Liturgie des dimanches de l'Avent

Isabelle Denis ND Sion Paris

 

 

 

 1er dimanche
de l'Avent 2008

Année B

« ... ‘Nos traditions religieuses, différentes les unes des autres disent d'une voix forte qu'un monde sans esprit ne sera jamais humain: elles crient que la guerre ne pourra pas piétiner l'esprit et l'humanité; elles demandent la paix. Elles veulent la paix, elles la demandent, elles l'implorent de Dieu dans la prière. Les religions savent que parler de guerre au nom de Dieu est une absurdité et un blasphème...Elles espèrent et elles prient pour que les peuples et les hommes construisent entre eux une communauté fondée sur la paix....’ »

Appel final de la rencontre des religions et des cultures pour la paix – Chypre 18 nov08

 

1° dimanche de l’Avent 2008

 

Isaïe 63,16...64,7 ;         Ps 79 (80) ;        1 Corinthiens 1,3 – 9 ;   Marc 13,33 - 37

 

En ce 1° dimanche de l’Avent 2008  ne sommes-nous pas interpellés par la coïncidence/correspondance des thèmes de la liturgie de ce jour – vœu de paix, confiance en l’aide divine, et veille active dans l’espérance d’un monde renouvelé - et ceux de l’Appel final de la rencontre des religions et des cultures pour la paix ;  cet appel lancé à Chypre à la fin de la « 22ème rencontre interreligieuse de prière pour la paix » (18 novembre) qui avait pour thème « La civilisation de la paix : religions et cultures en dialogue » ?


Ce don de la paix a  bien son écho  dans la  1° Lettre de St Paul aux Corinthiens 1,3...9 :
  «  Frères et sœurs, que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. En lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toute celles de la connaissance de Dieu ... à vous qui attendez de voir se révéler Notre Seigneur Jésus Christ ».

Cette paix de Dieu, si souvent associée à sa miséricorde est commentée dans la tradition juive  qui a nourri  Paul et, Jésus Lui-même, tous deux fils d’Israël.

Ainsi nous pouvons lire et méditer, comme le Christ et Paul l’ont fait en leur temps, ces quelques commentaires  juifs de l’Ecriture. C’est une occasion de nous enrichir et de prendre connaissance, dans  le respect  et l’estime de chacune de nos deux traditions, du patrimoine que nous avons en partage.

«  Rabbi Eléazar dit au nom de R. Hanina : que les disciples des sages font rayonner la paix dans le monde. Il cite ... ‘que l’Eternel fortifie son peuple ! Qu’Il le bénisse en lui donnant la paix  - Ps 19,11». Traité Berakhot 64a

« Michna 1 : Voici ce dont l’homme recueille les intérêts en ce monde-ci, tandis que le principal lui reste pour le monde à venir : honorer père et mère, accomplir des actes de bonté, œuvrer pour établir la paix entre les hommes, et par-dessus tout étudier la Thora »  Traité Pea chp. 1,1

« Bar Kappara enseignait:Un homme doit toujours s’attacher... à la poursuite de la paix » Traité Yebamoth 109 a

«  Rabbi Eléazar a dit au nom de R. Hanina : les disciples des sages augmentent la paix dans le monde, car il est dit ‘ tous tes fils seront disciples de l’Eternel, et grande sera la paix de tes fils  (Is. 54,13)»  Traité Nazir 66b

A propos d’Isaïe 63,16b  dont la liturgie de ce 1° dimanche de l’Avent  ne nous donne qu’une partie du verset, mais qui a son écho au verset 64,7 : «Toi, Seigneur Y., Tu es notre père, notre rédempteur, tel est ton  nom depuis toujours».

 

On peut lire dans le traité Chabbat 89b du Talmud de Babylone : c’est un appel à la solidarité et à l’intercession les uns pour les autres. Ce pardon imploré par Isaac pour ses descendants dans ce passage provoque Dieu lui-même. Il est effectivement le père de ses enfants, les fils d’Israël, comme Isaac le lui rappelle à la manière très imagée et  profonde de cet extrait :

 

