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ARCHIVES POLOGNE
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A Cracovie en mars 2008
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Marche du
souvenir, dimanche 16 mars 2008
Chaque année, aux alentours du 13 et 14 mars, une marche de la mémoire a
lieu à Cracovie.
Elle rappelle la liquidation du ghetto en 1943. Entre 1941 et 1943, plus de
17 000 personnes juives avaient été obligées d’habiter dans ce quartier
au-delà de la Vistule. Au moment de la liquidation, environ 2 000 personnes
trouvèrent la mort par fusillades sur la place centrale du ghetto et dans
les rues adjacentes.
Du ghetto, on connaît l’action héroïque du pharmacien de la Pharmacie de
l’Aigle et de ses assistantes, qui seuls non-juifs autorisés à résider dans
le ghetto, offrirent refuge et aide.
Cette année la date des marches forcées des derniers résidents du ghetto
vers le camp de concentration Płaszów, distant de deux kilomètres environ,
correspondait avec la fête chrétienne des Rameaux. Tout un symbole !
Entre 500 et 600 personnes y ont pris part. Chaque année, il y a davantage
de personnes. De délégations d’Israël (plus de 100 personnes), de Grande
Bretagne, d’Argentine se sont jointes aux Cracoviens. Quelques sobres
discours, une évocation dramatique par deux survivants, le kaddish récité
par un rabbin de Galicie ; puis le voïvode de Małopolska (préfet de région),
le maire de la ville ont conduit la marche par les rues où elle eut lieu
autrefois. Plusieurs arrêts avaient été prévus, dont l’un devant des restes
du mur du ghetto.
Le camp de Płaszów, est aujourd’hui une vaste solitude nichée entre deux
pentes de collines. La marche a pris fin au sommet du camp. Un psaume a été
récité ; un très beau chant d’une chorale israélienne s’est élevé qui s’est
terminé sur un cri d’espoir. Ignorée de la foule, dans les escarpements des
rochers : une pièce d’eau. Des restes de miradors y rouillaient encore il y
a quelques années.
Nous avons rencontré durant cette marche le P. Kamykowski, chargé des
relations œcuméniques et des relations avec le judaïsme à Cracovie, et
plusieurs amis juifs et chrétiens.
Cracovie, 6 mars 2008 à la Synagogue Tempel
Le 6 mars 2008, Mme Anna Bielecka, du groupe « Choulent »C’est
un plat traditionnel juif. C’est le nom qu’a pris une association qui réunit
des personnes, surtout des jeunes, se découvrant des racines juives) a
organisé une rencontre à l’ancienne synagogue, libérale avant l’heure,
appelée Tempel, sur le sujet :
« Juifs et chrétiens de Cracovie : quelles responsabilités ? »
Cette réunion venait à son heure après des remous assez violents à la suite
du livre de Jan T. Gross : La peur, l’antisémitisme en Pologne tout de suite
après la guerre.
Trois orateurs se sont présentés, eux et leur activité : le P. Kamykowski
(voir plus haut), professeur à Académie papale de théologie, le P. Janusz
Salamon, sj. Directeur du centre de la culture et du dialogue, et M.
Jonathan Ornstein, enseignant juif à l’université Jagellonne, Américain .et
futur directeur d’un nouveau centre communautaire juif à Cracovie.
Environ soixante-dix personnes, de tous âges et origines, assistaient à
cette rencontre.
Comme souvent, la discussion a été l’occasion de plusieurs longues
déclarations personnelles, de souhaits exprimés ; on peut y lire le désir
d’avoir à Cracovie quelque chose qui pourrait ressembler à une « amitié
judéo-chrétienne ».
A suivre.
Nous serions partie prenante !
Lyon 8, 9 mars 2008
Enfin, c’est avec joie que Sr Ania Bodzińska a participé les 8 et 9 mars
2008 à Lyon, où elle avait fait ses études de théologie, à la session
« Les courants du judaïsme aujourd’hui, laïques et religieux ».
Cette session annuelle est organisée par le Service national pour les
relations avec le judaïsme. Ania a été accueillie chaleureusement par le P.
Patrick Desbois, en tant que Sœur de N. D. de Sion venant de Pologne. Sr
Dominique de La Maisonneuve participait également à cette rencontre où les
interventions de Jean Marie Allafort, d’Israël, de M. Thomas Gergely de
Bruxelles et de Michel Gurfinkiel, de Paris, étaient de grande qualité, sans
compter celle du Père Patrick Desbois, auteur de la « Shoa par balles »,
cette Shoa perpétrée par les sinistres Einsatzgruppen en Ukraine surtout,
mais pas seulement. |
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A Cracovie en janvier 2008
Une matinée biblique avec des jeunes, vendredi 11 janvier 08.
Le responsable diocésain de la catéchèse de Cracovie a demandé à Ania, qui y
a associé Kasia, de faire une matinée d’atelier biblique pour des jeunes
collégiens et lycéens, lauréats d’une Bourse « Jean Paul II »pour des
milieux moins favorisés. Ces jeunes bénéficient trois fois par an d’une
journée de formation sur des sujets divers.
La rencontre a eu lieu à l’archevêché où une belle cave est aménagée en lieu
polyvalent. Ils étaient environ une soixantaine. Ania et Kasia ont pu
montrer aussi l’enracinement biblique de notre Congrégation.
Le partage de l’opłatek a eu lieu ensuite avec le cardinal Dziwisz.
NB Cette coutume de partage d’un pain bénit accompagnée de souhaits
personnalisés est un très bel usage en Pologne ; il dure de Noël jusqu’à la
Présentation de Jésus au Temple.
XIe Journée du Judaïsme, 17 janvier 08
C’est la XIe année consécutive qu’une telle journée a lieu en Pologne. Elle
est placée juste avant la Semaine de l’Unité, le 17 janvier. Une ville est
en général désignée pour la célébration nationale, ce fut cette année
Zamość-Bełzec ; mais ailleurs aussi il y a des manifestations. Etalées même
sur plusieurs journées, c’est à Varsovie, Gdansk, Lublin, Gniezno et bien
sûr à Cracovie qu’elles ont eu lieu. Le thème choisi par le comité épiscopal
pour les relations avec le judaïsme était un verset du livre de la Genèse (Gen
1,27) :
« Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa. »
Au début du mois de décembre, le P. Lucas Kamykowski, responsable dans le
diocèse de l’oecuménisme et des relations avec le judaïsme nous a demandé de
participer à l’organisation de la journée.
