HEUREUX

 

Heureux les croyants, chrétiens, juifs ou musulmans,
en recherche de vraie communion avec le Dieu Unique.
Heureux ceux qui ne s'enferment pas dans l'Eglise
comme en un ghetto.
Heureux ceux qui vont à la rencontre
de ceux dont l'Eglise est loin :
non-croyants, croyants d'autres traditions religieuses,
pauvres et étrangers,
hommes et femmes d'autres cultures.
Heureux ceux qui cheminent avec les autres
et se rappellent la lenteur de leur propre cheminement.

Heureux ceux qui se croyaient exclus

et qui se sont sentis écoutés et accueillis.
Heureux ceux qui savent ouvrir les oreilles
après se les être longtemps bouchées.
Heureux ceux qui savent écouter
la richesse inédite des autres.

Heureux ceux qui, en parlant des pauvres et des exclus
quand ils sont lointains,
ne restent pas sourds à leurs cris et à leurs paroles
quand ils sont proches.
Heureux ceux qui entrent en communication
avec les immigrés tout proches
et le Tiers-Monde plus lointain
sans les rendre encore plus dépendants.
Heureux ceux qui cherchent
d'autres langages que les mots
pour entrer en communion avec les autres.
Heureux ceux qui ne fuient pas les conflits
mais qui cherchent à les gérer
en refusant toujours de tuer, mépriser,
avilir ou humilier leurs adversaires.

Heureux ceux qui acceptent d'aimer
même ceux qui refusent de les aimer.
Heureux ceux qui acceptent d'exposer leurs idées
tout en acceptant que les autres n'y adhèrent pas.
Heureux ceux qui ne se prennent pas
pour le centre de l'humanité.
Heureux ceux qui suscitent
dans l'Eglise et la société
des lieux et des temps
où chacun puisse être reconnu
et prendre librement la parole.

Heureux ceux qui, sans craindre les épreuves,
s'enracinent dans la durée et la patience,

sans jamais se lasser de faire des petits pas
pour rencontrer enfin les autres.
Heureux ceux qui ont un souci de cohérence
entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font,
entre leur propre vie et les combats qu'ils mènent,
entre leur attention aux personnes
et leurs actions sur les structures.
Heureux ceux qui s'en remettent à Dieu
chaque jour dans la prière :
ils seront efficaces par la grâce de Dieu.

Heureux les humbles. Ils aimeront comme Dieu.
Heureux ceux qui espèrent toujours :
ils trouveront la route

qui conduit au coeur des autres et de Dieu.

 

 

Béatitudes

Paul VI le 5 janvier 1964 à Nazareth lors de son voyage en terre sainte

 

Bienheureux serons-nous
si, pauvres en esprit, nous savons nous libérer
de la trompeuse confiance dans les richesses,
placer nos désirs avant tout
dans les biens spirituels et religieux,
et si nous avons amour et respect pour les pauvres,
comme pour des frères et des images vivantes du Christ.

Bienheureux serons-nous
si, formés à la douceur des forts,
nous savons renoncer à la funeste puissance
de la haine et de la vengeance
et si nous avons la sagesse
de préférer à la crainte qu'inspirent les armes
la générosité du pardon,
l'alliance dans la liberté et le travail,
la conquête par la bonté et par la paix.

Bienheureux serons-nous
si nous ne faisons pas de l'égoïsme
le principe directeur de la vie,
et du plaisir son but,
mais si, au contraire, nous savons découvrir
dans la tempérance une source d'énergie ;
dans la douleur, un instrument de rédemption ;
dans le sacrifice, le sommet de la grandeur.

Bienheureux serons-nous
si nous aimons mieux être opprimés qu'oppresseurs,
et si nous avons toujours faim d'une justice en progrès.

Bienheureux serons-nous
si, pour le règne de Dieu, nous savons,
dans le temps et au-delà,
pardonner et lutter,
agir et servir,
souffrir et aimer.

Nous ne serons pas déçus pour l'éternité.

 

 

Les béatitudes « ouldémé »

 

Par un Petit Frère de Jésus qui a vécu 17 ans au Nord Cameroun parmi les Kirdis ; les Ouldémés sont une petite ethnie chassée par ses puissants voisins. iIs vivent dans des conditions très dures sur des pitons rocheux. Leur culture principale est le mil.

 

    

Bienheureux vous qui n'avez pour tout vêtement
qu'une peau de chèvre, car jadis il y avait
« un homme riche vêtu de pourpre et de lin fin »...
et qui a bientôt envié le pauvre Lazare.

Bienheureux vous tous que le Maître
n'a pas embauché aux premières heures

car ce n'est qu'avec les ouvriers de la dernière heure
que le Seigneur a donné
la pleine mesure de sa miséricorde.

Bienheureux vous qui ne savez être pleinement heureux
qu'en partageant entre cinq ou six
le moindre rat ou le plus petit serpent.

Bienheureux vous qui vivez en marge du monde,
car beaucoup seront appelés
du fin-fond de l'Orient et de l'Occident.

Bienheureux vous qui n'êtes que des Kirdis,
des païens méprisés,
car de Nazareth non plus on n'attendait rien de bon...

 

Bienheureux, vous qui avez faim parfois,
car Quelqu'un que vous ne connaissez pas encore,
après quarante jours de désert, a eu faim avant vous,
et a promis de vous rassasier.

 

Bienheureux vous qui,
du premier au dernier mois de l'année lunaire,
mangez toujours la même boule de mil,
car le Seigneur vous invitera au festin des noces.

Bienheureux vous qui avez soif,
certains jours de fin de saison sèche,
quand les trous d'eau sont taris,
car un jour viendra où vous puiserez avec joie
aux sources du Seigneur.

« Que fais-tu la nuit quand il fait froid ? Je tremble ».
Heureux êtes-vous, vous qui souffrez maintenant,
car tout s'éclairera un jour
à la lumière du Vendredi-Saint.

 

 

A tous les saints inconnus

 

Tous les saints et les saintes inconnus,
qu'on ne fête qu'à la Toussaint.

Tous les saints martyrs d'autrefois,
tous les saints martyrs d'aujourd'hui,
en tout endroit du monde.

Tous les saints qui êtes au ciel
pour avoir fait simplement,
mais de tout votre coeur, votre labeur.

Tous les saints et saintes
morts au champ d'honneur du travail.

Tous les saints et saintes qui êtes au ciel
pour vous être aimés de tout coeur
dans le mariage,
et pour avoir élevé une famille.

Toutes les saintes femmes qui êtes au ciel
pour avoir fait simplement,
mais de tout votre coeur, votre ménage.

Tous les saints qui êtes au ciel
 pour avoir donné sans compter.

Tous les saints qui êtes au ciel
pour avoir évité
de vous faire remarquer,
et être restés simplement à votre place.

 

 

Tous les saints et saintes méconnus,
qu'on a méprisés ou accusés.

Tous les saints et saintes qui vous êtes ignorés.

Tous les saints et saintes que nous avons connus
et qui avez vécu parmi nous.

Tous les saints qui savez les efforts qu'il faut faire
pour sortir de l'ornière.

Tous les saints qui n'avez fait dans votre vie
rien d'extraordinaire,

mais qui avez mis dans chaque action
tellement d'amour,

priez avec nous.

Henri Godin

 

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Mis à jour le 30/06/2010

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