Le 28 octobre 2005, nous avons célébré le 40ème anniversaire de la déclaration Nostra Aetate, promulguée par le Concile Vatican II, texte qui fut pour l’Eglise Catholique le point de départ de son dialogue avec les autres religions et plus particulièrement avec le judaïsme.
Nostra Aetate marque un véritable tournant pour la vie de l’Eglise et pour la congrégation.
« Cette déclaration, solennellement approuvée par le Saint Père, votée par la majorité énorme du concile est un programme pour tous mais surtout pour vous, sœurs de Notre Dame de Sion. Vous avez dorénavant un fondement que vous n’aviez pas auparavant. Jusqu’ici votre tâche était fondée sur vos constitutions ; maintenant elle vous est proposée par l’Eglise elle-même ». Cardinal Béa, 1965
Dès 1955 Mère Marie Félix par une session internationale, appelait la Congrégation à la connaissance du peuple juif, et à la réflexion sur le mystère d’Israël ". Dès ce moment, des sœurs ont répondu généreusement à son appel et ont commencé à se former"
Ce mouvement a trouvé ensuite dans Nostra Aetate sa confirmation et sa poursuite.
En 1967c’est la création du SIDIC (Service International de Documentation Judéo-chrétienne) à Rome dont le premier objectif avait été de suivre la mise en application de Nostra Aetate dans les différents pays.
Les provinces aussi ouvrent des centres de documentation : Sidic-Paris, Vienne, Francfort, Bruxelles, Milan, Madrid, Londres, sur le continent européen. Ailleurs : à Montréal : le centre Michael ; à San José: le Centre Elias ; à Sao Paulo, et plus tard à Buenos-Aires, à Kew, en Australie, etc. Par la suite, ces centres évolueront pour mieux servir les réalités nouvelles.
Répondant à leur vocation confirmée par le Concile, un certain nombre des sœurs continuent à se former activement en théologie biblique, en catéchèse, en hébreu, en judaïsme ; en même temps, des sessions, des cours, des voyages en Israël visent à donner une formation à toutes les sœurs.
Le « tournant apostolique »de la Congrégation se concrétise aussi dans le chantier des nouvelles Constitutions approuvées en 1984.
Notre vocation
nous donne la responsabilité particulière
de promouvoir compréhension et justice
à l’égard de la communauté juive
et de faire souvenir les chrétiens
que nous sommes mystérieusement liés au peuple juif,
depuis nos origines jusqu’à la plénitude finale
Constitutions n°14
Dans chacun des engagements apostoliques : professionnels ou pastoraux, les sœurs sont invitées à vivre et à mettre en œuvre leur charisme.
Auprès des chrétiens : des conférences, des cours sont donnés, des livres, des revues sont publiés, des émissions de radios, des montages audiovisuels sont créés. Pour les établissements scolaires, une charte est établie.
Auprès des collaborateurs : dans les associations, les maisons de personnes âgées, l’esprit des « sentiers de Sion » est diffusé. Des associés, porteurs du même charisme, se joignent aux soeurs.
Au fil des années, des amitiés profondes se nouent aussi avec des personnes juives. Les activités auprès de chrétiens, la participation active dans les Amitiés judéo-chrétiennes dans les différents pays de la province européenne, les engagements au moment de « l’affaire du Carmel d’Auschwitz » ou de la béatification d’Isabelle la Catholique leur gagnent l’estime de la communauté juive. La reconnaissance s’en traduit dans divers prix donnés, et finalement dans celui de la Menora de la Paix attribué le 28 janvier 2002 à Paris lors des premières Journées européennes entre juifs et catholiques. Il reconnaît l’action de l’ensemble des sœurs de Notre Dame de Sion en Europe.
Certes, les sœurs de Notre Dame de Sion n’ont pas été les seules à s’engager dans ce mouvement d’Eglise conciliaire. Cette vocation, elles la partagent avec d’autres chrétiens.
Aujourd’hui, où en sommes nous ?
40 ans depuis le Concile ! Le temps d’un mûrissement !
Les nombreuses célébrations à l’occasion de ces 40ans de Nostra Aetate ont retracé le chemin parcouru. Les paroles et surtout les gestes de Jean Paul II l’auront marqué de façon irréversible.
A notre niveau, nous y avons participé.
L’Eglise dans sa théologie, sa catéchèse, sa liturgie a pris résolument un chemin nouveau. Si elle en est encore à un commencement, elle a cependant compris que :
«La rencontre entre le peuple de Dieu de l’ancienne Alliance [nous dirions aujourd’hui de la première Alliance], une Alliance qui n’a jamais été dénoncée, et le peuple de Dieu de la nouvelle Alliance, est en même temps un dialogue intérieur à notre Eglise, s’établissant entre la première et la deuxième partie de la Bible ».
Jean Paul II à Mayence, 1980.
Et selon les paroles de Théodore Ratisbonne :
« Dieu donnera, quand le temps sera venu, la fécondité à notre œuvre. C’est à nous à nous tenir prêts afin que Dieu daigne se servir de notre ministère, et si nos espérances ne se réalisent pas de notre vivant, nous les léguerons, avec l’esprit de Sion, à notre communauté. » Th. Ratisbonne, 29 novembre 1856
Alice-Bernadette, Eva, Marie-Lise