« Rabbi Samuel b. Nahami a dit au nom de R. Jonathan : Que penser du passage  ‘ Tu es cependant notre père, car Abraham ne nous connaît pas et Israël ignore qui nous sommes ; c‘est toi, Eternel, qui es notre père, notre sauveur’ Is. 63,16 ? Dans le monde à venir, le Saint béni soit-il, - après s’être adressé à Abraham et Jacob – dira à Isaac : ‘Tes enfants ont péché’ . Isaac répondra : ‘ Maître du Monde, est-ce qu’ils sont uniquement mes fils ? Ne sont-ils pas aussi les Tiens ? Lorsqu’ils t’ont assuré ‘Nous le ferons’ et ‘nous écouterons’ Tu as appelé Israël ‘ Mon fils aîné’. Et à présent, ils seraient mes fils, et non les Tiens! Je dirais plus : combien de temps ont-ils péché ? Combien d’années dans une vie humaine ? Soixante dix. Ôtes vingt années exemptes de punition – les péchés commis avant l’âge de vingt ans ne sont pas punis cf. Nb 14, 24 - il leur en reste cinquante. Retranche les nuits, il ne leur en reste que vingt - cinq. Retranche aussi douze années et demi qu’ils passent à prier, à manger et à satisfaire leurs besoins naturels, il ne leur en reste plus que douze et demi. Si Tu veux bien en porter la charge entière, c’est bien. Sinon, partageons-la : j’en prendrai une moitié et toi l’autre. Et si tu estimes que c’est à moi de la porter toute, ne T’ai-je pas offert ma personne en sacrifice ?’.
’Toi seul es notre père’ diront alors les enfants d’Israël. Isaac leur répondra : ‘ Au lieu de me remercier, remerciez le Saint, béni soit-il’, et il Le désignera. .Aussitôt les enfants d’Israël lèveront les yeux vers le Très Haut et diront : C’est toi, Eternel, qui est notre père, qui dès l’éternité t’appelles notre sauveur (Is. 63,16)

Chabbat 89b cité p. 212 dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982

 

Ce commentaire ne veut certes pas exclure la miséricorde première en toute chose de l’Eternel. Mais elle peut aider à prendre davantage conscience de la responsabilité que nous avons les uns envers les autres sur ce chemin du salut où l’amour du Seigneur nous précède toujours, mais où il veut avoir besoin de nous comme agents actifs, les uns envers les autres, de sa  toute - puissante miséricorde. 

 

Puissance de la miséricorde divine  qui s’exprime aussi avec force, dans une confiance totale en Dieu,  avec le Psaume  79 (80), prière dans la détresse,  coupé 4 fois par un refrain, traduit ainsi par A.Chouraqui :

 « Elohim (Dieu) fais nous retourner ; illumine tes faces et nous serons sauvés » (v. 4)
« Elohim Sebaot (Dieu saint), fais nous retourner  illumine tes faces et nous serons sauvés » (v.8)
« Elohim Sebaot (Dieu saint),retourne donc, regarde des ciels et vois, sanctionne cette vigne » (15)
« IHVH Elohim Sebaot (Seigneur Dieu saint), fais nous retourner  illumine tes faces et nous serons sauvés
 » (20)
Précisons que  « sanctionner » se dit de toute intervention divine pour sauver ou punir.

Ainsi  la supplication se fait de plus en plus intense  s’adressant à Dieu, au Seigneur  Dieu Saint – celui qui sauve –, le Rédempteur et non plus seulement le Créateur. Ce n’est plus le peuple  d’Israël qui demande à revenir, mais c’est  ce peuple qui demande à Dieu de revenir ! Ce petit peuple  d’Israël à qui les commentateurs rabbiniques font dire à propos du v. 7 de ce psaume :“ Les exilés poussent un cri -vers L’Eternel – ‘ Inspire-nous la repentance pour que nous puissions revenir à toi »

 

Et à propos des trois derniers versets 19 et 20, de 3° strophe du psaume  de ce dimanche :

 

« Nous ne t’abandonnerons pas puisque TOI (Seigneur) tu ne nous abandonnes pas, selon ta promesse transmise par le prophète– 1 Samuel 12, 22 »   

“Le salut final ne pourra perdurer que s’il est accompagné d’une illumination de l’esprit, fruit de l’étude de la Thora – selon le Prophète Jérémie 31,32 et sv. – cf. Tehilim, Ps 80  pp.1015 … 1025, T.2,  Mesorah Publication, Ltd

En ce 1° dimanche de l’Avent, pouvons-nous alors « veiller » comme le demande le Christ dans l’Evangile selon Marc 13, 33-37 , sûrs de Celui qui nous y invite « ...Car Dieu est fidèle Lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus Christ notre Seigneur ». 1 Cor.1, 9 ?

Pouvons-nous, sans nous lasser, être solidaires du monde d’aujourd’hui, avec les croyants des autres traditions religieuses également soucieuses de paix ? Prenant garde à être fidèles chacun selon l’appel de Dieu., sans savoir le moment, mais sûrs de la venue du Seigneur, selon les promesses bibliques?

