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2
décembre 2007
1er
dimanche
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Vision
d’Isaïe, fils d’Amoz, au sujet de Juda et de Jérusalem.
Il arrivera
dans la suite des temp
que la
montagne de la Maison du Seigneur
sera établie
en tête des montagnes
et s’élèvera
au-dessus des collines.
Alors toutes
les nations afflueront vers elle,
alors
viendront des peuples nombreux qui diront :
« Venez,
montons à la montagne du Seigneur,
à la Maison
du Dieu de Jacob,
qu’Il nous
enseigne ses voies
et que nous
suivions ses sentiers. »
Car de Sion
vient la Thora
et de
Jérusalem la parole du Seigneur.
Il jugera
entre les nations,
Il sera
l’arbitre de peuples nombreux.
Ils briseront
leurs épées pour en faire des socs
et leurs
lances pour en faire des serpes.
On ne lèvera
plus l’épée nation contre nation,
on
n’apprendra plus à faire la guerre.
Maison de
Jacob, allons, marchons à la lumière du Seigneur
1. Nous
commençons le temps de l’Avent, un temps d’attente, un temps d’attente
passive?
Au contraire,
ce texte nous présente beaucoup de mouvement :
« Toutes les nations afflueront » vers Sion, « des peuples nombreux ». Et
ils le font volontairement, sans contrainte. Tout ce passage est plein de
verbes de mouvement : venez, montons, suivre, allons, marchons. Quel
dynamisme ! Ceux qui cherchent Dieu et sa Thora doivent se mettre en route
(comme Abraham dont l’histoire commence avec l’appel : « lech l’chá » et
comme le peuple Israël qui doit partir d’Egypte).
Et avant de
commencer leur voyage les peuples connaissent le but de celui-ce en toute
clarté : pour apprendre la Thora ! Selon les commentaires juifs il ne s’agit
pas d’une conversion mais d’une étude de la Thora, apprendre, poser des
questions et après va suivre l’adoration du Dieu d’Israël. Et à la fin ils
diront « non » aux idoles comme le décrit Isaïe (2,20) : en ce jour-là
l’homme jettera aux taupes et aux chauves-souris ses faux dieux d’argent et
ses faux dieux d’or, ceux qu’on lui a fabriqués pour qu’il les adore. (An
jenem Tag schleudert der Mensch fort die Gottnichtse seines Silbers, die
Gottnichtse seines Goldes, die man ihm machte…..)
Et les peuples ne seront pas déçus, car ils veulent apprendre la justice,
ils auront de la justice. Dieu est juge et arbitre entre les nations et la
Thora règlera toutes les relations entre les peuples. Le résultat immédiat
de cette intervention de Dieu est la volonté des peuples de renoncer à
l’option de la guerre, d’opter pour les négociations. D’abord il faut
désarmer et détruire les armes existantes. Ce qui est remarquable : désarmer
devient adapter (abrüsten wird zu umrüsten), les instruments de la mort
deviennent des instruments de la vie ! Le même matériel est utilisé une
deuxième fois, parce que le métal est précieux, mais aussi comme signe de
réorientation fondamentale. La recherche et la technique n’ont plus pour but
d’inventer des armes de destruction de plus en plus mortelle mais d’inventer
et de produire des moyens pour avancer la vie. C’est le signe des temps
messianiques. Maimonides dit à ce sujet (Hilchót m’lachím, XII, 2) :
Les sages enseignaient (b.B’rachót, 34 b) : La seule différence entre les
temps-ci (ha’olám hasé) et les temps du Messie (j’mót hamaschiach) est
l’oppression des peuples.
Et Dieu crée le
tout nouveau, la paix universelle, quand les hommes sont prêts et ouvrent
leur coeur à Sa Thora. L’initiative humaine ne doit pas manquer si quelque
chose doit changer sur cette terre. C’est pourquoi tous ces verbes de
mouvement sont tellement importants. Ce n’est pas le créateur qui a produit
le désordre sur terre, c’est la créature humaine, et c’est l’être humain qui
doit faire le premier pas vers un nouvel ordre.
2. En Allemagne
il existe une histoire collective avec ces paroles d’Isaïe : Pendant les
années 80, quand la RDA était déjà en train de s’effondrer, un tout petit
morceau d’étoffe, rond, blanc, porté par des jeunes – de temps en temps
chrétiens – mais toujours en opposition et engagés dans des mouvements de
paix – devenait le symbole de la résistance possible. Il y’avait marqué
dessus : épées pour faire des socs (Schwerter zu Pflugscharen). Ceux qui
portaient cette étiquette ouvertement, et ce n’étaient pas peu, risquaient
arrestation, problèmes à l’école et au travail ou même l’interdiction par la
« police de transport » de prendre le train !
L’histoire a
continué, la RDA a disparu de la carte politique d’Europe et sa disparition
paisible a été scandé par deux paroles du peuple : « Nous sommes le peuple !
» et « Pas de violence ! » entendues à Rostock, à Leipzig, à Dresde.
