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LA
VIE, un
sentier |
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Il fait beau, nous
nous engageons sur un sentier avec une impression de liberté,
malgré le
chemin à suivre, le but indiqué « Col de l'Escalier, 2167 m ». Mais nous
avons laissé notre vie de tous les jours avec ses contraintes ; nous irons
jusqu'au bout - ou pas -, nous n'avons pas d'heure pour rentrer. La liberté
est-ce faire ce que l'on veut ?
Les idées naissent, se croisent, se multiplient, sont remplacées par
d'autres.
Et nous marchons en
pensant...
Sur le
bord du sentier, un lys orangé illumine le paysage. La beauté
transforme-t-elle notre vie ? Beauté artistique, d'un livre, d'un chant dans
les alpages. Mais comment trouver la beauté dans un monde si dur ? Rencontre
chaleureuse, beauté d'un sourire...
Et nous marchons en
pensant...
Nous
passons près d'un mélèze mort; il sera remplacé par un autre mélèze qui
pourra vivre et grandir dans l'espace libéré ; c'est la loi de la nature.
Nous aussi nous allons vers la mort et nous aimerions laisser une trace, un
espace qui permette à ceux qui nous suivent une vie meilleure.
Et nous marchons en
pensant...
Voici une
barre rocheuse à franchir. Nous avançons lentement, avec précaution, évitons
le danger. Nous traversons aussi dans notre vie des moments difficiles où il
ne faut blesser ni l'un ni l'autre ; mais quelle paix quand l'épreuve est
passée et que l'on se retrouve.
Et nous marchons en
pensant...
Le sentier
devient caillouteux, il faut regarder devant ses pieds et non les cimes,
tellement belles ; elles sont un rêve. Dans la vie nous avons besoin de
rêves entr'aperçus ; et le rêve peut-il devenir réalité ?
Et nous marchons en
pensant...
Nous
regardons le sentier parcouru : en bas, les mélèzes, puis les alpages, les
pierres, quelques névés ; c'est la nature. Doit-on la dominer ? Non. La
respecter, la protéger, oui. Le « Grenelle » de l'environnement est-il une
prise de conscience ?
Et nous marchons en
pensant...
Un oiseau
file devant nous ; c'est un beau spectacle ; mais un rapace - simple buse ou
aigle royal - l'a peut-être choisi pour son prochain repas. Comme lui, nous
ne vivons qu'en détruisant et en mangeant l'autre. La création est
cruelle...
Et
nous marchons en pensant...
Col de
l'Escalier.
Nous
sommes arrivés. Nous nous sentons proches : est-ce les grands moments de
silence et de réflexion, l'effort qui nous unit, le but enfin atteint ? Les
idées se croisent et se multiplient
la
liberté, la beauté, la mort, l'épreuve, le rêve, la création ?
Nous
sommes bien.
C'est
la vie sur un sentier.

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Morcelle & Georges
DEVERS

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RONDS-Points
Cécile
GAILLARD

Voie,
route, chemin, des termes de circulation que nous employons souvent.
Lorsqu'on y circule nous avons besoin de signes, ceux que l'on y trouve sont
souvent variés : flèches, directions indiquées, signes, feux rouges, ils
sont importants pour savoir où se diriger, s'arrêter, tourner.
C'est
surtout sur les grandes routes que nous sommes le mieux accompagnés: il y a
des ronds points. Ils ralentissent la circulation et la vitesse, ce qui est
bon pour la prudence. Ils indiquent bien la ville, le village où nous devons
aller, peu clairement si le lieu de moindre importance n'est pas indiqué.
N'en
est-il pas ainsi dans la vie? Combien ont cherché ou cherchent la voie
qu'ils vont prendre, le mode vie qu'ils vont adopter ? Certains jeunes en
fin d'études par exemple savent tout de suite quel métier ils vont faire :
le chemin est tout tracé. D'autres cherchent entre différentes possibilités
ce qu'ils aimeraient apprendre pour en vivre ensuite. Comme dans un
rond-point, on peut chercher, tourner à droite, tourner en rond, revenir à
la même direction. Beaucoup sont variées, attirantes : s'investir dans le
social ? Dans les techniques nouvelles ? Dans l'aventure à l'étranger ? Dans
l'agriculture ou l'architecture ? Et quel est le métier qui me permettra le
mieux de vivre ? Certains essayent dans plusieurs directions, mais il faut
choisir lorsqu'on a pris conscience des difficultés ou de l'intérêt de ces
engagements.
