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La crèche
de la chandeleur, appelée aussi " crèche blanche " en
Provence, a pour
origine une cérémonie qui se passait le 2 Février au matin . Avant la messe
de ce jour, pour dire adieu à la crèche de la nativité, des enfants
prenaient l'Enfant Jésus de sa crèche pour l' amener en procession et le
déposer sur l'autel en chantant des cantiques. La messe terminée , il
serait rangé dans les réserves avec les autres santons de la crèche jusqu'à
l'année suivante.
La
chandeleur célèbre la présentation de Jésus au Temple tel que l'Evangéliste
Luc nous la médite ( Lc 2, 22-39 ) La note "o" de la T.O.B.nous dit que
cette présentation de l'enfant au Temple n'est pas requise par la Loi. En la
rapportant, Luc veut nous faire saisir le zèle avec lequel les parents de
Jésus s'acquittent de la tâche que Dieu leur a confiée. Avec " la crèche
blanche " la piété populaire veut insister sur le caractère officiel et
solennel de cette présentation en évoquant souvent par des colonnes et des
tentures le Temple et en y faisant figurer même le Grand Prêtre dont Luc ne
parle pas dans son récit. Dans ce nouveau décor, on peut le voir officier et
portant le costume qu'on imagine avoir été le sien : ici, il porte sur sa
tunique comme une bande d'étoffe tissée d'or, de lin et de laine
multicolore. Allez lire Exode 28, 6-14 et 39, 2-7 et leur magnifique
description du vêtement du prêtre dont nous retiendrons au moins ce que
nous voyons sur la poitrine du Grand Prêtre dans notre" crèche blanche" :
les douze plaques d'or où étaient gravés les noms des douze tribus d' Israël
" pour en faire mémoire " (Exode 28,12 ) Faire mémoire , non une
nostalgie pétrifiante mais une marche en avant éclairée de l'arrière ,
discrètement , pour nous laisser à notre liberté et aller de l'avant .N'est
ce pas ainsi que s'écrivent la Bible et chacune de nos vies ?
Cette
crèche a été photographiée hier dans la Cathédrale d'Aix en Provence par une
amie, photographe à l'équipe de communication diocésaine. Elle a eu du mal à
cause de la vitre qui protège le tout et de deux grands textes explicatifs
collés à l'intérieur qui masquent en partie certaines plages de la scène. De
même les personnages ont un panneau à leurs pieds portant leur nom

Marie
présente l'enfant dans un geste à la fois plein d'attachement et
d'abandon..." tout 1er né sera consacré au Seigneur "( Exode 13, 2 et aussi
13, 12-15 ). Joseph porte délicatement les tourterelles prêtes à s'envoler,
" un couple de tourterelles, offrande des pauvres " pour la purification de
la mère, seule concernée par le précepte de Lévitique 12, 1-8.

Anne n'est
pas très visible dans la grande houppelande des femmes d'autrefois. Symeon
est très intériorisé , pénétré déjà par l' action de grâce qu'il va
entonner. Leur foi jaillissante à tous deux va faire de cette présentation
de Jésus une manifestation discrète mais réelle de Dieu pour ceux qui sont
présents et pour les croyants de demain, peut-être que ces" enfants de
chœur", en sont le signe, eux qui accompagnaient la procession des enfants.
Ainsi, ce
n'est plus la reconstitution provençale de la nativité colorée et bucolique
en place depuis le 25 décembre, c'est l'Evangile du jour, dans une scène
hiératique, plus symbolique . C'est devant cette crèche que l'on disposait
le cierge de la fête de Pâques précédente auquel étaient allumés les cierges
des fidèles qui emporteraient ainsi "le feu nouveau «de la Résurrection chez
eux. Nous aurons aussi le même langage si profond de tous ces symboles
dimanche 4 décembre même si la cérémonie actuelle se déroule un peu
différemment.
Pour la
dernière des fêtes de la lumière de cette période, la" crèche blanche
«restera ouverte huit jours à notre prière. Elle était parfois suivie,
toujours en Provence, de celle de la fuite en Egypte, presque complètement
disparue aujourd'hui.
En racinons
nous dans la foi toute simple de nos ancêtres pour goûter la saveur et la
profondeur de cette page d'Evangile.
sr Marie-Claire Brézet
Aix-en- Provence , 1er février
2007 |