Une grande
espérance pour ce monde déchiré, la Guerre Froide passée, pas de guerre
chaude, désarmement des deux cotés, espoir pour un nouvel ordre du monde qui
semblait si proche !
Beaucoup de
temps a passé, 18 ans. Nous savons qu’il y a eu des changements étonnants,
mais aussi des guerres, même en Europe, des guerres civiles, de nouveaux
conflits, qui nous touchent directement ou indirectement. La réalisation de
la vision d’Isaïe semble si loin. C’est vrai en regardant notre monde
d’aujourd’hui, ce n’est pas vrai dans le message du prophète. Il ne dit pas
: brisez les épées pour en faire des socs et vous aurez la paix, Isaïe est
plus réaliste. Il ne présente pas un paradis de paix, sans conflits. Mais il
présente la vision d’un monde qui résout ses problèmes d’une autre manière :
des négociations, exerçant la justice ! Un jour les nations chercheront un
arbitre juste qui va écouter et juger avec de la justice. C’est le Dieu de
Jacob qui va les enseigner Ses voies. Et après ce modèle alternatif de
résoudre les conflits suit la phrase si fameuse des épées et des socs.
«Le fruit de
la justice sera la paix » (Isaïe 32,17) Autrement dit, sans justice la paix
n’est pas une paix mais l’absence temporaire de violence.
Si la vraie
paix est le fruit de la justice, d’un ordre juste du monde avec une
distribution juste des chances et des risques, des biens, des valeurs, si
c’est comme ça, nous en sommes très loin. Mais Isaïe ne permet pas de
résignation. Il ne promet rien pour tout de suite mais un chemin vers un but
qui est clair :
« Marchons à la lumière du Seigneur «. Tout les petits pas peuvent nous
sembler lents et pénibles, mais ce cela notre tache et notre travail. Et le
jour viendra, Isaïe en était convaincu, Jésus et nous aussi. Le jour du
Seigneur viendra, Dieu merci !
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9 décembre 2007
2ème dimanche de l’Avent… |
.
Les textes de ce dimanche nous présentent le Messie
qui viendra établir la justice sur la terre. Au temps d’Isaïe la classe des
puissants écrasait les petits et les humbles.
« Malheur ! ceux-ci joignent maison à maison, champ
à champ
jusqu’à prendre toute la place
et à demeurer seuls au milieu du pays » 5,8
Déjà Amos avait stigmatisé les grands :
« ils ont vendu le juste pour de l’argent
et le pauvre pour une paire de sandales
... ils sont avides de voir la poussière du sol sur
la tête des indigents
et ils détournent les ressources des humbles »
2, 6-7
Face à ce
monde de violence Isaïe annonce une immense espérance. Dieu est toujours
celui qui voit « la misère de son peuple... qui l’entend crier. Il
connaît ses souffrances ». Ex. 3,7
Voici qu’il va intervenir. Alors qu’il n’y aura plus
de roi dans la famille de David, un Messie viendra. Il sera rempli de
l’Esprit du Seigneur.
« Il ne jugera pas d’après les apparences.
Il ne tranchera pas d’après ce qu’il entendra. Il
jugera les petits avec justice.
Il tranchera avec droiture en faveur des pauvres
du pays. »
Il jugera équitablement. Habituellement les grands
échappent toujours à la justice. Mais l’envoyé de Dieu triomphera du mal du
monde.
C’est un peu les accents du Magnificat qu’on entend
dans cette prophétie :
« Il a élevé les humbles. Les affamés il les a
comblés de biens et les riches il les a renvoyés les mains vides ». Lc
1,52
Parce que la justice régnera la paix s’étendra :
« Justice et paix s’embrassent »
chante le psaume 84. La justice supprimera les
antagonismes de la nature. Actuellement « la nature gémit en travail
d’enfantement » Rom. 8,22
Avec la venue du Messie tous les êtres seront
réconciliés. Le bien s’étendra partout. Pour que cette vision d’un monde
nouveau se réalise le psalmiste adresse cette prière à Adonaï : qu’Il
donne « la justice à ce fils de roi pour qu’il puisse juger le peuple avec
justice, qu’il fasse droit aux malheureux. »
Salomon avait prié pour que Dieu lui donne
« l’entendement pour gouverner son peuple, pour
discerner le bien du mal » I Rs 3,9
Maintenant c’est tout le peuple qui prie son Seigneur
pour que règne la justice. Le rois messie ne sera qu’un instrument dans la
main de Dieu. Il agira sous son étroite dépendance pour que Adonaï lui
inspire ce qu’il devra faire. Cette justice et cette paix qui régneront
s’étendront jusqu’aux extrémités de la terre.
Il n’y aura plus de « pauvres aux abois » plus
de « malheureux sans recours car ce roi messie prendra souci du faible et
du pauvre dont il sauvera la vie ».
Ainsi se réalisera le grand rêve de paix et de justice
qui habite le cœur de tout homme. Cette ère de bonheur de viendra pas
miraculeusement. Chaque homme est appelé à vivre cet idéal dans sa propre
vie afin que peu à peu il se réalise dans toute l’humanité.
