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LAUDES POUR LA VIGILE DES AMES
Vigile est un si beau mot. Veiller. Attendre. Etre attentif, comprendre
avant que ne chante le coq.
En
ce jour qui précède celui des âmes. je vais faire la liste de ceux qui sont
morts. Ceux que j'ai connus. Ceux dont on m'a parlé. (les voisins. des amis.
des parents., de certains qui habitaient mon quartier.
Il
y a peut-être un vieillard mort tout seul et auquel, aujourd'hui, personne
ne pensera. Je puis bien me charger d'eux puisque ce soir je ferai le
cortège d'Halloween je me déguiserai, je mangerai des friandises.
C`est un jeu. je le sais. aussi je répète face à la mort qu'elle n'est pas
noire et effrayante. mais seulement un mystère que tu habites.
Marie
Rouanet Petites prières. DdB
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Toussaint
TouT saint
TouS saintS |
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Qu'allez-vous faire à Halloween ?
Irez-vous passer la soirée en amoureux, dans une taverne ou un restaurant,
accueillis par des cierges de catafalque et un garçon déguisé en squelette ?
A moins qu'en famille vous ne choisissiez de rejoindre le McDo du coin, sous
les habits de votre vampire bien-aimé ?
Revoici donc le 31 octobre et
Halloween, du verbe anglais
to hallow,
sanctifier, et qui
veut dire « veille de Toussaint », mais que l'on traduit aussi, joliment,
par « veille des âmes ». Et comme un certain commerce
made in USA
s'y entend à sanctifier le
hamburger et le Coca-Cola, les bonnes âmes, la veille du 1er
novembre, seront surtout
appelées à dépouiller leur portefeuille. En l'honneur des chers disparus,
bien entendu !
Je n'oublie pas. Je n'oublie pas
les betteraves de mon enfance, évidées de leur chair et transformées en
lanternes magiques par la grâce d'un morceau de bougie. Je n'oublie pas le
cortège des crécelles à vélo et la mendicité d'un oeuf coloré ou de quelques
sous à la veille de Pâques. Je n'oublie pas les cercueils-gâteaux et les
squelettes en sucre du Mexique ni, aux Antilles, le cache-cache amoureux
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à travers les tombes. Depuis
toujours, l'homme joue avec la mort. Il la chante, il l'injurie, il la
colorie, il s'en moque, il en rit... pour la laisser à distance ou tenter
d'un peu l'approcher. Comme dans l'histoire de ce marchand de Bagdad qui
envoie son serviteur faire des courses au bazar. L'homme rentre à la maison
tout tremblant et plus blanc que le drap d'un fantôme. « Maître, dit-il, je
me trouvais sur la place du marché lorsque j'ai rencontré une femme. En la
regardant bien en face, j'ai découvert que c'était la Mort. Elle a fait un
geste vers moi. Elle me cherche. Je vous en supplie, maître, permettez-moi
de fuir et de me cacher loin d'ici, à Samarcande. En me hâtant, j'y serai
avant ce soir. »
Pris de compassion, le marchand
lui prête son cheval le plus rapide et le serviteur s'enfuit. Plus tard dans
la journée, le marchand va lui-même au bazar et rencontre la Mort. Il lui
demande : « Pourquoi as-tu effrayé mon serviteur qui est encore jeune et en
bonne santé ? » |
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La Mort lui répond :« Je n'ai pas
voulu l'effrayer, mais en le voyant ici, à Bagdad, j'ai eu un geste de
surprise. En effet, j'ai rendez-vous avec lui, ce soir, à Samarcande. »
Non, je n'oublie pas les
histoires, les rites, les cortèges, les déguisements qui, à travers le
monde, s'efforcent d'apprivoiser la mort. Mais faut-il pour autant laisser
champ libre à la mode et à l'argent, et leur permettre de tuer la fête en
exploitant une fois de plus la clientèle enfantine ?
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Comme
l'écrivaine Marie Rouanet, je pense qu'il est trop facile d'accuser « la pub
et les médias ». Si nous nous interrogions d'abord nous-mêmes, dit-elle, et
si les chrétiens en particulier se demandaient un peu plus comment investir
Halloween, comment réimaginer la « veille des âmes », comment réenchanter la
Toussaint, comment revitaliser le jour des Morts ? Ne disposons-nous pas de
textes magnifiques à travers la Bible et les Évangiles ? N'avons-nous pas la
chance de pouvoir compter aussi sur une remarquable création poétique ? Et
sur des musiciens de talent ? Et pourquoi la danse et la chanson ne
seraient-elles pas de la partie ?