Encourageons-nous les uns les autres à nous tourner vers l’Eternel, selon le meilleur de nos traditions respectives,  tout en unissant nos efforts comme le proclame l’Appel lancé à Chypre :

Aucun homme, aucun peuple, aucune communauté n'est une île. L'autre, l'amitié, le pardon  et l'aide d'autrui sont indispensables. Nous avons un destin global commun: ou nous vivrons ensemble en paix ou nous périrons ensemble... La guerre n'est jamais inévitable et elle endeuille aussi le cœur du vainqueur.
 Il n'y a pas de haine, de conflit, de mur, qui puisse résister à la prière à l'amour patient qui se fait dialogue, au pardon. Le dialogue n'affaiblit pas, au contraire il fortifie. C'est la vraie alternative à la violence. Rien n'est perdu avec le dialogue. Tout peut devenir possible....Que Dieu octroie alors au monde le grand don de la paix grâce à la prière de tous les croyants! »

 

 

2°dimanche 

 

 

: Isaïe 40, 1- 5 et 9-11 Ps 84 (85) ; 2 P. 3, 8- 14; Marc 1, 1- 8

 

« La Constitution liturgique du II° Concile du Vatican  semble inviter à faire de l’Avent le terme du cycle dominical  lorsqu’elle déclare que l’Eglise : ‘ déploie tout le Mystère du Christ tout au long de l’année, de l’incarnation et de la nativité jusqu’à l’ascension, jusqu’au jour de la Pentecôte, et jusqu’à l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement du Seigneur’ » - Eglise en Prière tome 4 p. 106 -107, Desclée 1983.

 

Mis en ouverture du cycle liturgique « l’Avent  se présente aussi comme un temps  d’attente : dans l’attente de la fête joyeuse de la Nativité, il oriente surtout les chrétiens vers le retour glorieux du Seigneur à la fin du monde » - cf. idem p. 107-

 

Après avoir situé la 2° Lettre de Pierre, nous verrons comment elle peut nous aider à nous préparer en ce temps de l’Avent, dans la dynamique des travaux et des orientations du Synode sur la Parole de Dieu, et en cette année spécialement dédiée à St Paul.

 

Situer  la 2° Lettre de Pierre :

 

Avec Pierre comme référent, cette lettre date probablement de 125-130 ap. J-C. L’ensemble de ce qui est dit invite à y voir un écrit issu de la communauté chrétienne de Rome dont les destinataires « ont reçu, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, une foi du même prix que la nôtre ...

L’allusion aux lettres de Paul  en 2 P 3,15-16- « laisse entendre que l'auteur s'adresse en fait aux chrétiens des terres pauliniennes (Grèce et Asie Mineure). Quelques indications ...invitent à penser qu'il s'agit d'anciens païens (1,4; 2,18-20)». Introduction au N.T. Daniel Marguerat, Labor et Fides 2004 p.436.

 

La description de la venue de ce «Jour du Seigneur» en 2 P 3, 9 -13 reprend l’avertissement mis dans la bouche de Jésus par les synoptiques avec des accents d’apocalypse, qui ne sont pas étrangers aux apocalypses juives :

 

« Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas l’être (que le lecteur comprenne) ... Car en ces jours-là il y aura une tribulation ... Et après cette tribulation le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus de lumière, les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans les nuées avec grande puissance et gloire. Et il enverra les anges pour rassembler les élus ... Mc 13,14 ...27

 

 Enfin cette lettre rejoint aussi l’espérance juive, telle qu’elle se trouve exprimée dans ce Psaume de Salomon 18, 6-10 :

 

« Que Dieu purifie Israël par sa bénédiction pour le Jour de miséricorde, pour le jour choisi où il suscitera son Messie! Heureux ceux qui vivront en ces jours-là afin de voir les biens que le Seigneur accomplira pour la génération à venir, sous le sceptre correcteur du Messie du Seigneur, dans la crainte de son Dieu, avec la sagesse de l’Esprit, la justice et la force – Is 11,2 – pour qu’il dirige les hommes par ses œuvres de justice dans la crainte de Dieu, de manière à les établir en présence du Seigneur comme une génération bonne par crainte de Dieu, aux  jours de miséricorde » -  L’Espérance juive à l’heure de Jésus, P. Grelot, Desclée 1978, p.101

 

Comment cette lettre peut - elle nous préparer en ce temps de l’Avent ?