Des siècles après Isaïe et le psalmiste du psaume 72,
Jean Baptiste interpelle ceux qui l’écoutent :
« Convertissez-vous car le royaume des
cieux est là » Mt 3,1
Il n’est plus question seulement de défendre le pauvre
et le petit mais de pratiquer une justice intérieure, de « s’ajuster » à
Dieu. Il ne s’agit pas de pratiquer la loi pour la pratiquer, de se croire
sauvé parce qu’on est fils d’Abraham, mais de porter du fruit comme Jésus le
désire et « un fruit qui demeure ». Jn 15, 16
Comment portez du fruit ? Jean Baptiste nous parle de
la cognée qui se trouve à la racine des arbres :
« Tout arbre qui ne produit pas de bons
fruits va être coupé et jeté au feu ».
Jésus dans l’évangile de Jean nous dit que le Père est
le vigneron et qu’il va émonder le sarment afin qu’il produise davantage de
fruits.
« Déjà vous êtes émondés par la parole
que je vous ai dite » Jn 15, 3
Comment se convertir sinon en étant ouverture à la
parole et en la mettant en pratique.
Jean Baptiste nous présente le Messie comme celui qui
va juger entre ceux qui accepteront sa parole et ceux qui la refuseront.
« Vivante est la parole de Dieu,
énergique et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle
pénètre jusqu’à diviser âme et esprit, articulations et moelles » Héb.
3, 12
Se convertir, c’est se laisser façonner par la parole.
Alors avec un cœur humble et aimant on se rend capable d’accueillir Celui
qui va venir et qui « baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ».
Ainsi se réalisera la prophétie d’Ezéchiel :
« Je mettrai en vous mon propre esprit,
je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes »
36, 27
Déjà à son baptême, l’Esprit Saint descend sur Jésus
et met en communication le Père et le fils. Jésus est parfaitement
« ajusté » à son Père et rempli de l’Esprit Saint il peut révéler quel souci
de justice l’habite. « Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les
pécheurs » Mt 9, 13
Jacqueline et la communauté de Lorgues
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16 décembre 2007
3ème dimanche de l’Avent… |
Les trois lectures Isaïe
35, Jacques 5,7 -10 et Matthieu 11,2 – 11
ont comme thème commun l’annonce de
l’avènement du Seigneur et les signes qui l’accompagnent.
Chez Isaïe
ce message est encadré par un vocabulaire de joie et d’exultation exubérante
(vv.1-2, v.6, v.10) et illustré par les signes d’une nouvelle création qui
touchent la nature et les hommes : le désert fleurissant (vv.1-2), les eaux
jaillissantes dans le pays de la soif (vv.6b-7), le rétablissement des
handicapés.
« Voici votre Dieu.
C’est la vengeance
qui viendra, la récompense de Dieu. C’est Lui qui viendra vous sauver. »
Jacques
parle de la Parousie (Présence) du Christ (v.7 et v.8), qui n’est
pas réservé à la fin du temps mais est devenu proche. Les images de
la pluie qui rend la terre fructifiant (V.7) et du juge qui se tient devant
la porte (V.9) ont des correspondances dans le texte du Prophète.
Dans l’Évangile
Jean Baptiste exprime son attente sous forme de
question et doute :
Es-tu celui qui est en train de venir (le Venant – participe présent!)
ou devons-nous attendre un autre? Jésus donne la réponse en
se référant aux signes qui sont ses œuvres et qui reprennent en partie les
signes de l’avènement de Dieu en Isaie 35. Il ajoute des autres et les
résume dans l’Evangile, la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres.
Lié à l’avènement est
aussi le motif du chemin dans la première et la troisième
lecture : une chaussée qu’il faut préparer, une voie sacrée où ni l’impur ni
l’impie y passera et où les bêtes féroces ne rendent plus dangereux le
voyage vers le Royaume des Cieux. (Is.35, 8-10 et Mt.11, 10-11)
Je crois qu´il n’est pas
difficile à reconnaître notre monde et la situation de notre vie personnelle
dans se trois textes. Ils nous interpellent sur notre qualité d’attente.
Pendant l’année de
renouvellement de notre vie consacrée à Sion c’est une question importante à
poser. Notre foi, notre espérance et notre amour de Dieu et de nos prochains
sont impliqués.
Je voudrais ici tirer
notre attention sur deux aspects : la joie et la
patience, plutôt la longanimité ou le longue souffle, qui chez
Paul aux Galates 5,22 sont énumérés parmi les dons de
l’Esprit, mais qui supposent aussi un effort humain et une force
intérieure.
« Fortifiez les mains
affaiblies, affermissez les genoux chancelants », dit le Prophète
à ceux qui sont bouleversés dans leur cœurs: « Soyez forts, ne craignez
pas. » (vv.3-4) Cela veut dire qu’il faut un effort de l’être humain
entier pour combattre la peur et l’angoisse.