Célébrer les
saintes et les saints de tous les jours, faire mémoire des chers ou des
moins chers disparus, se rappeler que l'amour traverse la mort..., cela
mérite investissement, imagination, création. Car c'est de nous qu'il s'agit
et de notre vie, ici, maintenant.
Gabriel Ringlet.
« Et je serai pour vous un enfant
laboureur… »
Albin Michel
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1° novembre et Nouvel An celte

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Bien avant
l'ère chrétienne les Celtes sont arrivés en Europe avec leurs croyances :
intuition en l'immortalité, avec ou sans réincarnation, culte des morts,
importance de la prière, et va-et-vient entre le monde des vivants et celui
des morts. Au X° siècle de l'ère chrétienne on trouve encore
certains groupes non- christianisés
Leur fête du
Nouvel An se situait à la fin des récoltes d'automne, dans la nuit du 31
octobre au 1° novembre : Leurs
dieux et leurs héros humains, aux pouvoirs surhumains, venaient rendre
visite aux vivants qui, eux-mêmes en des voyages ou songes
initiatiques, pouvaient se rendre dans l'Au -delà .Dans cet Autre Monde,
considéré comme pays béni, tous étaient
immortels et toute blessure infligée au combat guérissait le lendemain .
Un type particulier de descente au
pays des morts concernait les raids destinés à rapporter des objets
merveilleux comme le chaudron
inépuisable qu'un de leur héros préféré, Cuchulian, a conquis deux fois .
Cet Autre Monde était peuplé de créatures surnaturelles très nombreuses, et
presque toujours fantastiques - ce qui ne veut pas dire objet
d'horreur et de peur-
Lorsque la Gaule puis l'Irlande du Nord et l'Angleterre
seront peu à peu christianisées – dès la fin de
l'empire Romain - il y a eu des inter actions entre les calendriers. Ces
calendriers étaient eux-mêmes liés
aux
temps agraires. Ces temps agraires étaient aussi déjà bien intégrés dans les
calendriers d’origine biblique.
Certains
chrétiens, d’identité chrétienne peut-être plus fragile, ont vu en Cuchulian
le négateur du
Christ.
D'autres, dans un choix d’inculturation plus ouvert, ont
compris l’importance
d’annoncer l’évangile sans couper les groupes humains de leurs racines ni de
leurs intuitions profondes de
créatures ‘ à l’image de Dieu’, le Dieu unique qui s’est révélé selon les
Ecritures. Et ce Dieu ne se révèle-t-il pas en Jésus- Christ qu’au terme
d'un long chemin biblique ?
Ainsi,
dès le IV° siècle, on a en ces régions une fête chrétienne du culte des
saints le 1° novembre, alors qu' en d'autres lieux les chrétiens les
célèbrent à d'autres dates : aucune n'est encore officialisée pour un
calendrier unifié
de l'Eglise romaine - cela ne le sera qu'à partir du X°-XIC
siècle.
Par ailleurs St Patrick, évangélisateur chrétien au V°
siècle, avec Ste Brigitte et St Brandan, a choisi de laisser aux
celtes devenus chrétiens ce qui, dans leurs croyances, rejoignait d'une
certaine manière, la foi chrétienne.
Au
Moyen - Age, on voit même apparaître des récits inspirés des voyages
initiatiques celtes aux séjours des
morts, mais avec un objectif christianisé de témoin de l'au-delà pour servir
d'exemple et mettre en garde les vivants des conséquences de leurs actes :
cf. par exemple le songe de St Patrick, le voyage de St Brandan.
Et
lorsque
l'Eglise romaine va définitivement choisir une date pour célébrer les
saints, c'est bien celle du 1° novembre
qui est retenue, et le 2 novembre pour tous les défunts. Les
Orthodoxes eux, ont conservé le dimanche après la Pentecôte comme fête de
tous les saints.
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LA TOUSSAINT
C'est la fête de tous les saints connus et inconnus. Elle a
lieu le 1 novembre. Longtemps, elle fut célébrée dans la mouvance de Pâques
ou de la Pentecôte. Au Ve siècle, en Syrie, c'était le vendredi de Pâques ;
en Orient, cette fête est célébrée le dimanche dans l'octave de la
Pentecôte.
