Bandeau-nds

S'engager dans la vie religieuse

...afin de vivre radicalement
notre consécration baptismale

au service de la mission
confiée par l'Eglise à la Congrégation. (Cons. n°22) Lire la suite...

La croix de Sion

croixlongdetoure

Le chapitre général de 1981, en réfléchissant sur la nécessité pour la Congrégation d’avoir de nouveaux symboles, en a choisi deux qui correspondent bien à l’intention du P. Théodore :
Þ     un signe marial : sur notre anneau, symbole d’alliance (engagement) à la fois au sens biblique et personnel, IN SION FIRMATA SUM, mots de l’Ecriture que l’Eglise applique à Marie
Þ     Un signe christologique : une simple croix de « gloire » conforme à la théologie de Vatican II et de I’Eglise primitive, avec un N.D.S indiquant le nom de la Congrégation. Lire la suite...

Vocations Londres 2012

londres-vocations-1PRIER, ECOUTER, AGIR, RECOMMENCER…

A Londres, du 5 au 7 septembre 2012, Anne Lee, Brenda McCole, Isabel Herd, Anne Bickford, Ellen Knox, Teresa Brittain, Carolyn Wicks (UK/Irlande), Maricica et Juliana Neculai (Roumanie), Alexandra (Costa Rica), Ivete (Conseil Général), Marie-Luc (Solitude Ein Karem), Faiza et Darlene (Egypte), Marie Lise, Victorine et Ania (Europe) se sont retrouvées pour une rencontre préparée par l’équipe internationale des vocations.
Nous avons été aidées pendant la rencontre à entrer dans cette démarche d’espérance que nous souhaitons vous  transmettre.

Nous nous sommes retrouvées dans un cadre bien préparé par notre équipe internationale: Anne Lee, Maricica et Alexandra.
londres-vocations-2La journée débutait toujours avec la prière suivie d’une réflexion biblique, bien sûr sur la vocation. Nous nous sommes penchées sur la vocation de Sara, Rachel, Anne, Élisabeth, Marie, Abraham, Samuel, Pierre… La lecture approfondie de psaumes a ramené nos regards vers la Providence de Dieu, qui est Le Seul qui peut engendrer la vocation et vers qui se tourne notre louange individuelle et collective (Ps 146-150). Après être si bien réconfortées par la Parole de Dieu et les commentaires de nos soeurs, nous avons étudié l’histoire des vocations dans l’Église. C’était important de connaître le chemin parcouru à travers le temps et de voir différents « types » d’engagement et de pédagogie employés pour les vocations avant Vatican II, puis après le Concile jusqu'à nos jours. On y trouve un basculement du « recrutement » vers l’éveil, le discernement et l’accompagnement. Notre équipe pour les vocations nous a rappelé que notre mentalité, notre sensibilité et notre pratique doivent nous conduire vers une culture de la vocation. Chacune de nous, personnellement, en est responsable ; par des gestes simples comme celui de porter notre croix et l’anneau, utiliser nos logos « Sion », « In Sion Firmata Sum » sur nos écrans d’ordinateur, participer ou préparer la prière pour les vocations dans nos diocèses ; être toujours présentes et visibles - à nous d'imaginer la meilleure voie. N'oublions pas d'être présentes sur internet, c'est là que les jeunes sont londres-vocations-3aujourd'hui si nous voulons leur faire aimer et découvrir notre congrégation. 

"Les oeuvres de Dieu ont souvent des origines presque imperceptibles. Ce sont des grains qui croissent sous la terre avant de montrer les fleurs et les fruits".
Père Théodore

Nous pouvons dire, en paraphrasant un auteur, que le contraire de « VOCATION » ce n’est pas le manque de vocation, mais c’est « L’INDIFFERENCE ».

Plusieurs soeurs de différents pays prient le jeudi pour les vocations. Nous vous invitons à les rejoindre le même jour par la prière à cette intention.
Nous sommes rentrées pleines d'enthousiasme dans nos communautés.

PRIER, ECOUTER, AGIR, RECOMMENCER…
Ania, Marie Lise, Victorine

Témoignages

trombinoscope-temong

Toujours nous avons à nous engager
dans les situations où nous sommes appelées à vivre.
Notre charisme ne se définit pas par l'activité
et n'est pas limité par une tâche déterminée.
Une présence de foi et d'espérance,
l'accueil et le respect des valeurs
propres aux cultures et aux religions
différentes des nôtres,
sont déjà, en eux-mêmes, une réponse apostolique.
(Cons.n°16)

 

sr-dominique-de-la-maisonneuve

À Sion, nous sommes appelées à être prophète des nations sur un point très particulier : témoigner de la fidélité de l’amour de Dieu envers le peuple juif
et aux promesses… révélées… pour toute l’humanité...

