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Mercredi des cendres Kathy |
«
Nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous, c'est Dieu lui-même
qui, en fait, vous adresse un appel.
Au nom du Christ, nous vous
le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'a pas
connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin
que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Et puisque nous travaillons
avec lui, nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce
reçue de Dieu. Car il dit dans l'Écriture: Au moment favorable, je t'ai
exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c'est
maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. » (2
Cor 5,20-6,2)
Réconciliation! Une lutte
et en même temps un don complètement gratuit. Un don qui a déjà été
donné, et qui en même temps n'est pas encore, quelque chose à laquelle
nous aspirons de tout notre être – et où plus qu'ici en Israël, à
Jérusalem?!
Quel thème aurait-il de
mieux pour une Soeur de Sion pour commencer le Carême?! Nous sommes
emmenées immédiatement au coeur de notre vocation. Mais aujourd'hui,
Paul ne nous appelle pas à faire quelque chose pour la réconciliation
avec nos frères et soeurs, qui que ce soit, mais plutôt à nous laisser
réconcilier avec Dieu. Encore une fois, il me semble que nous sommes
emmenées au coeur de la chose. Car la réconciliation avec Dieu est à la
racine de toute autre réconciliation. En même temps, la réconciliation
avec Dieu et la réconciliation avec d'autres ne peuvent pas être
séparées; elles sont inséparablement liées, comme l'amour de Dieu ne
peut pas être séparé de l'amour de l'autre.
Il me semble que l'histoire
de la lutte de Jacob avec cet homme mystérieux - cet ange – Dieu - en
Gn. 32,2-33,20 est une merveilleuse illustration de cela. Jacob a fait
tort à son frère Esaü. Et après des années hors du pays, il veut
maintenant rentrer à la maison. Mais cela emportera aussi la rencontre
avec Esaü. Et donc Jacob se prépare à cette rencontre de toute sorte de
manières. Mais dans la nuit quand il est tout seul, cette personne
mystérieuse vient à lui, et il lutte avec elle pendant toute la nuit.
Jacob n'est pas vaincu, mais il est blessé et en même temps il est béni
et il reçoit un nouveau nom. Jacob-Israël dit qu'il a lutté avec Dieu,
et le résultat est qu'il peut avancer pour rencontrer son frère – et il
se fait que la rencontre est une grande réconciliation.
Le Psaume 32 parle de la
souffrance de la personne qui n'a pas reconnu son péché – son besoin de
réconciliation – et du soulagement immense une fois qu'elle l'a reconnu
et dit ouvertement, et de la joie qui en suit. Le texte de Genèse ne
nous dit pas ce que Jacob a pensé au cours de sa lutte. Mais du contexte
il est claire qu'il connaît son besoin de réconciliation avec Esaü. Il
me semble que sa lutte avec cette personne mystérieuse était en même
temps une lutte avec son péché. Et puisqu'il va boiter pour le reste de
sa vie, comme il reste aussi avec un nouveau nom, c'est claire que sa
reconnaissance de son propre tort le rend capable de recevoir et la
bénédiction de Dieu et la réconciliation avec son frère.
Mais j'ai commencé en
disant que la réconciliation est aussi un don complètement gratuit. Dans
la lecture d'aujourd'hui, Paul nous dit: « Celui qui n'a pas connu le
péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce
à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu. » Si nous lisons les
versets qui précèdent la lecture d'aujourd'hui, il devient encore plus
claire que la réconciliation que nous cherchons a déjà été donnée: Dieu
« nous a déjà réconciliés avec Lui. » Et dans la Lettre aux Ephésiens
2,11-14, le texte nous dit que le mur qui sépare Israël et les Nations a
été détruit par le sang du Christ versé sur la croix. Donc, cette
réconciliation tout à fait fondamentale entre Israël et les Nations a
déjà été donnée - même si nous devons encore lutter pour la réaliser
dans notre monde. Comme dit le prophète Isaïe: « C'étaient nos
souffrances qu'il supportait et nos douleurs dont il était accablé... Le
châtiment qui nous rend la paix est sur lui et c'est grâce à ses plaies
que nous sommes guéris... Par ses souffrances mon Serviteur justifiera
des multitudes en s'accablant lui-même de leurs fautes. » (Is.
53,4.5.11)
Donc
en ce tout premier jour du Carême nous sommes déjà plongées dans le
Vendredi Saint et la Pâque – et nous sommes invitées à commencer la
route vers la réconciliation ensemble avec Jésus, qui a déjà donné ce
que nous cherchons. C'est une route vers la résurrection en passant par
la croix.
Après avoir renié Jésus
trois fois, l'apôtre Pierre a reconnu son péché quand Jésus le regardait
(Lc. 22,61s.) En entrant dans ce « moment favorable », ce « jour du
salut », je prie que je permettrai à Jésus de me regarder et qu'ainsi je
verrai mieux et reconnaîtrai les manières dont j'ai besoin de
réconciliation, pour que je puisse recevoir et accepter d'un coeur
ouvert le don que Dieu a déjà donné. Après sa résurrection, Jésus a
demandé trois fois à Pierre: « M'aimes-tu? » - moment difficile pour
Pierre. Mais en acceptant la question et en y répondant, Pierre pouvait
recevoir pleinement le don de la réconciliation, et puis c'était
possible de l'envoyer « paître les brebis » de Jésus (Jn. 21,15-17). Je
crois avec la foi qui donne espérance qu'en allant cette route vers la
réconciliation dans ma propre vie, je peux contribuer à la
réconciliation dont notre monde a si besoin, et en premier lieu à la
réconciliation entre Israël et les Nations, entre le peuple juif et
l'Eglise, entre Israéliens et Palestiniens.
Kathy
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1er dimanche
frère Pierre Lenhardt |
Méditation-1er
dimanche de Carême-1er mars 2009
Lectures: Gn 9, 8-15; Ps 25; 1 P 3, 18-22; Mc 1, 12-15
La 1ère lecture sur l’alliance avec l’humanité conclue par Dieu avec
tous les êtres vivants enseigne la grandeur de Noé présenté comme ‘Juste
et Intègre’ (Gn 6, 9), et ensuite comme le seul Juste de sa génération (Gn
7, 1). Son nom ’Noé’(noah),
donné à sa naissance, signifie qu’il sera un ‘consolateur ‘(menahem,
Gn 5, 29 et Rashi ad locum) . Il est le premier ‘Juste et Intègre’ qui
préfigure tous ceux qui viendront après lui. Noé et sa famille sont les
premiers à avoir été sauvés à travers l’eau qui préfigure l’eau du
baptême (1P, 3, 20-21). Les Ecritures de ce dimanche sont cohérentes. la
Tradition d’Israël et de l’Eglise nous fait la joie de découvrir cette
cohérence.