 

Toute tournée vers « ce retour glorieux du Seigneur » cette lettre est  une incitation à vivre une attente active et actualisée selon notre temps.

 

La lecture liturgique de ce 2° dimanche de l’Avent se termine au verset 14 avec un appel à la sainteté:
 « Dans l’attente de ce jour, biens - aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables dans la paix».

 

 Et nous pouvons même compléter la lecture de ce jour par les versets 15 et 16 puisque Paul y est à l’honneur !
« Tenez la longanimité de notre Seigneur pour salutaire, comme notre cher frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. Il le fait d’ailleurs dans toutes les lettres où il parle de ces questions ».

 

La Tradition a toujours associé Paul à Pierre pour constituer « les deux poumons de l’Eglise ». Il est intéressant de voir comment Paul propose à son tour aux communautés chrétiennes d’attendre le retour du Seigneur
Il écrit aux versets 2,12...16 de la Lettre aux Philippiens,

«Ainsi donc, mes bien-aimés,... travaillez  avec crainte et tremblement à accomplir votre salut... afin de vous rendre irréprochables et purs, ‘enfants de Dieu sans tache  au sein d’une génération dévoyée et pervertie’ - Dt 32,5-, d’un monde où vous brillez comme des foyers de lumière, en lui présentant la Parole de vie. Vous me préparez ainsi un sujet de fierté pour le Jour du Christ, car ma course et ma peine n’auront pas été vaine»

 

Et pour nous aujourd’hui comment nous préparer à vivre ce temps de l’Avent en Eglise et être « foyers de lumière présentant la Parole de Dieu »?

 

Le récent synode sur la Parole de Dieu n’est-il pas un appel à vivre un chemin d’Avent en Eglise avec St Paul ?

En effet, ce synode a été un « foyer de lumière présentant la Parole de vie», rappelant l’importance des relations avec la communauté juive, pour retrouver nos sources vives, et travailler ensemble au bien de l’humanité

Aussi, il peut être bon de réfléchir à ce qu’a écrit, dès 1970, depuis Jérusalem, un juif, Schalom Ben Chorin, dans l’une de ses études pour mieux connaître le christianisme, Voici ce qu’il propose en référence au verset 2, 14  de la Lettre de Paul aux Ephésiens :

 

 « Ce qui a constitué, au fil des siècles, un élément d’hostilité  entre les Juifs et les peuples christianisés peut et doit devenir un lien. C’était là l’objectif  fondamental de Paul qui voyait en Jésus celui qui allait mettre un terme à l’inimitié entre Israël et les nations  - Eph 2,14: ‘ C’est lui, en effet, qui est notre paix ; de ce qui était divisé il a fait une unité. Dans sa chair il a détruit le mur de séparation : la haine.’ Lorsqu’on lit ce verset de l’Epître aux Ephésiens tout en se souvenant de l’histoire séculaire des dures persécutions des Juifs par l’Eglise, on croit percevoir, dans ses paroles, une cruelle ironie. A notre époque, après l’immense tragédie du génocide d’une part, et de la résurrection de l’Etat d’Israël d’autre part, on commence à observer, du côté chrétien, un mouvement inverse ... Dans le contexte de ces efforts, il me paraît indispensable que soit établi un nouveau rapport avec les sources du christianisme qui doivent être reconnues comme étant des sources juives. Mes trois ouvrages consacrés à ce «  retour » se placent dans cette perspective. ... le but de ma trilogie, qui se termine ici, est de faire percevoir cette réalité juive du Nouveau Testament à la fois aux Juifs et aux Chrétiens, et de rapprocher ainsi les uns et les autres dans le cadre du dialogue».

Marie. Un regard juif sur la Mère de Jésus, Postface de S. Ben Chorin, DDB 2001.

 

Ce rapprochement entre juifs et chrétiens peut donc être « chemin en l’attente », dans l’élan de la prophétie dIsaïe 40,1 ...11, proposée par la liturgie dans la 1°lecture de ce 2° dimanche de l’Avent : :
« Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé ...»

 

Prophétie reprise aussi dans l’Evangile de ce jour : « A travers le désert une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés » Mc 1,3- 4

 

qui nous permet de prier en vérité et dans l’espérance le Ps 84 (85) de ce dimanche -cf. Const. ND Sion n 5 - nous souvenant aussi qu’il fait spécialement partie de la liturgie juive de Yom Kippour, le jour du Grand Pardon :
 «J’écoute: que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple. Son salut est proche de ceux qui le craignent et la gloire habitera notre terre. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent...»

