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1er
dimanche |
Dès l'entrée en carême,
la liturgie nous propose de contempler Jésus aux prises avec le mal.
Il traverse la tentation avec la LIBERTE de Celui qui a remis toute sa
vie au service du Père.
Tentation
:
face à face de Jésus et
du diable.au désert
où Jésus est conduit par
l'Esprit
Tentation
: vérification
pour Jésus de son identité de
« Fils de Dieu ».
l'épreuve confronte Jésus à des « séduction diaboliques »
qui dénaturent sa condition de « Fils de Dieu »
«
Puisque tu es Fils,
sois-le comme je te le propose. »
«
Tu peux
changer les pierres en pain pour assurer
ta propre survie.
faire le saut périlleux qui te procurera
gloire et renommée en t'assurant que Dieu est avec toi,
jouir d'une puissance sans borne à
condition de te prosterner devant moi. »
3 tentations
qui rappellent
·
celle de «
l'homme » au jardin en Eden
·
celle du peuple
de Dieu pendant l'Exode
Tentation
: combat de Jésus
avec le Mal
Ses armes : LA PAROLE de Celui dont il est LE FILS
Par cette Parole,
Jésus
� rétablit
l'ordre des valeurs : l'homme ne vit pas seulement de pain car il a une
AUTRE faim cf. Amos 8,11.
� choisit de ne
pas mettre Dieu au défi « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.
» Dt 6,1.
� reste fidèle à sa situation de
fils adorateur du seul Père.
Par LA PAROLE -
et par elle seule – Jésus obtient la victoire.. Il fait comprendre
qu'être fils, c'est se recevoir d'un Père dont la Parole le précède
puisqu'il s'est fait homme
Toute sa vie, Jésus aura
repoussé la CONVOITISE c'est à dire ce refus de la condition humaine par
crainte des limites, du manque, de la précarité.
Toute sa vie, il se sera
nourri de la Parole qui oriente sa mission (Jn 4,34).
Et pour nous, quel
est l'important?
« C'est de nous dire,
dès aujourd'hui, à l'entrée du carême, ce que Jésus dira à ses apôtres à
l'approche de la Passion : COURAGE! J'ai VAINCU LE MONDE. Jn 16,33. Oui,
courage! Il nous est possible de vaincre.
» P.Besnard.
Nous voilà invitées à la
confiance
à l'espérance
à la PRIERE aussi
Car l'adversaire ne
cesse de nous rejoindre.
Nos tentations sont
toujours des « variations » de celles qu'a connues Jésus mais pour
chacune de nous le tentateur sait trouver les « nuances propres. »
Le Ps 51 nous
situe, pécheurs, devant Celui qui est pitié, amour, miséricorde, selon
la révélation de Dieu lui-même « Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. »
Ex 34,6
Année de renouvellement, entrée en carême,
Occasion de reprendre, personnellement, en communauté l'un ou l'autre
appel de ce Psaume
« Purifie-moi
lave-moi détourne ta face de mes fautes
rends-moi la joie d'être sauvé
ouvre mes
lèvres et ma bouche annoncera ta louange. »
A la suite du Christ
Jésus,
«
vivons en enfants de lumière
sur
les chemins où L'Esprit nous conduit
que
vive en nous le nom du Père.
« L'heure
est venue de l'exode nouveau
Voici le
temps de renaître d'en haut
Quarante
jours avant la Pâque
vous
commencez l'ultime étape. »
Chant G.14.57
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2ème
dimanche |
Et Il fut transfiguré devant eux »
Mathieu 17
Six jours après la
confession de foi de Pierre (cf Math. 16,19) Jésus prit avec lui Pierre
Jacques et Jean son frère,
et les emmenât à l’écart sur une haute montagne.
La montagne, lieu de la tentation
de Jésus, de sa grande prédication (« le sermon sur la montagne »)
de la prière, de sa Transfiguration,
de l’angoisse, de la crucifixion, de l’Ascension.