Le Psaume 25, dont il faut lire le début, dit aux versets 1 et 2,
après l’attribution à David: ‘Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme. En
Toi je me confie..’. La Tradition d’Israël
ouvre le sens de ces
paroles par le verset du Psaume 31, 6: ‘En tes mains je remets mon
esprit, c’est toi qui me rachètes, Seigneur, Dieu de Vérité...’. Par l’ouverture
(petihah),
procédé pharisien-rabbinique connu de Jésus et employé par lui (Lc 24,
27.32, 44-45), on comprend que ‘l’élévation de l’âme’ (Ps 25, 1-2)
s’accomplit quand Dieu fait vivre après la mort celui qui dans la mort
lui remet son esprit (Psaume 31, 6).
C’est ce qui se réalise dans la mort de Jésus selon l’Evangile de Luc
23, 46.
Le carême est un temps de pénitence, marquée par le jeûne (Fastenzeit,
en allemand=Temps de Jeûne). Jésus, au début de son ministère public,
invite à la repentance, au retour à Dieu (teshuvah),
car le Temps est accompli et le Royaume de Dieu est proche. L’Evangile
de notre dimanche, Mc 1, 12-15, nous invite à faire Repentance et à
croire à l’Evangile, à la Bonne Nouvelle. Croyons-nous, dans la joie,
que le Temps est accompli et que le Royaume de Dieu est proche?
Ecoutons le grand message de la Repentance dans la vie d’Israël. Il
est donné par la prière de tous les jours ordinaires et par celle des
‘Dix jours de la Repentance’, de Rosh ha-Shanah à Kippour. La Repentance
d’Israël doit mener à la rédemption du monde, à l’accomplissement du
Temps et à l’avènement du Royaume de Dieu.
Notre Repentance, notre Retour à Dieu par Jésus mort et ressuscité,
vont-ils manifester que le Temps attendu par Israël est déjà accompli?
Témoignons-nous par nos paroles et par nos actes que ce Temps a déjà
commencé? 3
N’oublions-nous pas qu’il y a encore beaucoup à faire pour que ce
‘début de la Rédemption’ proclamé par nous se développe?
Avec la majorité des juifs religieux, partageons l’espoir que l’Etat
d’Israël, si contesté et menacé, soit non seulement toléré dans le
monde, mais puisse par sa pratique du droit et de la justice apparaître
comme un ‘Début du déploiement de la rédemption’. La prière pour la paix
de l’Etat d’Israël, adressée à ‘Notre Père qui es aux Cieux’, affirme la
possibilité d’un tel Début. Nous sommes ‘sioniens’, pas nécessairement
pro-sionistes mais certainement pas anti-sionistes. Demandons à Dieu,
avec la prière de l’Eglise pour les juifs du Vendredi Saint, qu’il
conduise à la plénitude de la rédemption le premier peuple de
l’Alliance.
F. Pierre Lenhardt, NdS
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2àme dimanche Sr Solange-Marie |
Lecture de la lettre de Saint Paul aux Romains 8, 31b-34 :
Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment
pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que
Dieu a choisis ? puisque c’est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ?
puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est
à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.
Texte incandescent, d’une
concision telle que les traductions divergent et défaillent. Trois
questions qui touchent à l’angoisse foncière qui se love au cœur de tout
homme : Qui sera contre nous ? Qui accusera ? Qui condamnera ?
N’avons-nous pas trop souvent l’image d’un Dieu qui nous accuse ? Or,
l’accusateur, dans la Bible, c’est le Satan, depuis le livre de la
Genèse où il accuse Dieu de mensonge (Gn 3, 4-5), jusqu’à l’Apocalypse
où est jeté bas « l’accusateur de nos frères, celui qui les
accusait jour et nuit » (Ap 12, 10-11), en passant par sa suspicion
à l’égard de Job (Job 1, 6-11 et 2,1-5). Et voici la réponse de Paul,
massive, solide comme le roc : « Dieu est pour nous. Il a livré son
Fils pour nous tous. Jésus Christ est mort, ressuscité, il intercède
pour nous ». Le jugement de Dieu n’est pas à l’image de celui des
hommes : « Mon serviteur présente aux nations le jugement… il ne
brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit. »
(Is 42,1-3). Son jugement ne condamne pas mais est toujours libération
qui remet debout et fait vivre
« C’est en effet l’amour qui rend juste. L’amour
qui est en Dieu nous justifie et l’écho de cet amour reçu en nous et
répercuté sur les autres nous permet de faire nôtre cette
justification : nous ne sommes justifiés que si nous vivons et exerçons
cette justice ; nous ne recevons que l’amour que nous donnons. C’est que
le dessein de Dieu est l’humanité une à l’image de l’Un ». (Marcel
Domergue).
« Petits enfants, n’aimons ni de mot ni de
langue mais en actes et en vérité, et devant lui nous apaiserons notre
cœur, si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que
notre cœur. » (1 Jn 3, 18-20).
Sr Solange Marie, nds
La Solitude Evry |
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3ème dimanche Sr Jacqueline |
L'évangile de ce dimanche nous met en contact avec le deuxième
chapitre de Jean. Jésus monte au Temple et en chasse les marchands
d'animaux et les changeurs de monnaie. Les Juifs l'interpellent : "Quel
signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ?" Tout
le long des évangiles, les juifs demandent à Jésus des signes. Après la
multiplication des pains ils réclament un signe pour pouvoir croire (Jn
6, 30). En Marc 8,11 ce sont les pharisiens qui demandent un signe
venant du ciel pour lui tendre un piège. Jésus déclare qu'il n'en sera
pas donné. Au Temple Jésus annonce à ceux qui l'interrogent qu'un signe
leur sera donné plus tard. "Détruisez ce Temple et en trois jours je le
relèverai" (Jn 2,19).
Dans la première alliance Dieu, donne des signes à son peuple. Au Mont
Horeb, avant de donner les commandements à son peuple, Il lui rappelle
quel amour Il lui a témoigné en le faisant sortir d'Egypte. Il l'a porté
sur ses ailes pour lui faire traverser la mer rouge et affronter le
désert. Au peuple maintenant de répondre à sa tendresse en observant les
dix paroles - première lecture.
Quand Paul écrit à la communauté de Corinthe, il lui rappelle qu'il lui a
annoncé l'évangile "sans recourir à la sagesse de discours pour ne pas
réduire à néant la croix du Christ". Dans cette prédication –
deuxième lecture – Paul se heurte aux Juifs qui réclament des
signes- non par incrédulité comme les pharisiens de l'évangile, mais
parce qu'ils ont une haute idée de la puissance divine face à toutes les
oppositions de ce monde. Mais que prouvent les signes ? Pierre en a vu
beaucoup – aussi s'est-il écrié : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant" à la question de Jésus : "Qui dit-on que je suis"? De
quel Christ parlait Pierre ? Quand Jésus essaie de faire comprendre à
ses disciples que le Fils de l'homme devait souffrir beaucoup, être
rejeté et mis à mort avant de ressusciter, Pierre repousse cette figure
du Messie et Jésus le traite de Satan. Ses vues ne sont pas celles de
Dieu. Ainsi les signes sont à interpréter. Paul se heurte aussi aux gens
qui recherchent la sagesse "celle-ci pour un grec est une vision
d'ensemble harmonieuse et équilibrée, élaborée par la raison, capable
d'éclairer l'homme sur les questions fondamentales qu'il se pose :
l'existence de l'univers, le monde des dieux, sa propre vie. Paul
désolidarise son message de toute doctrine enfermée dans les limites
naturelles de la raison, de la logique et de la prudence humaine"
Pour un grec, accorder une importance à un fait divers comme l'exécution
d'un crucifié ne peut avoir aucun rapport avec la recherche de la
sagesse.
