|
|
L
E T E M P S D E L’ A V E N
T
Les quatre semaines avant Noël
Le mot vient du latin : advenus :
venue , arrivée
HISTORIQUE :
-
Quatre
semaines avant Noël, comme temps de préparation à Noël, ce temps est relié à
l’époque agraire connue sous le nom de temps des semailles, entre le
11 novembre et le 25 décembre.
-
A Rome ,
dès le V° siècle , c’est un temps liturgique de jeûne et pénitence :
« jeûne qui obtient la sainteté de l’âme et du corps ».
Occasion pour les chrétiens de réfléchir sur leur manière de vivre avec les
biens de la terre.
-
Dans
l’antiquité de l’Eglise, on y relit aussi le temps des semailles comme
symbolique de l’attente du sauveur : cf. Isaïe 1,2 .
« Cieux , ouvrez-vous, terres , germez le sauveur . »
Pendant ce temps on lisait aussi parfois Isaïe 45.
-
Au V° siècle , en Espagne et
en Gaule, l’Avent fut associé aux préparations des baptêmes
qui avaient lieu à l’Epiphanie.
Dès 380
l’Eglise de Saragosse a prescrit à ses fidèles d’être assidus à l’Eglise du
17 décembre à l’Epiphanie.
En Gaule , au V° siècle ,
Grégoire de Tours institue un jeûne de trois jours par semaine de la Saint
Martin (11 novembre) à la Nativité( 25 décembre). Jeûner ,
alors , demandait de ne manger qu’après 17 h. le soir .
-
Au
VI° siècle, à Rome, se met en place une institution liturgique de
l’Avent de six puis de quatre semaines, pour préparer joyeusement
Noël, et s’y préparer en attendant la fin des temps.
-
Aux VIII-IX° siècles : Dans
les livres liturgiques des graduels et des antiphonaires, les
messes de l’Avent se trouvent non plus
en fin de cycle, mais en début de cycle annuel.
-
Vatican II – 1962-1965 – La
Constitution Liturgique semble inviter à faire de l’Avent
le terme dominical lorsqu’elle déclare que « l’Eglise déploie tout le
Mystère du Christ pendant le cycle de l’année, de l’Incarnation et de la
Nativité jusqu’à l’Ascension, jusqu’au jour de la Pentecôte et jusqu’à
l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement
du Seigneur. » -cf. V.102 cité dans Eglise en
prière t. 4, p. 106, 1983
TRADITION :
-
« L’Avent romain est d’abord, selon la conception primitive des Gaules, un
temps de préparation à la solennité de l’Adventus Domini –
venue du Seigneur. Mais, comme la Fête de Noël n’a cessé de recevoir une
importance accrue durant le Haut Moyen-Age, l’Avent se présente aussi comme
un temps d’attente : Dans l’attente joyeuse de la Nativité, il oriente les
chrétiens vers le retour glorieux du Seigneur à la fin du monde .
Le meilleur symbole de l’Avent vécu dans cette perspective
est peut-être « l’Etimatie »
le trône vide du Pantocrator, que représentent si souvent les mosaïques de
Rome et de Ravenne.
Le vieux vocable païen d’adventus
est dès lors entendu au sens biblique et eschatologique de Parousie
.L’attente chrétienne trouve son expression spontanée dans les textes
prophétiques inspirés par l’attente du Messie : « Isaïe et Jean-Baptiste
sont à Rome les deux grandes voies de la liturgie de l’Avent »
- Eglise en prière t.4,p.107,1983 Desclée
LITURGIE :
-
Les
quatre semaines de l’Avent comportent deux étapes : La première va du 1°
dimanche au 16 décembre, la seconde du 17 au 24, cette dernière
étant plus directement orientée vers les fêtes de Noël. .
Les deux préfaces du temps de
l’Avent résument bien les deux étapes. La première évoque les deux
avènements du Christ , la seconde célèbre :
« Celui que tous les
prophètes avaient chanté, celui que la Vierge attend avec amour,
celui dont Jean-Baptiste a
proclamé la venue et révélé la présence au milieu des hommes
. »
Dans les prières s’entrecroisent les deux thèmes de la
célébration de la venue du Seigneur
dans la chair et son retour dans la gloire :
« Accorde-nous Seigneur
d’attendre sans faiblir la venue de ton Fils, pour qu’au jour
où Il viendra
frapper à notre porte, Il nous trouve vigilant dans la prière, heureux de
chanter sa
louange. » - Collecte du lundi de la 1°
semaine .
« Par le signe
merveilleux de la Vierge qui enfante, Tu as fait connaître au monde,
Seigneur, la
splendeur de ta gloire. » Collecte du 19
décembre.
LECTURES :
-
Les lectures dominicales :
La première fait prendre contact, au cours des trois années, avec les
principales prophéties messianiques :
Les oracles d’Isaïe
et les additions qu’ils ont reçu aux temps de l’exil, celui de Baruch et de
Sophonie De toutes ces prophéties les plus importantes sont celles du IV°
dimanche . Elles annoncent qu’une femme enfantera un descendant de David,
qui sera l’Emmanuel, Dieu-avec-nous (cf. Isaïe, Michée).
Les Evangiles évoquent chaque année le
même thème : Le 1° dimanche est celui de l’attente de la venue du Seigneur ,
« veillez », dit Jésus.
Le 2° et le 3° sont ceux de
Jean-Baptiste.
Le 4° est celui de l’annonce faite à
Marie(B), à Joseph (A), la Visitation (C).
La lecture apostolique montre comment
les prophéties ont été accomplies par Jésus.
Elles annoncent, à leur tour, la venue
du Seigneur : Jour de salut pour tous les peuples,
et jour de joie pour tous ceux qui
l’auront attendue avec amour. cf .idem Eglise en prière
|
|
le 8
décembre
Immaculée conception
 |
CONCEPTION
DE SAINTE ANNE
QUAND ELLE CONÇUT LA MERE DE DIEU
8
décembre
HISTORIQUE :
-
Cette fête remonte au
VIII° siècle , en Orient
-
Elle est placée 9 mois
avant la célébration de la naissance de la Vierge, en mémoire de
l’événement.
-
Elle a été introduite en
Occident au IX° siècle – s’est répandue tardivement.
-
A Jérusalem, une église
consacrée à sa mémoire est signalée dès 530 puis 570, par des
pèlerins :
Tombée en ruine , elle fut reconstruite en
810 sous Charlemagne qui envoie des dons. On reparle de ce lieu sous les
Croisés, en 1090.
TRADITIONS ET SOURCES :
-
Le Protévangile dit
de Jacques:
« Or voici qu’un ange du Seigneur apparût et dit : ‘ Anne,
Anne, le Seigneur a entendu ta plainte. Tu concevras, tu engendreras, et
l’on parlera de ta progéniture par toute la terre’.
Anne répondit : ‘ aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si
j’enfante, soit un fils, soit une fille, je le consacrerai au Seigneur mon
Dieu pour qu’ il le serve tous les jours de sa vie’.
Alors deux anges arrivèrent auprès d’elle, lui disant :’ voici,
Joachim, ton homme, s’en vient vers toi avec ses troupeaux, car l’ange du
Seigneur a entendu ta plainte. Il est descendu et lui a dit : ‘Joachim,
Joachim, le Seigneur a entendu ta plainte. Descends d’ici, car voici que ta
femme va concevoir dans ses entrailles … »
Ce
texte ne fait pas partie des Ecritures . Il date du II° siècle ap.
J-C.
Il raconte l’enfance de la Vierge de façon
légendaire et merveilleuse dans le but de révéler qui elle est vraiment.
C’est une sorte de roman théologique .
Cet apocryphe s’inspire des annonces
bibliques : cf. Gn 11,30 ; 25,21 ; 30 ; et I Sm2,1-11, Lc1,7
Marie a eu pour parents Anne et Joachim. Anne ,
en hébreu, veut dire « la grâce », et Joachim, « préparation du
Seigneur ». Ils ne pouvaient pas avoir d’enfant. Ils reçoivent chacun
la visite d’un ange, l’un en gardant son troupeau, l’autre dans son jardin.
Il leur annonce qu’ils auront la joie d’une naissance : Leur joie d’époux
est représentée sur une icône et signifie leur union conjugale : Marie
naîtra d’eux.
-
En Europe occidentale,
au XII° siècle, en Angleterre, on célèbre Marie « née sans le
éché originel ».
Et en 1854 Pie IX institue le dogme de
l’Immaculée Conception.
LITURGIE :
-
Textes de
l’Eucharistie : GN 3,9-20 ; Ps 98 ( BJ ) ; Eph. 3,1-12 ; Lc 1, 26-30
-
Prières orientales :
« Le nouveau ciel, c’est Anne,
qui, dans son sein le construit sur l’ordre du Dieu
Créateur : de lui s’est levé le soleil
sans couchant, illuminant de ses rayons divins le
monde entier dans son grand amour du
genre humain et sa miséricorde infinie ».
« Adam, voici ton renouveau, Eve
, exulte de joie : la terre sèche et sans eau a produit
le plus beau fruit, celui qui pour
tout le monde fait pousser l’immortalité, celui qui met fin
à l’infamante stérilité . Avec eux, en
ce jour , exultons d’allégresse nous aussi » .
ICONE :
-
Anne et Joachim ,
accourus l’un vers l’autre, se rencontrent devant la Porte Dorée de
Jérusalem. Le baiser qu’ils se donnent signifie
la conception de l’Enfant annoncée.
-
le voile tendu au-dessus
la porte d’entrée signifie que la scène se passe, en fait à
l’intérieur. |
le 25 décembre
Noël
le Nativité de
Jésus Christ

|
N A T I V I T E
D U C H R I S T : F E T E D E N O E
L
25
décembre
HISTORIQUE :
-
La fête de la Nativité
du Christ est enracinée dans la fête de l’Eglise primitive en Orient,
l’Epiphanie – le 6 janvier, cf fiche :
Elle est très riche en mémoire des Mystères du
Christ.
-
La basilique de la
Nativité à Bethléem, fut construite en 327-333 sous Constantin,
empereur romain.
En ce IV ° siècle , à Rome, après les
persécutions , on respire « dans la paix de l’Eglise » :
Le 25 décembre , solstice d’hiver , en
Occident, est alors choisi pour fêter la mémoire de la naissance du Christ
, « vrai Soleil de Justice ».
Elle vient supplanter la fête païenne du culte
du soleil.
On y célèbre aussi l’Epiphanie, adoration des
Mages, le même jour , et le meurtre des Saints Innocents.
-
Au V° siècle
, séparation des deux fêtes :
-
Le 6 janvier devient
alors la mémoire de l’adoration de Mages, l’Epiphanie (= manifestation)
du Christ à ces représentants des nations.
On répartit les textes liturgiques : Lc 1 et 2
pour le 25 déc. ; Mt 2,1-12 pour le 6 janvier
-
Au VI° siècle
on institue la messe de minuit le 25 décembre.
TRADITION ET SOURCES :
-
La décision de la date
du 25 décembre fut prise par le Concile de Nicée en 325 .
-
L’arrière-fond du
Protévangile de Jacques avec ses récits imagés et romancés pour
faire comprendre théologiquement qui était
Jésus enfant, écrit du II° siècle , a
peut-être influencé l’intérêt porté alors sur
cette fête.
Le nom de Noël provient d’ Emmanuel , «
Dieu-avec-nous » ( en hébreu ).
LITURGIE :
-
Textes des eucharisties
de la fête actuellement :
. Messe du soir : Is. 62,1-5 ; Ps 89
,4-29 (BJ) ; Act.13,16-25 ; Mt 1,1-25
. Messe de la nuit : Is. 9,1-6 ; Ps 96
(BJ) ; Tite 2,11-14 ; Luc 2,1-14
. Messe de l’aurore : Is. 62,11-12 ; Ps
97 (BJ) ; Tite 3,4-7 ; Luc 2,15-20
. Messe du jour : Is. 52,1-7 ; Ps
98,1-6 ; Hb. 1,1_6 ; Jn. 1,1-18
-
Un
texte liturgique
de l’ancien office du Lucernaire
-
« Ton Royaume, Christ-Dieu, est un
Royaume de tous les siècles, et ta domination s’étend à toutes les
générations.
Toi qui t’es incarné par
l’opération du Saint-Esprit et qui t’es fait homme en naissant de Marie,
toujours Vierge.
Christ –Dieu, Tu as brillé à nos
yeux comme une lumière lors de ton Avènement ;
Lumière de lumière, éclat du Père,
tu illumines toute créature. »
I’ICONE DE LA NATIVITE :
-
Au sommet ou au centre
de l’icône, une demi-sphère bleue figure le ciel où l’événement prend sa
source.
De la sphère descend un
rayon de lumière qui s’enfle en étoile d’où sort trois rayons, signe de la
puissance de la Trinité Sainte :
Elle éclaire le nouveau-né
pour dire d’où vient sa conception.
- Le Christ : un nouveau-né ,
sa tête auréolée avec en plus une inscription « O ON », en grec,
« Celui qui est », mot à mot « l’Etant ».
Le nimbe est crucifère ( + )
, il évoque sa Passion-Résurrection.
Les langes en forme de
bandelettes mortuaires annoncent sa mort.