Et il fut transfiguré devant
eux.
Son visage devint brillant comme le soleil, ses vêtements blancs comme la
lumière.
Par le baptême, nous sommes revêtus de lumière parce que lavés dans le sang
de l’Agneau
Et voici que leur apparurent
Moïse et Elie qui s’entretenaient avec Lui
(ils parlaient de sa mort, de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem
et de sa résurrection)
Pierre alors prenant la parole, dit à Jésus
« Seigneur, il est
heureux que nous soyons ici,
si tu le veux je vais dresser trois tentes,
une pour toi,
une pour Moïse
et une pour Elie »
Le Seigneur a « campé », « dressant la tente de son corps » parmi nous,
inaugurant ainsi l’ère messianique.
Survint une nuée qui les
couvrit de son ombre et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils Bien Aimé, écoutez le »
La Shékina signe de la présence de Dieu.
A cette voix, les disciples tombèrent la face contre terre tout effrayés
Pour eux on ne peut voir Dieu sans mourir…
Mais Jésus s’approchant d’eux, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous, n’ayez pas peur »
Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que Lui, Jésus, seul.
Avec les disciples, apprenons à entrer progressivement
dans la profondeur du mystère de Jésus.
Per crucem , ad Lucem ! jusqu’à Pâques.
Elisabeth
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3ème
dimanche |
Temps de la soif
« Mon Dieu, je te
cherche dès l’aube,
Mon âme a soif de toi ;
Après Toi languit ma chair Terre aride,
altérée, sans eau »
Ps 62,2
Les textes liturgiques du temps de carême
insistent sur l’urgence de la conversion : démarche lente et rude qui
conduit un jour ou l’autre au désert où Dieu attend, éprouve et se révèle.
« Je la conduirai au désert et je lui
parlerai au coeur » Osée 2,16
L’aventure du peuple hébreu que rapporte le
chapitre 17 du livre de l’Exode semble bien être celle qui se vit au coeur
de tout chrétien en quête de Dieu. Nos insatisfactions, nos doléances font
écho à celles du désert de Rephidim.
Il nous a conduits
jusqu’ici pour mourir de soif, nous, nos enfants, nos femmes et nos bêtes
(17,3).
C’est lui Dieu le responsable de nos malheurs. Où est-il pour nous
abandonner ainsi ? Nous a-t-il oubliés ? Existe-t-il seulement ?
Quelle actualité dans ces plaintes, ces doutes !
L’aventure de l’Exode interpelle notre confiance, notre foi en cette
présence de Dieu dans la vie de chacun. Hier comme aujourd’hui la tentation
est là : celle d’oublier les faveurs que Dieu accorde à chacun,
si naturellement parfois, qu’on ne les remarque même plus.
Dans la langue du psalmiste l’exploit de Dieu c’est le surgissement de l’eau
au désert qui redonne foi et goût de vivre.
« Rocher nouveau d’où sort le fleuve de la
vie Tu es venu abreuver ceux qui croient en toi
Et tu laissas s’ouvrir ton coeur Oh viens Seigneur, fontaine intarissable »
(Hymne, mardi 2e semaine
ordinaire)
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi Et qu’il boive celui qui
croit en Moi
Selon le mot de l’Ecriture : « de son sein couleront des fleuves d’eau vive
»
(Jean 7,37)
Seigneur, que l’eau vive
de Ta Parole en nous devienne source pour les autres !
Le psaume 94, qui suit le récit de l’Exode au désert, rappelle les
merveilles de Dieu pour son peuple qu’il désaltère de l’eau jaillie du
rocher.
« Celui qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Et
cette eau deviendra source jaillissante pour la vie éternelle »
(Jean 4,74)
La joie du psalmiste éclate, mais il semble
que les mots, la parole parlée ne suffisent plus. Il faut signifier par de
la musique, le son des instruments, le chant, ce que le coeur ressent au
plus profond de lui-même. C’est en quelque sorte une confession de louange
suivie en finale d’une prise de conscience du péché passé.
