au Temps Pascal

 

 

 Cinquante jours après Pâques, une fête d'actions de grâces pour la récolte se déroulait au Temple de Jérusalem . Elle commémorait aussi un grand événement de l'histoire juive. Après la sortie d'Egypte, le Seigneur s'était manifesté au Sinaï. La nuée, les tonnerres, les éclairs accompagnaient la descente de Dieu sous la forme de feu et " la fumée s'élevait comme la fumée d'une fournaise » . La montagne tremblait tout entière. C'est dans ce cadre de théophanie majestueuse que Dieu transmet sa Loi à Moïse et au peuple. Au cœur de la presqu'île du Sinaï, Il renouvelait et précisait l'Alliance conclue avec Noé.

Au jour de la première Pentecôte chrétienne, dans un cadre qui évoque les théophanies de l'Ancien Testament, l'Esprit-Saint descend sur les apôtres sous forme de langues de feu. Il ne s'agit plus de la transmission d'un Code d'Alliance entre Dieu et les hommes, mais du don de l'Amour même de Dieu, de la Troisième Personne de la Sainte Trinité. Comme au début du monde, où l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux, l'Esprit est là pour la création de l'Église. Et sa première action est d'accorder aux Apôtres ce don des langues qui évoque pour nous le récit de la Tour de Babel. Les hommes, en proie à un péché collectif d'orgueil démesuré, avaient été punis par la confusion des langues et la dispersion sur la face de la terre. Maintenant, des hommes, baptisés dans l'Esprit-Saint et le feu, parlent toutes les langues et rassemblent une foule bariolée dans l'admiration des grandes œuvres de Die.  Il ne s'agit plus seulement de rendre grâces pour la moisson abondante, mais pour la vie encore plus abondante qui se répand dans l'Eglise et, par elle, dans l'Humanité. Il ne s'agit plus du don de la Loi, mais de celui de l'Esprit-Saint. Et les chrétiens sont devenus les temples de l'Esprit, la lettre écrite non plus avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant ; non sur les tables de pierre, mais sur des tables de chair, dans leur cœur.

Telle est la grande œuvre de Dieu que l'Eglise nous invite à revivre et à admirer. C'est de ce jour-là, dans l'accomplissement total du Mystère du Christ, qu'elle prend naissance et s'enracine. Car l'Esprit du Christ est descendu sur elle et, dès lors, elle est la Présence sanctifiante de Dieu dans le monde. Et les Epîtres nous retracent cette invasion violente comme le souffle d'un grand vent déchaîné sur les premiers disciples, plus tard sur les Gentils. L'Esprit souffle où Il veut, feu ardent et lumineux qui embrase toute la terre, envoyé par le Seigneur. Sommes-nous capables de supporter ce feu ardent? Chaque Pentecôte doit être pour nous ce baptême de feu dont parlait saint jean Baptiste, feu de purification et de transformation..

La Charité, vivante  comme une rosée matinale, pénètre la terre humaine qui s'ouvre à elle et consent à ne pas lui opposer le repliement de son égoïsme. Alors elle lui fait porter des fruits : la Paix et l'Unité. Son action s'étend à toute l'histoire.  A travers les événements, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître sa Présence agissante. Notre contemplation de chrétiens engagés dans une vie active n'a-t-elle pas souvent pour thème ces merveilles accomplies dans les cœurs de ceux que nous connaissons et aimons ; cette lucidité extraordinaire que nous constatons, au cours des siècles, dans la garde du dépôt confié à l'Eglise ; ces prodiges d'amour vrai qui se déploient à travers toute son histoire ? La source de toutes ces grandes œuvres n'est-elle pas la Présence active de l'Esprit-Saint, Présence créatrice de la Communauté chrétienne, lui assurant son unité concrète ?

 

 

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  Dernière mise à jour le 28/04/08
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