Le temps et les fêtes

 

 

 

Prière composée par le pape Jean Paul II à l’initiative de M. Steven Goldstein ;elle a été lue par lui lors de sa visite à l’Umschlagplatz à Varsovie, le 11 juin 2001, lors de son voyage en Pologne.

Texte français dans  La Croix, 14 juin 2001

 

 

Dieu d’Abraham,

Dieu des prophètes,

Dieu de Jésus-Christ

 

En Toi tout est contenu ;

Vers Toi tout se dirige ;

Tu es le terme de tout.

 

Exauce notre prière à l’intention du peuple juif, qu’en raison de ses Pères, Tu continues de chérir.

Suscite en lui le désir toujours plus vif de pénétrer profondément Ta vérité et Ton amour.

 

Assiste-le pour que dans ses efforts pour la paix et la justice, il soit soutenu dans sa grande mission de révélation au monde de ta bénédiction.

 

Qu’il rencontre respect et amour chez ceux qui ne comprennent pas encore ses souffrances, comme chez ceux qui compatissent aux blessures profondes qui lui ont été infligées, avec le sentiment du respect mutuel des uns avec les autres.

 

Souviens-Toi des générations nouvelles, des jeunes et des enfants : qu’ils persistent dans la fidélité envers Toi, dans ce qui constitue l’exceptionnel mystère de leur vocation. Inspire-les pour que l’humanité comprenne par leurs témoignages que tous les peuples ont une seule origine et une seule fin : Dieu, dont le dessein de Salut s’étend à tous les hommes.

Amen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEFENSE   DU   PHARISIEN

 

   Le pharisien a mauvaise presse parmi les chrétiens. On fait son procès dans toutes les églises. Et comment ne pas être ébranlé après le réquisitoire du Christ lançant la série impressionnante de ses invectives : «  Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! » (surtout dans Mt ch.23). Avec l’appui d’une telle autorité, il a été facile au cours des siècles de déduire que tous les pharisiens étaient des hypocrites. C’est ainsi qu’on entretient encore l’antisémitisme ; et l’insulte morale est d’autant plus blessante pour les juifs qu’ils se reconnaissent comme les héritiers spirituels des pharisiens.

 

    A vrai dire, ce sont les rédacteurs des Evangiles qui ont été sévères à l’égard des pharisiens jusqu’à être injustes en généralisant à outrance. Il faut y voir le reflet des premiers conflits entre les communautés chrétienne et juive à l’époque où le judaïsme était sous l’obédience pharisienne. Condamner en bloc les pharisiens  c’est faire injure à d’authentiques amis de Jésus comme Nicodème (cf. Jean 3,2) ; 7,50-51 ; 19,39), comme Simon qui l’invite à table (Luc 7,36). L’apôtre Paul était fier de son identité pharisienne (Act. 23,6 ; 26,5) et de tout ce qu’il devait à sa formation pharisienne «  aux pieds de Gamaliel » (Act .22, 3) qui a pris courageusement position en faveur des Apôtres (Act. 5,39).
A travers la schématisation abusive des Evangiles, il suffit de reconnaître que le Christ a condamné, non pas la famille spirituelle qu’André Neher appelle le «  pharisianisme », mais le pharisaïsme, c’est - à – dire le danger permanent qui menace tout être religieux lorsqu’il lie la quête de Dieu à ses propres performances dans l’application de la Loi.

 

     Les vrais pharisiens sont aussi énergiques que le Christ pour condamner l’hypocrisie et le légalisme ; les textes talmudiques issus de leur milieu en témoignent clairement. Grâce à eux, le judaïsme s’est maintenu sans faiblir à travers deux mille ans d’exil, de persécution, de dispersion. Bien plus, le message évangélique a hérité des doctrines fondamentales qui nous viennent des pharisiens comme la croyance en la résurrection des morts. Nous leur devons l’idée d’un peuple entier «  peuple de prêtres » exigeant de chacun une vie de service dans des relations personnelles qui ont révélé peu à peu le visage de Dieu-Père. Nous leur devons le sens d’une Parole de Dieu reçue et interprétée au sein d’une tradition vivante. Nous leur devons une tendresse joyeuse pour la Loi qui, loin d’opprimer l’homme, structure son existence quotidienne (cf. Ps 118)