-
La grotte : C’est au
VII° siècle qu’elle fait partie de cette icône.
Elle signifie le lieu des ténèbres où l’homme
attend le sauveur.
On la retrouve à l’icône de la Crucifixion et à
celle de la Résurrection.
-
Le bœuf et l’âne : cf.
Isaïe 1,3 et Habacuc 3,2 : enracinement dans les prophéties de l’annonce du
Messie.
-
La Mère de Dieu :
étendue sur un coussin rouge, dans son manteau marron,
Avec les trois étoiles de sa virginité, elle
médite plus loin que l’événement commémoré.
( le rouge, couleur de condition royale ; le
marron , couleur de la condition terrestre ;
Marie , femme de la terre, Mère de Dieu )
-
Les anges louent Dieu et
annoncent la nouvelle aux bergers.
L’un est penché pour adorer le Christ.
-
Les bergers : paysans
d’Israël aux champs, écoutent l’ange et sont placés, souvent, non loin de
Joseph.
-
Les Mages : à l’opposé
des bergers. Ils sont représentés depuis la fin du XI° siècle
au terme d’une chevauchée , dans la joie de la
vue de l’Astre, vêtus à la persane.
cf. Mt 1,10 –
Sur certaines icônes les Mages offrent
leurs présents – cf. l’Epiphanie -
-
Joseph : relativement
âgé, songeur et dans le doute. Ceci est mis en avant pour faire
ressortir ce que représente la naissance de
Jésus, conçu de l’Esprit Saint, en Marie.
-
Le bain : Deux femmes –
tirées du récit du Protévangile de Jacques - lavent l’enfant
Le bain fait partie des objets de naissance de
l’antiquité.
-
Le paysage : tout
l’univers est concerné par cette naissance : l’icône est donc riche en
détails,
et le décors est gai . – cf.
Luc 8,19-22 et Isaïe 11,9 et 7,25s
M A R T Y R O
L O G E D E N O E L : N A I S S A N C E D U C H R I S T
PREMIERE VERSION :
De
longs siècles après la Création du monde
Lorsque Dieu, au
commencement , créa le ciel et la terre,
Bien
longtemps après le déluge,
Plus de 2000
ans après la naissance d’Abraham,
Près de 1500 ans après Moïse,
Et
de la sortie du peuple d’Israël,
Environ 1000
ans après le sacre du Roi David,
En la 75°
année de la prophétie de Daniel,
Et la 194° Olympiade,
En la 752°
année de la fondation de Rome,
L’an 42 de l’empereur Auguste,
Dans le
sixième âge du monde terrestre,
Tout l’univers étant en paix,
JESUS – CHRIST
Dieu
Eternel et Fils du Père Eternel ,
Voulant sanctifier le monde
par son miséricordieux avènement,
Après avoir
été conçu du Saint-Esprit,
Est
né à Bethléem de Judée,
De la Vierge Marie,
DIEU FAIT HOMME
C’est la Nativité de
Notre-Seigneur Jésus-Christ selon la chair
DEUXIEME VERSION :
Alors que Dieu, au commencement
tira du néant ciel et terre, l’an 5199
Depuis la naissance d’Abraham, l’an 2015
Depuis Moïse et la sortie du peuple
d’Israël, de la terre d’Egypte, l’an 1510
Depuis le sacre du Roi David, l’an 1032,
Dans la 75° année des années prédites
par le prophète Daniel,
La 194° Olympiade,
Dans la 752° année de la fondation de
Rome,
Et la 42° de l’empire d’Octavien
Auguste,
Tout l’univers jouissant de la paix,
Au sixième âge du monde
JESUS-CHRIST , DIEU ETERNEL ET FILS
DU PERE ETERNEL
Voulant sanctifier le monde par
son miséricordieux avènement, ayant été conçu du St Esprit
Et 9 mois s’étant écoulés depuis sa
conception,
Naît à Bethléem de Juda, FAIT HOMME
de la Vierge Marie,
C’est la Nativité de Notre-Seigneur
Jésus-Christ selon la chair.
Hymnes byzantines de Noël
Le Christ naît,
glorifiez-le,
Le Christ
descend des Cieux, allez à sa rencontre,
Le Christ est
sur la terre, exaltez-le,
Chante le
Seigneur, toute la terre,
Et vous, tous
les peuples, célébrez-le,
Car Il est
couvert de gloire.
« Ta royauté, O Christ, est royauté éternelle,
ta domination s’étend à toutes les générations,
Toi qui es incarné par l’opération du Saint-Esprit,
Et qui t ‘es fait homme en naissant de Marie toujours vierge,
O Christ-Dieu, lors de ton Avènement,
Tu as brillé à nos yeux comme une lumière,
Lumière de lumière,
éclat du Père,
Tu combles de joie
toute créature,
Tout souffle te loue
comme l’empreinte du Père,
Toi qui es et qui as
toujours été,
Toi qui as manifesté
ta divinité en naissant d’une vierge,
Aies pitié de nous »
|
|
1er Janvier
Circoncison
Nom de Jésus
Marie Theotokos

|
F E T E D E L A C I R C O N C I S I O N , D U N O
M D E J E S U S
E
T D E M A R I E T H E O T O K O S
Le
1° janvier
HISTORIQUE :
-
A Rome ,
au VI° siècle apr. J-C, on a institué une messe de caractère
pénitentiel ,
Le 1° janvier, en contre-partie aux
fêtes païennes et à leurs abus.
-
Toujours
à Rome, mais tout à fait à la fin du VI° siècle,
Le 1° janvier est devenu jour de fête
avec messe en l’honneur de Marie, Mère de Dieu – Théotokos –
TRADITION :
-
Jésus né
du peuple juif par Marie , circoncis , comme tout fils d’Israël.
-
A Rome ,
au VII° siècle , on sépare les textes des lectures en Lc I et 2 , et
l’on réserve
Pour le 1° janvier, octave de Noël, la
lecture de la Circoncision :
« Quand le huitième
jour fut arrivé, celui de la circoncision, l’enfant reçu
le nom de Jésus « . Lc 2,21
- Au XVIII° siècle
on institua ce même jour la fête du Saint Nom de Jésus.
LITURGIE :
-
Textes
de la messe du jour : Nb 6,22-27 ; Ps 67 ( BJ ) ; Gal. 4,4-7 ; Lc 2, 16-21
-
Actuellement , ce jour est
aussi celui de la consécration du monde à Dieu .
ICONOGRAPHIE :
-
L’icône
dite Hodigidria : celle qui montre le chemin.
. Marie porte Jésus sur son bras
gauche, en le montrant de la main droite.
. Jésus a le rouleau de la Torah
dans sa main gauche et il bénit de la main droite
TEXTE :
-
« Tu
as enfanté le Verbe de Dieu, tu es vraiment Mère de Dieu, nous te magnifions. »
Prière orthodoxe
|
|
6 janvier
Epiphanie
 |
L A F E T E D E L ‘ E P I P H A N I E
6
janvier
HISTORIQUE :
-
L’une des fêtes les
plus anciennes de l’Eglise, la Théophanie ( = manifestation de Dieu
)
appelée Epiphanie rassemblait d’abord tous
les mystères de la manifestation du Seigneur au monde :
Naissance, Epiphanie aux Mages, Baptême et
noces de Cana.
Elle avait été placée au 6 janvier par un
calendrier oriental où cette date correspondait au solstice d’hiver en ce
pays – cf. Quatre-temps agraires et calendrier copte, sur une autre fiche.
TRADITION :
-
Au II°
siècle, en Egypte, des
groupes fêtaient le baptême du Christ le 6 ou le 10 janvier.
En arrière-fond , cette fête avait
primitivement pour cadre la fête de Souccot – fête juive des Cabanes –
que les chrétiens coptes de l’Eglise
primitive avaient conservée en manifestation de fête christianisée :
Pour eux :
. La gloire de Dieu
au désert était, manifestée en Jésus-Christ,
. L’attente de l’eau
était associée au baptême du Christ purifiant les eaux.
. L’espérance de voir
toutes les nations reconnaître le Dieu d’Israël était manifestée par
l’exemple du récit des Mages
venant adorer Jésus, le Roi des Juifs
Fils de Dieu qui vient de
naître.
-
A partir du IV°
siècle on sépara la fête mémoire de la Nativité pour la placer au 25
déc.
solstice d’hiver en Occident . Ce fut fait
dès 379 à Constantinople et en 386 à Antioche .
Cette fête est connue à Jérusalem dès le
IV° siècle .
Elle est aussi contre-fête du culte païen : le
culte Mithra fêté par l’empereur Aurélien à Rome au III° siècle .
-
On s’attacha donc à
célébrer à la date primitive du 6 janvier le baptême du Seigneur dans le
Jourdain
qui marque le début du ministère de Jésus .
( En Occident aujourd’hui ce Baptême est
célébré le dimanche qui suit l’Epiphanie)
On fêtait en même temps les Noces de Cana. –
cf. Jn 2
- En Occident , on réserva
dès le IV° siècle la mémoire du récit des Mages pour le 6 janvier
cf.
Mt 2, -12
LITURGIE :
-
Textes de la liturgie
romaine actuelle : Is. 60,1-6 ; Ps 72,1-13 ; Eph. 3, 2…6 ; Mt 2,1-12
Célébration de l’Epiphanie à Jérusale
par les chrétiens de rites arméniens
cf. Ordo
liturgique écrit en grec, pour Jérusalem daté d’avant 440 ap. J-C
- Le 5 janvier à 16 heures ,
au lieu dit « des pasteurs « ( champ du berger ? ) début de la
célébration avec :
.
chant du gloria
.
Ps 23 ( BJ) et antienne v.1
.
lecture de Luc 2,8-20
Marche vers Bethléem à la crypte de la Nativité avec :
.
Ps 3 ( BJ) , ant. v. 7
.
lecture de Mt 1, 18-25
Remontée de la crypte et veillée
avec :
.
Ps 133 (BJ), ant. v.1
.
et onze lectures dont huit sur l’Epiphanie et l’attente
et trois sur la Pâque présente en l’Epiphanie
Sept des textes sur huit sont d’Isaïe et de Michée
Sur l’attente du
Messie et du Royaume
Un texte : de Proverbes 1,1-9
Trois lectures pascales : Gn 1,1-3 et 20
Exode 14,24 – 15
Daniel 3,1-9
-
Commentaire tiré du
Lectionnaire de Jérusalem au VII°-VIII° siècle par Grégoire :
« L’Eglise du Christ avec une
éclatante convenance célèbre le mystère de notre salut
en deux fêtes : la Naissance du
Christ et sa Résurrection
Et elle place pour fondement
des deux fêtes la lecture de la Genèse comme une source
d’où jaillit avec abondance la
création excellente de Dieu pour l’homme. »
TEXTE LITURGIQUE :
Extrait de liturgie orientale entre Noël et l’Epiphanie
« Elle est
lumineuse la fête écoulée ( Noël )
elle est super –
lumineuse O sauveur , la fête qui vient ( l’Epiphanie )
Celle-là
a un ange pour l’annoncer
Et celle-ci a trouvé un
précurseur pour la préparer
Alors c’est l’étoile qu’annonce
les Mages
Maintenant c’est le Père qui te
montre au monde
O toi qui t’es incarné
Et qui vient à nouveau
ouvertement GLOIRE A TOI - O CHRIST DIEU
-
TEXTES / PRIERES :
-
« Seigneur, ton Baptême au Jourdain a
manifesté l’adoration de la Trinité : car la voix du
Père te rendait témoignage, en te nommant
Fils Bien-aimé, et l’Esprit , sous forme d’
une colombe confirmait ce
témoignage inébranlable.Christ- Dieu qui a paru et illuminé
le monde , gloire à toi. »
Tropaire de la fête
- « Prophète, viens me baptiser , moi
ton créateur qui t’illumine par la grâce,et purifie tous
les hommes .. j’ai hâte de faire
périr l’ennemi caché dans les eaux ,le prince de ce monde
des ténèbres, pour délivrer le
monde de ses filets en lui accordant la vie éternelle,car
je suis l’ami des hommes
. » Office de sexte – 5 janvier
- « Dans les flots du
Jourdain , Il recrée Adam qui s’était laissé corrompre et Il brise la tête
des dragons qui s’y étaient
tapis, le Seigneur Roi des siècles , car Il s’est couvert de
gloire. »
Ode I
- « Le Christ est baptisé, Il sort
de l’eau et Il relève le monde avec lui. Il voit les cieux
ouverts qu’Adam avait
fermés à lui-même et à ses descendants »
. Liturgie de la fête
ICONE DU BAPTEME DU CHRIST :
Cf. Mac 1 ?9-12
. Le ciel : la
demi-sphère exprime la présence de Dieu – parfois la main de Dieu
désigne Jésus .
. La colombe : dans un
triple rayon lumineux sortant de la sphère, la colombe est la
forme corporelle exprimant la descente de
l’Esprit-Saint sur Jésus : nouveau Noé
. Jésus-Christ : Il est
consacré restaurateur de l’univers dans la grâce de Dieu ,
debout , droit , transcendant en Dieu . Il
bénit et fait un pas en avant, nouvel Adam,
homme nouveau.
. Les rochers autour de
l’eau rappellent la grotte des ténèbres et des eaux de la mort
qu’Il vient de vaincre .