Témoignagede Soeur Dominique de La Maisonneuve au Chapitre Général de 2010 à partir du commentaire de Jérémie 1 1, 4-10 iconclicreduit

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Session vocationsNotre Dame de Sion Londres 2012

Plaque-murjustes

lien vers Justes parmi les nations
Mère Francia (Gabrielle de Linares), Mère Dora ( Anna OTTO), Mère Magda ZECH.

soeur jeanne franoise

Lien vers soeur Jeanne Françoise
Le secret de sa jeunesse? La passion de la vie, tout simplement...
Et de la Bible, bien  sûr.       Elle vit maintenant à Gemenos

Vignete-Emmanuelle


Lien vers soeur Emmanuelle
Un témoignage : Celui de Darlène qui a partagé les "dimanches" d'Emmanuelle au Caire
et une prière.

sr-dominique-de-la-maisonneuve

Lien vers soeur Dominique
Ec
 lairée par la Tora in Prier n°328 

Justes parmi les nations

Chapitre-51

 Mère Francia
  Gabrielle de Linares
  (1897- 1992)




 
Mere-FranciaGabrielle Gonzalez de Linarès , en religion sœur Marie Francia, de Notre-Dame de Sion. (Guérande 25.9. 1897- Issy les Moulineaux  6.9.1992).

Née dans une famille d’officiers, lorsqu’elle entre à Notre Dame de Sion en 1925, elle a une solide formation intellectuelle, elle est par ailleurs excellente musicienne. Elle fait profession en 1928 et prononce ses vœux  perpétuels en 1934.

Comme la plupart des religieuses de chœur de la congrégation à l’époque, elle  enseigne dans diverses maisons en France et en Europe, notamment à Bucarest et Strasbourg . En 1934, elle est  nommée à la maison-mère à Paris dont elle devient en 1941 la première assistante ; elle en dirige le pensionnat jusqu’en 1949. Elle s’ y révèle une  grande éducatrice, cachant, derrière un abord austère, de grandes qualités de cœur dans ses relations avec les élèves et leurs familles. C’est là, pendant la guerre, qu’elle va donner toute sa mesure,  mettant au service des enfants juifs son intelligence et  son courage : non seulement elle conserve les élèves juives mais elle en héberge d’autres. Pour cette œuvre de sauvetage, elle constitue une petite équipe de religieuses sûres, résiste avec vigueur soit aux pressions policières qui lui demandent de livrer les enfants, soit aux pressions intérieures à la maison pour qu’elle ne les garde pas, n’hésitant pas, elle, la religieuse respectant par ailleurs parfaitement le vœu d’obéissance, à braver, dans ce cas, l’autorité de sa supérieure.  Elle collabore avec le père Devaux, le supérieur des pères de Sion, qui  organise le sauvetage de très nombreux enfants juifs mais reste très réservée sur les baptêmes d’enfants même demandés par les parents ; elle participe, avec Germaine Ribière, à une filière qui envoie des Juifs vers la zone Sud, souvent les  maisons de Sion de Lyon et de Grenoble.

Après la guerre, elle est chargée par la congrégation d’assurer  la difficile mission de maintenir des relations avec les sœurs restées en Roumanie sous régime communiste.

Outre des fonctions de capitulaire et de conseillère générale (assistant la supérieure générale dans son gouvernement) de 1951 à 1960, elle assure de 1953  à 1959 la charge délicate de supérieure des Ancelles, une branche de la congrégation rattachée en 1937 avec un statut particulier et qui cherche à préciser son style de vie religieuse et apostolique. Ainsi mère Francia est envoyée fonder une communauté, d’abord sans succès à Madrid, puis à Barcelone : là, de 1960 à 1963, dans le bario où la petite communauté vit très pauvrement, se consacrant au travail social, sœur Francia est appelée la « Signorita Madame » ; en plein franquisme, elle est parfaitement acceptée par le peuple catalan.

Après la séparation des Ancelles qui se constituent en institut séculier en 1964, elle se voit confier pendant vingt ans la responsabilité de maîtresse de maison chez les pères de Sion, acceptant d’être « servante », elle en fait un lieu de rencontres exceptionnel. Elle dira plus tard « Tout m’a intéressée »..

Enfin, dans la maison de sœurs âgées d’Issy, elle garde jusqu’au bout ses qualités d’accueil et de réconfort. Un de ses proches l’évoque ainsi : « Clairvoyante dans les affaires du monde et celles de la foi ».