De même Jacques
avertit ses lecteurs « Affermissez vos cœurs » (v.8) et les
encourage à la longanimité: deux fois sous forme d’un impératif (v.7 v.8,
en grec makrothymesate – une exhortation très forte) et une fois il
emploie le substantif makrothymía : « Prenez pour modèles de souffrance
et de patience/longanimité les prophètes » (v.10). Trois fois les
« frères » - et sûrement aussi les sœurs – sont appelés, il y a donc une
insistance!
Qu’ est-ce que veut dire
la longanimité ? C´est d’abord un attribut de Dieu qu’il faut imiter et qui
est étroitement lié à la miséricorde de Dieu. Dieu peut attendre jusqu’ au
moment du jugement pour donner au pécheur la chance de se convertir et pour
le sauver. (cf. les nombreux textes de l’Ancien Testament dérivés du lieu
cardinal de l’Exode 34,4-6). L’homme exerce cette qualité vis-à-vis de Dieu
en développant une attente active qui surmonte les épreuves de son angoisse
et ses souffrances, et vis-à-vis des hommes en supportant chaque jour les
défauts des autres dans la douceur et la charité : « Ne plaignez pas les
uns des autres, afin de n’être pas jugés » (Jc. 5,9)
Je crois, qu’il faut
relire ces textes plusieurs fois pour laisser entrer en soi-même le rythme
et d’en dégager les appels pour la vie quotidienne, personnelle et
communautaire:
-
découvrir les petites
joies de chaque jour et remercier et louer Dieu
-
prier le Saint Esprit
pour une fidélité joyeuse et la résistance contre la plainte
-
encourager les signes
de vie autour de moi, donner l’espace à la créativité des autres
-
s’engager dans les
«œuvres du Christ» avec des yeux et oreilles ouvertes selon ma capacité
-
prière universelle
pour le monde et intercession pour ceux qui d’en ont besoin le plus.
-
Soeur Clemens Maria, communauté de Halle
ce qui signifie dans la Bible le rétablissement de la justice |
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23 décembre 2007
4ème dimanche |
Is
7,10-16, Ps 23, Rm 1,1-7, Mt
1,18-24
La première lecture de
ce dimanche parle d’un signe. Le prophète Isaïe va trouver Achaz pour
l’aider de ses conseils parce que les ennemis sont près des murs de
Jérusalem.
Isaïe essaie de ranimer
le courage d’Achaz et de le convaincre d’avoir confiance en Dieu. Mais Achaz
ne veut pas écouter. Donc « Dieu parla à Achaz en disant: Demande pour toi
un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien
en haut sur les sommets. Et Achaz a dit: Je ne demanderai rien, je ne
tenterai pas Dieu ». (Is 7,11-12).
Qu’est que cela veut
dire: un signe?
Le mot hébreu
’ôt dans l’Ancien Testament a différentes significations selon les
contextes. Donc ce mot signifie des signes signifiants (Gn 4,15 ; Ex 8,19);
des signes qui font se souvenir de quelque chose (Gn 9,12); des signes qui
commémorent des événements (Jos 4,6); qui avertissent de quelque chose (Nb
17,3); des signes qui sont présage (Gn 1,14); qui confirment une mission ou
une promesse que Dieu a donnée (Ex 3,12; Jg 6,17); des signes qui confirment
la puissance extraordinaire de Dieu
(Dt 13,2sv) ou aussi une action directe de Dieu
(Ex 7,3; 10,1sv; Nb 14,11.22).
Les signes que Dieu
donnait n’étaient pas toujours miraculeux. C’est peut-être un événement
ordinaire qui devenait un signe parce qu’il était auparavant prophétisé (1 S
2,34; Is 37,30 =2 R 19,29; Ex 3,12)
Est-ce que cela veut
dire quelque chose pour moi aujourd’hui ?
Je suis une personne
humaine. Cela veut dire que j’ai besoin de signes: un signe d’invitation,
j’ai besoin du signe de la main tendue, de temps en temps j’ai besoin
d’embrasser quelqu’un pour donner un signe d’amitié... J’ai besoin de signes
pour exprimer mes sentiments: la joie, le tristesse, le grief, la douleur...
Mais parmi ces signes
quotidiens, j’en ai besoin d’un, le plus important: c’est le signe qui me
rappelle de façon permanente que ma vie a un sens. Donc, je le cherche avec
obstination ; hélas souvent là où il n’est pas. Je cherche les choses, les
gens, les événements...et je me dis à moi-même que c’est cela le plus
important, le plus absolu, le plus parfait et qui va me donner le bonheur.
Je me surprends à
idéaliser certaines personnes, des choses matérielles, des situations. Je
dis: cela me suffit d’acquérir cela ou l’amitié de certaines personnes ;
cela me suffit de traverser tel événement, et je serai hereuse. Voilà
comment je cherche le signe idéal qui va satisfaire mon coeur.
Mais alors, je trouve
que mon coeur cherche quelque chose plus : qu’une chose ou quelqu’un ne
remplira pas mon coeur jusqu’au bout. Dans mon coeur il y aura toujours une
soif de quelque chose de plus. Je découvre que rien ne peut me donner le
bonheur...parce que je le cherche au-dehors.
Je cherche au-dehors de
mon cœur, et donc j’augmente la distance entre moi et mon coeur.