. Jean le précurseur :
témoin il baptise l’Elu de Dieu qu’il montre.
.
Les Anges : présents pour adorer Dieu et le servir – on les retrouve au
désert.
ICONE DE LA NATIVITE :
Cf. La fiche de la
Nativité ( liturgie de Noël en orient )avec :
- Les Mages : lorsqu’on
les voit offrir des présents sur l’icône ils offrent suivant
la tradition : De l’or pur
comme au Roi des siècles
De
l’encens au Dieu de l’Univers
De la myrrhe, à Lui l’Immortel, comme à un
mort de trois jours |
|
2 février
Présentation
Chandeleur
 |
P R E
S E N T A T I O N DE J E S U S AU T E M P L E : L A R E N C O N T R
E
2 février
HISTORIQUE :
-
Dès le IV° siècle, cette
célébration est attestée à Jérusalem comme :
« Fête de joie aussi grande qu’à Pâques ».
-
Avant le IV° siècle elle est
fêtée en lien avec la suite de l’Epiphanie , « quarantaine »
mémoire de la tentation au désert ,
fixée alors du 7 janvier au 13 février – cf. fiches
de l’Epiphanie , du Baptême du Christ
et du Carême –
-
Lorsque
la date de Noël est fixée au 25 décembre, la fête de la Présentation, 40
jours plus tard, est ramenée au 2 février .
-
Au VI° et VII° siècles,
elle se répand dans tout l’Occident.
-
A Rome,
elle fût associée à une cérémonie de pénitence en contre-partie d’un culte
païen
encore bien vivant au VI°
siècle . On revêtait alors des vêtements violets, signes de pénitence.
-
Au VII° siècle, à Rome, la
fête de la Vierge s’approprie la procession qui devient une
sorte de mime de la Présentation du
Christ au Temple.
-
Au X° siècle, la Gaule
organise une bénédiction solennelle des cierges utilisés dans la
procession.
-
Au XI° siècle on y ajoute le
texte en Lc 2,22-40 où le Christ est annoncé « Lumière des nations » .
-
Dans la
tradition byzantine on conserve la spiritualité des Noces Mystiques de
Jésus,
L’Agneau, avec l’Eglise (cf. le texte
n° 2 cité )
ECRITURE :
-
Conformément à la Loi de Moïse, le Christ, comme tout enfant juif
premier-né, est présenté au temple – de Jérusalem- à Dieu
et « racheté » en échange de deux
tourterelles : cf. Lc 2,22-40 en référence à Ex. 13,1-16 Is. 6,1-12 et
19,1-21 ; Lév. 12 ; Hb 7, 7-17.
En Orient le Ps 47 fait partie des premières traditions.
TRADITION :
-
Acte du
culte juif à Jérusalem, qui enracine Jésus dans son peuple en présence de
Siméon et d’Anne qui prophétisent et se réjouissent de voir en Lui le
Messie attendu .
LITURGIE :
-
Textes
de la liturgie occidentale actuelle :
Malachie 3,1-4 ; Ps 24 , 7 – 10 ( BJ) ;
Hb 2, 14-18 ; Luc 2,22-40
-
Prières
de liturgies orientales :
« Salut, O pleine de grâce,
Vierge Mère de Dieu , car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ
Notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres.
Réjouis-toi aussi, Juste
vieillard, qui as reçu sur les bras celui qui libère nos âmes
et nous donne la Résurrection
. »
« Orne, Sion, ta demeure nuptiale !
Accueille le Christ, ton Roi. Vers Marie, empresse-toi ! Du ciel elle est la
porte car la voici tenir entre ses mains le Roi de gloire, la lumière
nouvelle engendrée avant l’aurore ».
ICONE DE LA PRESENTATION :
-
Cf.
l’une des plus anciennes représentations de la « Rencontre » dans la
mosaïque de
Sainte Marie Majeure à Rome , en 440
apr. J-C.
-
Sur
l’icône , le Temple de Jérusalem – devant ou dedans – avec une architecture
dessinée
comme dans les icônes, à l’inverse des
perspectives habituelles.
.
La Vierge occupe le centre : elle offre son fils
premier-né.
. Joseph suit Marie : Il
porte les deux colombes prescrites pour le rachat de l’enfant.
Ces deux colombes signifient aussi l’Eglise des Juifs et l’Eglise des
Gentils.
Ou bien encore, les « deux »
alliances, celle du peuple juif et son renouvellement en
Jésus-Christ.
. Siméon reçoit Jésus avec
respect et l’accueille en tendant les bras, mains ouvertes sur
les marches ou sur l’autel même .
Il fait penser à Adam qui attend le
sauveur depuis tant de siècles .
. Anne, prophétesse âgée :
Elle désigne du doigt le « libérateur de Jérusalem ».
Elle déploie souvent un rouleau sur lequel est écrit :
«
cet enfant affermit le ciel et la terre »
Parfois Anne est confondue avec
Anne, mère de Marie et l’on voit Joachim à côté d’elle
. Le Christ , l’Enfant Jésus
est vêtu d’une tunique dorée évoquant la gloire et le sacrifice.
cf. Jn 122,23-27 – Le nimbe –
auréole – est avec la Croix et le nom « O ON » en grec
- ce qui veut dire « le
étant » , « Celui qui est », comme il est dit de Dieu en Ex 3 (
‘ Je suis celui qui suis ‘ ou ‘ qui est’ )
Jésus tient
souvent un rouleau – les Ecritures – et tend les bras à Siméon ou bien il
est blotti contre sa mère.
|
17 février
Fuite en Egypte |
FETE DE LA
FUITE EN EGYPTE DE MARIE ET JOSEPH AVEC JESUS
Le 17 février ( ancien
calendrier)
HISTORIQUE :
-
Dans le
cadre du cycle des douleurs de Marie, dévotion du XIV° siècle, fêtée le 17
février
TRADITION :
-
Le début
de l’Evangile de Matthieu est écrit dans un style de commentaires juifs
appelés
midrashim . Dans ce cadre le texte de
Matthieu 2,13-18 veut faire comprendre que Jésus
est considéré comme le « Nouveau Moïse
. »
ECRITURES et LITURGIE :
-
Dans l’ancien rituel de ce temps -là ,
la liturgie offrait des textes très significatifs de la
mémoire biblique tournée vers
l’attente du Règne de Dieu .
. Introït et
alléluia : Mt 2,13
. Lecture du 1°
Testament : Isaïe 19, 20-22
.
Ps 90,11-12
. Evangile (
que l’on avait déjà lu le 28 décembre pour les Saints Innocents )
Mt 2, 13-18
. Offertoire
( appelé maintenant offrande des dons ) : Isaïe 9,21
.
Communion : Mt 2,15
. Préface de
la Nativité
TEXTE :
« Le Seigneur sera connu de
l’Egypte et les Egyptiens connaîtront le Seigneur ce jour-
là : ils lui
feront des sacrifices et des offrandes ; ils feront des vœux au Seigneur et
les
accompliront . » Is. 9,21
|
|
Carême |
L E T E M P S D U C A R E M E
HISTORIQUE :
-
Avant le
III° siècle on médite
sur le passage du Christ, et du chrétien avec lui,
de la mort à la vie ,les Vendredi et Samedi
Saints et dans la nuit de la Vigile Pascale.
Mais en Orient il y avait la « quarantaine »
après l’Epiphanie.
-
Au milieu ou à la fin
du III° siècle , on ajoute le Dimanche de la Passion , la semaine
avant Pâques
et le Mercredi Saint de la
semaine sainte, en méditant sur la Passion du Christ .
-
Au IV° siècle
on a trois semaines de conversion avec la méditation sur le « complot »
contre le « salut de Dieu », l’aveuglement
de ceux qui l’ont fait.
On a en même temps une initiation des
catéchumènes à la vie pascale : on médite la
Profession de foi du « credo », le « Je
crois en Dieu », symbole de foi.
-
Au milieu du V°
siècle arrive le thème des « quarante jours » , le carême.
Ce mot vient du latin « quaresima » ,
quarantième . On l’a d’abord employé pour les Quarante jours avant Pâques :
On médite en particulier sur l’humiliation du
Christ , et du chrétien , qui mène à la gloire.
Le Christ a vécu quarante jours au désert
après son baptême/en référence au quarante ans du peuple hébreu au désert
après la sortie d’Egypte cf. Mc 1, 1-13
- Au VI° siècle on reprend
ces thèmes avec un appel missionnaire et on ajoute une semaine
au Carême qui devient la « Quinquagésime » (
de quinqua : 5 ) puis la Sexagésime ( 6) avec jeûne.
-
Au VII°
siècle les paroissiens de
Rome se déplacent d’église en église pour se retrouver,
se connaître davantage durant ce temps qui
conduit à la mémoire des fêtes pascales ,
celle la Résurrection de Jésus, référence
ultime de tous les chrétiens.
Et il y a alors la Septuagésime (7 ) du
temps de Carême .
-
Au XI°
siècle , on généralise la
cérémonie des Cendres, imposés sur le front le Mercredi des Cendres,
au début du Carême .
-
Actuellement on peut
recevoir les cendres sur les mains …
TRADITION ET SPIRITUALITE :
-
Cf. Marc chp. 11 à 15
la route du Christ vers la Croix et la Résurrection.
-
Cinq grands thèmes
sur les cinq semaines :
départ,
appel vers Dieu,
conversion –mortification
et service pour être
fidèle – la loi du salut : Jésus Eau Vive – le pain et le Bon Pasteur avec
illumination du baptême –
la Passion du Christ :
Jésus, ‘Dieu-sauve’.
|
|
25 mars
Annonciation
 |
L ‘ A N N O N C I A T I O N
Le
25 mars
HISTORIQUE et TRADITION :
-
Cette fête remonte
au VII° siècle en Orient. Elle est attestée depuis 692.
Elle est placée 9 mois avant la célébration
de Noël, la Nativité du Christ Jésus, le Seigneur.
Elle est située en même temps au début du
printemps avec tout ce que cela représente
de renouvellement de vie dans la nature ;
au sens spirituel aussi il y a donc le signe
de renouvellement de l’homme, du projet de Dieu sur l’homme en l’unique
homme parfait :
Jésus-Christ, Homme-Dieu qui prend chair de
la Vierge Marie.
Dans certaines traditions en Orient :
C’est le même jour, le 25 mars que l’on fait
mémoire du cri de Jésus expirant,
- Suivant un calendrier de chant de
l’Evangile de Marc ( deux versets par jour psalmodiés du lendemain de la
Pâque à la Pâque suivant )-
Ce cri de Jésus qui rend l’esprit est la
naissance de l’Eglise qui sera remplie de l’Esprit à la Pentecôte.
-
C’est une des douze
grandes fêtes en Orient.
-
En Occident ,au
VII° siècle, à Rome le Pape Serge I° institue quatre processions
mariales
dont celle de l’Annonciation.
-
D’abord appelée «
Annonciation du Seigneur » à Rome au VII° siècle ,
-
elle fût ensuite
nommée : « Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie »,
et en 1969
« Annonciation ».
ECRITURE :
-
Cf. Luc 1,26-38 . En
grec le salut se dit « chairé » : « réjouis-toi ».
-
Marie reçoit la
révélation de l’avènement du Verbe de Dieu, Jésus, aboutissement de la
Promesse,
ce « mystère caché depuis des siècles » - I
col. 1,25
par le OUI de marie, le Fils de Dieu est
conçu en elle par la puissance du Saint-Esprit..
La Lettre
aux Hébreux , en 2,11-18 atteste
que le Fils de Dieu est devenu semblable en tout aux hommes, hormis le
péché.
LITURGIE :
-
Textes de
l’Eucharistie :Is. 7,10-14 ; Ps 24,3-7 ; Hb. 10,4-10 ; Lc 1,26-38
-
La préface évoque «
Marie, celle qui accueille avec foi et le porte avec tendresse »
-
En Orient on chante
le samedi de la 5° semaine du grand Carême, comme le 25 mars, un hymne en
duo entre Marie et l’Ange Gabriel dont la composition , basée sur l’Ecriture
est attribué à Romain le Mélode ( vers 550
apr. J-C )
« C’est aujourd’hui le début de
notre salut et la manifestation du mystère éternel.
Le Fils de Dieu devient le fils de la
Vierge Marie et Gabriel annonce la grâce.
C’est pourquoi nous crions avec lui à la
Mère de Dieu : salut pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. »
ICONE DE L’ANNONCIATION :
-
Dès le
catacombes romaines – comme
celles de Priscille et de Saint Calixte - on a représenté l’Annonciation
avec la Vierge Marie assise sur un trône et l’ange debout .
-
Au VI°
siècle , la représentation
de cette scène est courante .
- L’icône s’appuie en plus du texte
de l’Ecriture en Luc , sur les trois autres textes dits
« apocryphes » ( « du sens
caché qui est expliqué ») :
. le
Protévangile de Jacques ( déjà cité sur d’autres fiches )
. L’Evangile de la Vierge
.
Le Livre arménien de l’enfance
-
Il existe trois types
d’Annonciation :
.
La Vierge au puits : qui rappelle d’autres
rencontres bibliques à un puits :
Gn
24,11 ; Ex. 2, 15 ; Gn 29, 10
.
