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Les Rampau
Aujourd'hui encore, dans
toutes les églises de la Côte d'Azur, la fête des "Rampau" -c'est
ainsi que l'on nomme les rameaux en Niçois- est célébrée avec ferveur. Tous
les fidèles se rendent dans les édifices religieux branchettes à la main
pour commémorer l'entrée du Christ à Jérusalem.
Dans le haut-pays, selon la végétation, il s'agit de buis, de laurier,
d'olivier. De taille très diverses, ces rameaux ne subissent aucune
préparation, si ce n'est l'effeuillage de l'extrémité inférieure.
A Nice, la fête des Rameaux
a engendré une tradition, celle de présenter à la bénédiction une palme
artistiquement tressée. Cette tradition a été importée semble-t-il au XIXème
siècle de la Ligurie voisine. En effet, depuis le Moyen-Age existait à
Bordighera une vaste palmeraie faite d’arbres importés à l’occasion des
Croisades. Les exploitants de cette palmeraie avaient été dotés par le Pape
du privilège exclusif de fournir Rome en palmes à l’occasion de la fête des
Rameaux. De même la palmeraie de Bordighera fournissait en palmes un grand
nombre de communautés juives d’Europe à l’occasion de la fête de Soukhoth
(la fête des cabanes).
Cette création suppose un
traitement particulier de l’arbre. En effet, la palme tressée doit être en
mesure de résister toute l’année durant dans la maison de son détenteur pour
la protéger du mal. Elle ne sera brûlée que le mercredi de Cendres de
l’année suivante, et ses cendres seront utilisées pour tracer la croix
traditionnelle sur le front des fidèles, à l’office de ce jour-là.
On doit donc réunir en
"plumeau" les palmes sur l’arbre et les ligaturer pour protéger les rameaux
centraux de la lumière du soleil. Ils restent donc souples tout en affichant
cette couleur paille familière. Dès lors commence le processus de tressage.
Jusqu’au XXème siècle, les rameaux de palmes tressées étaient concurrencés
par des branches de buis ou d’olivier abondamment décorées de croix en
pâtisserie, d’oranges ou de bonbons.
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