                                                                                                                       Madeleine  Comte  
                                                                           « En mémoire de… »,Notre Dame de Sion, 1992 n° 14 ; Madeleine Comte

Mère Francia et son équipe

MAlecCaves2Elle peut compter, pour son action de sauvetage, sur un important réseau de relations : sa famille d'abord, à qui elle fait appel à plusieurs reprises pour cacher des enfants ; le médecin qui lui procure des taxis et lui fournit les certificats de complaisance nécessaires à l'envoi en lieu sûr, « pour raisons de santé », des enfants cachés. Elle a évoqué aussi à plusieurs reprises l'aide reçue de la police : un de ses fonctionnaires au moins lui a fourni des cartes d'identité ou des passeports en blanc. Il lui restait à les remplir et à faire apprendre aux enfants leurs nouveaux noms.
Qu'elle soit responsable du pensionnat facilite les choses. On sait que ce genre d'action se mène toujours en équipe. « Cinq ou six personnes m'aidaient beaucoup », dit-elle. Elle insiste en même temps sur la prudence nécessaire vis-à-vis des autres, dont certaines pouvaient être parfaitement inconscientes du danger.
Elle " recrute" en quelque sorte mère Apollonie, la sous-maîtresse des novices, qui lui fait confiance en acceptant de ne pas tout savoir et dont elle dit :« Elle a été épatante' ». Très précieuse est également l'aide de quatre jeunes soeurs converses. Soeurs Martha et Charline (celle-ci alsacienne) assurent le service de la loge, poste stratégique s'il en est, et mère Francia a en elles une confiance absolue. Soeur Marie Labre, qui s'occupe des Petites Marthes, une section d'enseignement ménager, est parfois requise quand il faut loger quelqu'un. Et soeur Marie-Nazaire, responsable du réfectoire des enfants, assure le couvert des "invités".
Outre ces collaborations directes, mère Francia dit avoir pu compter sur la complicité ou la discrétion d'un certain nombre de personnes. Germaine Ribière cite notamment mère Marie-José, maîtresse des premières, et mère Marie-Pascal (une Thierry d'Argenlieu). Mlle Hue, l'assistante sociale qui travaille avec le père Devaux, a joué un rôle important dans la recherche de placements pour les enfants.
Dans un registre différent, Germaine Ribière évoque également la personnalité douloureuse d'une religieuse d'origine allemande « menue, brûlée par la souffrance », mère Hildeberthe, amie de l'abbé Oesterreicher (prêtre autrichien, d'origine juive, qui a combattu le racisme nazi dans son pays jusqu'à l'Anschluss, s'est réfugié ensuite à Paris où il a préparé un recueil de documents sur la persécution antisémite et antichrétienne. Après l'armistice, il réussit à passer de Marseille aux Etats-Unis, avec l'aide de Jacques Maritain). Très isolée dans la maison, elle a néanmoins courageusement accompagné Germaine Ribière dans plusieurs démarches difficiles à la Kommandantur.