 

Oui, la lecture  de la 2° Lettre de Pierre récapitule la portée de cette véritable attente prophétique de l’Avent :
 «Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse ... c’est pour vous – pour nous ! – qu’Il patiente: car Il n’accepte pas d’en laisser quelques uns se perdre ; mais il veut que tous aient le temps de se convertir».

 

C’est bien pour cela qu’est venu le Christ Jésus, comme le proclame Jean-Baptiste au début de cet Evangile selon  Marc 1,1-8 à propos de ce Fils de Dieu qui «baptise dans l’Esprit Saint» ; pour tous ceux qui, comme nous aujourd’hui,  à la suite de Pierre, Paul, et de tous les apôtres, en l’Eglise de tous les temps, croient en Lui.

 

Avoir en 2° lecture de ce 2° dimanche, la 2° Lettre de Pierre, en complémentarité des lettres pauliniennes des autres dimanches d’Avent  permet encore de rejoindre Paul qui rappelait aux Corinthiens, en 1 Cor. 3,6...9 :
«Moi, j’ai planté, Apollos – ou Pierre, ou un autre Apôtre... –  a arrosé; mais c’est Dieu qui donnait la croissance... celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un... car nous sommes tous coopérateurs de Dieu ...»

 

 

3° dimanche

 

Isaïe 61, 1-2a, et 10–11 ; Magnificat ; 1 Thessaloniciens 5,16-24 ; Jean 1,6-8 et 19-28

  

«  Pour présenter aux fidèles avec plus de richesses la table de la Parole de Dieu, on ouvrira plus largement les trésors bibliques » -Vatican II, De la sainte liturgie § 51, 4 déc. 1963

 

 «  Dans les Saints Livres, en effet le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or la force et la puissance que recèle la parole de Dieu sont si grandes qu’elle constitue, pour l’Eglise son point d’appui et sa vigueur, et pour les enfants de l’Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. Dès lors ces mots s’appliquent parfaitement à la Sainte Ecriture : ‘ Elle est vivante donc, et efficace la Parole de Dieu (Hb 4,12) qui a le pouvoir d’édifier et donner l’héritage avec tous les sanctifiés’(Act. 20,32 ; 1 Thes. 2,13) ». Vatican II, Dei Verbum § 21-

 

 

 

Entrons donc en ce 3° dimanche de l’Avent comme en conversation avec Dieu avec les extraits de la table de la Parole des Ecritures, tirés de la richesse des trésors bibliques des deux Testaments pour notre sanctification.

 

La 1ère°Lettre de Paul aux Thessaloniciens, en 5,16-24, est une invitation à la joie, à la prière, à l’écoute de l’Esprit Saint, à l’accueil de la Parole divine transmise par les prophètes. Paul termine par une prière             :
 « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps pour la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est fidèle le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira » (v.23).

 

 

Cette confiance en ce « Dieu de la paix qui [vous] sanctifie tout entiers ... qui est fidèle », Paul en est tout imprégné par son enfance et sa jeunesse juives, dans l’écoute de la Parole divine, la Thora, écoute qui engage dans une éthique vis-à-vis du prochain :

 

Dans le Traité de Bérakot 16b  nous pouvons lire


 « Perle dans la bouche de Rabbi Méir : mets tout ton cœur et toute ton âme à apprendre mes voies et à veiller sur les portes de ma Thora, garde ma Thora dans ton cœur et que ma crainte soit devant tes yeux. Garde ta bouche de tout péché, purifie-toi et sanctifie-toi toi-même de toute faute et de tout péché et je serai avec toi partout.

Une perle dans la bouche des rabbins de Yabné (1° siècle) : je suis une créature et mon prochain est une créature ; moi j’ai ma besogne dans la ville et lui a sa besogne dans les champs ; moi je me lève de grand matin pour ma besogne et lui aussi ; de même qu’il ne jalouse pas ma besogne, moi, non plus, je ne jalouse pas sa besogne. Peut-être diras-tu : moi je fais beaucoup et lui peu ; nous avons appris : égaux celui qui fait peu et celui qui fait beaucoup, pourvu seulement qu’il dirige son cœur vers le ciel ».

 

 

La sanctification est vécue par les chrétiens en Jésus-Christ ; c’est pourquoi Paul prie pour les Thessaloniciens :

«Que Le Dieu de la Paix... garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps pour la venue de Notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle le Dieu qui appelle, tout cela il l’accomplira (v23) ».