J’oublie, Seigneur,
que Vous habitez là, que Vous me dites: tu as tout ce dont tu as besoin pour
être heureuse. Est-ce que tu ne le vois pas? Pourquoi cherches-tu des signes
hors de toi et oublies-tu que J’habite dans ton coeur? Si tu cherches la
paix, le pardon, la miséricorde, regarde dans ton coeur et vois : ils sont
là, peut-être couverts de poussière, oubliés...
Seigneur, est-ce que Vous
voulez me dire quel est le signe le plus important pour ma vie?
Est-ce que je devrais
regarder ma vie de façon différente, et tout ce que je n’y comprends pas?
Le
Signe – Emmanuel, dont Isaïe a
parlé, a été donné à Marie et à Joseph pendant la nuit. Tout n’était pas
clair, pas facile à comprendre.
Et moi aussi dans la
nuit: je regarde là où je ne dois pas; je regarde, mais je ne vois pas.
Noël, c’est le temps de
la présence de Dieu ; présence qui entre dans notre vie quotidienne.
Vous venez pendant la
nuit, Seigneur, mais comme le soleil, comme l’espérance, comme la bonne
nouvelle de ma vie. La crèche sera le signe que je ne dois plus chercher
ailleurs le bonheur ; Vous êtes le centre de ma vie, Votre amour est près de
moi,
Kasia
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AVENT 2006
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3
décembre 2006
1er
dimanche |
… Début d’une année
nouvelle,
l’année liturgique,
qui voit se succéder toutes les étapes de la vie de foi.
Dés le commencement, nous est montré le bout du chemin, le terme du
parcours. Le prophète Jérémie le dit clairement de la part du Seigneur : il
s’agit de
« l’accomplissement de la promesse de bonheur adressée à la maison d’Israël
et à la maison de Juda ». Le voyage de l’année, de la vie… nous conduit
vers le bonheur, le bonheur déjà annoncé au peuple d’Israël. En quoi
consiste donc ce bonheur ? Jérémie l’explicite : le règne du droit et de la
justice dont bénéficieront d’abord (mais pas seulement) Juda – qui
« sera délivré » - et Jérusalem – qui « habitera en sécurité ».
Voilà le bout du chemin sur lequel nous sommes engagées, d’abord comme être
humain, héritier de la Révélation, davantage encore comme baptisée, de
surcroît en raison de notre vocation propre qui « implique que notre vie
apostolique soit caractérisée par un triple engagement : envers l’Église,
envers le peuple juif, envers le monde, pour qu’il devienne un monde de
paix, de justice et d’amour » (Constitutions § 13). [cf. Jérémie 33,
14-16]
Devant un tel enjeu nous risquerions de nous décourager… dans le monde,
tant d’événements – petits et grands – font preuve de violence et
d’injustice… Alors aussitôt la prière du psaume nous rassure : Dieu qui,
seul, connaît les chemins – et chacun a le sien même si c’est le même pour
tous -, nous l’enseigne à la mesure de notre demande : « Seigneur,
enseigne-moi tes voies… » [cf. Psaume 24/25]
Sur cette voie, la nôtre, la liturgie mettra des bornes indicatives au fil
des dimanches et des fêtes. Pour ce dimanche, Paul nous donne
« une » réponse qui est peut-être « la » réponse : « un amour de plus en
plus intense et débordant entre nous » et, si possible, « à l’égard
de tous les hommes ». Bien sûr nous nous exerçons à cela depuis
longtemps :
« le signe distinctif des sœurs de Sion, selon le Père Théodore,
est la charité fraternelle » (Const. § 47), mais Paul invite « à
faire de nouveaux progrès » . [ cf. 1 Thessaloniciens 3, 12-4, 2 ]
Nous le savons par expérience, les obstacles ne manqueront pas sur la route
qui s’ouvre devant nous, les épreuves seront peut-être nombreuses.
L’Évangile les envisage, jusqu’à « mourir de frayeur » ! Mais,
parce que nous connaissons le terme : « l’accomplissement de la promesse
de bonheur », nous pourrons nous « redresser et relever la
tête pour paraître debout devant le Fils de l’Homme ».
Un seul moyen pour y parvenir : « Priez »[cf. Luc 21, 25-26]
Puisse cet Avent nous conduire vers une nouvelle naissance, celle du
«germe de
justice » en nous et autour de nous.
Bonne route pour cette nouvelle année !
Dominique
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10
décembre 2006
2ème dimanche |
… Proposition pour une "entrée
en Dimanche
et/ou l'allumage de la 2ème bougie de
l'Avent
Les textes de ce 2ème Dimanche de l'Avent,
comme avec une attitude
d'impatience, nous font anticiper la joie, la gloire qui nous est promise
et qui sera notre vie dans le Monde à venir.
Jérusalem
est le centre et le lieu de cette gloire, c'est à
dire de cette
Transfiguration.