 

     J’arrête là une plaidoirie que j’ai rédigée après un long examen d’un dossier complexe. Je n’ai pas voulu tracer un portrait idéal du pharisien, mais avant tout effacer un portrait injuste et faux : l’enjeu est important pour l’histoire et pour le temps présent. Nous qui avons un faible pour le publicain de la parabole, pourquoi ne chercherions-nous pas aussi à prier comme le pharisien, le vrai, le pharisien inconnu mais qui fut légion ? Je suis sûr que le Christ lui-même nous y engage !

                                             

2 mars 1980    Roger Etchegaray

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que Le Nom du Seigneur soit glorifié et sanctifié dans ce monde qu'il a créé selon sa volonté. Amen.

 

Que son règne vienne

Bientôt et de nos jours

Et du vivant de toute la maison d'Israël. Amen.

 

Que le Nom glorieux du Tout-puissant Soit loué à jamais. Amen.

 

Qu'il soit béni, loué, célébré,

Exalté, adoré, vénéré, glorifié, Le Nom Saint, béni soit-il, au-dessus de toute bénédiction,

De tous cantiques, de toutes louanges,

Qui peuvent être exprimés en ce monde. Amen !

 

Que les prières et les supplications

De tout Israël

Soient exaucées par leur Père du Ciel. Amen.

 

Qu'une paix profonde émane du ciel

Et qu'une vie pleinement heureuse

Soit notre partage et celui de tout Israël. Amen.

 

Que celui qui établit la paix dans les cieux Répande la paix sur nous Et sur tout le peuple. Amen.

 

(Prière juive dans le Kaddish)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HEUREUX LES COEURS PURS

 

Un Rabbi renommé fut un jour sidéré en entendant quelqu'un prier. Non seulement ce que disait l'homme était absurde, par surcroît il insultait Dieu !

- Laisse-moi m'approcher de toi, mon Dieu, implorait l'homme. Je promets de laver ton corps quand il sera sale. Si tu as des poux je t'en débarrasserai. Je suis cordonnier de métier, je te confectionnerai de belles chaussures. Personne ne prend soin de toi, mon Dieu.

Moi je te servirai ! Quand tu seras malade je te soignerai et t'apporterai un remède. J'ajoute que je suis plutôt bon cuisinier.

Le Rabbi n'y tint plus.

- Tais-toi ': cria-t-il. Arrête de débiter des sornettes. Te rends-tu compte de ce que tu dis ? Dieu at-il des poux ? Ses vêtements sont-ils sales ? A-t-il besoin de toi pour se nourrir ? Qui t'a appris cette prière blasphématoire ?

- Personne, répondit l'homme. Je suis pauvre et ignorant, on ne m'a rien enseigné. Je ne parle que de ce que ,je connais. Les poux m'accablent, alors je me dis qu'ils doivent aussi déranger Dieu. Ce que je mange n'est pas très bon, cela me donne des aigreurs. Dieu en souffre peut-être aussi. J'ai pris mes propres expériences pour en Caire une prière. Mais si tu peux m'apprendre quelque chose de mieux, je t'en serai reconnaissant.

Le Rabbi lui enseigna une belle prière. L'homme s'inclina devant lui et le remercia, le coeur débordant de gratitude. Le Maître était très satisfait, convaincu d'avoir accompli une bonne action. Il leva les yeux au ciel pour voir si Dieu était content de lui. Or Dieu était furieux !

- Je t'ai donné pour mission d'amener les gens vers moi, tonna-t-il, et voici que tu éloignes un de mes meilleurs dévots. Ce que tu lui as appris n'est pas une prière. La prière n'a rien à voir avec la Loi, elle est amour, L'amour est sa propre loi, il ne lui en faut aucune autre.

 

Midrash juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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