dire avec saint-John Perse à propos de la Vision d'Ezéchiel "J'entends croître les os d'un nouvel âge de la terre ?" d'où viendront les quatre vents porteurs de l'Esprit pour redresser et grandir notre humanité ?
Départs... Envois. Lisez ce que nous dit de ce temps entre Ascension et Pentecôte, ce moine d'Occident pétri de Bible et de tradition juive.

La Pentecôte signifie que la religion du Père et la religion du Fils doivent s'accomplir dans la religion de l'Esprit, que Dieu n'est plus dans le ciel, qu'il est dans la société et dans la communication des hommes, partout où des hommes s'assemblent en son nom.
Maurice MERLEAU-PONTY (1908-1961), Sens et Non-sens, Foi et bonne Foi, Nagel, 1948.

Tu viens déranger,
vent de l'Esprit.
Tu es l'ailleurs qui est en nous.
Tu es le souffle qui anime et toujours échappe.
Tu es le feu qui brûle pour illuminer.
A travers les siècles et les foules
tu cours comme un rire
pour faire pâlir les prétentions des hommes.
Car tu es l'invisible témoin
de l'Avenir de tous les avenirs. Tu es pauvre
comme l'Amour,
c'est pourquoi tu aimes rassembler pour créer.
Oh ! brise et tempête
de Dieu !