(Prenons un moment pour l'admirer et entendre tous les
conseils qui lui sont donnés)
Quitte ta robe de tristesse (celle des jours
ordinaires)
Revêts la parure de la gloire de Dieu
Enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu
Mets sur ta tête le diadème de la gloire de Dieu
Va déployer ta splendeur partout
Tiens-toi debout sur la hauteur
Regarde vers l'Orient
Tes enfants sont rassemblés par le Parole de Dieu
Ils se réjouissent parce que Dieu se souvient ( de ses
Promesses)
Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu
Dieu conduira Israël dans la joie
à la lumière de sa gloire
Tout cela doit se passer à Jérusalem
JÉRUSALEM AU SOMMET DE MA JOIE !
(Chacune peut allumer une lumière en exprimant un
souhait pour Jérusalem)
Quelle merveilleuse image nous est donnée par Baruch
de cette Jérusalem qui un jour
"descendra du ciel préparée comme une épouse pour son
époux" Ap. 21,2
Ce temps de "la gloire pour toujours" passe par les
jours de souffrance et d'exil (Ps 126),
mais Dieu "ramène les captifs à Sion, dans la joie et
la lumière de sa gloire.
"Ainsi donc vous n'êtes plus des étrangers, ni des
gens du dehors; mais vous êtes
concitoyens des saints; gens de la maison de Dieu" Eph
2,19
« Debout Jérusalem !
vois tes enfants rassemblés
du levant au couchant par la
Parole du Dieu Saint ;
ils se réjouissent parce que
Dieu se souvient »
Baruc 5,5
L'Évangile nous dit que la réalisation de cette
promesse de gloire, de Transfiguration de
notre être et de notre monde, que la citoyenneté" de
la maison de Dieu a commencé, que les
prémices nous en sont données, marquées de façon
ineffaçable dans notre histoire.
Un jour du temps, bien précis (remarquez le nombre de
détails donnés, pour que nous
puissions croire)
L'an quinze du règne de l'Empereur TIBÈRE
PONCE PILATE étant gouverneur de la Judée
HÉRODE, prince de Galilée`
PHILIPPE, son frère, prince du pays d'Iturée et de
Trachonitide
ANNE et CAÏPHE, grands prêtres
En CE temps là, la Promesse est réitérée
"TOUT HOMME VERRA LE SALUT DE DIEU"
Le travail de la Rédemption est commencé
"Nous savons que jusqu’à ce jour, la création tout
entière soupire
et souffre les douleurs de l'enfantement" Rm 8,21
"FRÈRES, marchez dans la droiture, sans trébucher vers
le JOUR du CHRIST pour la
GLOIRE et LA LOUANGE DE DIEU. Ph 1,11
Chant : Vous qui aimez Jérusalem, réjouissez-vous de
sa joie.
Louise-Marie
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17
décembre 2006
3ème dimanche |
« Gaudete
in Domino semper ! »
Ce troisième dimanche de
l’Avent est le dimanche de la joie, « dimanche de Gaudete », du nom des
premières paroles de l’Introït latin.
En ce temps où notre attente du
Seigneur se fait plus ardente, la Parole de Dieu nous atteint dans sa force
de jubilation et de réalisme.
Jubilation du prophète Sophonie :
« Pousse des cris de joie,
fille de Sion... Réjouis-toi, tressaille d’allégresse... »
Invitation à la joie permanente
de Saint Paul à ses chers Philippiens :
« Soyez toujours dans la
joie du Seigneur ! »
Ses paroles font écho aux psaumes
31 et 32, selon la Vulgate
.
Le prophète Isaïe n’est pas en
reste. De lui, la liturgie reprend ce chant du chapitre 12, dont la TOB nous
dit qu’il est un chant d’action de grâces faisant suite à l’annonce du
retour des exilés, comme le chant d’Exode 15 fit suite au récit de la sortie
d’Egypte :
« Jubilez, criez de joie,
habitants de Sion. »
car il est grand au milieu
de toi, le Saint d’Israël. »
Peut-être trouvons-nous difficile
cette invitation pressante à la joie car la vie n’est pas toujours un long
fleuve tranquille. Mais ils existent ces gestes, des cailloux blancs sous
nos pas. Le petit frère Yonanan d’Israël nous parle ces jours-ci du geste de
Noam Shalit, père de ce jeune soldat israélien kidnappé à Gaza, allant
visiter à Tel Aviv des blessés palestiniens de Beit Hanoun pour leur « faire
part de sa sympathie dans leurs souffrances et leurs deuils ». Hassan al
Qassem qui a perdu un frère dans la tuerie tragique et dont la mère est
toujours hospitalisée dans un état grave, les habitants de Beit Hanoun n’ont
pas demandé la vengeance. Agriculteurs pour la plupart, ils disent
simplement vouloir continuer à vivre !
Voici aussi la joie paisible des
moments de rumination de la Parole de Dieu ; voici la conviction -la
traversée du doute ne l’empêche pas, -que Dieu est à tout jamais notre perle
précieuse ; voici la certitude qu’Il est toujours à nos côtés, qu’Il est si
proche.
« Que devons-nous faire ? »
demandent les foules à Jean Baptiste qui leur annonce la proximité du
Royaume de Dieu et la nécessité de s’y convertir.