« Aujourd’hui
écouterez-vous sa parole ?
Ne fermez pas votre coeur comme au désert
Où vos pères m’ont tenté et provoqué
Et pourtant il avait vu mon exploit »
Ici, le psalmiste change de ton : il ne se contente pas
de décrire un fait accompli : il m’interpelle, il nous interpelle !
Aujourd’hui, comment vivons-nous devant toi, Seigneur ?
Apprends-nous à vivre dans le présent, sans retours en arrière, « tendus
vers l’avant » comme St Paul le conseille aux Philippiens,
3,12.
Seigneur, que chacun de nos « aujourd’hui » vécu devant Toi, provoque notre
louange pour la multitude de tes bienfaits sur nous.
L’épisode de la Samaritaine
(Jn 4) fait écho à la recherche de
l’eau vive au désert (Ex. 17). Jésus
ne craint pas la fatigue, la chaleur et la soif pour aller à la rencontre
des plus délaissés, des plus démunis. Il brave aussi le scandale du juif
pieux paraissant en public, seul, auprès d’une femme avec laquelle il
s’entretient : « Donne-moi à boire »… Jésus s’abaisse devant celle qui vient
puiser ; il mendie, se fait priant, soumis au bon vouloir de cette femme :
surprise d’être abordée par un juif, celle-ci ne tourne pas le dos et reste
ouverte au dialogue.
« Seigneur, Toi le
Tout-Puissant, la Force même, qui te rends faible et vulnérable devant une
femme, viens au secours de nos suffisances ; fais-nous accepter la
dépendance, à ton exemple, toutes nos fragilités sans regrets ni amertume ».
«C’est quand je suis faible que je suis fort »
(II Cor. 10,12)
« Heureux ceux dont la force est en Toi »
(Ps 8,6)
Si tu savais le Don de Dieu…. Jésus, le Don parfait, habité par
l’Esprit, qui se révèle, à la Samaritaine, source d’eau vive.
« Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive »
(Jn 7,36)
« Mon âme a soif du Dieu vivant. Quand le verrai-je face à face ? »
(Ps 42,3)
« Soyons sources d’eau vive, au milieu d’un monde
assoiffé » Benoit XVI « Deus Caritas Est »
« Je le suis (le Messie) moi qui te parle »
Dès l’instant où elle découvre en Jésus le Messie attendu, elle lâche tout
et court annoncer sa foi à tous ceux qu’elle rencontre ; la nouvelle soif
qui la pousse à dépasser sa parole : elle agit en amenant les gens de sa
ville à Jésus. Elle est devenue apôtre et missionnaire. Deviendrait-elle un
jour, patronne des missions ? …
Sur cette route du Carême qui conduit vers Pâques, nous
poursuivons la marche vers les « sources du salut ».
Sur le parcours, quelles que soient les défaillances, nous avançons avec une
grande confiance et la ferme volonté de nous renouveler à la source
permanente de la Parole et du Don de l’Esprit.
« La Parole
reçue devient en l’homme une source de vie,
un foyer de lumière, un trésor d’où jaillit la vérité ;
mais ce jaillissement s’opère avec mesure,
avec prudence et discernement »
Père
Théodore ( sources de vie p. 28 – volume 1)
sr Béatrix Marie |
4ème
dimanche |
DES
TENEBRES A LA LUMIERE DE LA NOUVELLE CREATION
L’année liturgique n’est
jamais un recommencement identique parce que nous sommes en marche avec
elle dans un approfondissement continuel. C’est une spirale qui nous
fait monter vers la connaissance et l’amour infini du même inépuisable
mystère de Pâques. La Parole de Dieu est un grand espace où l’on peut
découvrir le trésor caché, une source où l’on peut puiser l’eau vive…
C’est pourquoi on ne se lasse jamais de la méditer et de s’en enrichir.
Ce 4è dimanche est une halte
importante sur la route qui nous conduit, avec les catéchumènes, vers la
lumière de Pâques : le Christ.