Le shema à Cracovie est le même d’année en année. Le dimanche précédent ou
suivant le 17 janvier, le président de la communauté juive de Cracovie
propose une visite guidée de l’ancien quartier juif de Kazimierz. Le 17
même, il y a d’abord à 15hrs 30 une prière chrétienne dans l’église des
Franciscains présidée par le cardinal, archevêque de Cracovie, à laquelle
assistent aussi des juifs. Puis en traversant la rue, on se rend à la PAT
(Académie de théologie papale) où, à 16hrs 30 est donnée une conférence.
Notre contribution s’est limitée à la prière. Nous avons pris les contacts
avec les différents acteurs, et surtout fait quelques suggestions pour une
meilleure publicité, un accueil plus personnalisé et chaleureux au moment de
l’arrivée des personnes et surtout des membres de la communauté juive, etc.
Traditionnellement aussi le cardinal invite le président de la communauté
juive de venir dire quelques mots à la fin de la célébration. Dans le
contexte particulier cette année (voir plus loin), il a même fait le geste
de l’inviter à présider avec lui la célébration, ce que ce dernier a
cependant décliné. Mais le geste avait valeur de symbole !
Le clou, si l’on peut dire, de la célébration était la présence du jeune
rabbin qui a chanté avec une belle voix depuis l’ambon, le psaume en hébreu
après la première lecture lue par Ania. Autre surprise, pendant la
célébration, on a vu s’avancer aux premiers rangs un hassid avec son
streimel. En Pologne, sous ce rapport, il ne faut s’étonner de rien :
tout est possible.
C’était une célébration priante à laquelle ont participé une centaine de
personnes
La salle de la PAT était ensuite bondée pour la conférence donnée par le
rabbin Boaz Pasz, très à l’aise, sous le grand crucifix de la salle..., sur
le thème de la journée.
C’était une très bonne journée, alors que la controverse fait rage autour du
livre de Jan T. Gross, juif polonais vivant aux USA, La peur,
l’antisémitisme en Pologne tout de suite après la guerre, traduit depuis
peu en polonais.
Au cours du verre de l’amitié, après la conférence, nous avons été invitées
à une célébration anticipée de Tu Bisvhat.
Tu Bishvat, le « nouvel an des arbres ».
Cette année la fête tombait le 22 janvier. C’est le dimanche 20 janvier
qu’eut lieu dans une salle communautaire juive, près de la Synagogue Isaaca
à Kazimierz, une réunion autour du rabbin. Il a expliqué la fête, ses
symbolismes autour d’un petit seder.
Nous n’étions pas vraiment à notre place, mais durant l’heure où nous sommes
restées, nous avons pu nous rendre compte des efforts pédagogiques du rabbin
pour rendre surtout à de jeunes juifs (enfants, parents, ou célibataires)
leur identité juive. La communauté juive renaît en Pologne culturellement et
religieusement. Mais parmi l’assistance d’environ cinquante personnes, il y
avait aussi la présence de gens plus âgés.
24 janvier 08 Table ronde autour du livre de Jan Gross : La peur,
l’antisémitisme en Pologne tout de suite après la guerre.
C’est le même auteur qui a écrit il y a quelques années un petit livre
Les voisins sur Jedwabne, une localité à l’Est du pays où en 1941, au
moment du vide créé par le renversement des alliances entre l’Allemagne et
l’Union soviétique, un affreux pogrome eut lieu.
L’auteur aime provoquer et c’est certainement la limite de son livre qui par
ailleurs rapporte des faits réels -dont le massacre à Kielce-, qui se sont
malheureusement passés dans les années 45-47 en Pologne.
Pour la table ronde autour de Jan Gross, la grande aula de l’Université
(1 000 places !) était remplie des personnes de tous âges et de tous
milieux, signe de l’intérêt suscité par une question qui ne laisse personne
indifférent ici. La présence du vieil homme qu’est maintenant Marek Edelmann,
le dernier vivant des commandants de la révolte du ghetto de Varsovie en
1943, a été plusieurs fois très longuement applaudie. Ces applaudissements
disaient plus que tous les discours.
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28 décembre 2007 -1er janvier 2008 Taizé à Genève
La rencontre maintenant traditionnelle des jeunes Européens au moment du
Nouvel An a eu lieu cette année à Genève. Il y avait environ 40 000 jeunes
rassemblées là entre le 28 décembre et le 1er janvier 2008.
Nous étions près de 10 000 Polonais.
Comme j’avais choisi dans les groupes de préparation de faire partie de la
chorale, nous sommes partis, en autobus, dès le matin du 25 décembre. Nous
sommes arrivés après 20 heures de voyage au matin du 26. Le jour même, nous
avons commencé les répétitions de chant.
Chacun des participants était reçu dans une paroisse de Genève. La mienne
était celle de la cathédrale. Comme chacun sait, ou ne sait pas, la
cathédrale de Genève est protestante. Je logeais avec une autre jeune femme
de Katowice chez une dame protestante. 90 % des jeunes d’ailleurs ont pu
être logé chez l’habitant !
Le 28 tous les groupes sont arrivés dans une noria de cars. L’organisation
était parfaite.
Dès le premier soir de l’arrivée la prière a eu lieu à Palexpo, près de
l’aéroport de Cointrin, un grand complexe de halles d’exposition, ainsi que
tous les autres soirs.
Chaque matin, la prière et de petites rencontres par groupes avaient lieu
dans les paroisses. Nous avons visité la cathédrale où Calvin a prêché la
Réforme. Nous avons aussi visité les fouilles archéologiques sous la
cathédrale avec la présence d’un baptistère ancien du 4e siècle.
A midi, les jeunes se retrouvaient pour la prière à Palexpo et pour une
méditation guidée par un frère de Taizé.
Beaucoup d’ateliers sur toutes sortes de sujets nous étaient proposés dans
l’après midi. Pour ma part, j’ai choisi d’aller au Conseil oecuménique des
Eglises.
Le soir, à nouveau, prière et méditation où le frère Alois, successeur du
frère Roger, nous lisait la lettre de Cochabamba sur la réconciliation.
Le soir du 31 décembre, nous avions une veillée sur la Paix dans nos
paroisses respectives suivie d’une fête des peuples. Chacun était sensé y
présenter quelque chose de son pays.
