L'Ascension, être témoin

L’Ascension est un passage, non seulement un départ pour Jésus, mais aussi pour chaque disciple et donc pour chaque chrétien. Le départ de Jésus marque la fin d'un commencement et le commencement de la fin des temps.

Désormais le rendez-vous de la présence de Jésus sera celui de son absence. La naissance du peuple est liée au départ de Jésus. Il faut que Jésus s'en aille pour que vive l'Eglise. La vie ne peut naître que de la mort. C'est la condition de toutes les Pentecôtes.

Désormais Jérusalem va basculer de sens. Ce ne sera plus la terre vers laquelle Jésus marche. Jérusalem va devenir le point de départ : « En commençant par Jérusalem... »

Le lieu de la mort de Jésus devient le lieu d'une naissance. Du même coup, c'est aussi le lieu du commencement d'une histoire, l'ouverture d'un temps provisoire, le début d'un délai : « Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis... »

L'appel à l'espérance est lancé.

Désormais il faudra partir, aller ailleurs, quitter Jérusalem pour un au-delà, poussés en avant, tirés, bousculés, « revêtus d'une force venue d'en-haut... pour aller au bout du monde « à toutes les nations...». « C'est vous qui en êtes témoins...

Et « vous », c'est nous !

Le témoin n'est donc pas le garant d'un passé mais un chercheur d'avenir, un quêteur d'espérance, un marcheur.

Le témoin est le garant d'un devenir.

Le témoin ne possède pas la vérité, c'est un chercheur de traces. La trace est un point de. départ qui permet de suivre quelqu'un qui est absent, qui est en avant, qui est plus loin.

Le témoin n'est pas celui qui sait mais celui qui naît de l'Esprit.

Jean Debruynne

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