 

Mais Paul les met en même temps en garde en leur disant « n’éteignez pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez vous de tout ce qui porte la trace du mal (v.19-20) ».

 

Cette mise en garde nous concerne encore aujourd’hui, spécialement en ce 3° dimanche de l’Avent qui nous offre en partage deux extraits du premier chapitre de l’Evangile selon St Jean.

Pour en saisir  toute la portée il peut être bon de les re-situer : Les versets Jn 1,6-8  font partie du Prologue de Jean : Jn 1,1-18, hymne d’inspiration sapientielle et Jn, 1, 19-28.constitue le début du récit évangélique, avec le témoignage  effectif de Jean-Baptiste dans l’histoire. 

 

Jean le Baptiste est « voix qui crie à travers le désert », dans la lignée des prophètes d’Israël  dans le cadre de l’Alliance au cœur de l’histoire. Jean est le prophète témoin de « Celui qui est au milieu de vous que vous ne connaissez pas » comme il le dit aux prêtres et aux Lévites envoyés par les Juifs de Jérusalem pour l’interroger. (v.26). Il est là pour avertir que le temps est venu : « aplanissez le chemin du Seigneur »

 

Les interrogations des Juifs se réfèrent à leur attente : attente du Messie, d’Elie, qui, selon leur tradition doit revenir ; attente aussi du grand Prophète annoncé - Moïse le dit au peuple d’Israël en Dt 18,15  « Le Seigneur ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi – Moïse – que vous écouterez ».

 

Ce verset est ainsi commenté dans le Talmud de Babylone au Traité Yebamoth 90 b

« Ecoute : ‘ A lui vous obéirez’ (Dt 18,15), est-il dit. Il faut comprendre que même s’il te demande de transgresser un des commandements de la Thora, comme le fit pour un moment Elie sur le mont Carmel, tu dois obéir – C’est un cas particulier, puisqu’il est écrit : A lui vous obéirez

 

Les questions des Juifs autant que le témoignage de Jean se situent donc, dans l’Evangile, dans cette attente.

 

Le 3° Livre d’ Isaïe manifeste cette attente, exprimée dans la première lecture de ce jour qu’il conviendrait de reprendre dans l’intégralité du chapitre 61 d’Isaïe pour en saisir toute la force.

 

A l’instar du «  Serviteur » du 2° Isaïe, aux chapitres 42, 49, 50, 53, celui dont il est question en Isaïe 61 a

 

« l’Esprit du Seigneur Dieu sur lui ... consacré par l’onction  ... envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir les coeurs brisés, annoncer la délivrance ... la liberté » (v.1), il annonce « la consolation des  affligés de Sion », « la restauration des villes en ruine », « la richesse reçue des nations », «  les cris de joie au lieu de l’humiliation » (v. 2-4), «  la conclusion d’une alliance éternelle » (v.8) par «  le Seigneur Dieu qui aime le droit, qui hait l’injustice » Alors la fille de Sion « pleine d’allégresse, son âme exulte en son Dieu... qui fait germer la justice et la louange devant toutes les nations » (v.10-11).

 

En méditant cette prophétie d’Isaïe, on se rend compte à quel point le Magnificat de Marie, lors de la visite de sa cousine Elisabeth, future mère de Jean-Baptiste, est tissé de toute l’attente du peuple d’Israël ; ce cantique du Magnificat justement proposé en ce dimanche, comme chant responsorial à la place du psaume habituel.

 

La Lettre de Paul  nous incite, comme les Thessaloniciens, à nous réjouir, et nous sommes dans l’allégresse avec Marie en son Magnificat. Mais Paul nous met aussi en garde de discerner la valeur de toute chose, sans éteindre l’Esprit, ni repousser les prophètes .Qu’est-ce à dire pour notre temps ? Comment concrétiser cet avertissement ?

Peut-être en faisant nôtre la demande du Cardinal Kasper, à la 20e rencontre du Comité de liaison international juif-catholique le 11 novembre dernier à Budapest.. Il a en effet invité catholiques et juifs à « coopérer pour le bien de l'humanité » et à s'opposer « à toutes les attitudes antisémites », mais aussi « anticatholiques et antichrétiennes », et à « toute forme de discrimination ». Il a souhaité la coopération entre juifs et catholiques « pour la justice, la solidarité et la paix, pour aider les nécessiteux, et les faibles, pour répandre la compassion et la miséricorde dans un monde toujours plus froid et sans pitié ». « L'avenir de notre dialogue dépendra d'eux, a-t-il souligné. Encourageons les jeunes pour que cette rencontre soit un nouveau pas positif et constructif pour le long chemin de nos relations et pour qu'elle puisse offrir au monde un témoignage de compréhension réciproque et de respect aussi de nos diversités ».