Enfin, le repas du 1er janvier était offert par la famille
d’accueil. Nous étions trois nationalités. Notre hôtesse et sa fille,
Suisses, une dame péruvienne logeant toute l’année chez elle et nous deux
Polonaises.
Comme j’étais arrivée à Genève dès le 26, j’ai pu disposer d’un peu de temps
et j’ai pu visiter Lausanne et sa cathédrale, très belle.
J’ai aimé cette rencontre qui était vraiment œcuménique. Dans les groupes on
pouvait parler de nos différentes Eglises. La dame chez qui je logeais m’a
aussi posé beaucoup de questions sur le catholicisme. Ce que j’ai étudié
durant mes années de théologie, j’ai pu ainsi le toucher dans la ville de
Genève et dans les rencontres de ces journées.
Kasia avec la communauté de Cracovie.
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Erev Rosh haShanah, 5768, 12 septembre 2007 à
Cracovie.
Pour
la première fois depuis trois années que nous sommes à Cracovie, nous pouvons
participer à la prière de la communauté juive. Jusque-là, nous nous étions
imposées une attitude discrète.
Les offices se tiennent habituellement à la
synagogue Remu à Kazimierz, le quartier juif de Cracovie. Sa fondation remonte
au 16e siècle ; restaurée au début du 19e siècle et bien
sûr après la deuxième guerre mondiale, elle est petite, intime, avec une belle
bima au centre. Le lieu réservé aux femmes se trouve dans une salle à l’arrière,
largement ouverte sur l’espace réservé aux hommes.
La communauté juive de Cracovie compte environ
100 à 200 personnes, la plupart âgés, et la synagogue suffit à ses besoins. Mais
il y a actuellement un regain d’intérêt parmi des jeunes et de moins jeunes pour
leur culture juive. Nous avons vu des jeunes filles et jeunes gens suivre
l’office.
Les rabbins y vont et viennent, ne restant pas
longtemps. En ce moment c’est un rabbin né en Israël, Boaz Pash.
En cette veille de Rosh haShanah, la petite
synagogue est comble. Les fidèles réunis ne viennent pas uniquement de Cracovie.
On entend parler hébreu et anglais.
Deux Hassids avec leur impressionnant Streimel
sont venus renforcer le chœur des priants.
Côté femmes, nous étions une trentaine. Nous
saluons les personnes que nous connaissons.
L’office se déroule normalement avec ses mélodies
rugueuses.
Lecture de la Torah et sonnerie du shofar seront
pour l’office du matin.
C’est là aussi que sera récitée la belle prière
de « Avinou malkenu ».
« Notre Père, notre Roi, nous avons péché contre
Toi,
Notre Père, notre Roi, nous n’avons d’autre Roi
que Toi,
Notre Père et notre Roi, renouvelle pour nous une
année de bienfaits,
...
Notre Père et notre Roi, fais-nous l’aumône de ta
miséricorde et sauve-nous ».
A l’office du soir, on ouvre seulement l’arche
sainte, revêtue de son beau manteau blanc, pour y montrer les rouleaux de la
Torah.
L’office a duré trois quarts d’heures. En
sortant, on se souhaite joyeusement un bonne année : oui, « Shanah Tova » !
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Marche de recueillement
« sur l’itinéraire de la mémoire du ghetto de Varsovie »
15 avril 2007
Chaque année, le dimanche le plus proche du 19 avril, date du soulèvement du
ghetto de Varsovie, le Conseil polonais des chrétiens et des juifs invite à
une marche de recueillement et de prière dans ce qui fut le ghetto de
Varsovie.
On sait que les nazis ont commencé à en tracer le plan et les limites dès le
2 octobre 1940 pour y concentrer la population juive de Varsovie, puis celle
des environs. Des déportations massives eurent lieu durant l’été 1942 depuis
le tristement célèbre « Umschlagplatz ». Le 19 avril 1943, veille de Pessah,
le soulèvement de quelques 300 jeunes juifs armés du ghetto, conduits par
Mordechaj Anielewicz, défia les nazis. En dépit d’une résistance héroïque,
le soulèvement fut écrasé, et ce qui restait du ghetto fut rasé.
Une
année après, lors de l’insurrection de Varsovie en août septembre, par
l’armée de l’intérieur, la ville entière sera détruite, rasée.
Après la guerre, le centre historique, cœur de la ville, fut reconstruit sur
les ruines.
Du ghetto au centre nord de la ville, il ne reste aujourd’hui que certains
tracés de rues et une grande place vide. Là se dresse le monument aux Héros
du Ghetto et là sera érigée le « Musée de l’histoire des juifs polonais »,
largement ouvert sur la ville. On peut en voir déjà les plans. Le projet est
confié à un groupe d’architectes finlandais qui en a gagné le concours. La
construction commencera en 2007 et devrait s’achever en 2009.
Jalonnant un itinéraire qui conduit du Monument de Héros du Ghetto à l’Umschlagplatz,
des blocs de pierre noire marquent certains événements de la vie du ghetto.
C’est cet itinéraire qui est suivi par un groupe d’une centaine de
personnes, chrétiens, juifs, chaque année, à l’appel du Conseil polonais des
juifs et des chrétiens affilié au Conseil international des juifs et des
chrétiens. Six arrêts sont prévus : ponctués par une prière tantôt en hébreu
par les juifs, tantôt en polonais par les chrétiens. Tous s’associent pour
prier un psaume : Ps 140 ; 74 ; 94. Lors de l’arrêt qui commémore la vie et
la mort de Janusz Korczak, une de ses méditations est lue. Selon la coutume
polonaise, on dépose ensuite au pied de chaque pierre mémoire une gerbe de
fleurs aux couleurs d’Israël, blanc et bleu, et de la Pologne, rouge et
blanc.
Arrivés à l’Umschlagplatz, c’est le rabbin Schudrich, M. Krajewski et une
autre personne juive qui se partagent la prière du Kaddish ; le P. Manfred
Deselaers, le P. Jan Nowak o.p. et tous récitent les psaumes 88 et 70 et les
chrétiens concluent par la prière composée par Jean Paul II pour le peuple
juif. C’est la prière qu’il a dite lui-même le 11 juin 2001 à cet endroit
précisément.
« Dieu d’Abraham, Dieu des prophètes, Dieu de Jésus-Christ, en toi, tout
est contenu ; vers toi, tout se dirige ; tu es le terme de tout.