Ses réponses ne font pas appel
à une haute mystique. Non, rien qu’un réalisme très ordinaire, simplement
exigeant ! Partager notre avoir, pratiquer l’équité, ne pas exercer la
violence attachée au pouvoir, ne pas voler. Une invitation à nous
interroger ! Que dois-je faire ? Que devons-nous faire ?
Déjà le grand rendez-vous de Noël
approche !
Dès ce dimanche, les antiques
«grandes O » résonnent en nous, admirables antiennes du Magnificat
« déménagées » au verset de l’Alleluia avant l’Evangile. Ramassant les
titres messianiques semés dans le Premier Testament, elles les centrent sur
Celui qui les réalise.
Depuis peu aussi, les lumières de
Hanoucca s’allument le soir aux fenêtres....
Que de raisons d’être dans la
joie, et d’allumer les lampes de notre foi en redisant :
« VIENS Seigneur Jésus, ne
tarde pas ; VIENS nous sauver ! »
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24
décembre 2006
4ème dimanche |
« Lorsque j’ai entendu
tes paroles de salutation,
l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de
moi. »
Cette
rencontre commence par un voyage : Marie se lève, quitte Nazareth, gravit la
montagne de Judée :
rencontre de deux femmes, de deux vies à
venir, de deux lumières,
Jean «
était la lampe qui brille et qui luit »,
Jésus « la
vraie lumière qui éclaire tout homme »
rencontre de
deux alliances, de deux espérances.
Visitation humaine,
fraternelle et joyeuse.
Marie découvre dans le
mystère de l’autre son propre mystère :
l’Esprit engendre Dieu en elle et de cette rencontre,
du partage de la même foi, jaillit un chant d’allégresse :
Magnificat…
Bethléem devient une réalité du présent
Nous sommes unis à Dieu, à sa Parole, à son Esprit,
ici et maintenant dans l’événement de sa naissance au fond de notre être.
« Dieu naît dans l’âme afin que l’âme naisse en Dieu. »
Maître Eckhart
Naissance continue :
Dieu n’a jamais fini de naître en chacun de nous
et nous n’avons jamais fini de naître en Lui :
mystère de l’alliance de Dieu et de l’homme.
Naissance éternelle,
aujourd’hui, dans le temps et dans l’au-delà du temps.
Que cette naissance se
produise en moi, voilà ce qui m’importe.
Dans le silence de la
nuit de ce dernier dimanche,
nous sommes invités à sortir de l’immédiateté de la vie quotidienne
et à nous mettre à l’écoute de Dieu qui est en train de naître en nous.
« Je resterai assis et silencieux et j’écouterai ce que dit Dieu en moi. »
Jérémie Lam.3
L’écoute de Dieu en nous,
c’est l’attention à sa Parole,
à l’Esprit qui nous habite
et qui se mêle à notre esprit pour nous inviter à nous lever,
à gravir la montagne,
à rejoindre les autres et à vivre en communion avec eux.
Sortir… tout en demeurant dedans.
Marie est sortie à la rencontre d’Elisabeth,
portant dans le secret de son être la présence de l’Esprit.
Je vous salue, Marie …
Anne Bénédicte
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25
décembre 2006
Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ |
Notre Sauveur est né aujourd'hui,
réjouissons-nous ! Pas de place pour la tristesse, là où naît la vie ; cette
vie qui détruit la crainte de la mort et nous donne la joie des promesses
éternelles. Personne n'est exclu de ce bonheur, cette cause de joie nous est
commune à tous : car Notre Seigneur, vainqueur du péché et de la mort,
n'ayant trouvé aucun homme qui fût libre de la condamnation, est venu les
délivrer tous. Que le juste exulte, car la palme lui est tendue ; que le
pécheur se réjouisse, le pardon lui est offert ; que le païen prenne
courage, la vie l'appelle.
Saint LEON
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Déjà le jour se lève
Cette nuit-là, pendant que les dindes sont aux marrons, que les foies gras
sont aux truffes, que les réveillons sont au champagne et que les ventres
sont à table, Dieu, lui, est mis à l'étable.
Ne vous y trompez pas ! Ce qui naît cette nuit-là, ce n'est pas un petit
enfant, mais le plus gigantesque conflit que la terre ait jamais porté...
Il s'agit d'inventer une nouvelle humanité.
C'est le pari que Dieu lui-même vient tenir.
Il est minuit, mais on se bat au grand jour.
La nuit de Noël est impitoyable.
On entre dans ce récit comme on entre en lutte.
En face, César Auguste « ordonne », c'est sa manière d'être en relation.
Les discours de l'empereur nous tombent dessus et sont sans rémission.
De l'autre côté, cette même nuit, Dieu inaugure un autre langage, il «
annonce », il ouvre le chemin de la nouveauté, du changement, des choix et
de la liberté.
En face, César Auguste ordonne un « recensement », pour remplir les caisses
de l'empire.
De l'autre côté, Dieu nous annonce « une grande joie ».