La Vierge au Livre ( occidentale ) : sur le
livre on voit écrite la prophétie :
«
La Vierge concevra … » Is.
7,14
.
La Vierge à la quenouille ( la quenouille
sens du temps qui s’accomplit en elle, promesse de Dieu)
Elle
tisse parfois un voile, comme sa chair donnée au Fils de Dieu
invisible.
-
Le cadre de l’icône :
Le lieu , Jérusalem – dont on voit les remparts – ville où Marie a été
élevée et chargée selon la tradition
de tisser le voile du Temple sur demande des prêtres
L’arbre : qui exprime la croissance vers le
ciel, la victoire sur la mort
L’espace : c’est l’extérieur ; les
constructions n’ont qu’une valeur
d’ indication
théologique ou esthétique .
L’architecture : veut faire sentir le monde
nouveau . Pas de lumière
autre que celle de Dieu, intérieure et
transcendante.
-
L’Ange Gabriel :
Messager de la Parole de Dieu – cf. Hb 1,14 – il a un bâton de messager
( bâton emprunté à la
mythologie païenne ) , léger, vêtu d’un manteau rouge exprimant
la joie , et vert,
représentant la jeunesse . Il va bénir du doigt.
-
Marie, Mère de Dieu :
assise sur son trône, les pieds posés sur un escabeau, pleine de
dignité, nimbée (auréole ) avec
l’inscription en Grec, ses initiales de Mère de Dieu.
Vêtue d’une tunique verte ou bleue et de
manteau pourpre, de dignité royale. Les trois
Etoiles indiquent sa virginité avant,
pendant et après la naissance.
-
Le rayon de la
Trinité : sortant d’une boule lumineuse, sphère de Dieu. Parfois avec une
colombe, ou bien se divisant en trois ; ou
encore sans rayon.
-
Le Roi David ,
Salomon, Isaïe : Parfois ils sont présents pour rappeler les ancêtres
d’Israël . |
|
Rameaux

|
LE DIMANCHE DES RAMEAUX : L ‘ ENTREE DU SEIGNEUR A JERUSALEM
- En grec le nom de la fête est
« le port des rameaux » - fête mobile -
HISTORIQUE :
. Dès le IV° siècle
à Jérusalem , une procession, conduite par l’évêque, partait du mont des
oliviers, six jours avant la Pâque
du Christ pour arriver la nuit au Golgotha, lieu du Calvaire ,
dans la soirée du 6° dimanche de
Carême .
. Cette procession aurait
peut-être existé à Byzance avant 900 apr. J-C. Mais elle a disparu
du rite chrétien byzantin sauf dans
l’Eglise melkite .
. En Gaule , dès le VIII°
siècle , et surtout au IX° , la lecture des Rameaux, qui était avant
sans fête spéciale, commence à avoir
une bénédiction des rameaux en Gaule et en Espagne
et , à la fin du siècle , une
procession .
. Au X° siècle , une procession
est indiquée à Rome et en pays germanique.
. En fin X° et au XI° siècle,
elle est adoptée par diverses Eglises d’Occident : Cette procession
était une véritable fête du
Christ-Roi .
TRADITION :
. Cette fête célèbre le Christ
Jésus, le Seigneur qui a fait sortir du tombeau un mort de quatre
jours. C’est l’icône dite « de la
résurrection de Lazare » : elle montre Jésus qui est ce
Seigneur et Messie entrant à
Jérusalem au moment de verser le sang de l’Alliance éternelle,
Sa vie sur la croix.
ECRITURE ET SOURCES :
.
Cf . Mtt 21, 1-11 ; Mc 11, 1 – 11 ; Lc 19,
29-40 ; Jn 12, 12-19
En lien avec les prophéties :
Zacharie 9,9 ; Is. 62,11 et Ps 118 (BJ)
. Cette fête est aussi en lien
avec le cadre et le fondement spirituel de la fête juive des Tentes :
C’est la quatrième fête chrétienne
dont on peut voir le lien avec la fête juive des Tentes - Souccot - :
Lien trouvé par ailleurs à la
célébration du Baptême du Christ , à la Transfiguration
Ainsi qu’ à l’Exaltation de la
Sainte Croix .
LITURGIE :
.
Textes de l’Eucharistie : Procession : Mt,
Mc, Lc selon les Evangiles des années A,B,C
Messe : Is. 50, 4-7 ;Ps 22, 8-24 (BJ) ;Ph.2,6-11 ;Evangile
Passion dans synoptiques selon
les années A,B,C : Mt 26,14 à
27,66 ; Mc 14,1 à 15,47 ; Lc 22,14 à 23, 56
. Textes de la fête liturgie
orientale :
« Sois toute à la joie, Sion,
car le Christ ton Dieu a commencé son Règne dans les siècles ;
c’est lui, qui, selon ce qui est
écrit, est venu sur un ânon dans la douceur et en sauveur comme
notre juste libérateur pour
détruire l’audace des cavaliers de l’Ennemi de ceux qui
crient : ‘ toutes ses œuvres
louez le seigneur ‘ . » Ode 8
« Toi qui es au ciel sur un
trône, et qui, sur terre vient sur un ânon, Christ-Dieu tu es béni,
Toi qui viens faire sortir Adam
du tombeau . »
ICONE DES RAMEAUX : Entrée de Jésus à
Jérusalem
.
Elle remonte au IV° siècle ap. J-C
Il y a certainement une influence
de peintres de l’Antiquité, peintres des empereurs qui
représentaient ceux-ci accueillis
dans une ville par les notables, alors que ces empereurs
étaient à cheval.
Il y a aussi l’influence du cadre
de la fête juive de Souccot, fête de l’espérance messianique
par excellence, avec la référence
prophétique du roi messianique monté sur un ânon Zac.9,9
. Au centre : le Christ entre
en roi messianique. Il porte le nimbe (auréole) crucifère (porteur
de croix ) . Il est assis sur un
âne, Rouleau des Ecritures de sa main gauche.
L’âne est celui des prophètes de
l’humble roi messianique : Les rois d’Israël avaient l’habitude
de les monter pour être autres que
les rois païens qui ,eux ,montaient sur des chevaux.
Sur certaines icônes, l’âne est
blanc, couleur du triomphe.
. Les Apôtres, un peu en
arrière, escortent Jésus. Ils semblent décidés. Les deux premiers
sont probablement Pierre et
Thomas, au caractère prompt. Cf. Mt 21, 15-16
. L’arbre : souvent un homme
est dessus ; c’est Zachée, par rapprochement au récit de Luc
qui a eu lieu à un autre moment de
la vie du Christ, mais qui trouve spirituellement sa
relecture ici.
. La foule se presse aux
portes de la Ville Sainte, Jérusalem. Foule aux vêtements colorés,
palmes à la main, femmes avec
nourrissons ‘ enfants des hébreux ‘ qui chantent la louange
‘ de celui qui vient au nom du
Seigneur’ – cf. Mt. 21, 15-16
. Le cadre est entre le Mont
des Oliviers et la Ville Sainte de Jérusalem. Dans les toits on
peut voir , symbolisé, celui du
Saint Sépulcre, ce qui est anachronique mais à relire dans
l’expérience spirituelle de la
Pâque chrétienne. Relecture de toute icône, vraie catéchèse.
|
|
Jeudi Saint

|
L E J E U D I - S A I N T
Fête
à date mobile
SOURCES :
Cf. le calendrier des fêtes juives
HISTORIQUE :
-
La célébration du
Christ, dernier repas – dit ‘La Cène’ – dans le temps et le cadre de la
Pâque juive : cf. Luc 22, 19b et les
synoptiques .
Avec la demande du Christ « faites ceci en
mémoire de moi »
ECRITURES :
- Cf. Mt 26,20-30 ; Mc 14, 17 – 26 ; Lc 22, 14 – 38 ; I Cor.
II , 23 – 31 ; Jn 13 , 1 – 31
LITURGIE :
-
Textes de la liturgie
du Jeudi-Saint :
Ex. 12, 1 – 8 ; Ps 116 ( BJ ) ; I Cor. 11,
23 – 26 ; Jn 13 , 1 – 31
-
Textes orientaux de
la fête :
« Quoi qu’Il soit Seigneur et
Créateur de toutes choses , Dieu s’est uni à sa créature,
s ‘appauvrissant lui-même sans en
rien pâtir . Etant leur Pâque, Il se servait lui-même
à ceux pour qui Il devait mourir :
« mangez mon corps , leur criait-Il, et vous serez
affranchis dans la foi »
. – Office de matines le Grand Jeudi .
« Nous approchant de la table
…recevons le Pain … demeurons près du Maître afin de
voir comme il essuie les pieds de
ses disciples et afin d’agir selon ce que nous aurons
vu : être soumis les uns aux
autres et nous laver les pieds les uns les autres . C’est là
l’ordre donné par le Christ à ses
disciples, mais il ne l’a pas entendu, Judas le serviteur
et traître. »
Matines du Grand Jeudi
ICONE :
-
Au VI°
siècle , cette
représentation se fait déjà voir par ex. sur la mosaïque de St Appolinaire-Le-Neuf,
à Ravenne
-
Le lieu de l’icône :
représentation du Cénacle où s’est déroulé la Cène.
-
Les convives : autour
d’une table circulaire ou demi-ronde en rappel de Mc 14,15
-
La table souvent avec
des couverts, coupes , plats, oignons, pains, poissons :cf. Mt 14,17
-
Le Christ à
demi-redressé ou assis, Il bénit la coupe et tient le Rouleau des Ecritures
tête avec le nimbe crucifère ; vêtements :
tunique rouge et manteau bleu
-
Les Apôtres :
alignés, étonnés, se regardant pour comprendre qui va trahir Jésus
-
Jean : jeune,
imberbe, la tête sur la poitrine du Christ
-
Judas : souvent au
milieu des Apôtres, allongeant la main vers le plat. Il a encore le nimbe
sur la tête, signe de la vocation commune des Apôtres.
|
|
Vendredi Saint

|
LE VENDREDI - SAINT : LA CRUCIFIXION DU SEIGNEUR
Liturgie à date mobile
SOURCES :
-
Dès les
origines du christianisme
La Croix en constitue le thème central vers la Résurrection
qui accomplit la promesse du Salut .
Le Verbe de Dieu fait chair se laisse saisir,
tuer selon sa nature humaine : «Voici l’homme » cf. Jn19,5
mais en cet homme mort sur la
Croix, le centurion reconnaît son mystère :
« Cet homme état vraiment Fils de Dieu »
- cf. Mt 27,54
La crucifixion expose la réalité du Dieu
amour dans son expression la plus forte,
descendant au plus profond de la condition
humaine : cf. Ph. 2, 6-8
HISTORIQUE :
-
Sous Ponce Pilate :
cf. L’historien juif Flavius Joseph
ECRITURE :
-
Cf. Jn 19 , 35 ; 12,
23 – 32 ; Mt 27 ; Mc 15 ; Lc 23
LITURGIE ET TRADITION :
-
Textes de la liturgie
:
Is. 52,13 à 53, 12 ; Ps 31 (BJ) ; Hb 4 , 14 -
&- ; Jn 18, I à 19, 42
-
Outre le Vendredi -
Saint , l’Eglise célèbre particulièrement la crucifixion du Seigneur
les :
3° dimanche ( en orient ) du « Grand
Carême » où l’on expose le crucifix sur un pupitre
fleuri toute la semaine.
Le 14 septembre – cf. fiche
Exaltation de la Croix
Le 1° août procession de la
Croix et bénédiction des eaux à Constantinople pour conjurer
les maladies de l’été.
-
Texte oriental au 3°
dimanche de Carême :
-
« Pilate érigea trois croix sur le
Golgotha : deux pour les larrons et une pour le Prince de la vie.
Ce que voyant Hadès demanda à ses
serviteurs : ‘ qui m’a planté ce pieux dans le cœur ?’
Une lance de bois m’a transpercé et je
suis déchiré ; quelle douleur me pénètre…
Je suis contraint de rejeter Adam et ses
fils, ceux que j’avais reçu de l’arbre défendu
car un nouvel arbre les conduit pour
entrer à nouveau au paradis’ ».
NB : Hadès est ici l’expression de l’esprit
du mal au séjour des morts.
ICONE DE LA CRUCiFIXION :
-
Dans les
premiers temps de l’Eglise
on représentait la Croix mais sans crucifié dessus.
-
Les premiers vestiges
de crucifixions datent de 79 ap. J-C
-
Au VI°
siècle on voit des
représentations des deux larrons crucifiés mais c’est un buste
du Christ glorieux sur la croix centrale .
Le sacrifice du Christ est surtout représenté
par l ‘Agneau jusqu’au VI° siècle.
-
Au VII°
siècle le Concile de
Quinixeste en 692 demande qu’on insiste sur la réalité
de l’incarnation du Christ qui a vraiment
souffert.
Les icônes vont représenter un
Christ librement crucifié et glorieux pour diviniser sa
nature humaine – cf. Luc 24,26
La composition de l’icône est
sobre, avec une lumière inversée pour faire percevoir
la présence divine.
-
A partir du
V° siècle la Croix perd son
caractère infamant et les représentations de
crucifixions sont nombreuses.