 Sauvetages

Peut-on dresser le bilan de l'action menée par l'équipe de mère Francia ? Cette évaluation est très difficile car nous savons qu'elle a agi en collaboration constante avec le père Devaux.
Pour ce que j'appellerai l'action propre du 61 bis, mère Francia, interrogée par soeur Anna-Maria et soeur Odile Roussel, avance le chiffre de, cinquante personnes sauvées, et peut-être plus. Ce sont des fillettes intégrées aux élèves du pensionnat, jusqu'à une trentaine dit-elle à soeur Odile Roussel.
Des enfants sont parfois hébergées provisoirement à Sion en attendant un refuge plus sûr, et aussi des familles. Laissons la parole à mère Francia :
« C'est ce qui est arrivé, par exemple à une famille hongroise : le père a pu s'échapper, la mère s'est cachée à Grandbourg pendant qu'on préparait son départ. C'est tout un groupe de protestants qui l'a sauvée en la mettant dans la soute à charbon d'une locomotive. Le train partait de Paris, s'arrêtait entre Bayonne et Biarritz. La personne est descendue et il y avait une auto qui l'attendait. On a sauvé comme cela beaucoup de gens. Restaient un bébé et une petite fille. Moi, j'ai pris le bébé dans la maison et la petite, je l'ai fait passer comme beaucoup d'enfants par un train qui était organisé par le maréchal pour que des enfants qui avaient besoin de changer d'air aillent en zone libre. Je faisais des faux passeports et de fausses cartes d'identité.
De la famille dont je vous ai parlé, il me restait sur les bras le bébé de neuf mois. Alors j'ai eu l'idée d'aller à la Croix Rouge. Je leur ai apporté en cadeau une certaine somme d'argent. Quinze jours plus tard, j'ai téléphoné pour demander si on pouvait prendre ce bébé. Je savais qu'il y avait un train de la Croix Rouge qui partait en zone libre et qui transportait des enfants... On m'a dit : "Très bien ! Naturellement cette enfant n'est pas juive ?" J'ai répondu : "Oh certainement pas !". Alors avec mère Apollonie, nous l'avons emmenée à la gare, et on nous a demandé ses papiers. Nous avons dit: " Nous avons complètement oublié qu'il fallait des papiers pour un bébé". On l'a pris. C'était une enfant extraordinaire qui ne disait rien. La dame de la Croix Rouge m'a dit : "Alors on va nous la prendre à la ligne de démarcation !" J'ai dit :" Non vous n'avez qu'à la cacher sous des vêtements... elle ne dira rien". Elle est passée comme cela et elle arrivée à Lyon où mère Marie-Paul s'en est occupée. »
MAlecCaves1Ce récit fait mesurer les trésors d'inventivité déployés et aussi l'insécurité permanente affrontée dans ces entreprises de sauvetage. Il fallait parfois un courage peu commun.
A une date qui n'est pas précisée, un monsieur vient réclamer enfants juives qui sont dans la maison. La liste est précise, c'est manifestement le résultat d'une dénonciation. Mère Francia répond :
« Elles sont ici mais je ne les donnerai pas, il n'y a rien à faire, cela ira jusqu'au Cardinal, cela ira jusqu'au Maréchal, vous me prendrez, mais les enfants, jamais. »
A son interlocuteur désarçonné, qui ne devait pas être très convaincu de l'urgence de sa mission, Mère Francia fournit avec une tranquille assurance la solution :
« Ce que vous pouvez faire ? Vous pouvez revenir dans huit jours et vous me donnez le temps de cacher les enfants !»
Elle avoue avoir reçu des conseils de prudence d'un dominicain (elle place beaucoup d'enfants dans les maisons dominicaine Montlignon).
Geneviève Lang, fille d'un ingénieur de la SNCF parfaitement assimilé, est une des nombreuses enfants cachées abritées à Sion. Son père, très proche du christianisme, avait connu à. Mgr Rémond (dont l'action en faveur des Juifs a été considérable Il souhaitait pour ses enfants une éducation chrétienne et envisagea le baptême, mais l'avait comme Bergson différé par solidarité avec son peuple. Ayant séjourné à Strasbourg, la famille Lang conservait de Sion une impression sympathique, ce qui explique qu'installée en 1939 dans la région parisienne elle confie ses filles au pensionnat de Grandbourg.
En décembre 1941, c'est le drame. M. Lang, Français ancien combattant est arrêté. Déporté dans le premier convoi, il mourra le 27 mars 1942. Ballotée entre Sion et un cours privé, la fillette de onze ans est confiée à mère Francia de septembre 1943 à juin 1944, tandis que sa soeur aînée est hébergée dans la maison de Sion de Lyon.
Elle y connaît de nombreuses alertes, à l'abri dans diverses cachettes, soit dans la maison même et ses dépendances (dans la pension de dames derrière le pensionnat, voire dans la clôture...), soit dans des familles amies. Mère Francia l'a confiée un temps à une de ses cousines qui lui rendait beaucoup de services, puis à la famille de l'historien Marcel Reinhard, dont elle conserve un souvenir ému et reconnaissant.
Petite Juive astreinte au port de l'étoile jaune, elle n'essuie pas à Sion de remarques blessantes, à la différence du cours privé qu'elle a fréquenté auparavant. Cela ne l'empêche pas d'être invitée dans des familles. Elle croit se souvenir qu'il y avait deux ou trois petites Juives dans sa classe.
De ses relations avec les religieuses, elle garde surtout l'image de mère Francia. Celle-ci a donné une véritable sécurité affective à la fillette traumatisée par la déportation d'un père dont on était sans nouvelles et la séparation d'avec sa mère et sa soeur aînée. Geneviève pouvait voir la directrice chaque fois qu'elle en éprouvait le besoin. Elle ne s'est pas sentie pour autant enfermée dans un cocon. mère Francia tenait les pensionnaires au courant des événements : les risques de perquisition, le débarquement.
Si jeune qu'elle soit, la petite a soupçonné les activités clandestines de mère Francia. Un jour qu'elle la voyait partir en civil, en tailleur gris, celle-ci lui a dit qu'elle allait s'occuper d'enfants juifs encore plus malheureux qu'elle - ce qui montre qu'elle effectuait elle­même des accompagnements dans la région parisienne.
Sur le plan religieux, les attaches familiales avec le judaïsme étaient très ténues. Ses parents s'étaient mariés religieusement mais pas en présence d'un rabbin. On a vu l'évolution religieuse du père. Lors de son arrestation il a emmené deux livres : la Bible et les Pensées de Pascal. Aussi lorsque Geneviève demande le baptême et suit pendant dix-huit mois la catéchèse assurée par mère Édith, qui est en quelque sorte son deuxième pôle affectif à Sion, l'influence qui a pu peser sur sa décision est celle de son père et non celle des religieuses qui n'ont exercé aucune pression sur elle.
 Cette histoire est un exemple de protection exceptionnelle, due à la situation tragique de la fillette et aussi, comme elle le dit, à sa conformité intellectuelle et sociale avec le milieu de Sion dans lequel elle pouvait s'intégrer sans difficultés.
 Madeleine Comte, Sauvetages et baptêmes. Les religieuses de Notre –Dame de Sion face à la persécution des Juifs en France (1940-1944 ), l’Harmattan, 2001 ,220 p.