On peut
être aidé par les parents s'ils conseillent avec prudence. La rencontre
d'autres personnes qui ont des expériences est importante. C'est à ce moment
que le choix de ce chemin de vie peut aussi se poser; mariage, oui mais dans
quel style de vie et d'engagement et alors avec qui ? Célibat oui, mais en
communauté ou dans la solitude. Dans l'un ou l'autre choix certains se
sentent appelés pour un service bien précis.
Difficulté de choisir et
prendre sereinement un autre chemin si l'on s'est trompé.
Lorsque le
grand âge arrive, on peut admettre que l'on est malade ou que l'on est trop
dépendant pour vivre seul chez soi. Quel chemin alors choisir : assistance à
domicile ou maison de retraite qui tranquillisera la famille ? Encore un
chemin difficile, certains diront peut être :
« Sur les chemins de la
vie sois ma lumière Seigneur ».
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Chemins
bibliques
La Genèse, voix de Dieu, voie de Dieu
Tout
commence avec un homme de soixante ans, de la descendance de Sem, Abraham,
qui reçoit de Dieu le message suivant:
« Quitte ton pays
et
vas dans le pays que je te montrerai, Je
ferai de toi une grande
nation... toutes les
familles de la terre seront bénies en
toi...
».
Cette promesse nous intéresse ici dans la
mesure où son destinataire est invité, lui et son clan, à se déplacer pour
aller dans un pays nouveau. Elle sera précisée, complétée, plusieurs fois à
Abraham et ses premiers descendants. Mais il y a lieu de remarquer que ces
rappels ne semblent pas figurer toujours là où l'on pouvait les attendre; à
titre d'exemple, Dieu n'y fait pas allusion aux départs d'Agar et d'Ismaël
hors du clan d'Abraham, mais juste après, ni lors de la destruction de
Sodome et Gomorrhe, malgré l'intercession d'Abraham, ni lors de la vente de
Joseph pour l'Égypte. Dieu cependant précise à Jacob :
«Je descendrai avec toi en Égypte et c'est
moi qui t'en ferai remonter. »
De fait, c'est Jacob décédé que Joseph
ramène en Canaan. Mais lui-même retourne en Égypte.
La Genèse se termine ainsi. A sa mort
Joseph dit à ses frères « Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce
pays dans la terre qu'il a juré de donner à Abraham ». Mais il fallut
attendre Moïse, c'est-à-dire au moins cent vingt-cinq ans plus tard. Pendant
toute cette période, Dieu n'intervint pas pour rappeler sa promesse. Et de
nos jours encore la possession de la terre est discutée...
Certes la Genèse n'a pas à détenir les
garanties historiques modernes. Elle présente la foi des patriarches :
Abraham est de ce fait appelé « le Père des croyants »; ainsi les livres
bibliques qui ont suivi ont changé leur optique. Les réflexions sur l'Exode
peuvent paraître bien mystiques par rapport aux difficultés des Hébreux dans
le désert. Une fois en Palestine, c'est la loi qui devient le chemin de Dieu
; et finalement avec le christianisme, c'est Jésus qui se dit le chemin: la
terre promise peut-elle être encore géographique ?
Exode, dure marche
Avec
ce nouveau livre, notre étude se fera moins circonstanciée mais plus
approfondie.
La marche vers la terre promise est une
marche vers Dieu (Mi 6, 8). Il s'agit d'entretenir son alliance avec Lui.
Dieu a sa présence concrétisée par la colonne de feu (Ex 13, 21) qui n'est
pas arrêtée par la mer (Ps 77, 26), ce qui permet aux Hébreux d'échapper aux
Égyptiens. Ensuite au désert, Dieu soutient son peuple et combat pour lui.
Il lui procure nourriture et boisson, cherche des lieux de campement et
veille à ce que rien ne manque. Mais la marche est dure ; le désert provoque
chute dans l'épreuve et donne l'occasion au Seigneur de sonder son peuple en
conscience et de la corriger (Dt 8, 2-6).
Le chemin de Dieu se fait long et sinueux
(Dt 2, 1) Mais il aboutit au repos dans un pays heureux, où Israël pourra
louer Dieu (Dt 8, 7-10) Les sentiers du Seigneur sont amour et vérité (Ps
25, 10) et ses voies, le droit ( Dt, 32, 4).
Il y a lieu de noter que ces citations
sont tirées très rarement du livre de l'Exode. Le souvenir de l'Exode est
revivifié par la Pâque et la fête des tentes. Les prophètes idéaliseront le
temps où Dieu marchait avec son enfant (Os 11, 1).