N’est-ce pas un chemin aplani pour «  rendre témoignage à la Lumière», à la suite du Christ  dans l’Eglise de notre temps avec, « Nostra Aetate comme  boussole pour l'avenir » ?

« Le dialogue, a affirmé encore le président de la commission vaticane, n'est pas un engagement secondaire, ce n'est pas une option possible, mais une obligation intérieure et un devoir ; le document conciliaire parle du patrimoine spirituel commun des chrétiens et des juifs et encourage la compréhension et le respect réciproques, surtout dans le domaine des études bibliques ». 

Isabelle Denis ND Sion Paris

 

4° dimanche de l’Avent 2008

Samuel 7,1...16 ; Ps 88 (89) ; Romains 16,25-27 ; Luc 1,26-38

 

« L’amour du Seigneur sans fin je le chante ; ta fidélité je l’annonce d’âge en âge. Je le dis, c’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. Avec mon Elu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : j’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges » Ps 88(89) ,1-5

 

 

Ce 4° dimanche de l’Avent est l’ultime étape de notre préparation aux fêtes de la Nativité du Christ.

 

Pendant ce mois de décembre 2008 nous avons d’abord médité sur l’attente du messie, les yeux tournés vers son second avènement :

« Le saint temps de l’Avent, qui rappelle la première attente du Messie, s’ouvre dans l’Eglise par la solennelle annonce du second avènement de Jésus-Christ.

Ainsi, au début de l’année ecclésiastique l’Esprit de Dieu fixe nos regards sur la fin des siècles, afin que, dès les premiers pas de la carrière, nous envisagions d’un œil sérieux nos dernières destinées … Entrons pieusement dans l’esprit de l’Eglise et appelons de tous nos voeux le règne de Jésus-Christ ».

                     Miettes Evangéliques pp.9-10, 1°dimanche de l’Avent, Théodore Ratisbonne, Notre Dame de Sion

 

Nous avons été aussi à l’écoute des prophéties avec Jean-Baptiste :

« L’Eglise, en ces jours d’attente et de préparation, nous rappelle les divers témoignages que saint Jean-Baptiste a rendu au Messie, afin de nous montrer que les prophéties de l’Ancien testament se sont accomplies en Jésus-Christ.

Mais au témoignage de sa parole, le saint précurseur ajoute le témoignage de son exemple. »

Miettes Evangéliques, p.19, 2° Dimanche de l’Avent, Théodore Ratisbonne

 

 

La 2° lecture de ce dimanche, la lettre de Paul aux Romains 16,25-27, porte nos regards  sur l’Evangile que proclame Paul « en annonçant Jésus-Christ... Le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd’hui il est manifesté. Par ordre du Dieu éternel, et grâce aux écrits des prophètes, ce mystère est porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi (v. 25-26) ».

 

 

Marie, fille d’Israël, ne porte-t-elle pas en elle toute l’attente des prophètes lorsqu’elle dit oui à cette annonce de l’Ange du Seigneur : «  Voici que tu vas concevoir et enfanter un Fils. Tu lui donneras le Nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ». Lc 1,30-33 -  cf. l’évangile de ce jour -

 

 

Cette espérance de David, nous en avons un témoignage dans le Second Livre de Samuel 7, 1...16, dans la 1° lecture de ce dimanche, lorsque le Seigneur envoie le prophète Nathan dire à David : « Je te ferai un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre. Je fixerai en ce lieu mon peuple d’Israël, il s’y établira, je l’y planterai et il ne tremblera plus et les méchants ne viendront plus l’humilier ... (2 Sm 7,9-10) ».

 

 

En même temps les évènements nous montrent que ce temps de paix pour Israël et les Nations est encore loin d’être accompli dans notre histoire présente. Et l’attente de la communauté juive, de l’ère messianique du shalom annoncé par les prophètes reste pour nous un appel incontournable.

 

 

Comme le déclarait déjà en 1973 le Comité épiscopal français des relations avec le judaïsme, au § 7 :

 

« La permanence comme en vis-à-vis d’Israël et de l’Eglise est le signe de l’inachèvement du dessein de Dieu ... Les paroles de Jésus lui-même et l’enseignement de Paul témoignent du rôle du peuple juif dans l’accomplissement de l’unité finale de l’humanité, comme unité d’Israël et des nations ... Mais si Juifs et chrétiens accomplissent leur vocation par des voies distinctes, l’histoire montre que leurs cheminements se croisent sans cesse. Leur souci commun ne concerne-t-il pas les temps messianiques ?»