Face aux juifs qui réclament des miracles et aux grecs qui recherchent la
sagesse, Paul prêche un Christ crucifié, scandale pour les juifs.
Pourtant ceux-ci connaissaient le poème du serviteur souffrant qui,
broyé par la souffrance, justifie les multitudes. Quant aux grecs, ils
devaient faire leur cette parole du Deutéronome 21,23 "Maudit
quiconque est pendu au bois". En réalité le Christ crucifié est
puissance et sagesse de Dieu. C'est parce que le Christ s'est abaissé
jusqu'à la mort de la Croix que Dieu l'a exalté. Nous-mêmes nous pouvons
faire l'expérience de Paul : "c'est quand je suis faible que je suis
fort" (II Cor 12,10). Le Christ crucifié est sagesse de Dieu parce
qu'il nous montre la voie qui conduit au Père : "Si quelqu'un veut me
suivre qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive"
(Mc 8,34). Est-ce que la Croix est pour nous le chemin du salut ?
Jacqueline |
4ème dimanche
Juliana |
Ephésiens 2,4-10
On nous propose cette année de cheminer avec St. Paul. Qu’est ce que
Paul nous dit dans son message ? Que nous dit-il pour notre cheminement
dans la foi? Qu’a-t-il dit aux Ephésiens il y a 2000 ans, et quel est
son message pour aujourd’hui ?
Dans la deuxième lecture de ce quatrième dimanche de Carême, Paul par
son épître aux Ephésiens, nous rappelle l’amour miséricordieux du
Père.
Paul présente le thème de la « grâce », cela veut dire, de
l’amour gratuit et miséricordieux de Dieu envers son peuple Israël et
envers toute l’humanité. Croire en Jésus implique une adaptation de vie
à cette certitude. Si Jésus est le Fils de Dieu, je crois à sa parole,
et je l’applique dans mes situations personnelles, familiales, sociales,
même si cela demande des changements.
Comment l’apôtre décrit-il aux éphésiens le changement qui s’est opéré
en eux a cause de la grâce ?
Un changement qui: « ne viens pas de vous » (v.8) mais de
« Dieu qui est riche en miséricorde » (v.4)
Un changement qui consiste dans le fait que:« nous, qui étions
des morts, il nous a fait revivre » (v. 5)
Un changement qui est dans le plan de Dieu : par rapport aux
autres « pour montrer au long des âges futurs, la richesse infinie de
sa grâce » (v.7) ; par rapport aux mêmes pécheurs régénérée « Nous
sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des
bonnes œuvres » (v.10)
Qu’est ce que cela signifie, d’être crée pour des bonnes
œuvres ? Nous sommes crées pour produire des bons « fruits ». En effet,
partout ou Dieu, à travers sa grâce, plante de bons principes, qui à
leur tour produisent de bons fruits. C’est pour cela que nous devons
savoir « d’où nous venons ? » et « qui nous sommes ? »,
c’est à dire, des créatures de Dieu, humaines et avec des limites, et
par conséquent aussi pécheurs, mais en même temps avec un potentiel de
changer et faire des bonnes œuvres. Cela nous ne devons jamais
l’oublier, car si nous devions le perdre de vue, nous allons cesser
d’apprécier notre salut et la grâce de Dieu.
Alors est-ce que nous avons besoin de la grâce ? Oui, sans doute ! Nous
avons besoin pour notre salut. Nous avons besoin pour notre vie
quotidienne. Nous avons besoin pour le ministère. Le salut est
entièrement « grâce ». La « grâce » est la faveur de Dieu qui nous
garantit le nécessaire dans notre vie chrétienne et dans notre
ministère.
Paul nous assure que : Il y a un « Dieu, riche en miséricorde » qui
aime d’un « grand amour » (v.4) … « et cela…. c’est le don de Dieu »
(v.8). Ce don est-il donné seulement à certains ? Certainement
non ! Mais Dieu l’offre à chacun et chacune d’entre nous, par des
chemins différents.
1.
Si la foi est le cœur de la conversion quadragésimale, croire est la
capacité de reconnaitre en profondeur dans les évènements ambiants et
dans les vicissitudes personnelles, la miséricorde de Dieu en action.
Et moi, où est ce que je reconnait la présence de la grâce de Dieu ?
Pendant ce temps de Carême est-ce que je me laisse modeler par la
grâce ?
Quels sont les changements/conversion qui opèrent la grâce de Dieu en
moi ?
Paul a été « touché » par Dieu d’une manière si profonde, que
tout le reste de sa vie, a été motivé d’un seule désir : communiquer
aux autres l’expérience de l’amour gratuit et libérateur, fruit de sa
rencontre avec Jésus sur le chemin du Damas.
Quel est mon désir, à moi aujourd’hui ? Quel est la source de ce
désir?
Pour
l’approfondissement:
La lettre aux éphésiens est une synthèse
théologique chrétienne, centrée sur la personne du Christ et sur son
rôle de salut universel. Paul a pris comme point de départ le mystère
caché de Dieu et actualisé en Christ dans l’Eglise.
D’Ephèse Paul a écrit sa première lettre
aux Corinthiens (cf. 1Cor 16,8)
Son séjour dans la ville d’Éphèse a duré
environ 3 années (Actes 20,31), ou sont mentionnés 3 épisodes:
-
Le baptême d’un groupe des disciples de Jean Baptiste, mais déjà
croyants en Christ (Actes 19,1-7)
-
La terrible aventure de quelques exorcistes juifs (Actes 19,
11-20)
-
Le trouble provoqué par les artisans d’Ephèse (Actes 19, 23-41)
Ensuite, Paul quitte Ephese et va à
Corinthe, et après 3 mois, il se met en voyage vers Jérusalem (Actes
20,1-21,16) où il fut arrêt |
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5ème dimanche
Yvonne Schneider Maunoury
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5ème dimanche de Carême, année B
Jr 31, 31-34 ; PS 51 ; He 5, 7-9 ; Jn 12,
20-33.
La
liturgie de ce cinquième dimanche de Carême nous invite à réaliser que
le temps de notre salut est proche. :
« Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où
je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une
alliance nouvelle. » nous dit Jérémie.
« L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être
glorifié » répond Jésus à Philippe et
André qui lui annonce que des Grecs veulent le voir.
« Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle…
», écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux.
Ces jours sont ceux de la Passion, de la Croix et de la Résurrection du
Christ par lequel nous sommes sauvés. Le temps du salut vient, le temps
est là.