Imaginez une joie qui ne soit plus un mot abstrait mais une vraie joie qui
vous met un bon goût dans tout l'homme. Une joie qui arrache comme un cri.
Du coté de
César, c'est un « édit » qui ordonne, c'est un
décret, une loi, un ordre, avec ses
cortèges d'attendus, de peines prévues, de sanctions, de représailles, de
perquisitions, de réquisitions, de craintes pesantes, de Peur qui règne...
Dieu, lui, nous annonce « une bonne nouvelle », ce n'est plus une menace,
c'est un salut : « Ne craignez pas. » C'est un sauveur et non plus un
huissier. C'est déjà la fête : « Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la
terre... »
De la terre aux cieux, c'est tout le fonctionnement de l'univers qui est
atteint par la Bonne Nouvelle.
En face, c'est « toute la terre » que César Auguste veut recenser. C'est son
ambition, sa conquête, sa propriété privée. Toute la terre réduite en
esclavage et à n'être plus qu'une colonie romaine.
Dieu, lui, annonce une Bonne Nouvelle pour « tout le peuple ». Non plus pour
toute la terre, mais pour tout le peuple, le nouvel espace ce n'est plus la
terre, c'est le Peuple des hommes.
C'est l'homme qui est la nouvelle mesure pour calculer le monde, l'homme
libre et non plus esclave.
Pour l'empereur, il faut aller se taire inscrire, il faut aller se faire
mettre en fiche, en carte, en numéro, en liste, codé, immatriculé, pointé en
trois exemplaires sur papier timbré.
Dieu, lui, ne demande aucune inscription préalable, Dieu ne tient aucune
comptabilité, aucun registre, Dieu fait « signe».
Dieu ne nous donne qu'un signe :« Vous le reconnaîtrez » Il faut seulement
le reconnaître.
Pour César, il
faut retourner s'inscrire chacun dans la ville de sa naissance.
César verrouillé l'homme dans ses origines, sa naissance, ses rapports de
succession et d'héritage. César retourne en arrière et marche au passé.
Dieu, lui, nous propose un « petit enfant ».
C'est l'avenir, le commencement, la
naissance, la nouveauté, le changement.
Un Petit enfant, c'est le futur qui est déjà arrivé.
Cette nuit-là, César est dans ses palais de Rome.
Dieu est à l'étable.
César lie sait pas encore qu'il ne règne déjà plus que sur le vide.
Un nouveau-né emmailloté, déjà ficelé de langes, comme il sera bientôt un
mort enroule dans Son linceul, déjà couché dans une crèche comme il sera
bientôt un mort allongé dans son tombeau, un nouveau-né, ce qu'il y a de
plus fragile et de plus inutile au monde, un enfant, cette nuit, vient déjà
de faire rouler la pierre de nos tombeaux,
Le cri de ce nouveau-né, c'est celui d'une humanité nouvelle qui est cri
train de naître.
C'est déjà le cri d'une résurrection.
J. Debruynne
« ... que sa justice jaillisse comme une clarté,
son salut comme une torche allumée. »
Is 62
Le jour de fête, le jour de joie est arrivé !
Souvent aux moments joyeux de notre vie, les paroles
nous manquent pour exprimer avec justesse nos sentiments profonds.
Aujourd’hui l`Eglise dans sa liturgie nous vient en
aide. Elle nous parle de différentes manières pour transmettre cette
profonde réalité de : Sauveur,
Messie, Christ, Seigneur, Il est né !
Penchons-nous sur ces nombreux textes du 25 décembre.
La messe de la vigile :
Is 62,1-5 ; Ps 89 ; Ac 13,16-17,22-25 ; Mt 1,1-25
La messe dans la nuit :
Is 9,1-3.5-6 ; Ps 96 ; Tt 2,11-14 ; Lc 2,1-14
La messe de l`aurore :
Is 62, 11-12 ; Ps 96 ; Tt 3,4-7 ; Lc 2,15-20
La messe du jour :
Is 52,7-10 ; Ps 98 ; He 1,1-6 ; Jn 1,1-18.
Après leur lecture nous sommes comme enivrés de la
Parole de Dieu.
Des termes nous reviennent: gloire, lumière, anges,
armée céleste, joie, crainte, au plus haut de cieux et sur la terre.
Les réalités du ciel et de la terre, ce qui est le
plus grand avec ce qui est le plus ordinaire, se sont rencontrées autour de
ce petit enfant qui est né à la « maison du pain ». Prince de la Paix, il
est descendu si bas que pour le voir il faut s`agenouiller sur la paille de
la crèche (cf. Fr. Christian de Chergé).
Après les anges ce sont des bergers – alors des gens
de mauvaise réputation, leur témoignage n’a pas de valeur juridique - qui
rendent grâces à Dieu et annoncent la Nouvelle. C`est comme une première
prédication chrétienne qui préfigure la mission des apôtres.
Allons nous aussi contempler le signe donné : ce
nouveau-né, l’Emmanuel.
Annonçons la Bonne Nouvelle et célébrons les louanges
de Dieu !
« Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face. »
Ps 88
sr.Anna Bodzinska |
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