n°1

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2 Jérusalem

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Jérusalem que de mystère en ce nom !

n°3 je ne me tairai pas

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Pour Jérusalem je ne me tairai pas.

n°4 logo

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Sion

Sion

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est le nom de famille de la Sainte Vierge.

n°6 marie Jérus

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IN SION

IN SION

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FIRMATA SUM

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Voici le chemin !

Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira: Voici le chemin, marchez-y!
Is 30,20

Marie Alphonse à Théodore 9 nov 1857

Jérusalem, 9 Novembre 1857
St Théodore
Dédicace de la basilique du Sauveur

Bien cher frère,
Pax Christi

Je t’offre aujourd’hui pour ta fête une immense consolation.
 Les ruines du  prétoire contigues  à l’arc de l’Ecce Homo sont à Sion ! ...
Ma dernière lettre te faisait pressentir cette grande nouvelle, aujourd’hui, quoique je ne puisse pas encore envoyer la traduction des titres, et les plans de cet important sanctuaire, je suis à même de te confirmer cette glorieuse annonce.
Depuis mon retour je me suis sérieusement occupé de cette acquisition ; les difficultés s’étaient accumulées pendant ma longue absence ; la divulgation de mes projets, le changement du Pacha, la formidable concurrence des schismatiques, la réaction marquée contre les Catholiques ; les démarches des Chevaliers de St Jean qui doivent, dit-on, s’établir bientôt comme ordre hospitalier, et qui avaient jeté leurs vues sur ces mêmes ruines, l’éveil donné par mon arrivée et d’autres entraves encore, m’opposaient un front de bataille inexpugnable ( humainement parlant).
Il y avait de quoi se décourager, mille fois pour une.
Au lieu de 30 m.f., le prix officiel s’était élevé à 45,000 sans les backchiches à donner à un tas de fripons, pour gagner la bonne volonté des  uns, le silence des autres etc. etc. etc. etc. etc.
Le moindre retard  pouvait tout compromettre et que faire – écrire : consulter les dispositions de nos amis. Il n’était plus que temps !
Renoncer à ces ruines pour lesquelles nous avons reçu tant d’aumônes que nous aurions à rembourser ? Les laisser passer entre les mains des schismatiques ? Que faire ? Me jeter avec confiance au milieu du combat ; monter le premier à l’assaut, entrer dans la place, y planter la bannière de Sion, et puis du haut de ces ruines sacrées, avertir  les amis et attendre le secours de Dieu.
C’est le seul parti qui me restait à prendre, et c’est ce que j’ai fait.
Les secours ne nous manquerons pas. Je fais partir par ce courrier de nombreuses et chaudes lettres dans toutes les directions ; et je signale si fortement le kourly et le fourly de la question  que j’espère que le prix sera payé et même au-delà ; en très peu de temps nous aurons encore de quoi commencer à bâtir.
Mais je déclare que pour cette opération là, je me récuse entièrement et  absolument. Je suis trop incapable. Tu enverras ici pour un an ou 18 mois le P. Dausse ou quelqu’un d’autre ; et ce qui serait encore mieux, tu devrais venir t’installer toi-même ici pour un certain temps. Jérusalem étant le cœur de Sion, cette noble partie du corps a besoin plus que tout le reste de l’œil du Maître. Le sanctuaire de l’Ecce Homo mérite bien qu’on y mette tous nos soins et nos attentions. De plus, pour la règle particulière à tracer aux sœurs d’Orient  et surtout à celles de Jérusalem, il est indispensable de bien connaître le pays, ses difficultés, ses exigences, ses dangers etc. ...
Or pour cela un séjour de quelques semaines ne suffira pas. Ainsi pour le temporel comme pour le spirituel, pour le présent comme pour l’avenir, il serait à désirer que tu puisses venir et rester un assez long temps. Tu arriveras avec un plan  bien combiné à Paris, et que tu modifierais ici nécessairement. Pendant ce temps je pourrais recommencer mes courses de frère quêteur pour payer les constructions. J’aurais bien plus de facilité maintenant que je ne m’appuie plus sur de vagues espérances, mais sur un fait accompli. Pour la bâtisse elle-même je suis résolu à ne pas m’en occuper ; pour le bien de Sion et la paix des cœurs.
Il y a ici un architecte italien dont le Consul français fait beaucoup de cas : c’est lui qui lèvera le plan des ruines et je lui proposerai de faire un projet de plan de couvent, selon les exigences du pays - les difficultés du terrain et les conditions d’une maison religieuse avec les œuvres de charité de Sion. J’enverrai ces pièces le plus tôt possible.
Tu te demandes peut-être comment je me suis décidé à traiter avec le Consul, après ce que je t’en avais dit. En effet je n’y retournai plus. Il me rendit la visite 15 jours après sans me trouver. Je ne me hâtais pas d’y revenir. Il sentit sa faute à ce qu’il paraît ; et voulut la réparer. Il m’envoya son chancelier (le nouveau) pour me dire toutes ses bonnes dispositions. Ma retenue opéra sur lui un excellent effet. Il changea de ton et m’offrit ses bons offices. Je les acceptai  - et je n’ai eu qu’à me louer jusqu’à présent de sa coopération dans notre acquisition. Nous lui devons réellement de la reconnaissance. J’avais apporté avec moi (à cette intention) 2 jolies statuettes de l’Ecce Homo. Je lui en ai donné une.