Exauce notre prière à l’intention du peuple juif qu’en raison de ses
Pères, Tu continues de chérir.
Suscite en lui le désir toujours plus vif de pénétrer profondément ta
vérité et ton amour.
Assiste-le pour que, dans ses efforts pour la paix et la justice, il soit
soutenu dans sa grande mission de révélation au monde de ta bénédiction.
Qu’il rencontre respect et amour chez ceux qui ne comprennent pas encore
ses souffrances, comme chez ceux qui compatissent aux blessures profondes
qui lui ont été infligées, avec le sentiment du respect mutuel des uns
envers les autres.
Souviens-toi des générations nouvelles, des jeunes et des enfants :
qu’ils persistent dans la fidélité envers Toi, dans ce qui constitue
l’exceptionnel mystère de leur vocation. Inspire-les pour que l’humanité
comprenne par leurs témoignages que tous les peuples ont une seule origine
et une seule fin : Dieu, dont le dessein de Salut s’étend à tous les hommes.
Amen. »
La célébration était alors terminée. Mais timidement, à cause du respect du
à ce lieu, une voix a commencé à chanter le « Ossé shalom ». C’est ce que
tous attendaient au fond. Le chant s’est élevé de plus en plus fort, hymne
de foi et d’espérance.
Le monument érigé à l’Umschlagplatz (gare de triage) est très suggestif.
C’est un espace clôturé de murs, mais à ciel ouvert, en pierre blanche. On y
entre de plein pied. Une ouverture étroite est pratiquée dans le mur, en
direction de la gare. Derrière cette ouverture, un jeune arbre est planté.
Sur les mur, des noms gravés...
Nous avons participé cette année toutes les deux à cet itinéraire.
Ania et Anne Denise
4 mai 2007
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Cracovie, 7 novembre 2006
Remise du diplôme « Personne de
réconciliation »
à Sr Anne Denise Rinckwald NDS
par le Conseil polonais des chrétiens et des juifs
Le 7 novembre 2006, le diplôme de
« personne de réconciliation » donné par le Conseil polonais des
chrétiens et des juifs a été remis à SrAnne Denise
Rinckwald NDS.
Cette distinction est conférée à des
personnes vivant à l’étranger, ou aux étrangers vivant en Pologne, qui ont
contribué de façon significative au dialogue judéo-chrétien en Pologne
La cérémonie a eu lieu à l’Aula de
l’Académie des sciences de Cracovie et honorée par la présence du cardinal
Fr. Macharski, archevêque émérite de Cracovie, de Mme Sylvie de Bruchard,
consul général de France à Cracovie et
par beaucoup d’amis qui s’y étaient joints.
Une autre religieuse de Notre Dame de
Sion, Sr Dominika Zaleska avait déjà reçu en 1995 ce même diplôme.
Voici les mots de remerciements de
Sr Anne-Denise.
Remerciements
Je voudrais d’abord vous exprimer mon grand merci pour l’honneur que vous me
faites, chers membres du Rada Chrześcijan i Zydów, de bien vouloir me
décerner ce titre: « personne de réconciliation ».
Vous aviez déjà distingué, en 1995, une autre religieuse de Notre Dame de
Sion, Polonaise elle, Sr Dominique Zaleska, qui habitait alors à Genève.
J’étais présente à la remise de sa distinction à Varsovie, et elle m’avait
demandé de faire le mot de remerciement pour elle.
Aujourd’hui, je dois le faire pour moi-même.
A vrai dire, quand j’ai reçu votre lettre, cher M. Krajewski, où vous me
demandiez si j’acceptais cette nomination, j’ai été très surprise. En quoi
pouvais-je bien avoir « mérité » d’être distinguée comme « personne de
réconciliation » et de figurer parmi toutes les personnalités prestigieuses
que vous avez déjà distinguées au long de ces 14 années ?
Puis je me suis rappelée le petit middrash sur rabbi Soussia : Vous
le connaissez peut-être ?
Rabbi Soussia se plaignait auprès du Saint, Béni soit-il, de ne pas être
comme Moïse : saint, savant, sage, chef du peuple, mais aussi l’homme le
plus humble que la terre ait jamais porté. Mais le Saint, Béni soit-il, lui
dit : « Rabbi Soussia, je ne t’ai pas demandé d’être Moïse, mais d’être
Soussia ! »
Néeà Strasbourg, en Alsace, pays frontière entre la France et l’Allemagne,
ce fut - durant mon enfance et ma jeunesse -, la première des
réconciliations à faire. Aujourd’hui, à cause de cela peut-être, je me sens
et je suis une Européenne convaincue.
Des expériences de réconciliation dans sa vie, chacun de nous les a faites,
car la réconciliation c’est d’abord une réalité ordinaire de la vie ; sans
pardons fréquents, sans réconciliation, aucune paix, n’est possible. En nous
d’abord !
« Les lieux de nos blessures, disait récemment le cardinal Etchegaray aux
chrétiens du Liban, sont aussi les lieux de nos réconciliations ».
Religieuse de Notre Dame de Sion, ce que je suis, mon engagement de vie
personnel, les engagements que j’ai pu prendre dans ma vie, je les dois à
cette congrégation, ma famille spirituelle.
C’est elle qui a reçu dans l’Eglise ce charisme de réconciliation, et
principalement celui de la réconciliation entre chrétiens et juifs. Le
Concile de Vatican nous a confirmées dans ce charisme par le décret
conciliaire Nostra Aetate, Déclaration sur l’attitude de
l’Eglise à l’égard des religions non-chrétiennes, proclamé le 28 octobre
1965.
Ce texte est devenu, comme le dit le psaume : « une lumière sur nos pas ».
(Ps 119)
Que dit-il ce texte ?
Dans le § 4, consacré à la relation au Judaïsme, le Concile veut rappeler
« le lien qui unit spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la
descendance d’Abraham »
Cette affirmation était et demeure d’une nouveauté inépuisable !
Ce texte rappelle entre autres que les origines de notre
foi chrétienne se trouvent chez les patriarches, Moïse, les prophètes,
que « Jésus était juif et l’est toujours resté. » (Notes pour une
correcte présentation des juifs et du judaïsme dans la prédication et la
catéchèse de l’Eglise catholique, Rome, le 24 juin 1985)
Ce texte nous rappelle encore que « les juifs restent très
chers à Dieu dont les dons et l’appel sont sans repentance » (Cf. Rom,
11, 28-29).
