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Noël
en Provence
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Alegre, Diou nous alegre,
cachofué ven, tout ben ven,
Diou nous fague la graci di veïre l’an que ven.
Se sian pas mai que siguen pas men ".
Allégresse,
allégresse, Dieu nous donne l'allégresse ;
Cacho fio vient, tout vient bien
Que se fasse la grâce de voir l'an qui vient,
Et si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.
Li Calendo ! Les calendes de
Noel, temps bénis entre tous en Provence ! Temps de fêtes longuement
préparées et profondément pensées dans le respect des traditions, la ferveur
et l'émotion des rites. Elles revêtent un caractère familial et s'étalent du
4 décembre, jour de la Sainte-Barbe au 6 janvier, jour de l'Épiphanie.
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Les crèches
C’est un moment
important de la vie familiale en Provence que celui où l’on dispose en
famille les santons ou “petits saints” souvent transmis de père en fils,
dans la crèche, mot qui désigne la mangeoire qui servit de berceau à Jésus.
L’origine de la crèche provençale remonte à l’Italie du XIIe siècle avant de
franchir nos frontières et être adaptée “à la provençale”. La Révolution
française en interdisant les pratiques religieuses a favorisé leur usage en
incitant chaque famille à fêter Noël dans son foyer autour de ces scènes de
la Nativité.
La crèche est mise
en place sur un meuble de la pièce principale de la maison, on la trouvait
autrefois très souvent sur la « mastro » (le pétrin)
Elle reste en place
du 24 décembre au 2 février.
Doivent obligatoirement y figurer : Enfant Jésus, Sainte Vierge, Saint
Joseph, le boeuf, l’âne, l’ange Boufarèu, les trois rois, les bergers,
puis au cours des années on peut ajouter le ravi, le meunier, le rémouleur,
l’aveugle et son fils, le tambourinaire…
Tous ceux qui portent fruits, légumes, bois, tous les petits métiers d'antan
et activités agraires en Provence dans la première moitié du XIX
éme siècle.
Le nombre de
santons est illimité. On dispose aussi étable, maisons, moulin, pont…
troupeau.
Attention à la perspective, ne pas mélanger les
santons petits et plus grands. Tenir compte que les accessoires soient à peu
près à l’échelle. Sont nécessairement interdits dans une crèche
traditionnelle provençale, tout objet en matière plastique ou tout sujet
anachronique ; également, jamais de guirlandes étincelantes et multicolores.
Les matériaux utilisés pour la construire doivent être naturels : pierres,
terre, verdure, mousse, sable, branches… Des cartons supportent généralement
le relief.
Recommandations
particulières : placer l’Enfant Jésus dans la nuit du 24 au 25 décembre
mise en place des Rois le jour de l’Epiphanie (aujourd’hui, le premier
dimanche de janvier mais en fait… toujours le 6 !).
Puis ne pas oublier
de faire figurer dans la crèche provençale : le « sietoun »de blé de Sainte
Barbe, une veilleuse, une étoile.
La crèche authentique est en
fait une représentation idéale du village provençal où chacun a sa place y
compris les animaux domestiques tout en côtoyant l’étable avec la Sainte
Famille, l'âne et le bœuf, l'étoile à queue de comète qui guidera plus tard
les rois mages, et les villageois qui viennent leur rendre visite.
Cette belle tradition provençale ne tarda pas à gagner toutes les régions de
France.
La crèche est démontée et soigneusement rangée le jour de la Chandeleur.
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Les traditions de Noël
se cristallisent le soir du 24 décembre, pour "lou
gros soupà".
Avant de s’attabler, il faut
procéder à quelques préparatifs.
D’abord, étaler trois nappes de taille décroissante : une pour le Gros Souper,
une pour le repas du jour de Noël,
le lendemain midi, composé de viandes, et enfin la dernière pour le soir du
25 où les restes trôneront la table.
3 nappes blanches, qui rappellent la Sainte Trinité.
Sur ces nappes, on déposera les blés de la Sainte Barbe
dans les trois soucoupes symbolisant la fécondité, la fertilité et la
fraternité, lié de rubans rouges et jaunes aux couleurs de la Provence,
une branche de houx pour apporter le bonheur (mais surtout pas de gui),
et un
chandelier de 3 bougies représentant Jésus, Marie et Joseph.