La création de la lumière.
Gen.1,3-4 : «Dieu dit :
‘Que la lumière soit !’ Et la lumière fut. »
Gen.1,14-15 : « Dieu dit :
‘qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de
la nuit ; qu’ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les
jours et les années ; et qu’ils servent de luminaires au firmament pour
illuminer la terre.’ Il en fut ainsi. »
La création de l’homme à l’image de Dieu.
Gen.1, 26 et 2,7 : «Dieu
dit : ‘ Faisons l’homme à notre image…Le Seigneur Dieu modela l’homme
avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines
l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant’.». Un voyant !
VOIR avec nos yeux de chair
la lumière du soleil et toutes les splendeurs de la Création !
VOIR pour louer, adorer,
aimer le Créateur. Tel fut l’état de l’homme créé par Dieu.
MAIS … le péché est entré
dans le monde et a enténébré le coeur de l’homme.
ALORS, Dieu, dans son Amour
infini, a envoyé son propre Fils, Lui ‘la lumière du monde’.
N’est-ce pas un peu
l’histoire de chacun de nous que nous pouvons relire dans les textes de
ce 4è dimanche de Carême?
1ère Lecture: I Sam
16,1-13. Le choix
et l’onction de David,‘l’oublié’.
«Le Seigneur dit à Samuel
: ‘… Je t’envoie chez Jessé de Bethléem, car j’ai découvert un roi parmi
ses fils. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars !’… Dieu ne
regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais
le Seigneur regarde le coeur… Il reste encore le plus jeune… C’est lui !
Donne-lui l’onction… L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de
ce jour-là. »
Comme le dit Saint Paul (I
Col 1,27), nous voyons que « Ce qu’il y a de faible dans le monde,
voilà ce que Dieu a choisi ». Dieu choisit le dernier pour en faire,
par l’onction et l’Esprit, le chef, figure du Messie, vrai roi et prêtre
parfait. L’onction royale du plus jeune des fils de Jessé, David,
ancêtre du Messie (Mashiah), qui signifie ‘oint’, préfigure celle du
rite baptismal. Etre baptisé, c’est entrer dans un peuple de rois et de
prêtres. Le choix de David comme roi d’Israël marque le début d’une des
étapes les plus décisives de l’histoire du peuple de Dieu. Et Jésus
sera, au jour de son entrée à Jérusalem, acclamé ‘fils de David’ (Mt
21,9) et ‘roi de la fille de Sion’. (Mt 21,9. Cf Za 9,9).
Psaume 22
: Le Berger, c’est le
Seigneur.
Avec lui, je ne manque de
rien : il me fait reposer,
il me mène vers les eaux et me fait revivre,
il me conduit,
il prépare la table pour moi,
il répand l’huile parfumée sur ma tête,
ma coupe est débordante,
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie
J’habiterai la maison du Seigneur.
Ce psaume est une
préfiguration de l’ensemble de l’Initiation Chrétienne : il chante la
grâce reçue au baptême et dans l’eucharistie et la confiance du fidèle
dans ce berger envoyé par Dieu, qui se révélera Dieu lui-même. Il décrit
la vie et l’aventure du chrétien à la suite de son Maître. C’est Lui qui
agit ! Par des étapes successives, Il le conduit, le consacre, le
restaure, et le garde pour la Vie sans fin, ni péril.
2e Lecture : Eph. 5,8-14.
Vivre dans la lumière.
Cette lecture nous invite à
vivre en enfants de lumière. Comme les chrétiens d’Ephèse, nous sommes
appelés à devenir ce que nous sommes devenus par la grâce de Dieu. Elle
tire les conséquences pratiques de l’engagement du chrétien illuminé par
la foi et le baptême. « Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes
devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière –or la lumière
produit tout ce qui est bonté, justice et vérité- et sachez reconnaître
ce qui est capable de plaire au Seigneur. » Nous avons maintenant de
‘nouveaux yeux’ pour démasquer l’hypocrisie du monde et déceler les
vraies valeurs. « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres. …
Réveille-toi, ô toi qui dors…et le Christ t’illuminera. »
Evangile : Jn 9,1-41.Le
passage de l’aveuglement à la Foi.