Ce texte nous appelle, à la rectification d’accusations injustes
concernant les juifs dans la Passion de Jésus, et condamne toute forme de
persécution antijuive.
Ce texte nous appelle surtout à la connaissance et à l’estime
mutuelles.
Jean Paul II, et maintenant Benoît XVI, tous les deux n’ont cessé et ne
cessent d’appeler les chrétiens à mettre en œuvre et à déployer les
significations de cette déclaration conciliaire.
Dans les 21 pays où elles se trouvent, les Sœurs de Notre Dame de Sion ont
pris des initiatives pour donner vie à cette demande du Concile
Vatican II et à tous les textes de l’Eglise catholique qui l’ont suivie :
Création de Services de documentation dont le Service international de
documentation judéo-chrétienne (SIDIC) à Rome,
de Programmes bibliques annuels dans leur maison de l’Ecce Homo à Jérusalem,
de cours, conférences, publications de livres, d’articles, émissions de
radio, etc.
Sans compter leur oeuvre éducative auprès des jeunes de leurs écoles.
Mais souvent et peut-être la plupart du temps, c’est dans la vie
ordinaire, la vie de tous les jours que nombre d’entre elles, par ce
qu’elles sont, essaient de poser ces actes qui réconcilient et font la paix.
Et lorsqu’on vit dans des situations de conflits ou de guerre, comme en
Israël/Palestine, au Nicaragua ou au Salvador, ce n’est pas facile.
Ma reconnaissance va donc à ma congrégation. C’est elle, qui m’a permis de
rencontrer tant de personnes diverses dans les divers pays et lieux où elle
m’a envoyée.
Tant de visages m’ont appris le sens de l’autre (et de l’Autre), la valeur
et la richesse de la différence. « Etant différents, ils m’ont rendue
autre ». (D’après Antoine Galland, pédiâtre)
Parmi eux, je voudrais seulement citer le Dr Gerhardt Riegner, de
mémoire bénie, secrétaire puis président honoraire du Congrès juif Mondial.
Nos nombreuses concertations à Genève pendant plus de 10 ans ont instauré un
climat de confiance réciproque qui a permis de prendre des initiatives, de
susciter des rencontres pour aplanir quelque fois des difficultés surgies
entre nos communautés.
Enfin, si je n’avais pas été religieuse de Notre Dame de Sion, je ne vivrais
pas en Pologne aujourd’hui, Je n’aurais pas rencontré pendant toutes
ces dernières, bientôt vingt années, tant de personnes qui m’ont
ouverte à la compréhension de ce pays que j’aime, à sa problématique
historique, sociale, religieuse voire économique.
Je pense ici à M. Potocki, ancien président du KIK, au P. Musiał, tout deux
décédés, à Stefan Wilkanowicz, ici présent, à Mgr Henryk Muszyński,
archevêque de Gniezno, premier président du comité épiscopal polonais pour
les relations ave le judaïsme.
Grâce à eux, à d’autres encore, dont quelques-uns sont dans cette salle,
j’ai pu percevoir très vite, que la réconciliation entre chrétiens et
juifs en Pologne est possible, mais non sans un long chemin. Cela a été
un appel pour moi.
Ce chemin est déjà commencé ! Et ici même à Cracovie, nous en avons des
exemples qu’il n’est pas besoin de rappeler.
Mais il reste du chemin à faire, peut-être avant tout dans le domaine
religieux.
En dehors des cercles d’érudits, à quelle culture biblique de l’Ancien
Testament le chrétien de base a-t-il accès pour nourrir et approfondir
sa foi dans le vécu quotidien ?
Que connaît-il du milieu qui a nourri la foi de Jésus et qui nous
fait comprendre avec plus de profondeur, parce que enracinés, sa vie et son
enseignement, et même sa Pâque ?
Et enfin, que connaissons – nous de la pensée religieuse, spirituelle,
éthique juive contemporaine pour féconder dans l’échange nos propres
convictions ?
Il est vrai que la Shoa a tragiquement brisé la vie juive en ce pays, mais
nous pouvons y saluer aujourd’hui la renaissance d’une communauté juive qui
puise aux sources de sa Tradition.
Dans le bateau du monde qui, comme l’arche de Noé, navigue souvent sous le
déluge, les croyants, - tous les croyants - , ont en eux une force
spirituelle, tranquille, mais dynamique.
La réconciliation émane de cette force.
Et pour terminer, un peu d’hébreu u’une de mes sœurs de Bruxelles,
hébraïsante distinguée m’a communiqué !
Dans un des mots qui exprime la réconciliation,
הַשלָמָה HaSH - La – Ma, il y a le mot
שָלוֹמ shalom.
Il exprime la plénitude, les retrouvailles après un conflit, une
discorde, la paix retrouvée et l’unité, le calme, l’apaisement, l’équilibre
comme entre les deux plateaux d’une balance.
Une personne de réconciliation serait une מַשכּינָה שָלום
MaSH – Ki – NaH ShaLoM.
Ici, on trouve la racine שכן
« résider sous la tente après l’avoir plantée ».
Elle fait référence à la Shekhina, la présence de D.ieu.
Celui ou celle qui fait la réconciliation réalise le projet de D.ieu de
faire habiter sa Shekhinah, sa Présence, entre les hommes et dans les
hommes.
Quel programme, quelle exigence !
Sr Anne Denise Rinckwald NDS
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Auschwitz, 24.XI.2006
 
Centre de Rencontre et de Prière d'Auschwitz
Bibliothèque Dominika Zaleska
Il y a déjà quelques années, une sœur de Notre Dame de Sion en France, Sr
Anna Maria Gollé, a eu l’idée de faire dessiner par une ancienne élève un
« pins », de le faire réaliser et de le faire vendre au profit de la
bibliothèque du Centre de rencontres et de prière à Auschwitz.
Ce pins représente de façon stylisée les murailles de Jérusalem que survole
une colombe tenant un rameau d’olivier dans son bec.
Une menorah, une église, un minaret symbolisent les trois religions qui se
réfèrent au patriarche Abraham.
Le mot paix est écrit en hébreu, latin et arabe.
Le symbolisme est évident.
A l’occasion de l’inauguration de la bibliothèque Dominika Zaleska, nous
avons le plaisir de remettre aujourd’hui pour elle fruit de la vente de ces
pins : 645 euros .