En janvier 2007, soeur Roberte Gagnon
Ayant passé 2 jours au carmel d’Avon, sur les lieux du tournage de « Au revoir les enfants » Avon , lieu réel de la vie, de l’héroïsme et de la sépulture du P.Jacques (le P. Jean du film ), je me suis trouvée providentiellement placée lors du joyeux repas du 25, pris en commun par les carmes, leurs invités et les SDF du coin à côté du Fr. Robert ARCAS, postulateur de la cause de béatification du P.Jacques. Il m’a appris que les enfants juifs avaient été amenés à Avon par les Soeurs de Sion (les écoles de Sion n'étant pas mixtes à l'époque il était très difficile d' y cacher des petits garçons); curieux de précisions à introduire dans son dossier pour Rome et à mentionner dans le petit « musée du P.Jacques » à Avon, il a été heureux de connaître les souvenirs de ma période de travail 1977 – 1987, chez nos frères du 68 (les religieux de Sion). De nombreux juifs d’une quarantaine d’années venaient y chercher des traces écrites de leur séjour transitoire quand le P. Devaux les entassait dans tous les espaces possibles de leur maison avant de les confier à Sr Francia et son équipe pour les convoyer vers des lieux plus sûrs.                                                                                                                                    

1er février 2007 "Mère Francia" a reçu à titre posthume la médaille des justes parmi les nations.
Elle n'est pas la seule.

ZENIT, 4 février 1999 - Le monde vu de Rome

DEUX RELIGIEUSES DE SION HONORÉES PAR L'ÉTAT D'ISRAËL

Ces " Justes parmi les Nations " qui ont sauvé des vies

ROME, 4 février (ZENIT) - Sr Virginie Badetti et Sr Emilia Benedetti, religieuses de Notre-Dame de Sion, ont été inscrites à titre posthume, comme " Justes parmi les Nations " au mémorial de la Shoah à Yad Vashem, aux portes de Jérusalem, pour avoir sauvé 187 Juifs de la déportation, à Rome, pendant l'occupation nazie. Jeudi 4 février, l'ambassadeur d'Israël à Rome, M. Yehuda Millo, a remis les médailles décernées aux deux religieuses à la Supérieure générale actuelle de la congrégation, Sr Mechtild Wahle, allemande, en présence de nombreuses personnalités Juives et Catholiques, et en particulier, une douzaine de personnes Juives, qui ont profité de l'hospitalité inconditionnelle des Religieuses de Sion, à Rome, sur la colline du Janicule.

Parmi les personnalités présentes également, le journaliste et écrivain italien Antonio Gaspari, auteur d'un livre récent intitulé " Cachés au couvent " (" Nascosti in convento ", Ancora, 1999, traduction italienne d'un titre publié en espagnol par Planeta à Barcelone en 1998), mais pas encore traduit en France.

" Je me sens profondément honoré déclarait l'ambassadeur, de pouvoir remettre la médaille des Justes à la mémoire de Sr Virginie Badetti et de Sr Emilia Benedetti qui, à l'époque de l'occupation nazie en Italie, sauvèrent 187 Juifs de la persécution ". Un héroïsme au quotidien, à une époque où sauver des Juifs signifiait risquer sa vie et celle des siens. " La grandeur de leur acte consiste, ajoutait l'ambassadeur, dans la simplicité avec laquelle elles ont déployé cette aide ".

" Cette rencontre, faisait remarquer à son tour Sr Mechtild Wahle, touche notre mémoire, mais au moment où la gratitude devrait l'emporter, nous ne pouvons pas ne pas éprouver aussi de la douleur pour ceux qui n'ont pas pu être sauvés au cours de ces années terribles ".

L'émotion était à son comble lorsque les Juifs sauvés et présents à la remise des médailles évoquèrent l'hospitalité des Soeurs au coeur de la tourmente. Emanuele Pacifici, président de l'association des amis de Yad Vashem en Italie, -fils du rabbin de Gênes mort à Auschwitz-, et lui-même sauvé grâce aux religieuses de Settignano, à Florence, soulignait pour sa part combien l'aventure des Soeurs de Sion est l'une des nombreuses manifestations de la charité de si nombreux héros inconnus qui ont défié la mort pour sauver des Juifs.

M. Pacifici cite à ce propos le livre d'Antonio Gaspari. Le livre raconte ces " incroyables histoires des Juifs sauvés de la déportation en Italie de 1943 à 1945 " grâce à " la générosité du clergé, des religieux et du peuple italien ", insiste

M. Pacifici, vibrant d'émotion.

Des familles entières trouvèrent en effet refuge Via Garibaldi, à la maison-mère de la congrégation de Sion : les jardiniers se multipliaient, raconte à Zenit Soeur Dora Rutor, alors novice et actuellement supérieure de la maison des soeurs âgées à Rome. La soeur jardinière, explique-t-elle, s'étonnait de leur incompétence, et de la dépense inconsidérée en salaires que cela représentait pour la maison !

La règle du silence sur ses protégés était en effet respectée par la supérieure, par mesure de sécurité, pour eux et pour la communauté. Par conséquent, la soeur jardinière ne savait pas que sous les haillons du jardinier se cachait un Juif ou même un officier allié : eux aussi et tant d'autres se présentèrent à Sion, et jamais ils ne trouvèrent porte close, soulignent les témoins.