L’épître aux Hébreux n’est pas vraiment une lettre
mais une homélie doctrinale sur le « sacerdoce du Christ, grand
prêtre », par qui nous vient le salut. Elle est écrite en grec,
probablement par un disciple de Paul, avant la destruction du Temple en
l’an 70, pour une communauté chrétienne ancienne.
(Le titre « aux Hébreux » a été ajouté
postérieurement.)
« Le Christ, pendant les jours de sa vie
mortelle…
Le Christ est bien un homme mortel, qui devant la
perspective de la persécution est pris d’angoisse comme nous le décrit
Luc (22, 44) :
« Pris d'angoisse, il priait plus
instamment, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient
à terre. »
… a présenté avec un grand cri et dans les
larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la
mort…
Ce cri est un cri d’appel au secours, non pas un cri
de douleur ou de violence (le mot grec employé serait différent) mais
une supplication véhémente : « Père, si tu
veux écarter de moi cette coupe... »
(Lc 22, 42)
…et parce qu’il s’est soumis en tout, il a été
exaucé. Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par
les souffrances de sa passion…
Juif, Jésus a appris tout au long de sa vie à
soumettre sa volonté à celle du Père exprimée dans la Tora :
« Ma nourriture, c'est de faire la
volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre ».
(Jn 4, 34).
C’est bien dans cette obéissance qu’il traverse sa passion et sa mort.
« …Pourtant, que ce ne soit
pas ma volonté mais la tienne qui se réalise ! »
(Lc 22, 42)
... et, ainsi conduit à sa perfection, il est
devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. »
L’exaucement de sa prière est d’être « conduit à
la perfection », c’est-à-dire à la Résurrection. L’ultime sortie des
ténèbres de la mort, c’est la Vie du Ressuscité et l’achèvement de sa
résurrection sera « quand le Seigneur enverra le Christ »
(Ac 3, 20)
pour nous bénir et nous entraîner avec lui en son Corps Glorieux.
Notre salut est ainsi lié à l’exaucement de la Prière
du Fils, qui supplie son Père de le délivrer de la mort, qui se soumet
en tout à sa volonté et pousse un dernier cri : «
Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »
(Lc 23, 46)
Chantons avec le psalmiste :
« Rends moi la joie d’être sauvé, que l’esprit
généreux me soutienne,
Aux pécheurs j’enseignerai tes chemins, vers toi
reviendront les égarés. »
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Dimanche des Rameaux Soeur
Marie-Philippe |
Le CHRIST
abaissé et glorifié.
Philippiens 2.6 -11.
Paul, cet homme converti
sur le chemin de DAMAS, devenu un passionné du CHRIST, n’a rien perdu de
sa fougue au milieu de ses épreuves. Courageux jusqu’à la mort, PAUL est
en prison.
C’est de la prison qu’il
écrit aux Philippiens. Et en prison, il rend grâce à DIEU.
L’annonce de l’évangile de
JESUS, partout où il passe, lui a suscité beaucoup d’admiration, cela
même parmi les chrétiens dont nous rappelle-t-il les intentions ne sont
pas pures.
Après tout continue-t-il
d’une manière ou d’une autre, le CHRIST est annoncé et je m’en réjouis.
En 2.5, Paul nous
dit « ayez en vous les mêmes sentiments qui sont dans le CHRIST JESUS,
Lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait
à DIEU, mais Il s’est anéanti lui-même prenant la condition d’esclave,
se dépouillant de la gloire qui devait rejaillir de sa personne divine
sur son humanité. »
… révélant dans cet
abaissement l’amour du PERE auquel il obéit volontairement.
Le supplice de la croix est
réservé aux malfaiteurs, supplice plusieurs fois mentionné dans les
écritures, ainsi en Hébreux 12.2, JESUS au lieu de la joie qui
lui était proposé endure une croix dont il méprise l’infamie et encore
dans Colossiens 1. 19-25 « le langage de la croix est folie pour
ceux qui se perdent mais puissance pour ceux qui se sauvent. »
De même Galates 6.14
« Que jamais je ne me glorifie sinon de la Croix de notre
SEIGNEUR JESUS CHRIST. »
« Ma vie c’est le CHRIST et la mort m’est un gain. »
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CAREME 2008 |
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1er
dimanche |
Dès l'entrée en carême,
la liturgie nous propose de contempler Jésus aux prises avec le mal.
Il traverse la tentation avec la LIBERTE de Celui qui a remis toute sa
vie au service du Père.
Tentation
:
face à face de Jésus et
du diable.au désert
où Jésus est conduit par
l'Esprit
Tentation
: vérification
pour Jésus de son identité de
« Fils de Dieu ».
l'épreuve confronte Jésus à des « séduction diaboliques »
qui dénaturent sa condition de « Fils de Dieu »
«
Puisque tu es Fils,
sois-le comme je te le propose. »
«
Tu peux
changer les pierres en pain pour assurer
ta propre survie.
faire le saut périlleux qui te procurera
gloire et renommée en t'assurant que Dieu est avec toi,
jouir d'une puissance sans borne à
condition de te prosterner devant moi. »
3 tentations
qui rappellent
·
celle de «
l'homme » au jardin en Eden
·
celle du peuple
de Dieu pendant l'Exode
Tentation
: combat de Jésus
avec le Mal
Ses armes : LA PAROLE de Celui dont il est LE FILS
Par cette Parole,
Jésus
� rétablit
l'ordre des valeurs : l'homme ne vit pas seulement de pain car il a une
AUTRE faim cf. Amos 8,11.
� choisit de ne
pas mettre Dieu au défi « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.
» Dt 6,1.
� reste fidèle à sa situation de
fils adorateur du seul Père.
Par LA PAROLE -
et par elle seule – Jésus obtient la victoire.. Il fait comprendre
qu'être fils, c'est se recevoir d'un Père dont la Parole le précède
puisqu'il s'est fait homme
Toute sa vie, Jésus aura
repoussé la CONVOITISE c'est à dire ce refus de la condition humaine par
crainte des limites, du manque, de la précarité.
Toute sa vie, il se sera
nourri de la Parole qui oriente sa mission (Jn 4,34).
Et pour nous, quel
est l'important?
« C'est de nous dire,
dès aujourd'hui, à l'entrée du carême, ce que Jésus dira à ses apôtres à
l'approche de la Passion : COURAGE! J'ai VAINCU LE MONDE. Jn 16,33. Oui,
courage! Il nous est possible de vaincre.
» P.Besnard.
Nous voilà invitées à la
confiance
à l'espérance
à la PRIERE aussi
Car l'adversaire ne
cesse de nous rejoindre.
Nos tentations sont
toujours des « variations » de celles qu'a connues Jésus mais pour
chacune de nous le tentateur sait trouver les « nuances propres. »
Le Ps 51 nous
situe, pécheurs, devant Celui qui est pitié, amour, miséricorde, selon
la révélation de Dieu lui-même « Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. »
Ex 34,6
Année de renouvellement, entrée en carême,
Occasion de reprendre, personnellement, en communauté l'un ou l'autre
appel de ce Psaume
« Purifie-moi
lave-moi détourne ta face de mes fautes
rends-moi la joie d'être sauvé
ouvre mes
lèvres et ma bouche annoncera ta louange. »
A la suite du Christ
Jésus,
«
vivons en enfants de lumière
sur
les chemins où L'Esprit nous conduit
que
vive en nous le nom du Père.