Nous souhaitons que cette somme serve à l’acquisition de livres sur le
judaïsme spécialement de commentaires juifs de la Bible
Au nom des soeurs de Notre Dame de Sion
Sr Anna Bodzinska NDS
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Nous
y étions!
Ce
dimanche matin à Blonia où Benoît XVI célébrait la messe de l'Ascension:car
en Pologne la fête est reportée au dimanche.
Dès 5hrs et demi,on entendait les pas sourds de la foule qui marchait, le
site étant ouvert depuis 4hrs du matin.
Peu à peu la vaste plaine se remplit. Les jeunes qui ont dormi sous leurs
tentes ou en plein air se réveillent. De partout on converge vers Blonia
pour finalement se retrouver un million de personnes.
6hrs 15, la prière commence : Notre Père, Je vous
salue Marie, lecture d'évangile, témoignages, appels à s'engager.
A 9hrs 30 Benoît XVI arrive sur le podium surmonté d'une immense croix qui
surgit d'un mur de fleurs.
Comment rendre la foi vive de cette foule priante, attentive, réagissante?
Le plus impressionnant, pour moi, ce sont toujours ces moments de silence
absolu qui s'emparent de la foule. Je ne peux m'empêcher d'y
lire l'endurance du peuple polonais face aux menaces contre son identité
nationale et religieuse, ses convictions profondes et sa foi. C'est en des
moments forts, comme cette visite-pèlerinage de Benoît XVI, qu'on les
mesure. Le thème du voyage était précisément: "Tenez fermes dans la foi!".
Benoît XVI l'a conjugué sur tous les tons et très certainement en a
bénéficié lui -même.
Salut. Shalom
Anne Denise
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Cracovie : janvier 2005,
un mois émouvant et éprouvant !
Le 17 janvier, pour la 8e
année consécutive, en Pologne comme en d’autres pays européens, on
célébrait une Journée du judaïsme. En ce quarantième
anniversaire de la Déclaration Nostra Aetate § 4, le thème était
: « En scrutant le mystère de l’Eglise
- nous sommes fils d’Abraham - ».
La journée nationale se tenant à Katowice,
donc à une centaine de kilomètres de Cracovie, Ania s’y est rendue. Du
12 au 20 janvier, toute une série de manifestations religieuses et
culturelles s’y sont succédées culminant en ce 17 janvier.
Le 18 janvier commençait la
semaine de Prière pour l’unité des chrétiens : « Le Christ est
le fondement de l’Eglise » (1 Cor. 3,1-23).
Chaque jour nous avions rendez-vous dans une
autre église ou chapelle de confessions chrétiennes présentes à
Cracovie. Nous avons ainsi fait la connaissance de l’Eglise orthodoxe
(Eglise autocéphale), de l’Eglise chrétienne baptiste, de l’Eglise
évangélique d’Augsbourg (Luthériens), de l’Eglise évangélique
méthodiste, de l’Eglise polono-catholique (née à la fin du 19e
s. aux USA parmi des émigrés polonais), de l’Eglise vieux-catholiques
Mariavites (une branche des Vieux-catholiques). Nous avons participé à
des cultes, à une messes, à des vêpres avec adoration du Saint
Sacrement, chacun priant selon son rite, mais tous unis pour chanter, et
avec quelle ferveur, les « kolędy » (chants de noël traditionnels), le
fonds culturel commun à tous !
Le dimanche 23 nous a vu le matin
pendant trois heures « sur les traces de la communauté juive » à
Kazimierz, et le soir à une eucharistie présidée par le cardinal
Macharski qui a rassemblé les différents responsables religieux dans
l’Eglise comble des Dominicains. Ensuite, selon une tradition inaugurée
par le cardinal Wojtyła au retour du Concile, un repas (dit : « un
poulet œcuménique » !) a été servi à toutes ces personnalités dans le
magnifique réfectoire gothique des Frères dominicains. Nous avons eu
l’honneur d’y être conviées ! Et c’était fort sympathique et détendu.
Le 24 janvier, a eu lieu la journée
sur l’Islam. A Cracovie, une prière et une conférence sur les relations
entre musulmans et chrétiens l’ont marqué. Une petite communauté
musulmane vit en Pologne : les anciens Tatars (XIIIe s.) à l’Est, et de
nouveaux immigrants surtout à Varsovie.
Le 20 janvier a été fêté par nous
dans ce contexte œcuménique.
Le 27 janvier, il y eut pour nous
l’Eucharistie très matinale au Carmel, puis des rencontres de
survivants : d’Israël (Halina Birenbaum), de Grèce (une résistante), du
Texas (une Polonaise déportée enfant après l’insurrection de Varsovie),
de Pologne (un homme déporté pour faits de Résistance, venu des
montagnes avec son fils). En début d’après-midi, nous nous sommes
trouvées à Auschwitz-Birkenau dans cette immense plaine de désolation,
dans le froid glacial et la neige qui tombait, avec ces 2 000 survivants
et ces milliers de personnes : les jeunes des écoles d’Oswiecim, des
jeunes et moins jeunes de Belgique, de France, des gens de toute la
Pologne, surtout de Varsovie et de Cracovie, venus simplement pour être
là, pour participer à ce moment de mémoire.
Discours, prières, son du shofar trouant la
nuit tombante, et le cri déchirant du El male Rachamim : « Dieu
plein de miséricorde……
Ani maamim, je crois en toute foi,
même s’il tarde, à la venue du Messie ».
Notre prière silencieuse : « De profundis,
je crie vers toi Seigneur … ».
Ania, Anne Denise de Cracovie, 1er
février 2005
Le Camp
Signal international d’Auschwitz-Birkenau
A l’entrée du camp
Le kantor Joseph Malowany

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« Ce Jour que fit le Seigneur est un jour de
joie ! Alléluia ! »
Voeux perpétuels d’Ania Bodzińska
A Cracovie, samedi 26 août 2006
Nous avions
souhaité le soleil pour cette journée : il était au rendez-vous ! Nous
avions souhaité la présence d’une grande communauté de Sion en plus de la
famille et d’amis : ils étaient là.
Depuis jeudi 24 août à minuit, les 40
hôtes, soeurs, frères et amis de Sion, soeur de Saint Louis sont là. Logés
près de chez nous, ils sont accueillis dès le vendredi
matin dans notre communauté, rue Beniowskiego. Dans l’après midi ils vont
prendre un premier contact avec la ville où nous habitons.
