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(Extraits
de "Moise et la. vocation Juive")
André
NEHER
« La spiritualité
chrétienne et la spiritualité juive sont, dans leur enracinement, toutes
deux pascales... Et l'on pourrait, jusqu'à un certain point montrer que les
valeurs auxquelles l'Occident s'attache le plus, sont des valeurs pascales.
Mais si l'événement de base de la spiritualité pascale judéo-chrétienne est,
incontestablement la nuit de l'Exode, le christianisme transfigurant cet.
événement par un autre, a pluralisé les PAQUES, alors que le judaïsme a
maintenu l'événement dans son contenu singulier. Les décisions du Concile de
Nicée sont, à, cet égard, symptomatiques : l'Eglise chrétienne se propose
alors de marquer définitivement son essence propre, et sa rupture délibérée
avec le judaïsme se manifeste précisément dans le décalage de la date de
PAQUE. Le nom de la fête reste, mais la fête elle-même n'est plus rattachée
à la pleine lune de Printemps, qui vit autrefois Israël sortir d'Egypte,
mais au dimanche de la résurrection de Jésus, ce dimanche qui lui-même, dans
la dimension du temps sacré, se substitue au Chabbat.

Toute l'économie
biblique est ainsi modifiée : à sa signification pascale primitive s'en
ajoute une autre qui l'englobe et l'intègre, comme une note isolée dans un
accord polyphone.
Le perpétuel débat
entre christianisme et judaïsme est là :
le message chrétien
s'annonce dans le carillon des PAQUES ;
le judaïsme
maintient, en dominante absolue,
la vibration première
de la PAQUE. »
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