 

 

.Pour nous, qui avons connaissance de ce mystère du Christ Jésus par grâce de Dieu, Marie n’est -elle pas celle qui peut le plus nous aider à le contempler ? En effet, comme le médite encore le Père Théodore Ratisbonne :

« Marie est le vivant Evangile où les disciples de Jésus-Christ étudient les Mystères de l’amour et de la charité ; théologie divine qui renferme dans la lumineuse clarté la connaissance de Dieu et la science des saints.

Il faut comprendre Marie pour entrer dans le cœur du christianisme.

      ‘ Elle est, dit Jean Damascène, le commencement, le milieu et la fin de toutes les œuvres divines’.

Comme Jésus-Christ, elle a accompli le premier commandement en gardant la Parole dans son cœur et en pratiquant l’obéissance jusqu’à la mort. Comme Jésus-Christ, elle a aimé son peuple, jusqu’à se vouer elle-même au sacrifice pour coopérer avec Jésus-Christ au salut du monde. A son exemple, soyons tout à Dieu et tout  à nos frères. Alors, nous répèterons avec elle ces paroles de Jacob et de David :

’Seigneur, vous me portez dans vos bras, vous êtes mon héritage, mon espérance et ma couronne’. »

Miettes Evangéliques, p.457 Théodore Ratisbonne

 

 

Le Cardinal de Bérulle, évoqué au début de cette méditation peut lui aussi nous proposer un chemin en « Ce mystère qui était resté dans le silence depuis toujours et aujourd’hui manifesté » :

«  Il y a trois naissances du CHRIST : l’éternelle, la temporelle et la spirituelle : la première est à admirer, la seconde à adorer, la troisième à imiter. La naissance temporelle rend gloire à l’Eternelle : c’est pourquoi lorsqu’elle s’accomplit les anges chantent : ‘Gloire à Dieu dans les hauteurs’. Ils ne chantent pas tant de la naissance temporelle que de la naissance éternelle, que le Fils, qui aime être engendré, honore et à laquelle il rend gloire.

Nous devons nous aussi rendre gloire à la génération spirituelle, à la génération temporelle et à l’éternelle. De même qu’Il fut engendré en Lui-même afin de naître encore parmi nous, de même doit-il naître en nous afin de naître aussi par nous dans les autres. Mais il doit naître en nous avant de pouvoir naître par nous dans les autres, de même qu’Il naquit en la Vierge Marie avant de pouvoir naître par elle pour le monde entier, comme on le tire de ces paroles : ‘Ce qui est né en elle vient de l’Esprit Saint’; voici qu’il est déjà né en elle avant que de venir au jour. Il est dit d’autre part : ‘l’Etre saint qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu, pour signifier sa naissance dans le monde ». Collationes fol. 281,  année 1611 Cardinal de Bérulle

 

 

Alors dans l’attente des célébrations de la Nativité du Christ Jésus, implorons donc avec Isaïe :

 

« Cieux, faites venir le Juste comme une rosée ; qu’il descende des nuées comme une pluie bienfaisante : que la terre s’entrouvre et donne naissance au Sauveur » Is. 45,8

 

En disant avec Paul :

« Gloire à Dieu, le seul sage, par Jésus Christ et pour les siècles des siècles. AMEN » Rm 16,27

 

Sûrs d’être chaque année davantage comblés en la venue de Celui qui est pour nous le Vie puisque :

« Le cœur de l’homme est fait pour Dieu ; et par conséquent tout ce qui est moindre que Dieu ne saurait combler ses désirs. De là cette faim et soif insatiables de ceux qui cherchent leur bonheur en dehors de Dieu.

...Le rassasiement, c’est à dire le comble de la paix et de la joie, c’est Jésus-Christ lui-même. Il est venu pour nous donner la vie, et il veut que nous la goûtions en abondance.

…Une seule chose peut remplir la profondeur insondable de notre cœur. Cette chose unique, c’est l’amour infini, et cet amour, c’est Dieu. Dieu est amour, dit l’Evangile, et l’amour s’est fait chair. L’amour incarné c’est Jésus-Christ ; Jésus-Christ est devenu notre pain, notre nourriture, notre breuvage… »

Miettes Evangéliques p. 354, Théodore. Ratisbonne

Isabelle Denis ND Sion Paris

 

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Mis à jour le 03/07/2009

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