La famille d’Ania est arrivée elle aussi dans
l’après midi de ce jour. La célébration des voeux perpétuels devait avoir
lieu le
lendemain, samedi, dans l’église des Dominicains au cours de l’Eucharistie
conventuelle. Cette église du 13e siècle, au centre-ville, est notre
paroisse d’élection. Dans sa jeunesse, Ania a fait partie de l’aumônerie
d’étudiants des Dominicains.
Nous avions découvert aussi que ce 26 août
était la fête de Notre Dame De Cz ęstochowa,
Reine de Pologne. . Il allait y avoir grande affluence à la messe,
Samedi
26 août, jour J.
Nous étions debout dès l’aube pour mettre la
main aux derniers préparatifs de la fête tout en veillant à nous réserver un
temps de calme et de recueillement avant la célébration. Le célébrant, le P.
Mikael
Ziolo, trappiste d’Aiguebelle et ancien dominicain, Polonais et ami d’Ania,
par une grande délicatesse de la Providence venait de recevoir un temps
sabbatique ... en Pologne justement ! Ce matin-là, arrivant au couvent de
dominicains, quelle n’a pas été notre surprise de le voir nous accueillir en
habit séculier revenant du marché où il avait acheté en grande quantité de
ces petits bouquets de fleurs et de fruits qu’on aime beaucoup ici : « pour
garnir les tables » dit-il ! Attention toute monastique et fraternelle.
Grâce à l’aide de « petites mains » amicales, si précieuses : de Jagoda, la
jeune soeur d’Ania, de Kasia, une jeune amie d’ici intéressée par Sion, de
Marta T. venue de Varsovie, ainsi que des employés du traiteur, tout était
prêt pour l’heure H : le buffet, l’église, l’organiste, une petite chorale,
et nous tous et toutes aussi.
E
n dernière minute, Barbara Sułek, professeur
à l’école de journalisme de Varsovie, membre du Conseil polonais des juifs
et des chrétiens et grande amie de Dominika Zaleska, avait dépêché une de
ses amies, réalisatrice de l’émission catholique à la TV nationale, pour
filmer la célébration. Nous avions seulement accepté « pour l’amour de Sion
», et à condition que les cameramen se fassent oublier ( une
émission est réalisée sur la Congrégation et est diffusé sur la première
chaîne de la TV nationale polonaise en septembre.)
.
Et voilà que dans la lumière et
l’harmonie, cette inoubliable célébration commence : un petit coin
de paradis sur la terre.
Célébration simple, priante,
en plusieurs langues comme témoignage de l’internationalité de la
congrégation, un témoignage de foi, dans une église comble. Les beaux et
graves chants religieux polonais se sont élevés pour saluer l’entrée de la
croix et des concélébrants.
Les lectures
ont été celles du jour ; elles « collaient »
si bien à notre vocation !
Du livre d’Isaïe 2, 1-5 :
« Il arrivera dans l’avenir que la montagne
du Seigneur sera établie au sommet des
montagnes.... ».
Le psaume 122 a été lu en hébreu
par M. Stanislas Krajewski, président du Conseil polonais des Juifs et
des Chrétiens, qui nous a fait l’amitié d’être venu spécialement de Varsovie
la veille pour d’être parmi nous ce jour de shabbat :
« Quelle joie quand on m’a dit : « allons à
la montagne du Seigneur... ».
Nous-mêmes, de toutes nos voix, nous avons
chanté plus tard le Notre Père en hébreu. C’était sûrement une première dans
cette basilique !
La seconde lecture venait de Saint Paul dans
la Lettre aux Galates 4, 4-9 : «
Mais, quand est venu l’accomplissement du temps, Dieu a envoyé son Fils, né
d’une femme... ».
Toutes ces lectures ont été lues en
deux langues.
Quant à l’Evangile, proclamé en polonais et
par le célébrant en français, c’était...
« Or, le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée... ».
Nous espérons avoir un jour l’homélie du P.
Mikael qui alternant français et polonais a touché par la justesse de sa
compréhension de notre charisme et de notre insertion en Pologne. Il a cité
Nostra Aetate et même le P. Théodore :
«Les oeuvres de Dieu ont ordinairement des
commencements faibles, obscurs et presque imperceptibles... ».
Ce fut ensuite le moment des voeux précédé d’un dialogue entre
Maureen et Ania où dans la dernière des questions, le mot dialogue a frappé
les esprits des assistants : « Ania... es-tu prête à prendre des engagements
apostoliques dans la ligne de notre charisme et en dialogue avec ta
province ? ».
Toutes les soeurs de Sion présentes ont
ensuite prié pour Ania :
« Béni sois-Tu, Seigneur, créateur de
l’Univers.
Nous Te remercions pour ce don d’Ania.
Nous nous engageons l’accompagner, à
l’encourager dans son engagement,
à la soutenir dans les bons moments ainsi que
dans les moments difficiles.
Nous Te demandons de bénir sa vie.
Qu’elle puisse être toujours inspirée et
animée par Ta Parole et Ton Esprit. »
Le Magnificat de Taizé a conclu cette partie
de la célébration.
Les intentions de la prière universelle se
sont dites en 8 différentes langues !
Puis au moment de l’Offertoire, la soeur
aînée d’Ania, Ola/Alexandra, son beau-frère Cezary et leurs 3 enfants de 9,
7 et 3 ans se sont avancés portant les offrandes dont une coupe pleine
des 7 fruits traditionnels en Israël. Les grenades et la branche
d’olivier venaient de notre jardin d’Ein Karem !
Longue procession au moment de la communion
après qu’Ania eut reçu et pris le Corps et le Sang du Christ à l’autel face
à toute la communauté ecclésiale et avant même les concélébrants : geste qui
signifiait publiquement le lien profond de la consécration religieuse avec
le Mystère de la Pâque.
A
la fin de la
célébration, l’orgue s’étant tue, les fidèles ayant commencé à
s’écouler, nous n’avons pas pu nous empêcher de lancer dans la joie de notre
coeur et de nos voix, notre "chant national" : « Fille de Sion,
réjouis-toi... »
Ce furent ensuite les agapes
fraternelles
où nous avons pu tout de même, malgré l’affluence, saluer quelques-uns
des anciens et nouveaux amis de Cracovie, dont des gens de notre maison. Les
pères dominicains nous avaient ouvert leur magnifique jardin clos.