Les tours de garde des novices

Quatre jeunes professes ou novices de l'époque (elles avaient alors 17 ou 19 ans), Sr Dora, Sr Luisa, Sr Filomena et Sr Eduina, étaient présentes ce matin. Elles se souviennent, surprises d'apprendre qu'elles ont été héroïques, de l'arrivée d'une maman et de son enfant né huit jours plus tôt, en avril 1944 : M. Vito Di Porto est présent. " Vous étiez tout petit, comme ça ! ", s'amuse Sr Filomena en cachant son émotion sous un ton bourru. Sr Eduina n'a pas oublié non plus les " tours de garde ". Les religieuses avaient en effet mis sur pied toute une stratégie d'alarme en cas d'inspection nazie ou fasciste.

Dans la cave à charbon

Pour les femmes, elles demeuraient parmi les religieuses, ou dans une maisonnette que l'on peut encore voir dans le jardin des soeurs. Les invités de ce jeudi 4 février n'ont pas manqué ce petit pèlerinage de la mémoire, dans le jardin, sous un soleil comme il n'en est qu'à Rome en février. Certains bénéficiaient alors de faux papiers établis grâce à l'aide du Vatican qui avait fourni des machines à écrire et du matériel pour la recherche de prisonniers, explique encore Sr Dora à Zenit. Mais l'attirail servait à bien autre chose.

Et Sr Agnese, décédée l'an dernier à l'âge de 98 ans, bénéficiait, explique Sr Dora, de nombreux contacts à Rome : elle servait de pont entre les personnes en danger et sa communauté. Sr Virginie, la supérieure, française, s'appuyait aussi sur les relations romaines et vaticanes de Sr Emilia.

Pour les hommes -nous sommes dans un couvent féminin !-, des dortoirs avaient été aménagés jusque dans la serre, et les soeurs avaient installé, en cas de danger, une cachette dans la cave à charbon. À la première alerte, les enfants, plus sveltes, entraient par l'ouverture et aidaient les autres à passer : l'issue était cachée derrière une armoire à casseroles.

Pas un n'a été perdu

Deux fois, le couvent a été visité, mais, après avoir accompagné l'officier dans le dédale du couvent, en commençant par l'aile habitée exclusivement par les religieuses, la mère supérieure lui demanda s'il avait autorisation écrite : il n'en avait pas et renonça à poursuivre son inspection. Pourtant, en mai 1944, le mur d'enceinte du couvent et de ses dépendances fut encerclé.

Deux hommes, pris de panique, cherchèrent à s'enfuir vers l'ambassade d'Irlande avec laquelle le couvent a un mur mitoyen. L'un d'eux fut pris par le barrage, jeté en prison et torturé. Les religieuses, raconte le fils de cet homme (lui-même alors caché chez les soeurs), se mirent en prière pour qu'il puisse se sauver, et se relayaient dans la chapelle à cette intention : l'homme fut libéré. Comme il avait été violemment fouetté, il s'évanouit à son arrivée au couvent. Mais il était sauf et ce soir-là, la joie fut grande à Sion : pas un de leurs protégés ne périt dans la tourmente.

" Cachés au couvent "

Sr Dora raconte, dans le livre d'Antonio Gaspari : " Le 16 octobre 1943, lorsque la persécution éclata contre les Juifs, les familles se présentèrent en nombre au portail de notre maison, à la recherche d'un refuge. De nouvelles familles chaque jour. Et c'est ainsi qu'on est facilement arrivé à 187 personnes. Le dortoir et le parloir étaient pleins. Les gens dormaient par terre, dans les escaliers, ,il n'y avait plus une seule place libre. La supérieure les accueillait tous parce qu'elle savait que cela signifiait leur sauver la vie. Comme l'accueil des hommes posait des problèmes, on a placé des matelas dans les caves. On pensait au début que la persécution durerait peu, mais cela a duré neuf mois. C'est alors qu'on a fait appel au Vatican ".

La farine de Sr Pascalina

" Mgr Bellando et Mgr Montini (futur Paul VI, NDLR), continue Sr Dora dans ce même livre, et Sr Pascalina (Secrétaire personnelle du pape Pie XII, NDLR organisèrent le ravitaillement. Mère Pascalina nous a tellement aidées ! Une fois elle est venue elle même avec une camionnette nous apporter de la farine et des vivres. Nous étions si nombreux et les tickets d'alimentation si rares ! Avec chaque ticket on avait 80gr de pain par jour. Sans l'aide du Vatican, il nous aurait été impossible d'arriver à nourrir tout le monde ".`

Mais les perquisitions menaçaient. " À un certain moment, continue la religieuse, s'est posé le problème d'empêcher l'irruption des soldats allemands. La secrétairerie d'État nous avait donné un panneau : " Propriété du Vatican ", de façon à empêcher les ingérences. Nous avons accroché le panneau au portail et en même temps nous avons organisé un plan d'urgence. En cas de danger, le concierge devait actionner une sonnette cachée. En mai 1944, les Allemands ont tenté de faire irruptions dans le couvent. La supérieure a utilisé un document qui nous avait été fourni par la Secrétairerie d'État, ce qui les a arrêtés. Il est vrai aussi que les alliés arrivaient ". Le drapeau blanc et jaune du Saint-Siège fut ainsi l'ultime rempart contre la persécution.