-
Jusqu’au XI°
siècle on retrouve sur les
représentations un Christ vivant, droit, aux yeux
ouverts, victorieux.
-
Après le XI°
siècle la réflexion sur la
mort du Seigneur insiste sur son abandon dans un
acte de volonté divine d’offrande, les yeux
fermés, la tête penchée, corps fléchi.
-
Sur l’icône :
. Le Christ
mort : endormi dans la mort.
Le sang et
l’eau évoquent l’Eucharistie et le baptême liés au Christ.
L’Eglise
personnifiée s’approche pour les recueillir.
De part et
d’autre de la tête du Christ il est écrit :
« Jésus le Nazaréen, le Roi des
Juifs » ou « le Roi de gloire » ; ou « Fils de Dieu
».
. Le Golgotha
« lieu du crâne » avec le crâne d’Adam, un trou noir pour
l’enfer ,
tous deux sous la Croix . Il y a parfois l’arbre du paradis.
. Le soleil et
la lune attestent que l’événement est de portée éternelle.
Ils
représentent selon St Augustin « le Nouveau et l’Ancien testament »
. Parfois
deux femmes, petites , dans les airs : l’Eglise recueillant le
sang
et
la synagogue plus loin.
. Les anges
sont souvent présents.
. Jérusalem
par derrière.
. Marie et
Jean avec souvent les deux phrases : « Voici ton fils »,
« voici ta mère
. Les
larrons avec les soldats.
. Parfois en
haut de la Croix « la Ste face faite non de main d’homme »
venant du
St Suaire.
|
|
Pâques

|
F E T E D E P A Q U E S : C E L E B R A T I O N C H R E T
I E N N E
Fête
à date mobile
SOURCE ET SPIRITUALITE :
-
La célébration
chrétienne du Mystère Pascal s’enracine dans la fête juive de Pessa’h ,
la Pâque – cf. documentation fêtes juives –
rapportée en Exode 12.. –
La Pâque juive elle-même, dans ses origines,
son évolution et sa signification, se situe
à plusieurs niveaux qui ne sont pas sans
avoir influencé la Pâque chrétienne .
Issue de la fusion des fêtes de printemps –
tant celle de la transhumance chez les éleveurs
nomades, que celle de la cueillette des
premières gerbes d’orge chez les agriculteurs
sédentaires – elle s’est chargée de la
commémoraison de la libération de la servitude d’Egypte
et de la traversée miraculeuse, sept jours
plus tard , de la mer des Roseaux.
Ce caractère de fête de libération et de
salut s’est enrichi lui-même des perspectives
eschatologiques qu’évoque le poème juif dit
« des quatre nuits »- cf. Ephémérides
du calendrier juif au mois de Nisan –
TRADITION CHRETIENNE :
-
Selon la tradition
évangélique et patristique, unanimement, on considère que Jésus a
envisagé son propre destin dans une
perspective pascale.
Selon les récits du Nouveau Testament - cf.
fiches des Jours Saints – au cours du dernier
repas, avant d’être livré et d’entrer dans sa
Passion, Jésus a déclaré, en faisant circuler
la coupe de bénédiction ( traditionnelle dans
la liturgie juive du chabbat et de Pessa’h) :
« J’ai désiré ardemment
manger cette Pâque avec vous » Lc 22,15
Puis il a institué le partage du pain et du
vin comme mémorial de son corps livré et de son sang répandu .
HISTORIQUE :
-
Après avoir été
célébré annuellement , à Pâques , le rite de la Cène Eucharistique fut
célébré au premier jour de la semaine ,
réservant une solennité particulière au moment de
la Pâque juive , lors de la pleine lune qui
suit l’équinoxe de printemps.
Il fut décidé assez rapidement de le célébrer
le dimanche qui suivant la Pâque juive .
Actuellement
l’accent mis sur la Passion suivie de la Résurrection, jour de plénitude
de fête chrétienne , s’enracine dans la Cène
du Jeudi-Saint .
Ces trois jours sont les « Pâques
chrétiennes » , depuis le V-VI° siècles à Rome :
Ils expriment le passage de la mort au
péché à la vie en Dieu en J-C mort et ressuscité.
Ils sont vécus par l’Eglise dans l’attente
du monde nouveau en plénitude de vie avec Dieu .
LE
DIMANCHE DE PAQUES DES lA VIGILE : LA RESURRECTION DU CHRIST
Fête mobile
SOURCES ET ECRITURES :
.
La « descente » au séjour des morts , entre
le Vendredi Saint et le Dimanche de Pâques ,
à travers le silence du Samedi
Saint , « le Grand Repos » .
. Cf. Actes des Apôtres 2, 24
sur Ps 16, 8-11 ( BJ)
I° Lettre de Pierre 3, 19 et
4, 6
Lettre aux Ephésiens 4, 9-10
I° aux Corinthiens 15, 20
–22 ; 26, 55
Apocalypse 1, 17 – 18
Avec le rappel d’Is. 25, 8 ; 26 ,
9 ; Osée 13 , 14 ; Ps 118 (BJ) …
TRADITION :
. Le « Credo » , symbole des
Apôtres de la profession baptismale depuis 37° apr. J-C. :
« Jésus est mort , a été
enseveli, est descendu aux Enfers et le troisième jour est ressuscité
d’entre les morts » .
LITURGIE :
. Toute la liturgie
eucharistique fait mémoire de la Résurrection.
Cf. les textes de la Vigile Pascale
reprenant l’attente des hommes et des femmes du Premier Testament
depuis le récit de la création
du Livre de la Genèse ….
TEXTES D’ORIENT ET D’OCCIDENT :
.
« Au tombeau corporellement, aux Enfers en
ton âme, comme Dieu au paradis, avec le
larron tu règnes avec le Père et
le Saint-Esprit, remplissant tout, O Infini »
.
Prière avec l’encens à
l’autel – Liturgie orientale
. « C’est le Soleil
antérieur au soleil, jadis descendu au tombeau, que devançant l’aurore les
vierges aux aromates
recherchaient à la pointe du jour. Et elles se disaient les uns aux autres :
‘ Chères compagnes, avec nos
aromates, allons oindre le corps vivifiant et enseveli, la chair
qui ressuscite Adam tombé et qui
est couchée dans son sépulcre ; allons, hâtons-nous, comme
les Mages , et offrons en dons
nos aromates à Celui qui est enveloppé non de langes,
mais d’un suaire ; et pleurons,
et crions : ‘ Seigneur, relève-toi, toi qui , à ceux qui sont
tombés, accorde la
résurrection. » .Matines de
Pâques
. « Dans l’allégresse
courez vers les Apôtres et dites-leur : ‘ le Christ est vainqueur de la
mort et le Premier-né d’entre
les morts vous précède en Galilée» .Prière
du Soir du dimanche
. « Avant l’aurore, le
chœur des saintes femmes cherchent le Soleil antérieur au soleil que
dans la tombe elles croyaient
descendu ; mais un ange resplendissant leur apparut et dit :
‘ La lumière s’est levée,
illuminant ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort .
Annoncez donc aux disciples
lumineux que le deuil cède place à la joie ; battez des mains
et dans la foi de votre cœur
exultez pour cette Pâque d’allégresse qui nous sauve :
Le Christ est ressuscité
donnant au monde la grande miséricorde ».Lucernaire
du Lundi
ICONE DE LA DESCENTE AUX ENFERS :
.
Ce schéma apparaît au V°, puis VII°
et VIII° siècles sur des plaques , puis des fresques ;
mais l’icône ne le fixe que
vers l’an 1000 .
. Le Christ, au centre, de
face , dressé en blanc ou en doré , éblouissant . Il est dans deux ou
ou trois cercles concentriques
qui manifestent sa gloire de Souverain de l’univers.
Il remonte du séjour des morts et
attrape Adam par la main suivi de tous les « justes » qui
attendaient le salut. Et Eve, la
mère des vivants, tend les mains.
Jésus tient le Rouleau de la Bonne
Nouvelle annoncée aux morts, c’est « son arme »- cf.
1 Pierre 4, 6 –
le lieu des morts , « Hades »
ou « les enfers » , terrassé, avec les anges qui , parfois ,
enchaînent les démons.
Les portes de l’Enfer sont brisées
par Jésus.
Adam et Eve représentent toute
l’humanité, de part et d’autre du sauveur.
Les « Justes » : Jean-Baptiste
avec le rouleau des Ecritures – cf. Mt 11,11 –
Abel , 1°
fils d’Eve , assassiné par Caïen – cf. Gn 4, 2 -
Moïse,
guide de la première Pâque, les Tables de la Loi en mains.
Samuel,
le prophète, parfois porteur de la corne d’huile .
Paul portant l’Evangile – en ce cas il
est signe des générations à venir –
Le larron .
Enoch et Elie parfois contemplent
la scène depuis un rocher.
ICONE
DES SAINTES FEMMES AU TOMBEAU OUVERT :
. Dès 230 apr. J-C on voit ce
schéma au baptistère de Doura-Europos.
Au V° et plus communément au
VI° siècle , on le trouve sur des mosaïques ( A Rome,
Constantinople , Ravenne ).
. Les femmes sont vues ici
porteuses de parfum : elles sont appelées myrophores.
Elles sont une , deux , trois , avec
ou sans Marie, la mère de Jésus, reconnaissable à ses initiales ( en grec)
leur geste expriment leur
question à l’ange.
L’ange est assis sur une pierre,
vêtu de blanc, impressionnant – cf. Mc 16 , 5 –
Il tient le bâton du messager et
désigne de sa main droite le tombeau ouvert.
Le tombeau, parfois un sarcophage
ouvert, sombre, le fond visible, un linceul posé au fond,
blanc éclatant – cf. Jn 20, 6-7 –
L’ange est souvent assis sur une
pierre ronde qui fait penser au globe terrestre et à une
manifestation divine.
Les soldats y sont parfois,
endormis ou tremblants de peur.
|
|
Temps Pascal |
LE TEMPS PASCAL DE PAQUES A LA PENTECOTE
HISTORIQUE
:
. En 335
dédicace de la Basilique du Martyrium à Jérusalem alors que Constantin est
empereur romain.
Sa mère, Hélène, est allée à
Jérusalem . Elle a fait rechercher les reliques de la Sainte Croix
et a fait bâtir cette basilique –
cf. fiche sur la fête de l’Exaltation de la Croix.
Le Martyrium veut dire le «
témoignage » . ( en grec)
Constantin a fait bâtir deux autres
basiliques, celle de l’Agonie du Seigneur , à Gethsémani
et celle de l’Ascension ( elles ont
été détruites depuis).
. Cf. les fiches sur Pâques
et son lien avec la Pâque juive.
TRADITION ET LITURGIE :
.
La célébration pascale et la sanctification
du temps :
Au I° siècle il y a l’octave
de Pâques, c’est à dire suivant la tradition juive des grandes fêtes
huit jours, jusqu’au samedi suivant.
Il y a par ailleurs «
cinquantaine »: toujours suivant la tradition juive, 50 jours de Pâques
à Pentecôte .
. Au II° siècle se détache
Pâques, sur un fond de célébration hebdomadaire eucharistique.
. Au IV° siècle la semaine de
Pâques est réservée à la formation des chrétiens qui viennent
d’être baptisés : les néophytes.
Ils méditent , entre autre, les
paroles du « Credo », le « Je crois en Dieu », symbole des
Apôtres, référence de foi des
chrétiens.
. Au IV° et V° siècles la
vigile de Pentecôte est un temps liturgique pour les baptêmes comme
la vigile de Pâques.
Il y a alors une semaine, celle qui
suit la Pentecôte, qui est réservée aux néophytes et à leur
Formation. Sur cette semaine on fixe
les Quatre- temps d’été – cf. fiche sur les Quatre-temps.
. Au IV° et V° siècles
l’Ascension commence à se fêter pour elle-même.
. En fin V° siècle la semaine
de Pâques perd son caractère de formation et reste une simple
prolongation pascale
On commence à fêter séparément
l’Ascension et la Pentecôte. La Pentecôte est alors la
mémoire de la descente de l’Esprit -
Saint. – cf. les fiches sur ces fêtes.
. Au VI° siècle
on prend l’habitude de lire « les discours
après la Cène » , en Jn 13 à 17 ,
pendant le temps pascal.
. Au VII° siècle la semaine
après la Pentecôte est la prolongation de la fête de la Pentecôte,
avec la lecture des Actes des
Apôtres . Les textes de la liturgie de la Parole à la messe sont
restés les mêmes actuellement.
. Au X° siècle , institution de
la messe de la Trinité, le dimanche après la Pentecôte .
cf. la fiche sur cette fête .
|
|
Ascension
 |
L A F E T E D E L ‘ A S C E N S I O N
Fête mobile
SOURCES
ET ECRITURES :
.
La célébration de ce que nous pourrions
appeler la « Pentecôte-Ascension », dans les
premiers siècles chrétiens, est née
de la méditation des textes de la Bonne Nouvelle de
Jésus , dans le cadre de l’héritage
juif.
. Cf. I Cor. 5, 7 ; Actes 2,
33- 36 ; Ph. 2 , 6-11 ; Jn 7, 39 et 16, 7
HISTORIQUE
:
. Vers 380 apr. J-C
, au terme d’une nuit de prière , on fêtait
la Résurrection du Christ
avec la célébration eucharistique
et le « grand dimanche » de l’année.
