Il est d'usage d'installer sa crèche le 1er dimanche de l'Avent,
ou pour la Saint Nicolas
ou pour le dernier dimanche avant Noël.
Il faut lui trouver une place de choix dans la maison, puis aménager un décor qui la mette en valeur.

Adossée au mur, quelques bûches de bois, de grosses pommes de pin, de la mousse, de la paille, des cailloux blancs ramassés à la plage, composent un décor naturel. De la terre de bruyère, une ardoise peuvent composer le toit de la crèche.
On peut aussi réaliser un petit mas provençal ou une grotte en papier rocher avec au sommet un ange et une étoile.

Chacun à sa méthode pour rendre la crèche plus vivante et mettre en place des rituels pour apporter les personnages.

La crèche restera dans nos maisons jusqu'au 2 février, date de la présentation de Jésus au Temple.
Entre temps, les Rois mages sont arrivés le 6 janvier, jour de l'Epiphanie.

 

Dès les premiers temps de la chrétienté, la grotte où naquit le Christ devint objet de culte, de pèlerinage. Au IIIe siècle, Origène assure que l'on montrait aux pèlerins non seulement la grotte, mais encore la crèche, la mangeoire où jésus reposait. Deux siècles plus tard, saint Jérôme déplorait les changements survenus : « Ah ! s'il m'était donné seulement de voir la crèche où reposa le Seigneur ! Mais hélas ! par vénération pour le Christ, nous avons enlevé la crèche d'argile pour lui en substituer une d'argent. » A partir du VIe siècle, des oratoires furent construits dans certaines églises romaines, sur le modèle de la grotte de Bethléem. On y priait devant une image d'or de la Vierge portant Jésus. La reproduction du lieu de la Nativité prenait forme, mais avant de devenir, assez récemment, une pratique familiale, il s'est d'abord agi d'une représentation publique dans les drames liturgiques ou mystères.

 

Les mystères.

Dès le XIIIe siècle, les crèches apparaissent dans les drames liturgiques représentant la Nativité du Christ. Ces Nativités s'inspiraient davantage des Évangiles apocryphes et des légendaires rimés que de saint Luc ou de saint Matthieu. La crèche fut d'abord réduite à l'essentiel : une sorte de reposoir pour abriter, parmi fleurs et cierges, une statue de la Vierge avec l'Enfant. Masquée par des rideaux, elle n'était dévoilée qu'au moment de l'Adoration des Mages. Puis les livrets mentionnent précisément la crèche, c'est-à-dire une installation en forme d'auge, de corbeille, dans laquelle un poupon serait couché. La crèche était placée dans le choeur ou à l'entrée de l'église. A Orléans, le Directoire du mystère de l'Épiphanie avait choisi ce dernier emplacement, qui permettait d'introduire deux acteurs indispensables : l'âne et le boeuf.

 Saint François d'Assise, à Grecchio, avait cherché à retrouver la vérité de la naissance de l'enfant : "Un autel dressé en plein air, une crèche, un boeuf et un âne ; tout reproduisait au naturel l'étable de Bethléem. A minuit, les frères mineurs se mirent en marche vers le bois, accompagnés d'une foule de montagnards qui portaient des torches allumées et leurs instruments de musique. » Le saint fut profondément ému et « l'allégresse la plus vive inonda son cœur ». Mais, quoi qu'on en ait dit, ce n'est pas cette célébration qui modifia l'évolution des crèches.

Deux événements eurent une importance bien plus grande : l'interdiction, par Louis XIV, des mystères, qui avaient pris une tournure profane, et la lutte de l'Église contre la Réforme, qui eut pour effet de créer de nouveaux ordres religieux et des dévotions nouvelles, dans lesquelles la représentation de la Nativité tenait une grande place. Progressivement, toutes les églises voudront installer une crèche pour les fêtes de Noël, en respectant les personnages de l'évangile, ou au contraire, en associant des représentants de la population locale. Les crèches devinrent plus élaborées, plus réalistes.

A un point tel qu'en Allemagne, la foi naïve des fidèles imagina Jésus comme un nouveau-né que la famille caresse et embrasse. La crèche devint berceau, et l'Enfant Jésus s'endormait bercé par les prêtres, puis par tous les fidèles. Les artistes exécutèrent des quantités de berceaux gothiques en or, argent, ivoire, et le jour de Noël, dans les familles riches et les couvents, le « repos de Jésus » était sorti de l'armoire, et les moniales berçaient d'un doux mouvement un enfant de cire, vêtu de soie et de satin, couché sur des coussins brodés de perles rares, de fils d'or et d'argent.

 

Les pastorales et les crèches parlantes.

L'interdiction des mystères amena le succès des pastorales. A la fois drames naïfs et romances populaires, elles eurent des interprètes à travers la plupart des provinces françaises, associant au passage des particularités régionales. Chantées devant les crèches d'église, elles servirent aussi de livret au XVIIIe siècle pour les théâtres de marionnettes et pour les crèches animées, dont Marseille eut la primeur en 1775. Interdites pendant la Révolution, ces crèches parlantes retrouvèrent, aussitôt après, leur public. A Marseille, Laurent, vraisemblablement créateur de la première crèche parlante, ajouta aux scènes évangéliques des intermèdes d'actualité : Napoléon, des vaisseaux de guerre et des coups de canon pour saluer l'Enfant Jésus.

De l'église, la crèche était passée dans les lieux publics, avant de trouver sa place au sein de la famille.

Les crèches familiales furent d'abord des objets précieux, placés sous vitrines, et on les nommait chapelles » pour les distinguer de celles des églises. Certaines en verre filé ou en porcelaine sont de véritables chefs-d'oeuvre, comme celles de Nevers ou du musée Borély de Marseille. Puis la fabrication de figurines en mie de pain (mastic), en argile ensuite, transforma la nature de la crèche familiale. Plus accessible, elle se répandit avec un essor particulier en Provence où les dynasties de santonniers, de Gloriain à la fin du XVIIIe siècle, à la famille Neveu de nos jours, donnent naissance à des « petits saints » émouvants et pittoresques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les crèches familiales ont fait le tour du monde chrétien.
 De l'Italie au Pérou, du japon au Canada,
la Sainte Famille change de visage, de vêtements,
mais partout illustre la même foi.