Ce texte nous plonge encore
davantage dans ce qui oppose la lumière aux ténèbres. Il résume
l’aventure divine dans le monde des hommes qui réagit de différentes
façons face au Christ –lumière : de l’hostilité des suffisants à
l’accueil de ceux qui se reconnaissent aveugles. Dieu se révèle aux
humbles qui, par la foi, accéderont à la plénitude de la lumière. La foi
qui voit et adore : ‘Fides adorans mysterium’. L’aveugle découvre non
seulement la lumière du jour, mais la lumière de la foi. Il le peut
parce qu’il est l’un de ces simples, de ces petits, que Dieu choisit
comme il a jadis choisi David.
Arrêtons-nous quelques
instants sur le texte pour voir ce que fit Jésus pour guérir
l’aveugle-né: « En sortant du temple, Jésus vit sur son passage un
homme qui était aveugle de naissance…’L’action de Dieu devait se
manifester en lui. Il nous faut réaliser l’action de celui qui m’a
envoyé pendant qu’il fait encore jour …Tant que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde.’ Cela dit, il cracha sur le sol et avec la
salive il fit de la boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle et il
lui dit : ‘Va te laver à la Piscine de Siloé...’ L’aveugle y alla donc,
et il se lava ; quand il revint, il voyait…. Jésus apprit qu’ils
l’avaient expulsé, alors il vint le trouver et lui dit :’Crois-tu au
Fils de l’homme ?’ Il répondit : ‘ Et qui est-il, Seigneur, pour que je
croie en lui ?’ Jésus lui dit : ‘Tu le vois, et c’est lui qui te parle.’
Il dit : ‘Je crois, Seigneur’, et il se prosterna devant lui. ».
L’aveugle-né est bien le prototype du croyant illuminé par le Christ. Il
est dans les ténèbres tant qu’il est laissé à lui-même : il devient
voyant en se laissant illuminer par le Christ. La foi est une adhésion
radicale à Celui qui est la ‘lumière du monde. ’Cette guérison se fait
en deux temps : elle commence par l’application sur les yeux de
l’aveugle d’un mélange de terre et de salive et s’achève à la Piscine de
Siloé (ce qui signifie ‘Envoyé’) où Jésus l’envoie laver cette boue.
Première étape
:
La boue que Jésus applique
sur les yeux de l’aveugle rappelle celle dont fut tiré le premier homme
dans le récit de la Genèse. S. Ephrem de Nisibe écrit : « Jésus cracha à
terre et fit des yeux de sa boue » (Comment sur le Diatessaron
16,28) On ne peut mieux dire que la guérison de l’aveugle-né est une
véritable création. « Jésus donne à l’homme les yeux qu’il n’avait pas,
dit saint Pierre Chrysologue » (Sermon 176,1).Comme le remarque
déjà saint Irénée « Ce ne fut plus par une parole, mais par un acte
qu’Il lui rendit la vue ; Il agit de la sorte, non sans raison ni au
hasard, mais afin de faire connaître la Main de Dieu qui, au
commencement, avait modelé l’homme. » (Contre les hérésies 5,
15,2). Ambroise le dit aussi : « Il pouvait ordonner, mais il a mieux
aimé agir pour nous faire reconnaître Celui qui, de la glaise de la
terre, a façonné les membres de nos corps… » (Sur Luc 10,70). «
Je vois Jésus quand je lis qu’il enduisit de boue les yeux de l’aveugle
et lui rendit la vue ; je reconnais là Celui qui a façonné de boue
l’homme et lui a donné le souffle de vie, la lumière pour voir. » (Ibid
1,7). « La boue que Tu as prise, dit saint Ephrem, nous a appris que
Tu étais le Fils de notre Créateur. » (Hymnes sur le Jeûne 6,5).
