|
L'AGNEAU
Il
est l'image du Christ. La crucifixion, le Vendredi-Saint, évoque les
sacrifices de l'agneau préparé pour la Pâque juive, ainsi que le
role salvateur du
sang de l'agneau, dont les Juifs d'Egypte avaient marqué leur
porte avant l'extermination. Le peuple hébreu était à l'origine nomade et
donc éleveur de bétail. Son installation en Palestine ne mit pas un terme à
cette activité ; c'est pourquoi l'agneau offrit de
tout temps une solide base de symbolismes variés.
L'agneau est aussi la victime sacrificielle par excellence, dans les
sacrifices quotidiens ordinaires (Nombres, 28-29) et surtout lors de
la célébration pascale (Exode, 12)
C'est
une des raisons qui expliquent l'utilisation chrétienne du symbole. Lorsque
Jean-Baptiste s'écrie en voyant Jésus : Voici l'agneau de Dieu qui ôte le
péché du monde (Jean, 1, 29), il se rattache certainement, au moins en
partie, au thème sacrificiel. C'est l'accent pascal qui apparaît
au premier plan dans la première épître de Pierre (1, 18-19) : le chrétien
est libéré, comme jadis Israël d'Egypte, par le sang d'un
agneau. Jésus-Christ.
Jean (19, 36) et Paul (I Cor 5, 7) affirment que la mort du Christ accomplit
parfaitement le sacrifice de l'agneau pascal.
Toutefois, le christianisme primitif se rattache aussi, en parlant de Jésus
comme d'un agneau, à une autre prophétie de l'Ancien Testament : la
mystérieuse page dans laquelle Isaïe (53, surtout le verset 7) annonce un
messie souffrant, symbolisé par l'image d'un agneau mené à l'abattoir. (Voir
Actes, 8, 32 : Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était le
suivant :
Comme une brebis il a
été conduit à la boucherie comme un agneau muet devant celui qui le tond.
ainsi il n'ouvre pas la bouche).
Enfin l'Apocalypse emploie 28 fois le mot pour désigner le Christ.
Mais le symbole renvoie ici au Christ ressuscité et glorifié. C'est pourquoi
on y décèle des harmoniques nouvelles : l'agneau vainqueur de la mort (5,
5-6), des puissances du mal (17, 14), tout-puissant, divin (5, 7-9), et juge
(6, 16 s).
Tout cela explique aisément l'iconographie chrétienne qui représente
volontiers le Christ comme un agneau céleste, portant sa croix et
intercédant pour les siens.
L'agneau
et la brebis représentent la pureté, l'innocence, la justice. Autrefois
porteurs de chance, on racontait même que le diable pouvait prendre la forme
de n'importe quel animal à l'exception de la brebis.
Manger
de l'agneau grillé à Pâques est une tradition qui se perpétue dans de
nombreux pays.
|