Dialogue pour la
célébration des vœux de soeur Ania
Soeur Ania, tu as demandé à faire
maintenant ton engagement envers Dieu dans la Congrégation de Notre Dame
de Sion.
-Siostro Anno, podjęłaś
decyzję by poświęcić się Panu Bogu w Zgromadzeni
Sióstr Matki Bożej z
Syjonu.
1-
Es tu prête à
répondre à cet appel avec son triple engagement envers l’Eglise, le
peuple juif et un monde de justice, de paix et d’amour ?
-Czy jesteś gotowa
odpowiedzieć na wezwanie do potrójnego poświęcenia życia dla Kościoła,
dla Narodu Żydowskiego i dla świata sprawiedliwości, miłości i pokoju?
Oui, je suis prête
Tak ,jestem gotowa
2-
Es-tu prête à
continuer ton cheminement, à approfondir ta foi, à prier avec la Bible
en l’étudiant à la lumière de la tradition juive, et à trouver les
moyens d’exprimer et de vivre le charisme ?
-Czy jesteś gotowa dalej
pogłębiać wiarę i modlitwę studiując Biblię w świetle żydowskiej
tradycji oraz poszukiwać właściwych sposobów na wyrażanie naszego
charyzmatu i podejmowanie go w życiu?
Oui, je le suis
Tak, jestem
3-
Es-tu prête à
t’engager dans un discernement avec la Congrégation et avec les
Chapitres généraux et provinciaux, en suivant les directives de ces
Chapitres ?
-Czy jesteś gotowa, idąc za
wskazaniami Kapituł generalnych i prowincjalnych podjąć wyzwania naszego
Zgromadzenia?
Oui, je le suis
Tak jestem
4-
Es-tu prête à
prendre des engagements apostoliques dans la ligne de notre charisme et
à en dialogue avec ta Province ?
-Czy jesteś gotowa, w
dialogu ze swoją Prowincją podejmować dzieła apostolskie w duchu
naszego charyzmatu ?
Oui, je le suis
Tak jestem
Soeur Ania, veux-tu maintenant prononcer
tes vœux et prendre ton engagement.
-Siostro Anno, czy chcesz
teraz złożyć wieczyste śluby ?
Vœux...
Au nom de la Congrégation, je reçois tes
vœux et ton engagement.
-W imieniu Zgromadzenia
przyjmuje twoje śluby.
- Bénédiction de l`anneau -
Prière –
- Signature des voeux sur l`autel
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Que s’est-il passé cette année 2005/2006 à
Cracovie ?
Un groupe
biblique
Un groupe d’une
dizaine de personnes s’est réuni chez nous durant toute cette année tous les
quinze jours autour de la Bible : le Nouveau Testament et ses racines
juives.
Utilisant,
entre autres, la méthode de la sémiotique, étudiée et acquise à l’Institut
catholique de Lyon, Sr Ania a lu avec ces participants les six premiers
chapitres de l’Evangile de Saint Matthieu.
C’est un moment
de découverte de pages d’Evangile qu’on croyait bien connaître. Une lecture
bien approfondie et sans précipitation a donné le goût de poursuivre en
septembre.
Une
marche de la mémoire à Cracovie
Le dimanche 12
mars 2006, nous avons participé à une marche du souvenir, organisée par un
collectif d’associations juives et non juives de la ville de Cracovie. Elle
commémore la liquidation totale du ghetto, le 13 mars 1943. Celui-ci avait
été établi deux ans auparavant sur quelques rues et environ 320 bâtiments de
Podgórze, un quartier de Cracovie sur la rive droite de la Vistule.
Les habitants, environ 3 000, avaient été expulsés. Le ghetto devait
accueillir quelques 18 000 juifs vivant encore à Cracovie, surtout dans le
quartier de Kazimierz.
La marche à
laquelle participaient environ 300 personnes, également des Israéliens ayant
des attaches avec Cracovie, empruntait la route qu’un 13 mars 1943 tous les
juifs valides du ghetto de Podgórze ont dû suivre, déportés à environ un
kilomètre et demi au camp de concentration de Płaszów. C’était la
liquidation totale du ghetto suivie le lendemain, 14 mars, du meurtre des
vieillards, des malades et des jeunes enfants.
Arrivés à ce
qui reste de ce camp, une grande, vaste et froide solitude, les participants
se sont rassemblés devant l’un des discrets monuments où le rabbin de la
communauté juive de Cracovie a lu le kaddish. On a déposé ensuite fleurs et
bougies.
Plusieurs
autres manifestations ont eu lieu en lien avec la « Marche de la mémoire ».
Nous avons été invitées par le Centre de la culture juive pour y témoigner
de : « Notre Dame de Sion et le judaïsme ».
Une
marche de la mémoire à Varsovie.
Le dimanche 23
avril 2006, Ania s’est rendue à Varsovie pour participer à la marche
annuelle dans l’ancien ghetto. Cette marche est organisée chaque année par
le « Conseil polonais des juifs et des chrétiens » le dimanche qui
suit le 19 avril, anniversaire de la révolte du ghetto en 1943. C’est une
marche de rencontres et de prière.
Certaines rues
de l’ancien ghetto sont jalonnées de grands blocs de pierre qui rappellent
des lieux de la révolte et de la résistance. Ce chemin commence par
l’immense monument dressé à la mémoire des héros du ghetto sur la grande
place du même nom. La marche est ponctuée par des arrêts devant ces pierres
de mémoire : on y dit un psaume et des gerbes de fleurs sont déposées.
Cette année, le
Conseil nous a demandé de déposer une gerbe auprès du monument dédié à la
mémoire de Shmuel/Samuel Zygielbaum qui s’était suicidé à Londres le 12 mai
1943, désespéré par l’indifférence du monde devant le martyre des juifs en
Pologne.
La marche s’est terminée à l’Umschlagplatz, tristement célèbre par le
départ des trains vers la mort. Les participants y ont alors récité la
prière composée par Jean Paul II :
« Dieu d’Abraham, Dieu des Prophètes, Dieu de Jésus-Christ… ».
Le
pèlerinage de Benoît XVI en Pologne du 25 au 28 mai 2006.
Nous l’avons suivie avec intensité.
La visite du pape à Auschwitz-Birkenau, ses gestes et sa méditation pendant
qu’un arc en ciel se formait dans la nuée ont été d’une grande portée.
Les controverses sur les insuffisances ne devraient pas en faire oublier la
teneur.
Sr Ania et Sr Anne Denise
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