Autre question : et l’arcade nous appartient-elle ?...
Question embrouillée. L’arcade appartient d’un côté (dit-on) aux derviches – la partie d’en haut qui passe au-dessus de la voie publique – est au gouvernement, et la partie qui donne de notre côté et qui entre même tout à fait dans notre terrain, est à nous évidement.
Or, dans cette situation que fallait-il faire ? A choisir entre les ruines du Prétoire et l’arc, je préfère cent fois plus les ruines ; d’abord parce qu’au point de vue des souvenirs, le prétoire en offre bien plus que l’arc ; ensuite du point de vue de notre œuvre nous pouvons élever dans un couvent un sanctuaire sur les ruines du prétoire, nous ne pourrions rien faire de l’arc.
En outre nous avons dans notre terrain un pilier de l’arc. On ne pourra pas nous l’enlever ; de sorte qu’en y adossant notre chapelle nous avons à la fois le Prétoire et l’arc.
De plus, comme possesseurs du prétoire nous sommes les seuls qui puissions obtenir un jour ou le dessus de l’arc ou l’arcade entière ; car les derviches n’y laisseront pas venir les grecs. Enfin on dit que Mr de Barrère a trouvé des pièces qui constatent que l’arcade était une possession française ; ainsi en agissant à Constantinople, il lui sera facile par le moyen de Mr de Thouvenel son ami d’obtenir cette faveur, dans un bon moment.
Si nous avions commencé à élever des prétentions sur l’arc, si nous avions voulu commencer notre acquisition de ce côté-là, en espérant même que nous eussions réussi, on nous l’eût fait payé immensément. Comment aurions-nous pu acheter en même temps les ruines du prétoire. Et si nous ne ferions pas dans ce cas  les deux acquisitions du même coup, nous serions restés avec notre arc sans pouvoir même y monter, car les grecs eussent acheté immédiatement le prétoire.
D’après le dire des hommes d’expérience ici, il est évident qu’il fallait frapper le premier coup du côté du Prétoire... cependant comme j’ai des craintes par rapport au pilier qui entre chez nous et qu’il faut se tenir mille fois pour mise en garde contre les perfidies et les chicanes des grecs qui sont furibonds en ce moment contre moi, je me suis permis d’écrire tout de suite à Mère Louise à Constantinople pour la prier, si Mr de Barrère y était déjà arrivé, de lui en parler, de le faire agir et d’employer de son influence pour nous obtenir un firman qui nous mette en sécurité du côté des prétentions des grecs et des intrigues des arméniens. On ne saurait se précautionner assez vite.
Je te conjure de ne pas voir dans tout cela mépris de ton autorité : tu m’as donné avant mon départ, vu le cas exceptionnel et prévu dans cette mission le pouvoir de terminer l’affaire de l’Ecce Homo ; et bien j’ai fait pour le mieux. Impossible de passer par les lenteurs inévitables, mais mortelles de la correspondance et des permissions à cette distance.
Or qui veut la fin veut les moyens.
C’est pourquoi j’ai écrit à Mère Louise ; son influence et son action nous sont indispensables en ce moment à Constantinople. Je te supplie donc, cher frère, de ne pas l’entraver mais au contraire de lui dicter toi-même ce qu’elle a à faire et comment elle doit s’y prendre.
J’espère, du reste, que tu ne tarderas pas à te rendre à Constantinople- alors nous serons sûrs de notre affaire. De même qu’à Rome tu as tranché les difficultés de la position de Constantinople, de même à Constantinople tu trancheras la ? des chicanes qui pourraient envelopper la position nouvelle de Sion à Jérusalem.
On juge ici cette intervention à Constantinople si nécessaire que la Princesse s’est décidée à partir. Elle est partie seule, sans domestiques, mais avec le jeune Comte Labedoyère avec lequel elle avait déjà fait une partie toute seule à Hébron. Elle simule un voyage de quelques semaines à Nazareth, Beyrouth, Damas etc. : Elle y va en effet avec le susdit Mr Labédoyère (ce qui fait assez mauvais effet ici). J’aurais mieux aimé qu’elle partit avec ses domestiques. Aleindor ne la rejoindra que dans 15  jours à Beyrouth. De là elle ira avec lui à Constantinople. Mais je ne compte pas trop sur le sérieux de cet  négociation là. C’est un bon cœur, mais une tête à l’envers, sans suite dans ses démarches et sa conduite. Elle nous compromettait déjà par ses extravagances et ses bavardages. Je n’ai pas été faché   de la voir partir. Et je me suis hâté d’accepter ses projets pour la voir s’éloigner de Jérusalem. Constantinople est plus grande ville, cela aura moins d’importance. Du reste ça a été une raison de plus pour moi d’écrire à Mère Louise, et de hâter les démarches à faire afin de les prévenir de son arrivée. Du reste la chère princesse est tout feu pour nous. Elle a promis de donner à son retour à Paris 10,000 frs pour l’acquisition que nous avons faite... ce qui avance bien nos affaires. Elle m’a payé aussi le port de ses caisses... Le total des sommes recueillies par moi personnellement pour l’Ecce Homo est de 66,500.