Cette fête de Pâques était marquée
en même temps de la mémoire de l’exaltation du
Seigneur Jésus, donatrice de
l’Esprit.
Les pèlerins allaient de la
Basilique de la Résurrection, à Jérusalem, pendant la vigile , au
Martyrium - témoignage de la mort –
puis dans l’église construite au lieu du Cénacle, à la
troisième heure ; à la sixième
heure ils montaient au Mont des Oliviers et c’était le retour à
l’Anastasis – Basilique de la
Résurrection – et à « Sion » , le cénacle .
Cf. les fiches de chaque fête citée
ici.
. Au V° siècle chaque fête
est mise‘ en place’ dans le temps liturgique que nous connaissons
aujourd’hui – et que nous avons donc
conservé : l’Ascension quarante jours après la fête de
Pâques, et la Pentecôte cinquante
jours après Pâques.
LITURGIE
ET ICONOGRAPHIE :
.
Textes de l’Eucharistie : cf. les textes des
années A,B,C : A : Act.1,1-11 ; Eph. 1,17-23 ;
Mt 28,16-20
. Les icônes nous présentent
une « Ascension –Pentecôte » d’une part, et un « Pentecôte »
d’autre part.
Par ailleurs il existe une «
Semi-Pentecôte » fêtée à mi-temps dans le temps pascal
– héritage juif – : Dans la
tradition chrétienne, cette fête , là où elle est célébrée ,
reprend sur l’icône le récit de
Jésus au Temple à l’âge de douze ans au Temple à Jérusalem
. Texte de liturgie
orientale :
« Tu fus enlevé en gloire,
Christ notre Dieu, réjouissant tes disciples par la promesse de
l’Esprit-Saint et les
affermissant par la bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu , le Rédempteur
du monde . »
|
|
Pentecôte

|
F E T E D E L A P E N T E C O T E
Fête mobile
-
- le mot
Pentecôte vient du grec « pentecoste » qui signifie cinquantième ( jour) -
HISTORIQUE :
.
Cette fête a pour origine la fête juive de
Shavouot – Pentecôte – avec un enracinement dans
la fête de la moisson et la mémoire
du don de la Torah au Sinaï, Alliance du peuple d’Israël
avec Dieu – cf.les fêtes juives.
. Dès le IV° siècle dans la
tradition chrétienne , l’aspect historique des fêtes en la sanctification
du temps liturgique l’emporte sur
l’aspect théologique de l’unique fête pascale de 50 jours.
On distribue plusieurs fêtes à
épisodes particuliers de la relecture, dans le Nouveau Testament ,
de l’événement unique de la Pâque du
Christ :
- le Dimanche de Pâques – qui
sera peu à peu précédé des trois Jours saints –
- L’Ascension , quarante jours plus tard
- La Pentecôte, cinquante jours après
Pâques : on réserve alors plus spécialement la
mémoire du don de l’effusion de l’Esprit
Saint à ce jour , le cinquantième .
TRADITION :
. Au VII° siècle on fixe le
choix des lectures pour cette fête : Act. 2,1-11 ; Jn 14,23-31
-
la lecture de
l’Evangile avait déjà été fixée par Grégoire le Grand au VI°
siècle.
. Entre le IV° et le V° siècle
est organisée la semaine de la Pentecôte comme temps de catéchèse
des néophytes, puis supprimée – cf.
fiche temps pascal.
. Au VI° siècle on décide
que la semaine de la Pentecôte prolongera la fête de la Pentecôte
avec la suite de la lecture des
Actes des Apôtres.
LITURGIE ET ECRITURES :
. Textes de l’Eucharistie
actuellement :
Vigile : Gn. 11, 1-9 ou Ex. 19,3-8
et 16-20 ou Ez. 37,1-14 ou Joël 3,1-5
Ps 104 (BJ) ; Rm 8, 22-7 ; Jn 7 ,
37-39
Jour : Act. 2, 1-11 ; Ps 104 (BJ) ; 1 Cor.
12, 3 – 7 et 12-13 ; Jn 20, 19 – 23
ICONE DE LA PENTECOTE :
.
La première représentation de cette icône
date du VII° siècle au Sinaï , au monastère
Sainte Catherine.
Elle se développe sur les icônes à
partir du IX° siècle.
Les Apôtres, en assemblée, de
chaque côté du centre, avec un trône laissé au Maître
« qui ne se fait plus voir ».
Ils sont rangés six par six dans une attitude classique de
l’antiquité. Parfois ils sont six
plus cinq, donc onze.
Le lieu : le cadre de la chambre
haute, le Cénacle, au Mont Sion, là où le Seigneur Jésus
avait donc institué l’Eucharistie.
Ce sont donc les « Douze » : les
Apôtres, Matthias étant le douzième – cf.Act. 1,26
On voit souvent Pierre et Paul –
alors qu’historiquement Paul n’était pas là encore, ce qui
en enlève un autre.
En principe on ne voit pas Marie,
Mère de Jésus, pourtant citée par Luc : ce qui explique
que sur les icônes plus récentes
elle y soit.
. Tous ces détails nous disent
le but de l’enseignement de l’icône :
La plénitude ecclésiale
apostolique du don de l’Esprit et dans sa communication par la
mission, signifiée avec les Douze,
symbole du choix de Jésus lui-même.
Entre les Douze, plus bas,
sortant des Enfers, le vieux roi de l’univers portant un linge
blanc, symbolise le monde enchaîné
qui vient à la lumière.
Les icônes plus anciennes
montraient une Ascension de Jésus au -dessus .
Puis elle ne fut plus représentée,
étant fêtée à part, et donc avec une icône à part.
Une coupole et sphère céleste
surplombent avec un Evangile ou une colombe et des
langues de feu.
-
Cf. Lc 12, 48-49 ; Act. 1, 8 ;
Act. 2, 42-47 -
Des rayons de lumière sortent de la sphère,
de l’Evangile s’il y en a un, et vont atteindre
la tête de chaque Apôtre,
avec ou sans langue de feu.
Ils signifient la venue de l’Esprit
Saint sur les Apôtres , témoins du Christ et envoyés par
lui-même jusqu’au bout du
monde , dans l’action de grâces .
TEXTE :
Cf. dans le missel le « Veni Creator » et le « Veni Sancte
Spiritus ».
|
|
Trinité

|
F E T E D U D I M A N CH E D E L A T R I N I T E
Fête
mobile
HISTORIQUE ET TRADITION :
.
La tradition romaine actuelle fête la
Trinité, Mystère de Dieu qui se dit UN dans le Père,
le Fils et l’Esprit , au dimanche
qui suit la Pentecôte.
. En Orient, dès
l’antiquité de l’Eglise, on a pris l’habitude de fêter les saints le
dimanche
après la Pentecôte ; tradition qui
fut aussi celle de l’Eglise romaine à partir du IV° siècle
. C’est au X° siècle
qu’en Occident fut instituée la fête de la
Trinité, le dimanche après la
Pentecôte.
. Au XII° siècle Saint
Rupert explique :
« Après avoir célébré
l’avènement de l’Esprit Saint – répandu à la Pentecôte – nous
chantons la fête de la Sainte
Trinité dans l’office du dimanche qui suit ; et cette place est
bien choisie car aussitôt après
la descente de ce divin Esprit commencèrent la prédication
de la foi , et dans le baptême
la foi et la confession au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».
. En 1330, le pape Jean XXII
étend à l’Eglise universelle la fête de la Sainte Trinité.
LITURGIE :
. Textes du jour :
différents selon les années A,B,C :
Année A : Ex. 34,4-6 et 8-9 ;
Cant . Daniel 3,52-56 ; 2 Cor. 13,11-13 ; Jn 3,16-18
ICONOGRAPHIE :
.
La célèbre icône de la Trinité, exécutée par le moine André Roublev en
1425 fut mise
en 1515 à la cathédrale de
l’Assomption de Moscou .
Elle est en référence au récit de
Gn18,1-15, avec la visite des trois mystérieux pèlerins
à Abraham, comme le souligne la
liturgie orientale :
« Bienheureux Abraham,
tu les as vu, tu as reçu la Divinité Une et Trine »
. Les trois pèlerins forment
le « conseil divin éternel »,la tente d’Abraham un « palais-
temple ». Le chêne de Mambré
devient l’arbre de vie – cf. Gn .2 – le cosmos (univers)
est là, dans une coupe schématique
de la nature.
Le veau offert en nourriture par
Abraham fait place à la coupe eucharistique.
Les trois messagers divins, les
trois anges, très sveltes et allongés, ont des ailes presque
transparentes, qui les fait venir
« d’ailleurs » presque sans pesanteur.
Ces trois personnes sont en
conversation autour de la coupe de vin symbole du sacrifice du
Fils selon la parole du Père dans
la force d’amour de l’Esprit.
Ils sont en repos dans une
communion d’être, de vie et de regard comme si un cercle les
faisait entrer tous trois dans une
ronde d’amour. Ce mouvement circulaire entraîne le
rocher et l’arbre et s’achève dans
la position immuable du Temple.
Pour certains critiques, l’ange à
droite c’est l’Esprit au vêtement bleuté ; le Fils bénit la
coupe au milieu, le Père se tourne
vers le Fils : « Que tous soient un » disent-ils –Jn17.
|
|
6 août
Transfiguration

|
F E T E D E L A T R A N S F I G U R A T I O N
Le 6 août
SOURCE :
.
Cet épisode de la vie du Christ a été relu
par la communauté chrétienne primitive dans le cadre de la fête juive de
Souccot. – cf. commentaires sur les fêtes juives.
Un des évangiles synoptiques ,
celui de Marc aurait été conçu en lecture continue tout au long du cycle de
l’année liturgique à partir du lendemain de Pâques. Et cet épisode aurait
été écouté à Rome, au second siècle au moment où par ailleurs les juifs
fêtent Souccot, en automne. Le référence à la «fête des tentes » ( Souccot
) en Mc 9,5 est un indice.
HISTORIQUE :
.
Les chrétiens arméniens et syriens ont
probablement fêté la transfiguration dès le IV° siècle
La date , en plein milieu de
l’été , fut choisie en mémoire de la Dédicace de la basilique de la
Transfiguration au Mont Thabor, en Israël.
La date de cette dédicace fut
peut-être choisie en lien avec le récit de l’Exode de Moïse au Sinaï
Et le calendrier des fêtes juives
entre Chavouot – la Pentecôte – et Kippour – le Grand Pardon
- cf Les Dix Paroles,
collectif, direction Meir Tapiéro, le cerf, 1995 -
Les moines célébraient cette fête
dès le milieu du VII°siècle apr. J-C
En Occident, il est possible que cette fête ,
diffusée par les moines de Cluny, soit venue par
l’Espagne , où elle est attestée
au IX° siècle .
Ce n’est qu’en 1457que le
pape de Rome , Calixte III l’insère dans le calendrier de l’Eglise
de Rome. Il le fait en mémoire de la
victoire remportée à Belgrade par Jean Humyadi sur
les turcs le 22 juillet 1456.
ECRITURES ET TRADITION :
.
Cf . Mt 17,1-9 ; Mc 9, 2 ; Lc 9 , 28-36 – qui
est lu à l’office , aux Matines.
2° Lettre de Pierre 1, 16-19
– lue à l’Eucharistie.
En référence au Premier Testament
avec Moïse et Elie : Ex. 24,12 ; 33 , 1 ; 34 , 4 ; 1 R.19,3
. Cette fête se trouve dans
le calendrier entre la Pentecôte juive – Chavouot – et Souccot .
. Une tradition orientale,
byzantine, fait remarquer que la Transfiguration est au 6 août,
quarante jours avant l’Exaltation de la Croix, le 14 septembre , parce que ,
dans l’Evangile cet épisode est traditionnellement situé quarante jours
avant la mort sur la croix.
. A partir de ces textes sur
la Transfiguration, les Pères de l’Eglise, notamment Cyrille d’Alexandrie
et Maxime le Confesseur , Jean Damascène et Grégoire Palamas , ont
développé la réalité du chrétien de devenir « un peu moindre qu’un dieu »
( Ps 8 )
LITURGIE :
.
Textes de l’Eucharistie : Dn 7,9-10 ;
Ps 97, 1-9 (BJ) ; 2° P. 1,16-19 et Evangile dans les trois synoptiques
selon les années A,B,C de l’Ordo Romain .
TEXTES : ( orientaux )
. « Tu t’es
transfiguré sur la montagne , Christ Dieu . Tes disciples contemplèrent ta
gloire autant qu’ils en étaient
capables, afin de comprendre, lorsqu’ils te verront crucifié, que ta
Passion est librement acceptée et de proclamer au monde que tu es vraiment
le reflet du Père » -
tropaire de la fête .
« Tu as fait resplendir à
nouveau la nature assombrie d’Adam, la transformant en la gloire
éclatante de la Divinité : C’est pourquoi nous te crions : Créateur de
l’univers, Seigneur, gloire à Toi ».
Aux Vêpres de la fête .
« O Verbe, Parole du Père,
Lumière immuable de la Lumière du Père qui a tout créé sans
être créé, nous avons vu aujourd’hui sur le Thabor, dans ta brillante
lumière ,la lumière qu’est le Père, la lumière qu’est l’Esprit , illuminant
toute créature ». Prière de la
fête.