Profession " interreligieuse "

Mais Sr Dora se souvient aussi de moments heureux. Elle confie à Antonio Gaspari que le 14 décembre 1943, jour de sa profession religieuse, les hôtes Juifs de la communauté prirent part à la célébration. " La chapelle était pleine, et beaucoup d'entre eux chantèrent dans la chorale ". " C'était très bouleversant, ajoute Sr Luisa Girelli, présente également à la remise des médailles ce 4 février, parce qu'en dépit du danger que nous courions, les Juifs ont participé avec nous à une fête qui n'était pas la leur. Ils l'ont fait pour nous manifester leur gratitude ".

Une congrégation " sur la brèche "

Cette congrégation enseignante a été fondée par Théodore et Alphonse Ratisbonne, deux prêtres catholiques alsaciens d'origine Juive, au siècle dernier. Alphonse Ratisbonne a embrassé le christianisme à la suite d'une apparition de la Vierge Marie, à Rome, en l'église Sant'Andrea delle Fratte, le 20 janvier 1842, un siècle jour pour jour avant la décision de Hitler de mettre en oeuvre la " solution finale ". Or, à Rome, Notre-Dame de Sion a été un rempart contre l'extermination.

Les religieuses de Sion ont également abrité des Juifs dans d'autres pays, en Roumanie, par exemple. Les religieuses tenaient en effet des collèges et des pensionnats dans différents pays.

Actuellement, les Soeurs de Sion dirigent, à Rome, le Service de documentation Judéo-chrétienne (SIDIC), fondé à la demande des pères conciliaires qui voulaient promouvoir le dialogue avec le Judaïsme au lendemain de Vatican II.

À Jérusalem, les Soeurs et les Pères de Sion promeuvent le dialogue avec le Judaïsme grâce au Centre chrétien d'Études juives qu'est le Centre Ratisbonne. Le centre dépend, du point de vue académique, de l'Institut catholique de Paris, les étudiants en théologie peuvent ainsi inclure un semestre à Ratisbonne dans leur cursus universitaire ou suivre des cours d'été.

Mais les religieuses de Sion ne se consacrent pas seulement au dialogue avec le Judaïsme. Elles sont là où des minorités, en Amérique latine, par exemple, ont besoin de secours. Pour preuve aussi l'action d'une religieuse de Sion bien connue du public français, Sr Emmanuelle, actuellement à la retraite, mais devenue fameuse pour son combat en faveur des chiffonniers du Caire. Elle aime à commenter ce verset du Cantique des Cantiques " l'amour est fort comme la mort ". C'est, dit-elle, le " feu " de l'amour de Dieu qui alimente la charité des hommes.

30 décembre 1998, Mère Dora ( Anna OTTO)

C'est pour avoir, au péril de sa vie, tendu une main secourable à des enfants Juifs, bravant ainsi les lois de l'occupant nazi, que l'Institut YAD VASHEM à Jérusalem a décidé d'octroyer, à titre posthume, le titre de JUSTE PARMI LES NATIONS, à Mère DORA.

En été 1942, au début des grandes rafles à ANVERS, la famille WERKENDAM trouva refuge auprès de Jules et Berthe CEULEMANS. Les parents étaient cachés dans un grenier tandis que leur petite fille Lydia, âgée de 5 ans était hébergée par le couple CEULEMANS et considérée comme leur propre fille. Au bout de 2 ans, craignant les soupçons que la présence d'une petite fille en âge scolaire, pourraient éveiller, Jules CEULEMANS réussit à l'inscrire au Pensionnat NOTRE DAME DE SION, Arthur Goemaerelei, 18 sous le faux nom de Lydia DE KERSMAECKER.
 Seule la mère supérieure du Couvent, Mère DORA, connaissait la véritable identité de Lydia. Le Couvent hébergeait également d'autres fillettes juives.Dora
 A la suite d'une dénonciation concernant la présence d'enfants Juifs au Couvent, Mère DORA préféra renvoyer Lydia chez ses parents. Une fois le danger passé, deux semaines plus tard, Lydia put regagner le Couvent.
 Lydia se souvient s'être jointe aux prières, avoir revêtu la robe de communiante sans toutefois avoir fait sa première communion. Dans son témoignage, elle raconte comment au cours d'un bombardement, tout le couvent descendit dans les abris.
 Une des Soeurs se rendant compte que Lydia n'était pas parmi les enfants, se précipita à l'étage et réveilla la fillette pour l'emmener dans l'abri. Lydia ajoute aussi "ma mère fut en contact étroit avec le Couvent durant toute la période de la guerre et les Soeurs faisaient l'impossible pour rassurer Maman".
 Mère DORA est décédée quelques jours après la libération d'Anvers suite à une opération.
 