Ce lien avec Pâques et la Pentecôte donne le sens originel de
la fête. Il s'agit de fêter la victoire du Christ dans la vie de beaucoup
d'hommes et de beaucoup de femmes. A Rome, la fête existait certainement, au
Ve siècle, le dimanche après la Pentecôte, mais elle fut déplacée une
première fois par le pape Boniface IV au jour anniversaire de la dédicace de
l'ancien Panthéon, transformé en église sous le vocable de sainte Marie et
des martyrs le 13 mai 610. Le pape voulait honorer la foule des martyrs dont
il avait fait transférer les corps des catacombes à l'ancien temple. Cette
fête fut bientôt connue sous le nom de « Fête de tous les martyrs, de tous
les saints et de Marie ». Elle fut transférée définitivement au 1er
novembre, semble-t-il par Grégoire III , qui dédicaça en ce jour une
chapelle de la basilique Saint-Pierre en l'honneur de tous les saints.
Grégoire IV, en 835, ordonna que la Toussaint soit fêtée dans
le monde entier.
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Peuple des Béatitudes
: le peuple des petites gens, des humiliés, des laissés pour compte, ceux
qu'on exploite parce qu'ils sont sans défense, les affligés, les découragés,
les malades, les perdus.
Mais aussi le peuple des militants, quelle que soit leur
cause, croyants ou non, pour autant que leurs solidarités soient un don
constant, au mépris d'eux-mêmes, pour que leurs frères pauvres trouvent leur
vraie libération dans la justice et la charité du Christ. Et pour que règne
entre les hommes, dans le respect mutuel, à travers les diversités de
tempéraments et d'âges, et au-dessus des divisions de classes, de nations et
de races, l'unité dans l'Amour.
Mgr.Guy-Marie Riobé
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Saints et saintes de Dieu
qui n'avez pas trouvé de date dans nos calendriers,
mais qui avez reçu de Dieu une place éternelle,
priez pour nous.
Vous les humbles laboureurs de la terre,
qui avez accueilli les fruits de la Création,
priez pour nous.
Vous les femmes de ménage,
cuisinières et bonnes d'enfant,
qui, jour après jour, avez semé la tendresse,
priez pour nous.
Et vous, travailleurs
dans les usines obscures ou à la chaîne,
toujours attentifs aux autres,
priez pour nous.
Vous les artistes, et vous, les gens du spectacle,
qui avez apporté un peu de la beauté
et de la joie de Dieu sur notre terre,
priez pour nous.
Et vous qui avez prêté
une oreille attentive à toute solitude
et avez toujours accueilli les désespérés,
priez pour nous.
Vous,les simples prêtres de paroisse
et les religieuses de couvent,
qui fidèlement avez servi Dieu et témoigné de Lui,
priez pour nous.
Vous, les parents, parfois incompris,
qui, à la sueur de votre front,
avez travaillé pour vos enfants,
priez pour nous.
Vous, grands-parents,
qui avez enveloppé de tendresse vos petits-enfants,
après avoir éduqué leurs parents,
priez pour nous.
Vous,les éducateurs, qui avez voulu communiquer
votre foi et votre espérance,
vous qui avez veillé sur les jeunes pousses de notre humanité, priez pour
nous.
Et vous, les enfants morts trop jeunes,
qui avez égayé la terre de vos balbutiements
et offert votre voix juvénile,
vous qui avez suscité tant de larmes d'amour,
priez pour nous.
Vous, les missionnaires partis porter l'Evangile
jusqu'au bout du monde,
priez pour nous.
Vous, les apôtres de nos campagnes et de nos villes,
après avoir parcouru routes et chemins
pour inviter à la conversion,
priez pour nous.
Vous dont les noms ne seront jamais inscrits sur une tombe,
anonymes des charniers et des guerres sans merci,
priez pour nous.
Et vous qui avez connu la gloire humaine,
mais êtes toujours restés pauvres de coeur,
priez pour nous.
Vous tous, saints et saintes,
bienheureux enfants de Dieu,
faites monter notre louange vers le Père,
par le Fils, dans l'Esprit Saint.
Amen
Charles Delheze |
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