ICONE DE LA TRANSFIGURATION :
.
Ce thème est l’icône par excellence que
peint tout jeune moine, en premier lorsqu’il
apprend à peindre une icône.
Le thème en remonte au VII°
siècle . On peut le voir en Italie , à Ravenne, à la basilique Saint
Apollinaire in classe.
Cette icône manifeste la gloire
de Dieu en l’homme et la gloire de l’homme en Dieu , en L’HOMME-DIEU
Jésus-Christ ,
prototype parfait du projet de Dieu sur l’homme .
. Sur l’icône :
Le Christ est debout , au
centre . Il bénit de la main droite et Il tient le Rouleau de la Torah de
la main gauche : Il manifeste ainsi qu’Il est le Maître unique de la loi de
Dieu.
C’est de lui que Dieu dit « «Ecoutez-le ».
Ses vêtements éclatent de lumière : le Seigneur est bien celui dont parle le
psaume (104) ‘ Celui qui se vêt de lumière comme d’un manteau’ ( BJ)
Le manteau , dans l’antiquité, en vêtement brillant, est associé à la
fonction de prêtre et de messie. Il annonce que Jésus vient inaugurer le
Règne de Dieu : cf.2 P 1,19 ;Ap.21
Le Christ est nimbé – tout est
centré sur son visage.
Il est tout entier dans une
mandorle en trois cercles qui signifie le mystère de la création : L’univers
corruptible transformé en paradis au centre duquel Dieu trône.
La montagne : signe de la
présence de Dieu.
Moïse et Elie : Moïse vient du
séjour des morts qui attendent le salut. .
Elie
vient du ciel témoigner que Dieu a choisi le Christ sauveur.
Les Apôtres eux, tous les trois,
sont à l’horizontale, en déséquilibre, stupéfaits de la gloire révélée par
Dieu en Jésus.
Les rayons du Christ les
atteignent pour les appeler, comme nous aussi, à devenir participants de la
nature divine : Et Dieu leur dit ‘ écoutez-le ‘ , à nous aussi .
|
|
15 août
Assomption
 |
F E T E D E L ‘ A S S
O M P T I O N D E M A R I E
en sa « Dormition » : le 15 août
HISTORIQUE :
. L’Eglise de Jérusalem, dès
la fin du IV° siècle a fêté Marie, Mère de Dieu, en lien
avec la Nativité de son Fils , au
moment du 15 août.
Selon la tradition, ce fut autour du
tombeau de Marie, tombeau creusé dans le roc, à
Jérusalem.
- En Occident, la mémoire de Marie
Mère de Dieu fut célébrée le 1° janvier, le huitième
jour, jour de la Circoncision de
Jésus. Et en d’autres lieux de la chrétienté, c’était le 26
décembre, lendemain de la Nativité du
Christ avec les « félicitations » à Marie -
. Vers 500 apr. J-C on fait
mémoire de la mort de Marie, de sa « dormition » - On dit
alors « qu’elle s’est endormie
dans la mort » , au Cénacle.
Ce cénacle est aussi le lieu où ,
selon la tradition , les Apôtres se sont réunis avec Marie
au moment de la Pentecôte. – Cf. Act.
1,1 et suite.
Une procession au « tombeau de
Marie », en mémoire de sa dormition, fêtait la Mère de
Dieu partie rejoindre son fils , le
Christ-Dieu, à travers le passage de la mort.
. Entre 582 et 602 la fête
s’étend à tout l’empire byzantin sur demande de l’empereur
Maurice , selon l’usage à Jérusalem.
C’est une des douze grandes fêtes en
Orient.
. En Gaule, Grégoire de Tour
atteste cette fête – entre 573 et 593 – dont la ferveur s’appuie
sur les écrits autres que les
Evangiles, un Apocryphe grec du IV°-V° siècle, remanié depuis.
. A Rome, le Pape Théodore I° -
642/649- l’introduit dans la liturgie – Il était lui-même
originaire de Jérusalem.
. Vers 700 , le Pape Serge 1° ,
à Rome , institue les quatre processions de fêtes mariales –
cf. fiche fête de l’Annonciation -
et fait composer une prière - elle reprend la prière de
l’Orient chrétien - .
. A Rome, le 1° novembre
1950, est proclamé le dogme de l’Assomption de Marie sauvée
dès sa conception , et qui fut, après
sa mort , ressuscitée par son fils, le Christ-Dieu, en son
corps glorieux.
SOURCES :
. Des écrits apocryphes,
III°-V° siècles , parlent du « transitus » ( en latin «
passage »)
de la Très Sainte Mère de Dieu .
. Des témoignages, à partir du
VIII° siècle, rapportés par St Germain de Constantinople et
St Jean Damascène.
. Et au IX° siècle
témoignage rapporté par St Théodore le Studite .
. Extrait de St Jean
Damascène :
« Les Apôtres
étant près de Marie, Mère de Dieu, la Vierge remit aux mains de Dieu
son âme. Quant à son corps ( …) il
fut transporté et enseveli au milieu des chants des anges
et des Apôtres , et déposé dans un
cercueil à Gethsémani. Après trois jours les Apôtres
ouvrirent le cercueil à la demande
de Thomas qui arrivait seulement . Mais dans le cercueil
ils ne trouvèrent que les
vêtements funèbres déposés là , et un parfum extraordinaire s’en
dégageait ».
LITURGIE :
. Textes du jour : Le 14 au
soir, vigile : I chron. 15,3-4 et 15,15 + 16,1-2 : Ps 132,6-14 (BJ)
1 Cor. 15,54-57 ; Lc 11,27-28 . Le
15 jour : Ap. 11,19 et 12,1-6 et 10 ; Ps 45,10-16 (BJ)
Lc 1, 39-56 .
.
Texte de la liturgie
romaine au VII° siècle à la procession de la Dormition :
« Vénérable est pour nous,
Seigneur, la fête qui commémore ce jour où la Sainte Mère de
Dieu subit la mort corporelle ,
mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort,
elle qui avait engendré de sa
chair votre Fils, Notre Seigneur incarné ».
. Texte oriental – byzantin - :
prière dite « Kondation »
« Tombeau et mort furent
impuissants à retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans
ses intercessions, notre
espérance inébranlable par sa protection ; car , comme elle est mère
de la Vie, elle en qui le
Seigneur Jésus a habité en sa conception , Il l’a transférée à la Vie »
|
|
8 septembre
Nativité de Marie
 |
F E T E D E LA
NATIVITE D E M A R I E
8 septembre
HISTORIQUE :
.
La Nativité de la Vierge Marie est la première des douze
grandes fêtes de l’année liturgique qui , pour
les orthodoxes commence le 1° septembre et se termine en août, sur la
principale fête mariale , la Dormition ( cf. fiche Assomption )
. La fête de la Nativité de la Vierge a pour origine la
Dédicace, à Jérusalem , de l’église de la piscine probatique près de
laquelle on situe , traditionnellement , la maison de sainte Anne , au
IV° siècle.
. Constantinople adopte cette fête
au VI° siècle .
. A Rome, on adopte cette fête sous le Pape Serge 1° (
Pape entre 687 et 701 )
LES SOURCES :
. Comme pour la fête de la Conception de Marie, au 8 décembre,
les sources ne sont pas contenues dans l’Ecriture, mais tirées d’Evangiles
Apocryphes :
Anne enfante Marie : Cf. Protévangile de Jacques chp. 1 à 5
Protévangiles de Matthieu chp.
3 et 4
LA LITURGIE :
. Les hymnes sont plus ou moins calquées sur l’enfance même de
Jésus, et elles conduisent à Jésus , en sa mère glorifiée par toutes les
générations humaines :
« O Immaculée , à ta sainte naissance , Joachim et Anne ont
été délivrés de la stérilité , et de son déshonneur ; Adam et Eve ont été
délivrés de la corruption de la mort .
Ton peuple , qui fête lui aussi cette naissance , libéré qu’il
est du poids du péché , s’écrie avec toi :
‘ Celle qui était stérile a mis au monde la
Mère de Dieu ,
la nourricière de notre
vie . »
Prière
Byzantine dite Kondation
L’ICONE
DE LA NATIVITE DE MARIE :
. On voit habituellement Sainte Anne assise ou étendue,
encore fatiguée de l’accouchement, une main contre sa joue .
. Des amis viennent lui apporter des cadeaux et la féliciter,
selon les coutumes de l’antiquité.
. Dans ses langes, Marie bébé fait penser à son âme de
« nouveau-né » que son fils en gloire viendra chercher à sa Dormition – cf.
Icône de l’Assomption –
. Saint Joachim vient voir sa femme et découvrir sa fille.
. La scène se passe dans leur maison, comme le montre la tenture
au-dessus des toits, sur l’icône, dans les style théologique propre aux
icônes.
TEXTES DE LA LITURGIE ROMAINE :
. Michée 5, 1-4 ou Rm 8 , 28-30 ; Ps 13 ( BJ) ; Mt 1 , 1-23
|
|
14 septembre
Exaltation
de la Croix
 |
E X A L T A T I O N D E L A
C R O I X
14 septembre
H I S T O I R E et
L E G E N D E :
- En 312 ,Constantin,
empereur romain, voit la Croix au Pont Milvius ( en vision )
- Le 13 septembre 335 , sous le
règne de Constantin , commémoraison de la Dédicace du martyrium construit à
Jérusalem, à l’emplacement du tombeau du Christ . On avait trouvé alors des
reliques de la Croix, grâce à la mère de Constantin, Hélène.
- Le 14 septembre 629 sont
rapportées les reliques de la Sainte Croix que l’empereur s’était fait
prendre par le roi de Perse , Chorsoes, vainqueur en 604. C’est Héraclius,
empereur d’Orient qui les reprend au fils de Chorsoes et les rapporte à
Jérusalem. Héraclius est chrétien .
Une nouvelle basilique a été
rebâtie à Jérusalem au Martyrium, détruit entre temps et reconstruit
par Modeste , moine qui deviendra Patriarche de Jérusalem .
- Au milieu du VII° siècle ,
vénération de la sainte Croix à Rome; puis dans le reste de l’Occident au
VIII° siècle , tandis que cette fête est citée dans les livres
liturgiques à partir de mi-VII° siècle . Mais elle reste concurrencée par
une autre fête romaine de la vénération de la Croix, le 3 mai , depuis le
VI° siècle.
A Rome , la procession du 14 septembre
allait de Sainte Marie Majeure au Latran où la Croix était vénérée avant la
célébration de l’eucharistie .
L A T R A D I T I O N
:
- La date
du 14 septembre se situe aux approches des grandes festivités juives
d’automne. On agite alors , dans la procession, un bouquet de
branchages. Il rappelle la danse de la procession qui était faite au Temple
juif, autour de l’autel des sacrifices avant la destruction du Temple (
détruit en 70 apr. J-C ) . On invoquait Dieu en cette saison des pluies
que l’on attendait. On lisait la vision d’Ezéchiel 47 avec les quatre
fleuves sortants du Temple Messianique .
E C R I T U R E S :
- Cf. Evangile de Marc
15, 21 - 25 et Evangile de Jean 3 ,14
- Pour l’Eucharistie : Nb
21, 4-9 ;Ps 78 ( BJ) ,1_38 ; Ph 2,6-11 ;
Jn 3, 13 - 1
L I T U R G I E :
- Tout est repris dans l’Exaltation
de la Croix, mémoire du sang et de l’eau du Christ répandus pour le pardon
de l’humanité .
- Au VI° et au VIII° siècles
, le rite caractéristique , indiqué dans les documents géorgiens et
arméniens , est l’exaltation d’une relique ou d’une image de la Croix,
élevée de terre à bout de bras vers les quatre points cardinaux , en
chantant quatre cent fois : “ kyrie Eleison = Seigneur, aies pitié “ . Il y
avait aussi une procession aux quatre points cardinaux en chantant des
hymnes .
Ainsi : “ Ta Croix, O Christ , nous
l’adorons , ta sépulture, nous l’exaltons , et ta sainte
résurrection , nous la
glorifions. Venez , fidèles , prosternons-nous devant le
Christ notre Dieu , car
il est venu, par sa Croix, répandre sa grâce sur le monde”
Hymne byzantine :
“ Par l’arbre de
la Croix , tu as guéri l’amertume de l’arbre,
et tu as
rouvert le paradis aux hommes , Seigneur gloire à Toi
Nous ne
sommes plus empêchés d’accéder à la vie, à l’arbre de vie
Nous avons
l’espérance de ta Croix, Seigneur, gloire à Toi .
O immortel,
cloué sur le bois,
Tu as
triomphé des tromperies du diable, Seigneur, gloire à Toi.
Toi qui, pour
moi, as supporté d’être mis en Croix
accueille ma
vigilante célébration de louange, O Christ, ami des hommes
..................
Plus brillant
que le feu, plus lumineux que la flamme,
Tu as montré
le bois de la Croix, O Christ, ami des hommes .
Accueille
tous nos hymnes, O Christ, ami des hommes,
sauve-nous,
Seigneur, gloire à Toi.