Lydia a émigré en Israël où elle a fondé une famille avec le peintre israélien Oded FEINGERSH. Elle n'a pas pu être des nôtres aujourd'hui mais elle nous a envoyé ce message :
"Je suis tellement heureuse que cet honneur retombe sur les Soeurs de Notre-Dame de Sion. C'est grâce à Mère DORA que je vis aujourd'hui. J'ai rencontré plusieurs fois les Soeurs de Sion, depuis le début de mes recherches, à Bruxelles et à Jérusalem. Elles sont plus érudites que moi en judaïsme. Elles parlent l'hébreu, elles chantent en hébreu mais surtout, surtout, elles font un travail admirable pour faire comprendre le monde juif au monde chrétien. Je tiens à dire toute ma gratitude et mon respect pour la congrégation de NOTRE DAME DE SION".

Le 12 mai 2003, Mère Magda ZECH

 

prix-blum-magda-Z-1Une émouvante cérémonie à Grenoble

L’après-midi du 12 mai, nous avons sœur Magda, sœur Brigitte et moi pris la route de Grenoble pour nous rendre dans le bel auditorium du nouveau musée pour la remise du prix Louis Blum. Louis Blum, aujourd’hui décédé, a été l’actif président du B’naï B’rith de l’Isère. La très nombreuse assistance avait été invitée par le maire de la ville, le CRIF, Yad Vashem, le B’naï B’rith pour une cérémonie d’hommage aux Justes de l’Isère, ces 49 personnes non juives qui ont été reconnues et honorées par Yad Vashem pour avoir sauvé des juifs. La plupart bien sûr sont décédées, cependant une vingtaine étaient présentes, 10 personnellement, les autres représentées par des ayants-droits, descendants ou membres de la même communauté, ayant œuvré avec eux.

Certaines d’entre vous vont se demander en quoi cela concerne votre congrégation ; parce que la supérieure de la maison de Sion de Grenoble pendant les années noires de l’occupation, mère Magda était une des personnes honorées. En effet la médaille des Justes lui a été attribuée à titre posthume ; la maison de Grenoble a été à la fois un havre pour les Juifs persécutés et le centre d’une organisation de placement d’enfants et de passage en Suisse pour tous ceux qu’on ne pouvait pas héberger dans un pensionnat de jeunes filles. , Sœur Mechthild, votre supérieure générale, ne pouvant être présente, a chargé sœur Magda de la représenter.

La cérémonie s’est ouverte par un certain nombre d’allocutions : successivement le maire de Grenoble qui accueillait la manifestation, le président du comité français pour Yad Vashem, le président du CRIF Grenoble – Isère, le sous préfet de l’Isère,  la présidente locale du B’naï B’rith ont pris la parole, puis a été lu le message du secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants. Que se soient associées pour cet hommage des institutions juives et des autorités de la société civile m’a semblé riche de signification.

Ensuite a eu lieu la remise aux Justes ou à leurs ayants-droits de deux objets symboliques : le Dictionnaire des Justes de France établi par Lucien Lazare, préfacé par Jacques Chirac, qui vient de paraître et un présent en verre sur lequel est gravé le nom de la personne honorée. Cette remise était faite par l’épouse et la fille de Louis Blum. Le maître de cérémonie, Monsieur Claude Gros, a su donner  à ce moment un ton très chaleureux et  personnel en s’adressant à chacun des récipiendaires. Et le sourire de ceux-ci disait leur joie ; malgré le poids des années et une démarche souvent difficile, on pouvait lire sur leur visage la profonde humanité qui leur avait fait prendre de tels risques. Ensuite vint le tour des ayants-droits.  Et sœur Magda  a reçu, avec les présents, l’ovation de l’assistance.

Toutes trois très émues, nous avons regretté que la congrégation dans son ensemble ne puisse  vivre avec nous ce moment exceptionnel où c’est un autre visage d’elle qui est apparu dans cette ville de Grenoble  tellement marquée par l’affaire Finaly. Sachant le rôle joué par plusieurs religieuses de Sion au côté du cardinal Béa dans le combat pour le document conciliaire Nostra Aetate, j’ai été heureuse de l’allusion à « tout ce qu’elles ont fait depuis ». Je suis reconnaissante à Monsieur Alfred Lazare, délégué de Yad Vashem pour la région Rhône-Alpes, d’avoir eu la délicatesse d’inviter l’historienne de Notre Dame de Sion pendant la guerre à ce moment fort qui a été pour nous source d’une grande joie, joie que ces modestes lignes voudraient vous faire partager.

                                                                                                                                 Madeleine Comte   Lyon

...et toutes celles dont les actes sont restés cachés.

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