La Terre Promise, chemin de fidélité à la
Loi En Terre promise il n'y a plus de territoire à conquérir, c'est la Loi
qui est le chemin. Les voies du Seigneur sont à garder (Ps 128, 1), les
connaître est un privilège (Ps 147, 19) cette voie de la connaissance, le
livre des préceptes subsiste éternellement (Ba 3, 35) II faut donc marcher
dans la Loi (Ps 119, 1), pour se maintenir dans l'alliance et avancer vers
la vie (Ba 3, 13-14), c'est le chemin de Dieu. La désobéissance à la Loi est
un égarement (Dt 31, 17), la sanction évidente est un exil (Lv 26, 41). Mais
Dieu ne peut se résoudre à la déchéance de son peuple (Lv 26, 44) Il faut
donc continuellement préparer une route pour le Seigneur (Is 40, 3),
Lui-même tracera des sentiers dans la solitude (Is 43, 19) et créera des
routes pour gagner les hauteurs (Is 49, 11).
Deux voies résument la conduite humaine.
Celle de la vertu (S 12, 23) ou de la justice (Pr 8, 20) de la paix (Is 59,
8) bref de la vie (Pr 5, 6).
L'autre voie est tortueuse (Pr 21, 8),
prise par les insensés (Pr 12, 15) les pécheurs (S1, 21, 10), les méchants
(Pr 4, 14). Elle mène à la perdition et à la mort (Pr 12, 28). L'homme est
libre de son choix et en porte la responsabilité (Dt 30, 15 - 20).
Le Christ, chemin vivant
Jean-Baptiste
l'annonce : « Préparez les
chemins du Seigneur » (Luc 3,
4) rappelle ici Isaïe. Jésus est comme un nouvel Exode qui mène au repos de
Dieu (He 4, 8), ou bien nouveau Moïse, il est le guide, l'accompagnateur
(Luc 24, 15), II appelle à Le suivre (Mt 4, 19), et la route peut être
illuminée (Mc 9, 3) ; mais cette « transfiguration » précède le calvaire (Mt
16,23). Jésus monte à Jérusalem pour le sacrifice (Luc 22,22) et c'est pour
aboutir au ciel même (He 9,24). II inaugure donc un chemin nouveau et vivant
(He 10,19). Dans les Actes des Apôtres, le christianisme naissant est
appelé: « La Voie » à plusieurs reprises (Ac 9,2-18,25-24,22). Et les
chrétiens ont eu conscience dès l'origine que ce chemin était plus qu'une
assise territoriale à acquérir ou même qu'une loi à disséquer, mais une
Personne à aimer, celle de Jésus. C'est en Lui qu'il leur faut marcher (Col
2,6) voire même courir (Ph 3,12) par la voie de l'Amour (Ep 5,2). C'est en
Lui que Juifs et Païens ont accès par l'Esprit auprès du Père, et qu'il
existe un même Dieu et Père pour l'humanité réconciliée (Ep 2,14-18). Cette
relation universelle rend le Chemin possible à tous les hommes croyants et
en ce sens les chrétiens sont de la postérité d'Abraham, spirituellement des
Sémites. Jésus l'avait lui-même bien proclamé :
«Je suis la voie, fa vérité, fa vie
» (Jn 14,6).
François BAUMSTARK
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Avec Abraham
Père Abraham - l'ami de Dieu -,
c'est à toi que je m'adresse aujourd'hui.
Là où tu es fort, c'est dans la mise en route,
toujours prêt à partir et à repartir.
Tu as la spécialité
des départs rapides et silencieux,
de bon matin, juste le temps de sangler ton âne.
Père Abraham, apprends-moi à repartir encore,
après avoir fermé les portes du passé !
Là où tu es fort,
c'est dans la marche sans boussole,
tu as même eu l'impression
que l'obéissance te conduisait à une impasse
lorsque le Dieu des promesses
te fit gravir la montagne
pour y sacrifier ton fils unique.
Père Abraham, apprends-moi
à obéir jusqu'au bout et dans le noir,
sans considérer l'avenir !
Alors je prendrai avec confiance
un nouveau départ.
Cardinal Etchegaray, J’avance comme un âne,Fayard
1984
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Chercher Dieu et se laisser
trouver Albert-Marie Besnard
Chercher Dieu revient à se
laisser trouver par lui. Il nous cherche, lui,` plus ardemment que nous ne
pouvons le rechercher nous-mêmes. Il veut provoquer le contact avec notre
liberté, qui nous obligera à prendre parti. Le pèlerin s'offre sur la route
comme une proie au Dieu qui le guette. Tout ce qu'il entreprend n'est que
pour être plus vulnérable. Il s'embarrasse de peu d'accessoires pour être
plus léger de corps et d'esprit. Il s'enveloppe d'un horizon qui rince son
oeil et son imagination du fatras qui les encombre. Il consent, bien sûr, à
l'admiration d'un labour ou d'une moisson, d'une falaise ou d'une gorge, ou
simplement de trois arbres qui lui font signe : mais il salue et il passe,
ne gardant que l'action de grâces pour tant de beauté.