« L'heure
est venue de l'exode nouveau
Voici le
temps de renaître d'en haut
Quarante
jours avant la Pâque
vous
commencez l'ultime étape. »
Chant G.14.57
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2ème
dimanche |
Et Il fut transfiguré devant eux »
Mathieu 17
Six jours après la
confession de foi de Pierre (cf Math. 16,19) Jésus prit avec lui Pierre
Jacques et Jean son frère,
et les emmenât à l’écart sur une haute montagne.
La montagne, lieu de la tentation
de Jésus, de sa grande prédication (« le sermon sur la montagne »)
de la prière, de sa Transfiguration,
de l’angoisse, de la crucifixion, de l’Ascension.
Et il fut transfiguré devant
eux.
Son visage devint brillant comme le soleil, ses vêtements blancs comme la
lumière.
Par le baptême, nous sommes revêtus de lumière parce que lavés dans le sang
de l’Agneau
Et voici que leur apparurent
Moïse et Elie qui s’entretenaient avec Lui
(ils parlaient de sa mort, de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem
et de sa résurrection)
Pierre alors prenant la parole, dit à Jésus
« Seigneur, il est
heureux que nous soyons ici,
si tu le veux je vais dresser trois tentes,
une pour toi,
une pour Moïse
et une pour Elie »
Le Seigneur a « campé », « dressant la tente de son corps » parmi nous,
inaugurant ainsi l’ère messianique.
Survint une nuée qui les
couvrit de son ombre et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils Bien Aimé, écoutez le »
La Shékina signe de la présence de Dieu.
A cette voix, les disciples tombèrent la face contre terre tout effrayés
Pour eux on ne peut voir Dieu sans mourir…
Mais Jésus s’approchant d’eux, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous, n’ayez pas peur »
Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que Lui, Jésus, seul.
Avec les disciples, apprenons à entrer progressivement
dans la profondeur du mystère de Jésus.
Per crucem , ad Lucem ! jusqu’à Pâques.
Elisabeth
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3ème
dimanche |
Temps de la soif
« Mon Dieu, je te
cherche dès l’aube,
Mon âme a soif de toi ;
Après Toi languit ma chair Terre aride,
altérée, sans eau »
Ps 62,2
Les textes liturgiques du temps de carême
insistent sur l’urgence de la conversion : démarche lente et rude qui
conduit un jour ou l’autre au désert où Dieu attend, éprouve et se révèle.
« Je la conduirai au désert et je lui
parlerai au coeur » Osée 2,16
L’aventure du peuple hébreu que rapporte le
chapitre 17 du livre de l’Exode semble bien être celle qui se vit au coeur
de tout chrétien en quête de Dieu. Nos insatisfactions, nos doléances font
écho à celles du désert de Rephidim.
Il nous a conduits
jusqu’ici pour mourir de soif, nous, nos enfants, nos femmes et nos bêtes
(17,3).
C’est lui Dieu le responsable de nos malheurs. Où est-il pour nous
abandonner ainsi ? Nous a-t-il oubliés ? Existe-t-il seulement ?
Quelle actualité dans ces plaintes, ces doutes !
L’aventure de l’Exode interpelle notre confiance, notre foi en cette
présence de Dieu dans la vie de chacun. Hier comme aujourd’hui la tentation
est là : celle d’oublier les faveurs que Dieu accorde à chacun,
si naturellement parfois, qu’on ne les remarque même plus.
Dans la langue du psalmiste l’exploit de Dieu c’est le surgissement de l’eau
au désert qui redonne foi et goût de vivre.
« Rocher nouveau d’où sort le fleuve de la
vie Tu es venu abreuver ceux qui croient en toi
Et tu laissas s’ouvrir ton coeur Oh viens Seigneur, fontaine intarissable »
(Hymne, mardi 2e semaine
ordinaire)
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi Et qu’il boive celui qui
croit en Moi
Selon le mot de l’Ecriture : « de son sein couleront des fleuves d’eau vive
»
(Jean 7,37)
Seigneur, que l’eau vive
de Ta Parole en nous devienne source pour les autres !
Le psaume 94, qui suit le récit de l’Exode au désert, rappelle les
merveilles de Dieu pour son peuple qu’il désaltère de l’eau jaillie du
rocher.
« Celui qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Et
cette eau deviendra source jaillissante pour la vie éternelle »
(Jean 4,74)
La joie du psalmiste éclate, mais il semble
que les mots, la parole parlée ne suffisent plus. Il faut signifier par de
la musique, le son des instruments, le chant, ce que le coeur ressent au
plus profond de lui-même. C’est en quelque sorte une confession de louange
suivie en finale d’une prise de conscience du péché passé.
« Aujourd’hui
écouterez-vous sa parole ?
Ne fermez pas votre coeur comme au désert
Où vos pères m’ont tenté et provoqué
Et pourtant il avait vu mon exploit »
Ici, le psalmiste change de ton : il ne se contente pas
de décrire un fait accompli : il m’interpelle, il nous interpelle !
Aujourd’hui, comment vivons-nous devant toi, Seigneur ?
Apprends-nous à vivre dans le présent, sans retours en arrière, « tendus
vers l’avant » comme St Paul le conseille aux Philippiens,
3,12.
Seigneur, que chacun de nos « aujourd’hui » vécu devant Toi, provoque notre
louange pour la multitude de tes bienfaits sur nous.
L’épisode de la Samaritaine
(Jn 4) fait écho à la recherche de
l’eau vive au désert (Ex. 17). Jésus
ne craint pas la fatigue, la chaleur et la soif pour aller à la rencontre
des plus délaissés, des plus démunis. Il brave aussi le scandale du juif
pieux paraissant en public, seul, auprès d’une femme avec laquelle il
s’entretient : « Donne-moi à boire »… Jésus s’abaisse devant celle qui vient
puiser ; il mendie, se fait priant, soumis au bon vouloir de cette femme :
surprise d’être abordée par un juif, celle-ci ne tourne pas le dos et reste
ouverte au dialogue.
« Seigneur, Toi le
Tout-Puissant, la Force même, qui te rends faible et vulnérable devant une
femme, viens au secours de nos suffisances ; fais-nous accepter la
dépendance, à ton exemple, toutes nos fragilités sans regrets ni amertume ».
«C’est quand je suis faible que je suis fort »
(II Cor. 10,12)
« Heureux ceux dont la force est en Toi »
(Ps 8,6)
Si tu savais le Don de Dieu…. Jésus, le Don parfait, habité par
l’Esprit, qui se révèle, à la Samaritaine, source d’eau vive.
« Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive »
(Jn 7,36)
« Mon âme a soif du Dieu vivant. Quand le verrai-je face à face ? »
(Ps 42,3)
« Soyons sources d’eau vive, au milieu d’un monde
assoiffé » Benoit XVI « Deus Caritas Est »
« Je le suis (le Messie) moi qui te parle »
Dès l’instant où elle découvre en Jésus le Messie attendu, elle lâche tout
et court annoncer sa foi à tous ceux qu’elle rencontre ; la nouvelle soif
qui la pousse à dépasser sa parole : elle agit en amenant les gens de sa
ville à Jésus. Elle est devenue apôtre et missionnaire. Deviendrait-elle un
jour, patronne des missions ? …
Sur cette route du Carême qui conduit vers Pâques, nous
poursuivons la marche vers les « sources du salut ».
Sur le parcours, quelles que soient les défaillances, nous avançons avec une
grande confiance et la ferme volonté de nous renouveler à la source
permanente de la Parole et du Don de l’Esprit.
« La Parole
reçue devient en l’homme une source de vie,
un foyer de lumière, un trésor d’où jaillit la vérité ;
mais ce jaillissement s’opère avec mesure,
avec prudence et discernement »
Père
Théodore ( sources de vie p. 28 – volume 1)
sr Béatrix Marie |
4ème
dimanche |
DES
TENEBRES A LA LUMIERE DE LA NOUVELLE CREATION
L’année liturgique n’est
jamais un recommencement identique parce que nous sommes en marche avec
elle dans un approfondissement continuel. C’est une spirale qui nous
fait monter vers la connaissance et l’amour infini du même inépuisable
mystère de Pâques. La Parole de Dieu est un grand espace où l’on peut
découvrir le trésor caché, une source où l’on peut puiser l’eau vive…
C’est pourquoi on ne se lasse jamais de la méditer et de s’en enrichir.
Ce 4è dimanche est une halte
importante sur la route qui nous conduit, avec les catéchumènes, vers la
lumière de Pâques : le Christ.
La création de la lumière.
Gen.1,3-4 : «Dieu dit :
‘Que la lumière soit !’ Et la lumière fut. »
Gen.1,14-15 : « Dieu dit :
‘qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de
la nuit ; qu’ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les
jours et les années ; et qu’ils servent de luminaires au firmament pour
illuminer la terre.’ Il en fut ainsi. »
La création de l’homme à l’image de Dieu.
Gen.1, 26 et 2,7 : «Dieu
dit : ‘ Faisons l’homme à notre image…Le Seigneur Dieu modela l’homme
avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines
l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant’.». Un voyant !
VOIR avec nos yeux de chair
la lumière du soleil et toutes les splendeurs de la Création !
VOIR pour louer, adorer,
aimer le Créateur. Tel fut l’état de l’homme créé par Dieu.
MAIS … le péché est entré
dans le monde et a enténébré le coeur de l’homme.
ALORS, Dieu, dans son Amour
infini, a envoyé son propre Fils, Lui ‘la lumière du monde’.
N’est-ce pas un peu
l’histoire de chacun de nous que nous pouvons relire dans les textes de
ce 4è dimanche de Carême?
1ère Lecture: I Sam
16,1-13. Le choix
et l’onction de David,‘l’oublié’.
«Le Seigneur dit à Samuel
: ‘… Je t’envoie chez Jessé de Bethléem, car j’ai découvert un roi parmi
ses fils. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars !’… Dieu ne
regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais
le Seigneur regarde le coeur… Il reste encore le plus jeune… C’est lui !
Donne-lui l’onction… L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de
ce jour-là. »
Comme le dit Saint Paul (I
Col 1,27), nous voyons que « Ce qu’il y a de faible dans le monde,
voilà ce que Dieu a choisi ». Dieu choisit le dernier pour en faire,
par l’onction et l’Esprit, le chef, figure du Messie, vrai roi et prêtre
parfait. L’onction royale du plus jeune des fils de Jessé, David,
ancêtre du Messie (Mashiah), qui signifie ‘oint’, préfigure celle du
rite baptismal. Etre baptisé, c’est entrer dans un peuple de rois et de
prêtres. Le choix de David comme roi d’Israël marque le début d’une des
étapes les plus décisives de l’histoire du peuple de Dieu. Et Jésus
sera, au jour de son entrée à Jérusalem, acclamé ‘fils de David’ (Mt
21,9) et ‘roi de la fille de Sion’. (Mt 21,9. Cf Za 9,9).
Psaume 22
: Le Berger, c’est le
Seigneur.
Avec lui, je ne manque de
rien : il me fait reposer,
il me mène vers les eaux et me fait revivre,
il me conduit,
il prépare la table pour moi,
il répand l’huile parfumée sur ma tête,
ma coupe est débordante,
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie
J’habiterai la maison du Seigneur.
Ce psaume est une
préfiguration de l’ensemble de l’Initiation Chrétienne : il chante la
grâce reçue au baptême et dans l’eucharistie et la confiance du fidèle
dans ce berger envoyé par Dieu, qui se révélera Dieu lui-même. Il décrit
la vie et l’aventure du chrétien à la suite de son Maître. C’est Lui qui
agit ! Par des étapes successives, Il le conduit, le consacre, le
restaure, et le garde pour la Vie sans fin, ni péril.
2e Lecture : Eph. 5,8-14.
Vivre dans la lumière.
Cette lecture nous invite à
vivre en enfants de lumière. Comme les chrétiens d’Ephèse, nous sommes
appelés à devenir ce que nous sommes devenus par la grâce de Dieu. Elle
tire les conséquences pratiques de l’engagement du chrétien illuminé par
la foi et le baptême. « Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes
devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière –or la lumière
produit tout ce qui est bonté, justice et vérité- et sachez reconnaître
ce qui est capable de plaire au Seigneur. » Nous avons maintenant de
‘nouveaux yeux’ pour démasquer l’hypocrisie du monde et déceler les
vraies valeurs. « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres. …
Réveille-toi, ô toi qui dors…et le Christ t’illuminera. »
Evangile : Jn 9,1-41.Le
passage de l’aveuglement à la Foi.
Ce texte nous plonge encore
davantage dans ce qui oppose la lumière aux ténèbres. Il résume
l’aventure divine dans le monde des hommes qui réagit de différentes
façons face au Christ –lumière : de l’hostilité des suffisants à
l’accueil de ceux qui se reconnaissent aveugles. Dieu se révèle aux
humbles qui, par la foi, accéderont à la plénitude de la lumière. La foi
qui voit et adore : ‘Fides adorans mysterium’. L’aveugle découvre non
seulement la lumière du jour, mais la lumière de la foi. Il le peut
parce qu’il est l’un de ces simples, de ces petits, que Dieu choisit
comme il a jadis choisi David.
Arrêtons-nous quelques
instants sur le texte pour voir ce que fit Jésus pour guérir
l’aveugle-né: « En sortant du temple, Jésus vit sur son passage un
homme qui était aveugle de naissance…’L’action de Dieu devait se
manifester en lui. Il nous faut réaliser l’action de celui qui m’a
envoyé pendant qu’il fait encore jour …Tant que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde.’ Cela dit, il cracha sur le sol et avec la
salive il fit de la boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle et il
lui dit : ‘Va te laver à la Piscine de Siloé...’ L’aveugle y alla donc,
et il se lava ; quand il revint, il voyait…. Jésus apprit qu’ils
l’avaient expulsé, alors il vint le trouver et lui dit :’Crois-tu au
Fils de l’homme ?’ Il répondit : ‘ Et qui est-il, Seigneur, pour que je
croie en lui ?’ Jésus lui dit : ‘Tu le vois, et c’est lui qui te parle.’