Ode - prière :
“ Que se
réjouissent tous les arbres de la forêt dont la nature est sanctifiée,
car le Christ,
parce qu’elle fût plantée au commencement, a été entendu
sur le bois
“.
L’ ICONE DE L’EXALTATION DE LA CROIX :
- la scène se passe devant une splendide
église à coupole : la basilique de la Résurrection appelée aussi
Saint-Sépulcre ( à Jérusalem )
- L’évêque de Jérusalem, appelé Macaire,
saisi la Croix avec deux diacres . Ils sont revêtus d’ornements
liturgiques .
- La Croix est présentée au peuple,
lui-même signifié autour de l’ambon - porte-livre ou porte croix - par
quelques personnages. Il y a le peuple en prière: hommes , femmes et
notables, autour de Constantin et de sa mère Hélène.
|
| 1° Novembre Toussaint |
F E T E D E L A T O U S S A I N T
1° Novembre
HISTORIQUE :
- Au VI° siècle , les livres liturgiques notent que le 1°
dimanche après la Pentecôte était réservée à une fête de tous les saints.
-
Une fête assez parallèle fut instituée le 13 mai 609,
en souvenir de la consécration du Panthéon romain, transformé en
basilique chrétienne consacrée à Ste Marie , la Vierge , et aux martyrs.
Le Pape Boniface IV y transporta de nombreux ossements de martyrs tirés des
catacombes
La fête de la Dédicace prit ensuite un caractère plus universel et l’on
consacra cette basilique à Ste Marie et à tous les saints.
-
Comme il existait, par ailleurs , une fête de commémoraison
de tous les saints (inconnus) qui étaient célébrés à divers dates
dans les diverses Eglises locales , le Pape Grégoire IV en 835 fixa
au 1° novembre cette commémoraison de tous les saints .
Il y avait entre autre , en Angleterre , au VII° siècle une fête de
tous les saints le 2 novembre (probablement en lien à l’origine avec la fête
du début de l’année celte dans la nuit du 31 octobre au 1° novembre, par
l’intermédiaire de l’Eglise celte à partir de l’évangélisation par St
Patrick en Irlande)
-
On avait , institué les « Quatre temps de Pentecôte » -
cf. fiche - , ce qui avait aussi contribué à supprimer la fête des Saints
le 1° dimanche après la Pentecôte .
-
Vers 1075 , le Pape Grégoire VII reporta
également au 1° novembre la fête de la Dédicace du Panthéon du 13 mai .
-
Dans la ligne de cette fête , le 2 novembre ,une liturgie
des défunts : Dès le
V° siècle en Angleterre, entre autre, on trouve des messes de défunts
à cette date .
-
Mais c’est Odilon, quatrième Abbé de Cluny qui a institué la
commémoraison de tous les
défunts en 998 , le 2 novembre , au lendemain de la Toussaint.
ECRITURE ET TRADITION :
-
Textes de la liturgie : vigile : Ap. 5,6-12 ; Luc 6,17-23
Jour : Ap. 7 , 2-12 ; Ps 24 (BJ) ;
Mt 5 , 1-12
-
La fête de la Toussaint, comme sa vigile, rappelle donc le
triomphe de la foi en Jésus-
Christ sur les fausses divinités
païennes. En même temps, elle honore les martyrs et, par extension , tous
les saints non martyrs.
-
Qui donc est appelé « saint » dans les Ecritures ?:
. Dans la Bible Dieu dit au peuple d’Israël : ‘soyez saints comme Je
suis saint ‘ Lév.19,2
. Et celui qui fait ce que Dieu lui dit est appelé à devenir
saint :cf. Ex.10,1-7 ; Lév. 19,18
. Pour un chrétien, c’est en J-C que l’on répond à cet appel
de Dieu :cf. Mc 12,26-34 I° Thess. 3,9-13
LITURGIE :
-
« Saints et saintes de Dieu , dont la vie et la
mort ont crié Jésus-Christ sur les routes
du monde , saints et saintes de Dieu , priez pour nous
. » ant. du rituel romain
« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux,
Heureux les doux, ils auront la terre en héritage,
Heureux ceux qui pleurent , ils seront consolés,
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés,
Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde,
Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu,
Heureux ceux qui font œuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu,
Heureux les persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux,
Heureux êtes-vous lorsqu’on vous insulte, que l’on vous persécute, et
que l’on
dit faussement toutes sortes de mal contre vous à cause de
moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, votre récompense est grande dans
les cieux.
Matthieu, 5, 1-10
Evangile de la Toussaint
« Point de sommeil, là-haut, point d’
image de la mort là où la mort n’a plus de place.
Que personne pourtant n’aille craindre l’ennui, en apprenant qu’il
veillera sans cesse, sans travail à faire.
Cela, je puis le dire sans pouvoir
l’expliquer, car je ne vois pas encore. Mais j’ai quand même quelque chose à
dire, sans témérité, puisque je le tire de l’Ecriture, sur notre travail
dans le ciel :
L’œuvre qui nous absorbera tout entiers, c’est l’AMEN, c’est l’ALLELUIA !
….Ce n’est pas le bruit éphémère de nos voix qui dira AMEN,
qui dira ALLELUIA – louez Dieu – c’est le sentiment profond de notre
âme.
Que veut dire AMEN ?Que signifie ALLELUIA ?AMEN veut
dire : c’est vrai .
Et ALLELUIA louez Dieu . Mais Dieu , c‘ est la vérité, l’immuable
vérité, sans défaillance ni erreur.. c’est la vérité qui demeure.
Tout ce que nous faisons dans cet univers et dans cette vie n’est qu’une
figure d’ une réalité que les corps signifient, un monde provisoire où nous
avançons dans la foi – par la foi – Mais lorsque nous serons sans voile …
nous nous écrierons ‘ c’est vrai’ ». Et voilà notre AMEN, un AMEN
comblé et insatiable… de la vérité qui te comble et d’où, inépuisablement
jaillira la sincérité de ton AMEN .
St Augustin,
Sermon 362
|
|
Le
21 Novembre
Présentation de
Marie
au Temple
 |
FETE DE
LA PRESENTATION DE MARIE AU TEMPLE
Le 21 Novembre
HISTORIQUE :
- L’Entrée, au Temple, de la mère de Dieu
appartient au cycle de la vie de la Vierge Marie, à
celui de son enfance.
- Elle fait suite à la fête de
sa conception célébrée les 9 ( ou 8 ) décembre et à la fête de sa Nativité ,
le 8 septembre, selon le texte apocryphe déjà cité.
- La fête de la Présentation a
son origine dans la Dédicace de l’Eglise Ste-Marie-la-Neuve qui a eu lieu
sous Justinien, en novembre 543 ap. J-C, près du Mont du Temple , à
Jérusalem .
- Dès le VII° siècle ,
elle se répand dans tout l’Orient.
- En 1371 , Grégoire IX,
pape , en permet la célébration à Avignon.
- En 1585 , elle est
généralisée dans tout l’Occident.
- En 1602 , Le pape
Clément VIII fixe les textes de la célébration que nous avons.
TRADITION :
- Les éléments de la
fête ont été fournis par un écrit apocryphe chrétien des années 130-140
, appelé le Protévangile de Jacques.
- Cette tradition
rapporte que , lorsque Marie eût trois ans, elle fût consacrée au Seigneur
Dieu par ses parents qui en avaient fait le vœu , ne pouvant pas avoir
d’enfant. Ils réunirent, dit-on, les jeunes filles de Jérusalem qui ,
flambeaux en mains , l’accompagnèrent .
Le prêtre Zacharie
l’accueillit avec joie. Elle vécut là, dans la maison de Dieu , jusqu’à
son mariage avec Joseph , nourrie de la Parole de Dieu , toute
consacrée à sa volonté.
LITURGIE :
- Les textes de l’eucharistie chantent les
fiançailles et la gloire de Dieu :
Prov.8,22-31
; Ps 45 ( BJ) ;Lc 2,15-19
Les textes de la prière du soir : extraits de
Ex. 40, 1-35 ; 1 R 8,1-11 ; Ez
43,2 à 44,4
- N’oublions pas que “ chaque
baptisé est temple de Dieu “ : cf. 1 Cor.6,19
- Prière au jour de la présentation de Marie :
“ Dans le Temple
Saint où, vrai Temple divin , tu as été portée toute pure dès
l’enfance,
accompagnée de torches allumées, tu apparais comme la demeure
de
l’inaccessible lumière divine . “
L’ICONE DE LA PRESENTATION DE
MARIE :
- Marie est au centre, de la taille d’une jeune
enfant, mais avec ses vêtements d’adulte.
Elle est auréolée.
- Elle se dirige seule vers
Zacharie, bras tendus en signe d’offrande de sa vie. Ses parents sont par
derrière.
- Zacharie l’accueille avec
joie. Il lui tend les bras, lui aussi.
- Le Temple est peint comme un
sanctuaire chrétien.
- En haut, à gauche, Marie
encore, recevant le pain ( = de la Parole de la Vie) de la part d’un
ange de Dieu, Gabriel .
- les parents offrent à Dieu,
dans la joie, cette enfant née en dépit de leur stérilité humaine. Parfois,
sur l’icône, ils se regardent.
- Les jeunes filles plus âgées
que Marie, les entourent avec joie, et font penser au Secret de la Bonne
Nouvelle de Mt 25, 1-13.
|
| |
L E S Q U A T R E - T E M P S D U C Y C L E C H R E T I
E N
11 novembre – 25 décembre : Temps des semailles
Mois de juin et
août : Temps des moissons
Equinoxe de
septembre : Temps des récoltes et vendanges
Le quatrième temps du cycle chrétien est sans
racine agraire : C’est le carême
HISTORIQUE :
-
Ces « quatre-temps » sont
d’abord liés, à l’époque biblique aux trois temps des fêtes agraires – cf.
Zacharie 8,19
Ce n’est qu’ultérieurement que les chrétiens vont y rattacher
un quatrième temps sans lien agraire : le Carême.
Ces quatre-temps s’expliquent, en perspective chrétienne, non
par le rythme des saisons mais par la signification que la foi donne aux
nourritures terrestres : « à user des choses comme n’en usant pas ».
-
Dès l’Antiquité
de l’Eglise ,le glissement du rythme des saisons à la sanctification du
temps, s’est fait spontanément. Il s’est transposé sur le registre du temps
et de la Rédemption dans l’Histoire du Salut.
. Temps des semailles , temps de l’Avent : temps de
la patience « germer le Sauveur »
. Temps des moissons ,
Pentecôte : temps des fruits de l’Esprit « récolte messianique »
. Temps des récoltes , fête
de l’Exaltation de la Croix : lien avec la fête juive de Souccot
temps du bilan , avenir du Règne attendu.
TRADITION ET SOURCES
LITURGIQUES :
-
Le Canon d’Athanase
– 325-373 ap. J-C – parle de ces trois «
moments de l’année » :
. La fête de la Pâque
. La fête de la Cinquantaine (
Pentecôte )
. La fête du commencement de
l’année – où l’on rentre fruits et récoltes - Celle-ci est mise en lien
alors avec l’Epiphanie et le Baptême du Christ : Pourquoi ? En raison du
calendrier copte en Egypte.
-
Le calendrier copte
en Egypte de l’antiquité chrétienne : il y avait alors trois saisons
. La saison des inondations du 6
juin au 6 octobre
. La saison des semailles du 7
octobre au 5 janvier
. La saison des récoltes du 6
janvier au 5 juin
Il semble qu’en Egypte , au 6 janvier étaient associés, dès
le début de l’annonce chrétienne ,le baptême et la Nativité du Christ.
En Egypte, il y avait alors un culte solaire, fêté au
solstice d’hiver, 6 janvier de leur calendrier et un culte des crues du Nil.
Parfois les inondations avaient lieu dès avant octobre, donc dans le cadre
des fêtes juives de Souccot : il y eut déplacement du calendrier chrétien.
L’Ange St Michel supplanta le dieu Thot et on lui attribua le « miracle »
de l’eau tant attendue.
On y mit la célébration du Baptême du Christ, qui sanctifie
les eaux du Jourdain ,avec« la Nativité du Soleil de Justice », le Christ, à
la place des cultes païens.
La quarantaine du carême, 6 janvier au 13 février alors fête
des épousailles et rencontre.
|
|
Dernier dimanche de l’année liturgique |
F E T
E D U C H R I S T - R O I D E L ‘ U N I V E R
S
Dernier dimanche de l’année liturgique
HISTORIQUE :
-
Instituée par Pie XI au XX°
siècle – récemment donc – le 11 décembre 1925 , cette fête
signifie que Jésus-Christ ressuscité est le Roi du monde et que le salut
qu’Il apporte concerne « tout l’homme » et tout homme .
ECRITURE ET TRADITION :
- On
peut enraciner cette fête dans une relecture biblique, en contemplant
l’icône du Christ du « Huitième Jour » . La
venue dans la gloire du Christ , nous l’attendons selon la prophétie de
l’Apocalypse de Jean – cf. Ap. 7 –
LITURGIE :
- Les
lectures sont sous le signe du ‘premier-né’: Oint de Dieu selon la tradition
et la promesse biblique : 2 Sm 5, 1-3 ; Ps 122
, 1-5 ( BJ) ; coloss. 1,12-20 ; Lc 23,35-43
|
|
|
|
|