VIGILE  de  la  PENTECOTE

 

 

Regarde: le Christ naît, l'Esprit le précède ; il est baptisé, l'Esprit rend témoignage ; il est tenté, l'Esprit le fait revenir en Galilée ; il accomplit des miracles, l'Esprit l'accompagne ; il est élevé au ciel, l'Esprit lui succède. Y a-t-il un des prodiges accomplis par Dieu auquel l'Esprit me participe ?...

L'Ecriture l'appelle : Esprit de Dieu, Esprit du Christ, Intelligence du Christ, Esprit du Seigneur, Seigneur lui-même, Esprit d'adoption, de vérité, de liberté, Esprit de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété, de crainte de Dieu ; il est, en effet, auteur de toutes choses, emplissant tout de son essence ; il contient tout ; il emplit le monde par son essence, mais le monde ne peut borner sa puissance ; il est bon, il est droit, il dirige, il sanctifie par nature et non par une faveur ; il mesure, mais il n'est pas mesuré il se communique, mais il ne participe pas aux autres ; il emplit les choses, mais les choses ne 'l'emplissent pas ; il contient, mais il n'est pas contenu ; il est reçu en héritage, il est glorifié, il est compté avec le Père et lé Fils, à son sujet on fait une menace redoutable, il est le doigt de Dieu, il est un feu, comme Dieu, pour montrer, sans doute, qu'il est consubstantiel ; il est l'Esprit qui crée, qui donne une seconde naissance par le baptême, par la résurrection ; il est l'Esprit qui connaît toutes choses, qui enseigne, qui souffle où il veut et autant qu'il veut, qui conduit, qui parle, qui envoie, qui met à part certains Apôtres, qui s'irrite, qui est tenté, qui révèle, qui illumine, qui donne la vie ou plutôt, qui est lui-même lumière et vie. Il fait de nous ses temples, il nous déifie, il est notre perfection, si bien qu'il précède le baptême et qu'on a besoin de lui après le baptême ; il fait tout ce que fait Dieu ; il s'est manifesté sous forme de langues de feu, il distribue ses dons, il fait les Apôtres, les Prophètes, les Evangélistes, les Pasteurs et les Docteurs ; il est intelligent, multiple, clair, pénétrant, sans souillure, il ne connaît pas d'obstacle, — ou, en d'autres termes, il est la Sagesse suprême, il manifeste son action sous mille formes, il explique et révèle tout, il est son propre maître, il est immuable. Il est aussi tout-puissant, il veille sur toutes choses, il pénètre tous les esprits... et cela au même instant et dans les lieux les plus divers.

Grégoire DE NAZIANZE

 

 

 

Comment viens-tu, Grâce de Dieu?
Par la porte, par la fenêtre,
Par les oreilles, par les yeux,
Par ce souterrain peut-être,
Par ce puits à demi comblé
Où loge la vérité ?

Comme un aveugle peut-être?
Un mort à demi réveillé,
Tâtant le mur de l'escalier,
Qui cherche à se reconnaître?
Ce pas et ce peu à peu,
Est-ce toi, Grâce de Dieu ?
Comment viens-tu, Grâce de Dieu ?
Que tiens-tu, dis-nous, à la main ?
Un diadème précieux,
Une couronne plus ou moins ?
Contre le mal qui nous attire
Le remède de la myrrhe?
Un peu des fleurs, un peu des fruits
Que produit le paradis.
Et le raisin avec la pêche?
Ou simplement de l'eau fraîche,
Un gros verre plein d'eau fraîche,
Un gros bouquet de roses fraîches,
Cette promesse de bonheur
Qui nous fait battre le cœur !
Que tiens-tu, dis-nous, à la main ?
Est-ce l'étoile du matin ?

                 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment viens-tu, Grâce de Dieu ?
— Elle dit : Avec le feu !
Cette porte, c'est trop long !
Celui que l'on m'envoie chercher
Je sais qu'il est trop bien caché.
Si j'attends sa permission,
J'en ai pour une éternité.
Cet hôte
pas invité,

C'est tout de suite et de force
Qu'il se fraie passage et entrée,
Et tant pis pour la triste écorce !
Comment viens-tu grâce de Dieu?
Elle dit : Avec le feu !
Elle dit : Avec la torche !
Je viens pour mettre le tison
Aux quatre coins de la maison !

                       P. CLAUDEL

 

 

QU'ELLES  sont nombreuses les muettes visitations de Dieu près de l'âme ! C'est le coup discret frappé à la vitre le soir ; la pesée silencieuse au loquet de la porte ; la lumière rapide qui brille entre deux nuages ; le silence soudain dans les branches de l'arbre ; la mer qui tout à coup s'éveille au loin sur la grève pour ensuite, vite, se taire.

M. LEGAUT.

 

 

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