La similitude du geste de Jésus avec celui du Créateur aux origines
manifeste que les deux Testaments sont bien l’oeuvre du même Dieu.
Ephrem dit de même : « Il guérit le défaut qui existait depuis la
naissance pour montrer que Lui, dont la main achevait ce qui manquait à
la nature, Il était bien Celui dont la main avait façonné la création au
commencement » (Commentaire sur le Diatessaron , 16,28). «
Manifester les oeuvres de Dieu » (Jn 9,3) signifiait manifester que le
Christ n’était autre que le Verbe créateur Incarné. Il n’est pas de
thème qui revienne plus fréquemment dans les commentaires de la guérison
de l’aveugle-né : la boue que Jésus utilise est un rappel volontaire de
la création primordiale et le texte est une théophanie. Nous avons là
aussi l’annonce de la restauration eschatologique de l’homme lors de la
résurrection. « Celui qui avec de la terre et de la salive a restitué
l’organe manquant à l’aveugle de naissance, celui-là nous relèvera nous
aussi (Constitutions Apostoliques.5, 7,27).
Deuxième étape :
Le geste que fait Jésus : un
mélange de salive et de boue appliqué sur les yeux, puis l’envoi à la
piscine de Siloé, préfigurent le rite baptismal : une onction et une
plongée dans l’eau. L’infirme se met à voir seulement après s’être lavé
les yeux. C’est donc la piscine qui porte la symbolique baptismale,
l’onction de boue n’était qu’une préparation. Origène, Ambroise et
Augustin y ont vu une figure du catéchuménat. Pour Origène, Siloé ne
désigne pas seulement le Christ, l’Envoyé par excellence, mais aussi
tous ceux qui sont envoyés aux hommes en son Nom, les apôtres… pour
préparer au baptême. La boue dont Jésus enduit les yeux de l’aveugle est
pour Ambroise le symbole de l’aveuglement du péché que l’eau du baptême
fait disparaître pour que l’oeil intérieur soit guéri. Le baptême est
seulement un point de départ, le premier acte de la vie chrétienne, à
partir duquel on va réellement pouvoir connaître le Christ auquel on a
accordé sa confiance en acceptant le sacrement. Après s’être lavé
l’aveugle s’en revint voyant clair afin tout à la fois de reconnaître
Celui qui l’avait modelé et d’apprendre quel était le Seigneur qui lui
avait rendu la vie (Cf. Irénée, Contre les Hérésies 5, 15,3) «
L’aveugle guéri « voyait et ne voyait pas: il voyait avec ses yeux, mais
il ne voyait pas encore avec son coeur. » dit saint Augustin (Sermon
135,6). Quand Jésus le rencontre plus tard dans le temple, Il lui
demande : ‘Crois-tu au Fils de Dieu ?’ Il lui répondit comme quelqu’un
qui est encore oint : ’Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en Lui’ ?
Jésus lui dit : ‘Tu l’as vu, c’est Lui qui te parle. Lui est l’Envoyé,
l’autre lave son visage à Siloé, qui signifie l’Envoyé. Il dit : ‘Je
crois, Seigneur.’ Et se prosternant, il L’adora.
Ces réflexions sur les textes
de ce jour nous montrent que, au delà de leur spécificité, ils se
rejoignent admirablement pour nous faire comprendre que chacun de nous
est choisi par Dieu, aimé par lui, guéri par les sacrements qu’Il lui
donne pour le faire revivre, appelé dans la liberté de l’amour à suivre
le Christ et à vivre avec Lui.
Lumière du monde,
Jésus-Christ, celui qui marche à ta suite aura la lumière de la vie !
I Jn 2,10. « Celui qui
aime son frère demeure dans la lumière. » .Illuminés par le Christ,
nous sommes appelés à rayonner et à éclairer ceux qui cherchent à tâtons
la vérité et la vie. Telle est notre mission de baptisés.