Il dit : ‘Je crois, Seigneur’, et il se prosterna devant lui. ».
L’aveugle-né est bien le prototype du croyant illuminé par le Christ. Il
est dans les ténèbres tant qu’il est laissé à lui-même : il devient
voyant en se laissant illuminer par le Christ. La foi est une adhésion
radicale à Celui qui est la ‘lumière du monde. ’Cette guérison se fait
en deux temps : elle commence par l’application sur les yeux de
l’aveugle d’un mélange de terre et de salive et s’achève à la Piscine de
Siloé (ce qui signifie ‘Envoyé’) où Jésus l’envoie laver cette boue.
Première étape
:
La boue que Jésus applique
sur les yeux de l’aveugle rappelle celle dont fut tiré le premier homme
dans le récit de la Genèse. S. Ephrem de Nisibe écrit : « Jésus cracha à
terre et fit des yeux de sa boue » (Comment sur le Diatessaron
16,28) On ne peut mieux dire que la guérison de l’aveugle-né est une
véritable création. « Jésus donne à l’homme les yeux qu’il n’avait pas,
dit saint Pierre Chrysologue » (Sermon 176,1).Comme le remarque
déjà saint Irénée « Ce ne fut plus par une parole, mais par un acte
qu’Il lui rendit la vue ; Il agit de la sorte, non sans raison ni au
hasard, mais afin de faire connaître la Main de Dieu qui, au
commencement, avait modelé l’homme. » (Contre les hérésies 5,
15,2). Ambroise le dit aussi : « Il pouvait ordonner, mais il a mieux
aimé agir pour nous faire reconnaître Celui qui, de la glaise de la
terre, a façonné les membres de nos corps… » (Sur Luc 10,70). «
Je vois Jésus quand je lis qu’il enduisit de boue les yeux de l’aveugle
et lui rendit la vue ; je reconnais là Celui qui a façonné de boue
l’homme et lui a donné le souffle de vie, la lumière pour voir. » (Ibid
1,7). « La boue que Tu as prise, dit saint Ephrem, nous a appris que
Tu étais le Fils de notre Créateur. » (Hymnes sur le Jeûne 6,5).
La similitude du geste de Jésus avec celui du Créateur aux origines
manifeste que les deux Testaments sont bien l’oeuvre du même Dieu.
Ephrem dit de même : « Il guérit le défaut qui existait depuis la
naissance pour montrer que Lui, dont la main achevait ce qui manquait à
la nature, Il était bien Celui dont la main avait façonné la création au
commencement » (Commentaire sur le Diatessaron , 16,28). «
Manifester les oeuvres de Dieu » (Jn 9,3) signifiait manifester que le
Christ n’était autre que le Verbe créateur Incarné. Il n’est pas de
thème qui revienne plus fréquemment dans les commentaires de la guérison
de l’aveugle-né : la boue que Jésus utilise est un rappel volontaire de
la création primordiale et le texte est une théophanie. Nous avons là
aussi l’annonce de la restauration eschatologique de l’homme lors de la
résurrection. « Celui qui avec de la terre et de la salive a restitué
l’organe manquant à l’aveugle de naissance, celui-là nous relèvera nous
aussi (Constitutions Apostoliques.5, 7,27).
Deuxième étape :
Le geste que fait Jésus : un
mélange de salive et de boue appliqué sur les yeux, puis l’envoi à la
piscine de Siloé, préfigurent le rite baptismal : une onction et une
plongée dans l’eau. L’infirme se met à voir seulement après s’être lavé
les yeux. C’est donc la piscine qui porte la symbolique baptismale,
l’onction de boue n’était qu’une préparation. Origène, Ambroise et
Augustin y ont vu une figure du catéchuménat. Pour Origène, Siloé ne
désigne pas seulement le Christ, l’Envoyé par excellence, mais aussi
tous ceux qui sont envoyés aux hommes en son Nom, les apôtres… pour
préparer au baptême. La boue dont Jésus enduit les yeux de l’aveugle est
pour Ambroise le symbole de l’aveuglement du péché que l’eau du baptême
fait disparaître pour que l’oeil intérieur soit guéri. Le baptême est
seulement un point de départ, le premier acte de la vie chrétienne, à
partir duquel on va réellement pouvoir connaître le Christ auquel on a
accordé sa confiance en acceptant le sacrement. Après s’être lavé
l’aveugle s’en revint voyant clair afin tout à la fois de reconnaître
Celui qui l’avait modelé et d’apprendre quel était le Seigneur qui lui
avait rendu la vie (Cf. Irénée, Contre les Hérésies 5, 15,3) «
L’aveugle guéri « voyait et ne voyait pas: il voyait avec ses yeux, mais
il ne voyait pas encore avec son coeur. » dit saint Augustin (Sermon
135,6). Quand Jésus le rencontre plus tard dans le temple, Il lui
demande : ‘Crois-tu au Fils de Dieu ?’ Il lui répondit comme quelqu’un
qui est encore oint : ’Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en Lui’ ?
Jésus lui dit : ‘Tu l’as vu, c’est Lui qui te parle. Lui est l’Envoyé,
l’autre lave son visage à Siloé, qui signifie l’Envoyé. Il dit : ‘Je
crois, Seigneur.’ Et se prosternant, il L’adora.
Ces réflexions sur les textes
de ce jour nous montrent que, au delà de leur spécificité, ils se
rejoignent admirablement pour nous faire comprendre que chacun de nous
est choisi par Dieu, aimé par lui, guéri par les sacrements qu’Il lui
donne pour le faire revivre, appelé dans la liberté de l’amour à suivre
le Christ et à vivre avec Lui.
Lumière du monde,
Jésus-Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie !
I Jn 2,10. « Celui qui
aime son frère demeure dans la lumière. » .Illuminés par le Christ,
nous sommes appelés à rayonner et à éclairer ceux qui cherchent à tâtons
la vérité et la vie. Telle est notre mission de baptisés.
Mt 5,14 et 16 : «Vous êtes
la lumière du monde…Que votre lumière brille aux yeux des hommes pour
qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est
aux cieux. » Dans le combat de chaque jour, nous avons à rester
fidèles à ce que nous sommes devenus par la grâce de Dieu, notre Père.
Etre enfants de Dieu, implique de travailler humblement dans sa vigne et
de Le prier sans cesse, comme Il nous a dit de le faire. La prière,
ici-bas, est lumière parce qu’elle est déjà rencontre avec la vraie
Lumière Nous pouvons donc dire:
« Père, Tu offres aux hommes
la lumière dont ils ont besoin pour diriger leurs pas. Fais pénétrer au
plus profond de leur coeur cette autre Lumière, Ton Fils Jésus. Avec
Lui, nous marcherons jusqu’à Toi, Et nous découvrirons Ton visage pour
les siècles des siècles. »
Croire, c’est voir et adorer
dans l’humilité, avec les Sacrements, surtout l’Eucharistie, et la
Parole de Dieu.