Le pain, posé à l’endroit, sera coupé en trois : la part du pauvre,
la part des convives et la part fétiche qu’on conservera dans une armoire.
Il ne faudra donc pas oublier de
mettre un couvert de plus
au cas où un malheureux se présenterait. D'ailleurs autrefois la porte de la
maison n'était jamais verrouillée ou « barrado
» (fermé avec la
barre) le soir de Noël.
Pauvre, en niçois, désigne aussi
celui qui est décédé. La tradition de la part du pauvre
pourrait être une survivance de la manne que les Romains
offraient à leurs ancêtres.
En
attentant la messe de minuit, on prend le Gros Souper.
Paradoxalement
le gros souper est composé de 7 plats maigres en souvenir des 7 douleurs de
Marie, il est servi avec 13 petits pains suivi des 13 desserts représentant
la Cène avec les 12 apôtres et Jésus.
Les plats maigres
servis diffèrent d'un coin de Provence à l'autre, on retrouve souvent la
carde et le céleri, le choux-fleurs, les épinards et la morue, l'omelette,
les escargots, la soupe à l'ail … mais jamais de viande uniquement des
poissons, des coquillages, des gratins, des légumes, des soupes, de
l'anchoïade. La seule abondance est celle des treize desserts ils sont
dégustés au retour de la messe et resteront sur la table pendant les 3 jours
suivant, jusqu'au 27 Décembre
Au moment de
partir à la messe de minuit ou d’aller se coucher pour ceux (les anciens
souvent) qui ne s’y rendent pas, la table reste mise avec ses desserts ; on
prend soin, alors, de relever les quatre coins des nappes afin d’empêcher
les mauvais esprits d’y grimper et de jeter des sorts aux victuailles. En
effet une communion avec les disparus s’instaure ce soir là et on sait que,
lorsque la pièce principale où est dressée la table sera vide, les âmes des
défunts viendront à leur tour partager les desserts.
Au retour de la
messe, il n’est pas interdit de grignoter encore les desserts. Les nappes
auront été remises en place au préalable mais elles seront encore relevées
au moment du coucher.
La tradition
provençale ne connaît point de réveillon.
Roses de Noël :
Autre tradition de
Noël : la « Rose de Jéricho » dite « rose de Noël », « Rose de Judée » ou «
Fleur de Judée ». C’est un crucifère dont le nom scientifique est Hellebore
noir ; placée dans un verre d’eau, elle s’épanouit pour être exposée sur la
table de Noël. Son épanouissement dure cinq à dix jours. Retirée de l’eau,
la plante se recroqueville à nouveau et peut resservir des années durant.
Cette plante figure nettement sur la liste des objets de dévotion ; elle a
donc une valeur religieuse, un caractère sacré reconnu. Les premières roses
auraient été importées par des pèlerins ou des croisés. |
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Lou cacho fiò
Juste avant le «
gros souper », le plus vieux
et le plus jeune
de la maison portent une bûche d’arbre fruitier vivant ou mort dans l’année
(le choix de l’arbre fruitier, c’est la fécondité de la terre, le symbolisme
du renouveau). Ils font trois fois le tour de la table familiale et déposent
la bûche dans la cheminée, sur les braises incandescentes : cette bûche, en
fait, écrase le feu : « cacho fiò ». Le plus âgé l’arrose alors de vin cuit,
par trois fois, ce qui enflamme la bûche : « bouto fiò » (met le feu).
C’est au moment de cette action qu'il prononce les paroles sacramentelles
immortalisées par Mistral :
Cacho fiò, Bouto fiò,
Alègre ! Alègre !
Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !
Emé Calèndo tout bèn vèn…
Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !
On peut sans doute retrouver dans cette tradition la bûche de Noël,
fabriquée par le pâtissier un peu partout en France.
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Nombre de villages perpétuent la tradition des crèches vivantes pour mettre
en scène la Nativité.