Mt 5,14 et 16 : «Vous êtes
la lumière du monde…Que votre lumière brille aux yeux des hommes pour
qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est
aux cieux. » Dans le combat de chaque jour, nous avons à rester
fidèles à ce que nous sommes devenus par la grâce de Dieu, notre Père.
Etre enfants de Dieu, implique de travailler humblement dans sa vigne et
de Le prier sans cesse, comme Il nous a dit de le faire. La prière,
ici-bas, est lumière parce qu’elle est déjà rencontre avec la vraie
Lumière Nous pouvons donc dire:
« Père, Tu offres aux hommes
la lumière dont ils ont besoin pour diriger leurs pas. Fais pénétrer au
plus profond de leur coeur cette autre Lumière, Ton Fils Jésus. Avec
Lui, nous marcherons jusqu’à Toi, Et nous découvrirons Ton visage pour
les siècles des siècles. »
Croire, c’est voir et adorer
dans l’humilité, avec les Sacrements, surtout l’Eucharistie, et la
Parole de Dieu.
Il nous faut nous hâter tant
qu’il fait jour, dans la simplicité des petits enfants, garder nos
lampes allumées dans le service et l’adoration, jusqu’au jour sans fin.
Le but de notre vie n’est-il
pas de VOIR Dieu ?
«A présent, nous voyons
dans un miroir et de façon confuse, mais, alors, ce sera face à face. »
(I Cor 13,12).
« Bienheureux ceux qui,
sans avoir vu, ont cru. »
(Jn 20, 29).
Laissons Saint Augustin nous
dire :
«Apprends à désirer Dieu.
Apprends à préparer ce avec
quoi tu pourras Le voir.
‘Bienheureux les coeurs
purs : ils verront Dieu’. »
(Mt 5, 8).
Anne Michèle, Paris le 19
février 2008.
nds.pajol@hotmail.fr
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5ème
dimanche |
Ez
37, 12b - 14
Le peuple
d'Israël a perdu son pays, sa terre, et les Israélites, loin de leur
patrie,
souffrent
de la dispersion. Ils auraient pu dire
"Nos os
sont desséchés,
notre
espérance est détruite" Ez 37, 11
Alors Dieu
se souvient de son peuple. Par la bouche de son prophète il fait la
promesse que des ruines de l'histoire d'Israël va jaillir une vie
nouvelle; et ceci non pas par l'agir des hommes mais par la puissance de
Dieu qui, elle, agit au-delà de toutes les frontières même celle de la
mort.
"J'ouvre
vos tombeaux ;
je vais vous faire remonter de vos tombeaux" Ez 37, 12
Ici notre
texte ne parle pas des Israélites morts, mais du retour de ceux qui ont
été déportés à Babylone.
Et nous
entendons à travers ces paroles l'amour et la fidélité du Père pour son
peuple. Pour rendre cet amour encore plus palpable Dieu annonce par son
prophète
"Je
mettrai mon Esprit en vous
et vous
vivrez" Ez 37, 14
Il s'agit
d'un renouvellement spirituel, d'une conversion intérieure. La
perception d'une "vie nouvelle", don de l'Esprit, est étroitement liée à
la reconnaissance de nos limites et de nos tombeaux. Car si Dieu offre
l'espérance et la "vie nouvelle ", c'est seulement celui qui s'ouvre et
accepte ce don peut le recevoir. Il
y a
toujours ce danger que l'homme, grisé par les sciences et les progrès
techniques, se voit comme maître et comme le centre du monde qui n'a nul
besoin de l'aide "d'en haut".
Il voudrait
alors créer le sens de la vie à la place de le recevoir.
Jn
11, 1 – 45
"Je suis
la résurrection.
Qui
croit en moi,
même
s'il meurt, vivra."
La
résurrection est aussi le thème central de l’Évangile d’aujourd’hui.
Non pas
celui qui "ignore" la mort croît en la vie, mais quiconque veut
croire en
la vie doit croire à son triomphe sur la mort.