Nous en avions 28 m. ici – restait donc à Sion une somme de 38.950 destinés formellement à l’acquisition faite.
Pouvais-je consciencieusement dans une pareille situation laisser passer ces ruines sacrées aux mains des schismatiques. Je t’en fais juge, bien cher frère... En te demandant 12,000 francs sur 38.500 pour  rembourser le Patriarche qui en a un besoin immédiat à cause de la fin de l’année ; je ne crois pas  avoir dépassé les pouvoirs que tu m’as donnés ; car je suis tenu aussi d’obéir à la volonté bien formelle de ceux qui m’ont fait les plus généreuses offrandes. Cette demande de frs 12,000 est d’autant moins lourde pour Sion que la Princesse remboursera déjà 10,000 dans peu de mois ; si j’avais pu de ne pas vous la réclamer, je n’aurais pas demandé mieux que de pouvoir m’en passer... Puis donc que tu pouvais trouver il y a deux mois cent mille francs pour acheter le terrain voisin du chantier de Sion, tu ne seras pas embarrassé de trouver pour un terrain aussi sacré que celui que nous venons d’acquérir un petit emprunt de 12000 frs pour 6 mois. Mais je compte fermement sur cet envoi. Je m’y suis engagé envers Mgr. Tu ne voudrais pas me mettre dans une position honteuse, qui compromettrait l’honneur de Sion et celui de ton frère, prêtre de Sion.
Si par les aumônes que je recevrai certainement de quelques uns de mes amis, je puis te rembourser avant l’arrivée de la Princesse à Paris, je  te promets de le faire de suite.
Mr Rey est encore dans ses courses lointaines il n’est pas encore arrivé à Jérusalem. Le Prince est depuis quelques jours ici. Je lui donne en ce moment une retraite qui durera 8 jours.
Il pourra peut-être en résulter un grand bien – cela me prend une grande partie de mon temps - mon bréviaire, les courses lointaines à Sion, m’absorbent le reste. Je passe une partie des nuits à écrire. Il est plus de 11 heures. Je tombe de sommeil –Tu me pardonneras le décousu de mes idées. Nous avons fait  aujourd’hui la fête modestement mais cordialement. Les sœurs te donneront les autres détails quant aux questions santés etc.
Je leur ai procuré la bonne occasion d’un P. jésuite comme confesseur extraordinaire, selon tes recommandations.
J’ai reçu tes deux dernières lettres ; la 1° n’était que de quelques lignes - tu allais partir pour  Barante ; la seconde était fort courte et pressée – tu venais de revenir de ton voyage. Puisqu’il y aurait inconvénient à ce que le paquet de lettres me soit adressée à moi, je désire du moins que les lettres qui me sont adressées soient toutes renfermées dans une enveloppe particulière et sérieusement cachetée. Il n’est pas convenable que je reçoive mes lettres toutes ouvertes de la main de Mère Noémi, pas plus que de toute autre religieuse. Je pense qu’à ma place tu éprouverais le même étonnement dans cette façon d’agir envers un prêtre de Sion. Je te prie donc cher frère de  bien vouloir faire cette observation et de relever le manque de tact à celle qui est chargée du maniement des lettres et de la confection des paquets.
Je suis persuadé que ce matin au St autel tu n’as pas oublié les enfants de Jérusalem, tu nous as tous enveloppés dans une même bénédiction. Je te prie de la renouveler chaque jour pour moi et de demander au bon Dieu pour moi non pas de bons désirs seulement, mais aussi des actes dictés par son seul amour.
        ton affectionné et dévoué
            frère Marie

J’aurais voulu écrire aux bons Pères de St Pierre, impossible cette fois ; ils le comprendront bien. Je les salue et les embrasse in Domino.

Sources : Archives des Religieux de Notre Dame de Sion – 68 bis rue Notre Dame des Champs Paris 75006 . Document scanné en août 2009.

A noter

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