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Fête de la Présentation - de la Chandeleur -
de la Purification de Marie, l'événement que l'Eglise célèbre aujourd'hui ne
manque pas d'appellations Chacune souligne un aspect particulier de la
situation. Qu'allons - nous retenir pour notre part.
Tout
d'abord: cette Fête nous plonge dans la tradition juive. Car c'est la Loi
donnée à Moïse, qui ordonne qu'une femme qui a eu un garçon se mettre en
période de purification pendant 40 jours, à i'issue desquels elle doit se
rendre au Temple, pour offrir des tourterelles ou des colombes. C'est aussi
dans la Loi de Moïse qu'il est écrit que tout premier - né, qu'il s'agisse
d'un animal ou d'un garçon, doit être consacré au Seigneur, cela en rappel
de la sortie d'Egypte.
Ainsi, nous
avons là la preuve, l'indication, s'il en était besoin, que Joseph et Marie
étaient tout-à-fait soumis aux rites de la Loi Juive.
Pour les
chrétiens de la Tradition catholique qui ont habitude de souligner combien
Marie est vierge de toute souillure il peut nous paraître un peu étrange
qu'elle ait été amenée à vivre ce rite de la purification de son sang Mais
justement un peu comme Jésus ne refusant pas d aller se mêler aux pécheurs
pour descendre dans Ies eaux du Jourdain Marie elle aussi se soumet aux
rites sure qu'elle participe ainsi avec Joseph, à un cuite de purification
et d'offrande qui est utile à l'équilibre du monde.
Dans ce
Temple de Jérusalem ou ils se rendent, Joseph Marie et l'enfant nouveau né
sont accueillis par deux vieillards deux justes deux êtres remplis de piété
et habités par l'esprit Saint un homme et une femme tous occupés à louer
Dieu et à annoncer aussi le salut pour tout le peuple Siméon et Anne. Tous
les deux sont prophètes, c'est-à-dire dotés du don de prononcer des oracles.
Mais surtout ils sont porteurs de la consolation d'Israel, c'est à dire
qu'ils sont certains que Dieu va donner à son peuple un Consolateur, un
Messie qui viendra réconforter le peuple dans les ténèbres.
La tradition
chrétienne a l'habitude surtout d'insister sur le rôle de Jean Baptiste
comme étant le prophète par excellence, qui opère la transition entre les
Alliances anciennes contractées avec le Peuple d'Israël, et la nouvelle
Alliance proposée à tous les peuples, à toutes les nations. Mais il ne faut
pas oublier ce Siméon, cette Anne: ces deux splendide figures de priants qui
sont l'évocation de cette multitude de saints obscurs que le Judaïsme, et
depuis, le christianisme, a su donner au monde tout au long des siècles.
D'ailleurs,
cette Fête de la Présentation de Jésus au Temple, on pourrait l'appeler
aussi la fête de la reconnaissance du peuple chrétien au peuple juif.
Pendant des siècles, malheureusement - mais c'est I'Histoire - le
christianisme qu'il soit occidental ou oriental - a su tendance à
dévaloriser le peuple juif pour mettre davantage en évidence la nouveauté
chrétienne. Nous avions l'impression que cette tradition était faite pour
mourir, qu'elle s'était trompée de direction. Et puis, ces dernières
décennies, salutairement si l'on peut dire, traumatisés par la Shoah, la
grâce est donnée à l'Eglise de redécouvrir Sa filiation juive. Car enfin,
sans les Juifs nous ne sommes rien. Sans eux, il n'y aurait eu ni Marie, ni
Joseph, ni Jésus Christ. Aujourd'hui, sans cette tradition juive, nous nous
rendons compte combien la lecture du premier Testament, et même la
compréhension du Nouveau Testament nous sont difficiles à saisir. Nous avons
besoin de l'éclairage, de la lumière de la tradition juive pour mieux
pénétrer pour mieux vivre les Ecritures
C'est le
Pape Pie Xl qui a eu cette superbe expression: "nous sommes spirituellement
des sémites."
Alors, si
vous le voulez bien, dans l'Eucharistie que nous célébrons aujourd'hui, nous
remercierons Dieu pour le peuple juif pour tout ce que sa fidélité aux
appels de Dieu dans l'histoire a donné et continue de donner à l'humanité.
Nous avons à son égard une dette que nous ne pourrons jamais racheter. Et la
contemplation des figures de Siméon et d'Anne nous invitent, nous Incitent à
rechercher aujourd'hui parmi le peuple juif ces figures de priants d'hommes
et de femmes pieux, d'hommes et de femmes justes. La Synagogue et l'Eglise
ont sûrement beaucoup de choses à se dire, et cela jusqu'à la fin des temps.
Christian
DELORME 2 Février 1997
St Pierre de
Neuilly
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