Il nous faut nous hâter tant
qu’il fait jour, dans la simplicité des petits enfants, garder nos
lampes allumées dans le service et l’adoration, jusqu’au jour sans fin.
Le but de notre vie n’est-il
pas de VOIR Dieu ?
«A présent, nous voyons
dans un miroir et de façon confuse, mais, alors, ce sera face à face. »
(I Cor 13,12).
« Bienheureux ceux qui,
sans avoir vu, ont cru. »
(Jn 20, 29).
Laissons Saint Augustin nous
dire :
«Apprends à désirer Dieu.
Apprends à préparer ce avec
quoi tu pourras Le voir.
‘Bienheureux les coeurs
purs : ils verront Dieu’. »
(Mt 5, 8).
Anne Michèle, Paris le 19
février 2008.
nds.pajol@hotmail.fr
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5ème
dimanche |
Ez
37, 12b - 14
Le peuple
d'Israël a perdu son pays, sa terre, et les Israélites, loin de leur
patrie,
souffrent
de la dispersion. Ils auraient pu dire
"Nos os
sont desséchés,
notre
espérance est détruite" Ez 37, 11
Alors Dieu
se souvient de son peuple. Par la bouche de son prophète il fait la
promesse que des ruines de l'histoire d'Israël va jaillir une vie
nouvelle; et ceci non pas par l'agir des hommes mais par la puissance de
Dieu qui, elle, agit au-delà de toutes les frontières même celle de la
mort.
"J'ouvre
vos tombeaux ;
je vais vous faire remonter de vos tombeaux" Ez 37, 12
Ici notre
texte ne parle pas des Israélites morts, mais du retour de ceux qui ont
été déportés à Babylone.
Et nous
entendons à travers ces paroles l'amour et la fidélité du Père pour son
peuple. Pour rendre cet amour encore plus palpable Dieu annonce par son
prophète
"Je
mettrai mon Esprit en vous
et vous
vivrez" Ez 37, 14
Il s'agit
d'un renouvellement spirituel, d'une conversion intérieure. La
perception d'une "vie nouvelle", don de l'Esprit, est étroitement liée à
la reconnaissance de nos limites et de nos tombeaux. Car si Dieu offre
l'espérance et la "vie nouvelle ", c'est seulement celui qui s'ouvre et
accepte ce don peut le recevoir. Il
y a
toujours ce danger que l'homme, grisé par les sciences et les progrès
techniques, se voit comme maître et comme le centre du monde qui n'a nul
besoin de l'aide "d'en haut".
Il voudrait
alors créer le sens de la vie à la place de le recevoir.
Jn
11, 1 – 45
"Je suis
la résurrection.
Qui
croit en moi,
même
s'il meurt, vivra."
La
résurrection est aussi le thème central de l’Évangile d’aujourd’hui.
Non pas
celui qui "ignore" la mort croît en la vie, mais quiconque veut
croire en
la vie doit croire à son triomphe sur la mort.
Pourquoi
est-ce que Jésus laisse mourir son ami Lazare avant de se rendre
dans sa
maison? Peut-être pour nous enseigner que le don d'une “vie nouvelle” se
révèle seulement par la mort. C'est notre existence dépouillée de tout
qui s'ouvre au souffle de l'Esprit. Le dialogue de Jésus avec Marthe est
la partie essentielle de notre texte.
"Ton
frère ressuscitera" (v 23)
lui dit
Jésus. Comme juive pieuse Marthe attend la résurrection des morts dans
l'avenir:
"Je sais
qu'il ressuscitera
à la
résurrection au dernier jour" (v 24)
Et Jésus,
d'une certaine manière fait venir ce "dernier jour" ici et maintenant en
disant :
"Je suis
la résurrection (et la vie)
Qui
croit en moi
même
s'il meurt, vivra.
4
Et quiconque vit et croit en moi
ne
mourra jamais" (vv 25 - 26)
Autrement
dit: celui qui met tout son espoir en moi n'a pas besoin d'attendre
la fin des
jours pour sa résurrection. La vie éternelle a déjà commencé en lui.
"Le
crois-tu?" (v 26)
lui demande
Jésus à la fin du dialogue. Ne devrions-nous pas être profondément
touchées par cette question?
Marthe
confesse Jésus comme "le Christ" et comme le "Fils de Dieu".
Prions pour
la grâce de dire avec elle ces paroles de tout notre coeur.
Anna
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Dimanche des rameaux |
Le dimanche des Rameaux nous rappelle l’entrée solennelle, mais pleine
d’humilité, de Jésus à Jérusalem quelques jours avant sa Passion.
Alors qu’il s’approche de Jérusalem avec ses disciples, Jésus leur dit :
« Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez une ânesse
attachée et son petit avec elle. Détachez-la et amenez-les moi. »
L’âne, symbole de la richesse du paysan, monture royale, monture
habituelle des grands voyages. Le prophète Zacharie en fera la monture
pacifique du roi messianique
« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !
Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !
Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et
monté sur un âne, un âne tout jeune ». (Zacharie 9,9)
Jésus, accomplit la prophétie, il fait son entrée dans Jérusalem sur le
dos d’un ânon, un humble animal, aux cris de la foule acclamant son roi,
nouveau David !
« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du
Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux » Il entre dans la sobriété et
la simplicité, tout comme Salomon, le roi de la paix était entré mille
ans plus tôt, plein d’espérance et de promesses. A son passage, le
peuple jubile, la foule brandit des palmes, des rameaux d’olivier (une
antique tradition orientale voulait que les héros soient acclamés en
agitant des rameaux verts symbolisant l’immortalité de leur gloire). Ce
geste des palmes nous rappelle le rituel de la fête des Tentes et de la
Dédicace (Lv 23,40) Ce roi n’a pas l’allure d’un puissant conquérant, il
se présente pacifique, porté par un ânon. Il est le Roi-serviteur.
Avec cet événement nous inaugurons la Semaine Sainte pendant laquelle
nous monterons à Jérusalem avec Jésus, nous partagerons avec lui le
dernier repas,
nous suivrons le chemin de la passion et de la croix,
nous descendrons au tombeau
et nous nous relèverons avec lui au matin de Pâques.
Cette semaine nous offre une démarche à suivre, une expérience à vivre.
C’est une semaine qui commence
Et dont chaque jour est un commencement.
C’est une semaine de traversée intérieure
Qui va d’une rive à l’autre et qui franchit la nuit comme la mer.
C’est une semaine sainte.
Elle monte comme un chemin de Foi.
Elle monte comme un chemin de croix.
Elle monte comme un chemin de coeur.
C’est une semaine qui monte et c’est en moi qu’elle monte
Pour m’ouvrir un passage
Entre ma mort
Et ma vie
Dont le nom est Jésus Christ.
(Jean Debruyne)
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