Pourquoi
est-ce que Jésus laisse mourir son ami Lazare avant de se rendre
dans sa
maison? Peut-être pour nous enseigner que le don d'une “vie nouvelle” se
révèle seulement par la mort. C'est notre existence dépouillée de tout
qui s'ouvre au souffle de l'Esprit. Le dialogue de Jésus avec Marthe est
la partie essentielle de notre texte.
"Ton
frère ressuscitera" (v 23)
lui dit
Jésus. Comme juive pieuse Marthe attend la résurrection des morts dans
l'avenir:
"Je sais
qu'il ressuscitera
à la
résurrection au dernier jour" (v 24)
Et Jésus,
d'une certaine manière fait venir ce "dernier jour" ici et maintenant en
disant :
"Je suis
la résurrection (et la vie)
Qui
croit en moi
même
s'il meurt, vivra.
4
Et quiconque vit et croit en moi
ne
mourra jamais" (vv 25 - 26)
Autrement
dit: celui qui met tout son espoir en moi n'a pas besoin d'attendre
la fin des
jours pour sa résurrection. La vie éternelle a déjà commencé en lui.
"Le
crois-tu?" (v 26)
lui demande
Jésus à la fin du dialogue. Ne devrions-nous pas être profondément
touchées par cette question?
Marthe
confesse Jésus comme "le Christ" et comme le "Fils de Dieu".
Prions pour
la grâce de dire avec elle ces paroles de tout notre coeur.
Anna
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Dimanche des rameaux |
Le dimanche des Rameaux nous rappelle l’entrée solennelle, mais pleine
d’humilité, de Jésus à Jérusalem quelques jours avant sa Passion.
Alors qu’il s’approche de Jérusalem avec ses disciples, Jésus leur dit :
« Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez une ânesse
attachée et son petit avec elle. Détachez-la et amenez-les moi. »
L’âne, symbole de la richesse du paysan, monture royale, monture
habituelle des grands voyages. Le prophète Zacharie en fera la monture
pacifique du roi messianique
« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !
Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !
Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et
monté sur un âne, un âne tout jeune ». (Zacharie 9,9)
Jésus, accomplit la prophétie, il fait son entrée dans Jérusalem sur le
dos d’un ânon, un humble animal, aux cris de la foule acclamant son roi,
nouveau David !
« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du
Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux » Il entre dans la sobriété et
la simplicité, tout comme Salomon, le roi de la paix était entré mille
ans plus tôt, plein d’espérance et de promesses. A son passage, le
peuple jubile, la foule brandit des palmes, des rameaux d’olivier (une
antique tradition orientale voulait que les héros soient acclamés en
agitant des rameaux verts symbolisant l’immortalité de leur gloire). Ce
geste des palmes nous rappelle le rituel de la fête des Tentes et de la
Dédicace (Lv 23,40) Ce roi n’a pas l’allure d’un puissant conquérant, il
se présente pacifique, porté par un ânon. Il est le Roi-serviteur.
Avec cet événement nous inaugurons la Semaine Sainte pendant laquelle
nous monterons à Jérusalem avec Jésus, nous partagerons avec lui le
dernier repas,
nous suivrons le chemin de la passion et de la croix,
nous descendrons au tombeau
et nous nous relèverons avec lui au matin de Pâques.
Cette semaine nous offre une démarche à suivre, une expérience à vivre.
C’est une semaine qui commence
Et dont chaque jour est un commencement.
C’est une semaine de traversée intérieure
Qui va d’une rive à l’autre et qui franchit la nuit comme la mer.
C’est une semaine sainte.
Elle monte comme un chemin de Foi.
Elle monte comme un chemin de croix.
Elle monte comme un chemin de coeur.
C’est une semaine qui monte et c’est en moi qu’elle monte
Pour m’ouvrir un passage
Entre ma mort
Et ma vie
Dont le nom est Jésus Christ.
(Jean Debruyne)
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