La messe de minuit débute avec lou
Pastrage :
Noël
est avant tout une cérémonie pastorale. Il faut rappeler que le solstice
d’hiver correspond naturellement à la période de l’agnellage. Par
conséquent, la présentation d’un agneau à la messe de minuit ne peut être
dissociée des soucis d’une population qui vit essentiellement de l’élevage
ovin. Tandis que le prêtre dépose le Divin
Enfant sur la paille, les cloches appellent le cortège des bergers. Guidés
par les anges et les tambourinaires, ces derniers apportent dans leur
charrette illuminée un agneau qu'ils offrent à Jésus. Fifres et tambourins
entonnent alors les airs de Noël, vieux chants provençaux repris en chœur
par les fidèles.
La
cérémonie de pastrage la plus célébre est aujourd’hui celle des Baux. Les
bergers et les bergères se rendent à la procession. Le prieur, devant
l’autel, prend l’agneau dans ses bras, fait le récit du voyage que lui et
ses compagnons ont dû faire, à travers collines et vallons, avant leur
adoration.
Le pastrage se fait également à Barbentane, Eygalières, Fontvieille, St
Martin de Crau, en plein coeur du pays mistralien, avec quelques variantes
Outre
les cantiques et les Noëls chantés, le cérémonial de la messe de minuit
comporte des pastorales. Son nom vient de ce que les bergers (lei pastre) en
sont les principaux personnages. Véritables mystères, au sens du théâtre
médiéval, elles étaient d’abord joués dans l’église même, faisant partie du
rituel de la messe, la cérémonie fût ensuite déplacée hors de l'église.
La pastorale est la représentation théâtrale et vivante de la Nativité, elle
évoque avant tout la marche à l’étable et la pieuse dévotion au nouveau né.
Le sujet ne varie guère : c’est l’histoire de St Joseph cherchant vers
Bethléem un logis pour la nuit, allant de porte en porte, de logis en logis
jusqu’à ce qu’on lui indique une grotte où sa famille trouvera abri. |
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Le jour de Noël,
l'une
des nappes est retirée pour orner la table du déjeuner. On place parfois un
santon auprès de chaque convive, pour représenter son métier ou son
expression. La seconde nappe est retirée le 26 décembre. Les trois soucoupes
de blé qui ornaient la table calendale sont alors placées dans la crèche
pour représenter les champs de blé, symbole de l'espérance. |
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Les 13 desserts
Ils
évoquent Jésus et ses 12 apôtres lors de la Cène.
Chacun en Provence a sa liste des 13 desserts et toutes divergent
sensiblement d'une ville à l'autre.
Si le nombre est impératif, le choix des desserts est assez libre dans la
liste qui suit (et qui reste d'ailleurs ouverte) ; certains d’entre eux
porteurs de symboles et ancrés dans la tradition.
Il y a tout d'abord les quatre mendiants (fruits secs) qui représentent, par
leurs couleurs, les habits des moines appartenant aux ordres religieux
"mendiants" :
- les Figues sèches, pour les Franciscains
- les Amandes, pour les Carmélites
- les Noix ou Noisettes, pour les Augustins
- les Raisins secs, pour les Dominicains
Viennent ensuite les fruits, confits ou frais, spécialement conservés pour
Noël :
- les Pommes,
- les Poires,
- les arbouses, ou les sorbes, ou encore les dattes
- le Melon de Noël (Verdau), pour la fraîcheur de l'esprit.
- le Raisin blanc (servant), pour la vitalité.
- lles
mandarines
et les oranges
dont on fabrique avec les peaux des veilleuses que l’on place dans la crèche
et qui dégagent une odeur agréable, emplie des souvenirs des Noël précédents
pour la réussite des vœux émis dans le
silence du cœur.
Enfin, les confiseries et pâtisseries
- les Nougats noirs et blancs pour l'humeur des jours.
- la Pâte de Coings, pour une année de richesses
- le "Gibassié" ou pompe à l'huile d'olive, appelée fougasse à Arles
(galette de farine cuite avec de l'huile d'olive et de la fleur d'oranger),
gage de réussite. Selon la tradition, il faut rompre la pompe à huile comme
le Christ a rompu le pain et ne pas la couper pour ne pas se retrouver ruiné
l'année suivante.
