LE COIN DU PHILOSOPHE

 

     
Eté 2010

Alexandra
David-Néel

 

Si tu ne profites pas
du temps que tu as de libre
tu n'en profiterais pas davantage quand ce temps serait dix fois plus considérable.

 
Pâques 2010

Karl Rahner (1904-1984)
(«Une foi qui aime», Salvator, 1966)

 

La résurrection
de Jésus

est comme
la première éruption d'un volcan :

elle nous montre
que le feu de Dieu

brûle déjà
à l'intérieur du monde,

qu'il embrasera tout
du bonheur de son éclat.

 

Carême 2010

ÉPICTÈTE

(v.50-v.130), Entretiens, I, 24, in Les Stoïciens, Gallimard, 1962.

Ce sont les circonstances qui montrent les hommes.
Lorsque la circonstance se présente, songe que Dieu, comme un maître de gymnase, te fait combattre contre un rude adversaire.
— Pourquoi, dit-il ? —
 Pour que tu sois le vainqueur de ces jeux olympiques ;
et cela n'arrive pas sans effort.

 

Noel 2009 Romano Guardini

…à un instant précis, il a franchi une frontière,
une frontière que notre esprit ne peut pas saisir.
Lui, l'immense, l'éternel, l'inaccessible, le transcendant
est entré personnellement
dans l'histoire...

Dieu est entré dans le temps
 parce que lui-même l'a ainsi décidé
avec une souveraine liberté,
à sa manière à lui.
Le Dieu éternel et libre
n'a pas de destin.
L'homme seul
est soumis au destin
et à l'histoire.
La foi nous dit
que Dieu a voulu entrer dans l'histoire
et prendre sur lui un destin.

Et cela,
que l'Eternel ait franchi le seuil du temps
et soit entré dans l'histoire,
aucun esprit humain
ne le comprendra jamais.

 

 

Avent 2009

Irénée de Lyon (115-202)
«Contre les hérésies»

 

Le Verbe de Dieu s'est fait
fils de l'homme

pour habituer l'homme
à recevoir Dieu

et pour habituer Dieu

à habiter dans l'homme.

 

Automne 2009  absa

1909-2009

 Centenaire de la naissance Simone Weil (1909-1943)

                                        

Au début de l’année scolaire, Simone Weil, professeur de Philosophie, expliquait  à ses élèves que «  l’attention est un effort, le plus grand des efforts peut-être…

… la pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer.

Tous les contresens dans les versions, toutes les absurdités dans la solution des problèmes de géométrie, toutes les gaucheries de style et toutes les défectuosités de l’enchaînement des idées dans les devoirs de français, tout cela vient de ce que la pensée s’est précipitée hâtivement sur quelque chose et étant ainsi prématurément remplie, n’a plus été disponible pour la vérité. La cause est toujours qu’on a voulu être actif ; on a voulu chercher…

Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés mais attendus. »

(Attente de Dieu p.92-93)

 

L’attention est une disponibilité qui fait le vide et attend :

 « Je ne cherche pas, je trouve… »  disait Picasso

Disponibilité et créativité se conjuguent dans le dynamisme créateur de l’artiste comme dans celui de l’ « étudiant » à l’écoute de ce qui advient…

Simone Weil, inspirée par Malebranche, nous rappelle que « L'attention est la prière naturelle que nous faisons à la vérité intérieure, afin qu'elle se découvre à nous. »

 

N’est-elle pas pour les  étudiants et les  enseignants la clef de l’étude et de la découverte de soi et des autres ?                                                            

Eté 2009 Saint AUGUSTIN (354-430), Confessions, X, 8, Le Seuil, 1982.

Qui donc [Dieu] est-il ?
J'ai interrogé la terre et la création tout entière ;
elles m'ont dit : « Nous ne sommes pas celui que tu cherches. »
Les abîmes de la mer et les êtres vivants, le cosmos et les astres, tous m'ont répondu :
« Nous ne sommes pas le Dieu de ton désir, cherche plus haut, ailleurs. »
 Alors j'ai crié : « Mais au moins si vous n'êtes pas mon Dieu, dites-moi quelque chose de lui. »
Une seule clameur a retenti : « C'est lui qui nous a faits. »
Je les interrogeais du regard,
la réponse était dans leur beauté.

Pâques

Pentecöte

2009

Émile Chartier, dit ALAIN (1868-1951),
Définitions, in Les Arts et les Dieux, Gallimard, 1958.

L'esprit, en son sens le plus commun, est ce qui se moque de tout.

Ce sens est bon; il mène aisément à la notion d'esprit, qui est au fond le pouvoir de douter, ce qui est s'élever au-dessus de tous les mécanismes, ordre, vertus, devoirs, dogmes, les juger, les subordonner, et les remplacer par la liberté même, qui ne doit rien qu'à soi.

Si Dieu est esprit, Dieu est libre et pour le libre.