Il n'accepte de se laisser
prendre que pour s'exercer à se déprendre. Il y a même une certaine façon de
regarder que le pèlerin averti connaît bien et qu'il s'efforce de retrouver
dès qu'il reprend la route. C'est un secret qu'un jour il a trouvé et que
nul autre sans doute ne peut dérober.
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Vers
Compostelle, c'est...
` ...effleurer la terre qui porte mes pas
si légers au matin et si lourds certains soirs,
Offrir à ses yeux un lever de soleil sur la
minuscule église de St Juan de Ortega et deux heures plus tard s'agenouiller
devant le Christ rouge de l'imposante cathédrale à Burgos,
Prêter ses pas à un visage cher qui devient
durant quelques heures votre compagnon de route, Sortir d'un silence dans
lequel vous étiez entré sans en avoir conscience et qui, vous ayant rendu à
un autre vous-même, vous relie au premier visage rencontré,
Partager des fous rires, des chants plus...
ou moins sacrés pour des fêtes improvisées, pour d'insolites lieux où le
silence s'impose comme une prière, Écouter une confidence, un petit bout de
vie qui se livre dans le mouvement des pas, entendre une blessure, une peur
et surtout un amour qui s'est enfui, un fils qui «tourne mal», un père
emprisonné, pour ne pas savoir pourquoi l'on s'est mis en chemin et surtout
ne pas vouloir le savoir.
Prier pour ses pieds au moins autant que
pour son âme. Espérer enfin Santiago et redouter le matin où sac et bâton
resteront au clou...
Être accueilli avec chaleur dans un petit
refuge où un jeune homme fête ce soir-là ses vingt ans. S'en réjouir en
chansons, en rires, pour qu'il s'en souvienne comme je m'en souviens
aujourd'hui. Danser le french cancan dans un petit café en oubliant qu'il
reste trois heures de marche, 800 m de dénivelé, sans savoir qu'il va se
mettre à pleuvoir, à faire froid, qu'on va marcher dans la boue et le
brouillard...
Baragouiner de vagues souvenirs d'anglais,
d'allemand, et même de belge pour goûter à l'humour
inoubliable
de deux clergymen venus du Portugal...
En vouloir beaucoup, beaucoup au ronfleur
qui a tenu vos oreilles au garde à vous une partie de la nuit et pourtant
lui sourire au matin...
Perdre son regard dans les merveilleux
vitraux de la cathédrale de Leon, découvrir que la beauté gît autant dans un
caillou que dans une cathédrale, Être saisi par le mouvement que vos pas ont
fait naître dans votre âme, sans bruit, jour après jour. Confondre dans le
souvenir des visages avec les paysages.
Inatteignable, l'horizon flirte avec
l'éternité et nous tient en chemin.
Christiane TABARY
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L'art, c'est le plus court chemin de l'homme
à l'homme.
André Malraux |
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Abraham et les trois anges
Marc Chagall
(Musée national biblique, Nice)
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Pourquoi le rouge ?
Pourquoi le feu ? Pourquoi le bleu ? Pourquoi les ailes d'or? Pourquoi les
ailes de candeur?
Sont-ils les mêmes, ces
trois anges attablés? Sont-ils Le même ? Deux se distinguent du troisième.
Les deux au pennage blanc, l'un blanc teinté de vert, l'autre de violine, se
regardent. Le troisième, le bleu aux ailes d'or, à l'auréole d'or, se
regarde. Il regarde son
cœur. Rouge est son visage calme. Rouge comme l'univers du jardin d'Abraham.
Rouge comme le feu que son amour embrase. Et bleu comme Abraham. D'azur.
Rouge, azur et or, sont les couleurs de cet ange, d'Abraham et du mande;.
Les trois anges se sont
mis à table, mais l'un d'eux n'est peut-être pas ange tout à fait. Peut-être
est-il Dieu.? Un Dieu qui s'apparenterait à l'homme ? Un Dieu qui
deviendrait un jour le Fils de l'Homme ? Pour l'heure, tous les trois
dégustent la galette, le veau et le lait caillé de Sarah. Bientôt Isaac en
elle se formera. Un ange à droite déjà porte sur ses épaules la bulle du
songe vrai que les trois bénissent en Abraham. Viendra le Fils de la
promesse. Déjà le monde s'enflamme. L'Amour est fort comme la mort qui
enfante la Vie. Abraham rêve en lui, mains protégeant sous l'azur la source
féconde. Sarah vient nourrir Dieu. Par-delà le feu, les délices d'un
feuillage improbable, et l'errant, guidé par la main -divine ?- sur
l'interminable chemin... --
Dominique Ponnau
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