Présentation - Chandeleur - Purification de Marie

 

La passion de Jésus est un rendez-vous : le rendez-vous de Jérusalem.

Tout va et monte vers Jérusalem, tout y aboutit et tout en part.

 

Au cœur de cette passion : l'extrême solitude de Jésus. Elle apparaît au Jardin des Oliviers : « Vous n'avez pu veiller une heure avec moi... »

Elle éclate sur la croix : « Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Au cœur du drame, cet homme harcelé, injurié, blessé, calomnié, humilié. Progressivement lâché et abandonné par tous les siens.

 

Dieu et l'homme sont seuls au moment d'accomplir la promesse faite à l'homme par Dieu.

Mais il fallait qu'il meure pour que le tombeau soit ouvert comme la naissance d'une vie changée.

Cette solitude doit être celle de la foi. Celle qui inaugure l'avenir.

 

 

 

Le premier jour                                   

 

Le vieux monde est ainsi fait que l'homme y est condamné à tourner le dos à la lumière. Dès que l'enfant est né, il s'éloigne du jour où il a vu le jour. La fête de la naissance n'est rapidement plus qu'un anniversaire. La flamme des bougies d'anniversaire est une bien pâle. compensation à ce feu d'artifice extraordinaire qu'était le jour ou en venant au monde, nous sommes venus à la lumière. On a toujours sa naissance derrière soi et la mort par devant L'homme tourne le dos à la lumière, à sa naissance, et c'est son ombre qui s'allonge devant lui.

 

Lorsqu'un jour est commencé, l'homme n'a pas d'autre issue possible que de se diriger vers la nuit qui tombe, la fin du jour, les ténèbres. La durée c'est la mort, l'homme ne vit plus, il survit.

Le monde est déjà condamné, quoi qu'il fisse, quelles que soient ses oeuvres elles ne peuvent produire que les ténèbres, elles ne peuvent conduire les hommes qu'au dernier jour, à la mort. Les hommes sont pris dans les ornières de cette fatalité. Et si l'homme se laisse enfermer dans cette éternité, dans l'histoire, s'il se fait le complice d'un monde déjà défunt, s'il se laisse prendre au piège de la réalité, l'homme prononce déjà sa propre condamnation, « son jugement »...

 

« Mais Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pour condamner le monde mais pour que par lui le monde soit sauvé... »

Il faut pour cela mettre le monde sens dessus dessous, bousculer la pente des choses, renverser l'ordre des facteurs. Non plus arrêter le temps, mais le faire travailler pour nous. Avec Jésus, le temps ne sert plus à compter ses souvenirs, mais à ouvrir le possible. L'éternité cesse d'être un musée arrêté pour devenir une histoire sans cesse en train de naître. Avec Jésus, désormais, l'homme n'est plus sur le chemin du dernier jour. Le Christ nous ouvre le matin d'un premier jour. Pâques sera le premier jour de la semaine. C'est le début d'un monde inédit, la naissance d'un monde neuf, c'est une « re-création ». Désormais, celui qui croit sera celui qui ouvre une question, celui qui affirme qu'il ne se limite pas à son temps, à son âge, à ses œuvres, à ses rôles, à ses idées.

Croire, c'est casser les limites de sa propre histoire. Croire, c'est vivre, ou mieux, c'est recommencer à vivre.

 

                                             « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. »

 

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  Dernière mise à jour le 28/04/08
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