- les Cédrats confits
- les Nougats blancs & nougats noirs
- les Calissons ou les biscotins d'Aix
Lorsque vous aurez dégusté, tour à tour, 12 desserts, vous pourrez, avec la
première mandarine, faire votre vœu secret qui sera vraisemblablement exaucé
dans l'année.
Les treize desserts sont tous présents sur une même table et sont
accompagnés par du vin cuit.
Ils concluent le gros souper, en attendant de se rendre à la messe de
minuit.
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Pompe
à huile

Pour 8 personnes
:
- 500 g de farine
- 25 g de levure
- 75 g de sucre
- 150 g d huile d olive
- 1 orange
- 1 citron
- 10 g de sel
1/
Mélanger la levure, 200 g farine et un verre eau et laisser lever 45
minutes.
2/
Ajouter l'huile d'olive, la farine restante, les zeste de citron et
d'orange, le sel et le sucre. Mélanger doucement et laisser lever 3 heures.
3/
Etaler la pâte en forme de galette (30 cm de diamètre environ) et laisser
lever 1 heure. Cuire au four chaud (220°C) pendant 15 minutes. A la sortie
du four, badigeonner d'huile d'olive.
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Les brassadeaux ou gimbeleto, une patisserie très ancienne, les
jeunes mariés devaient s'en mettre un autour du poignet et faire
une danse... Frédéric Mistral a même fait un poème sur ce thème.
Ingrédients
1 kg
de farine

6 oeufs
130 gr de beurre
1 sachet de levure de boulanger
300 gr de sucre
2 cuillères à soupe de fleur d'oranger
1 cuillère à soupe de rhum ( facultatif)
1 zeste d' orange non traitée
1zeste d' un citron non traité
1 pincée de sel
Préparation
Mettre la farine dans un saladier, y faire un puits en son
milieu et y ajouter les oeufs, le sucre, le beurre que l'on aura
fait fondre préalablement au micro-ondes, le sel, et les zestes
de l'orange et du citron. Pétrir délicatement enfin d'obtenir
une pâte homogène.
Préparer la levure en mettant le sachet dans un bol, y ajouter
2 cuillères à soupe de lait tiède et laisser reposer le tout
sans mélanger pendant 15 minutes, après ce lap de temps, remuer
et mettre dans le saladier.
Mettre le rhum si on le désire, puis les 2 cuillères à soupe de
fleur d'oranger.
Travailler la pâte 5 minutes pour qu'elle s'assouplisse, la
mettre en boule, la laisser reposer 3 heures dans un endroit
tiède.
Couper cette pâte de la grosseur d'une orange, lui donner une
forme de bracelet, ne pas oublier de souder avec de l'eau les
deux extrémités.
Faire
chauffer une marmite d'eau, lorsque celle-ci bout y jeter les
brassadeaux, lorsqu'ils remontent ils sont cuits (c'est la
première cuisson), les mettre à sécher sur un torchon propre
pendant 4 heures.
Disposer ces anneaux sur une plaque beurrée et les enfourner 15
minutes à four chaud à 180° (c'est la deuxième cuisson), ils
doivent avoir une belle couleur dorée, les laisser refroidir sur
la grille.
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Croquants
marseillais

Pour 4 personnes
:
- 2 cuillères à soupe de pastis
- 1 cuillère à soupe de café soluble
- 200 g de farine
- 110 g de sucre
- 1 oeuf et 1 blanc d oeuf
- 1 cuillère à café de bicarbonate
1/
Faire chauffer le pastis dans une petite casserole. Ajouter le café et
remuer jusqu'à ce qu'il soit dissous. Retirer du feu.
2/
Mélanger la farine, le sucre et le bicarbonate dans un saladier. Ajouter le
reste des ingrédients. Déposer la préparation sur une surface farinée et
pétrir jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène.
3/
Façonner un pain de 18 cm de long et mettre à cuire 45 minutes à 180°C
jusqu'à ce qu'il soit doré et croustillant. Laisser refroidir et découper en
tranches de 1,5 cm d'épaisseur.
Si vous
ne supportez pas l'alcool, vous pouvez remplacer le pastis par du sirop
d'anis. Dans ce cas, sucrez moins. |

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