Tel est le plus beau mystère, et sans doute le seul.
 

Paques 2009 José Calderon Salazar, journaliste

e suis menacé de mort.

I1 y a dans cet avertissement une erreur profonde. Ni moi ni personne ne sommes menacés de mort. Nous sommes menacés de vie, menacés d’espérance, menacés d’amour.

Nous nous trompons. Chrétiens, nous ne sommes pas menacés de mort. Nous sommes menacés de résurrection. Car I1 est le chemin, la vérité, la vie surtout, même s’Il est crucifié au sommet de la décharge du monde...

janvier 2009 Etty Hillesum

Cette vie,
dans sa profondeur insaisissable,
est étonnamment bonne..pour peu que nous fassions en sorte,
malgré tout,
que Dieu soit chez nous en de bonnes mains."

 

Noel2008

absa

Naître à la Parole

            «  Dieu, personne ne l’a jamais vu »

Si Dieu est Dieu, Il n’est pas celui que nous désignons sous ce nom ; Il n’est pas le Dieu que nous imaginons ; celui à qui nous adressons nos prières.
Il y a une distance infinie entre ce qu’Il est et ce que nous en faisons.
Son Nom ne se prononce pas, ne s’écrit pas… Il nous donne l’impensable, l’indicible.
Dieu au-delà de Dieu.

Noël ?

          «  Jésus Christ, icône du Dieu invisible »
                          « qui me voit,  voit le Père »

L’icône ne rend visible qu’en suscitant un regard infini : celui qui perçoit l’invisible au-delà du visible, celui pour qui chaque point de l’invisible devient un point de lumière.
L’icône s’ouvre alors sur un visage dont l’épiphanie est parole et visitation.

         «  Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous »

Noël : Naître à  la Parole s’accomplissant dans le monde et dans le cœur de chacun.
Recevoir le Verbe : écouter en chaque homme  un dialogue entre le visible et l’invisible, le dicible et l’ineffable, le fini et l’infini…
Croire que le Verbe est Dieu, «  lumière qui venant dans le monde,  illumine tout homme »

 

Avent
2008
Communiqué par absa

1er Trimestre 2008-2009

  

Jésus qui est interne à l’école Saint Théodore, rentre à Nazareth avec son bulletin du 1er trimestre.

Franchement ce n’est pas bon. Sa mère a déjà vu ce mauvais bulletin, mais elle n’a rien dit, méditant toutes ces choses  dans son cœur.

Le plus dur reste à faire, il faut montrer le bulletin à Joseph !

 

Mathématiques
ne sait quasiment rien faire, à part multiplier les pains et les poissons. Sens de l’addition même pas acquis : affirme que son Père et lui ne font qu’un.

 Ecriture
n’a jamais son cahier et ses affaires ; est obligé d’écrire sur le sable.

 Chimie
ne fait pas les expériences demandées ; dès qu’on a le dos tourné,

transforme l’eau en vin pour faire rigoler les camarades.

 Sport
au lieu d’apprendre à nager comme tout le monde, marche sur l’eau.

Expression orale
de grosses difficultés à parler clairement, s’exprime en paraboles.

 Ordre
a perdu toutes ses affaires à l’internat. Déclare sans honte qu’il n’a même pas une pierre comme oreiller.

 Conduite
fâcheuse tendance à fréquenter les étrangers, les pauvres, les galeux.

  

Joseph se dit que cela ne peut plus durer, qu’il doit prendre des mesures :

« Eh bien, petit Jésus, puisque c’est comme ça, tu dormiras sur la paille la nuit de Noël ! »

 

novembre
2008

Saint Bernard
(sermon sur la Toussaint)

 

Pourquoi donc louer les Saints ?
Pourquoi les glorifier ?
Pourquoi leur faire fête ?
A quoi bon, direz-vous,
des honneurs terrestres
à ceux qui reçoivent l'honneur
de Dieu Lui-même ?
C'est vrai !
Les Saints n'ont aucun besoin
de notre dévotion.
Mais en vénérant leur mémoire
nous aspirons après l'heure
où nous deviendrons
les concitoyens des bienheureux,
mêlés à l'assemblée des Patriarches,
des Prophètes, des Apôtres,
des Martyrs, des Confesseurs et des Vierges,
pour nous réjouir
dans la Communion des Saints.

septembre
2008

absa

La mémoire du quotidien

Le quotidien, de jour en jour, édifie l’immense palais de la mémoire qu’évoque Saint Augustin :

«  Voilà que dans ma mémoire je t’ai cherché, Seigneur, et ce n’est pas hors d’elle que je t’ai trouvé.

… Mais où demeures-tu en ma mémoire, où,  Seigneur, y demeures-tu ?
Quelle chambre t’es-tu aménagée ? Quel sanctuaire t’es-tu bâti ?
Tu demeures en ma mémoire,
mais où loges-tu ?

A quoi bon chercher l’emplacement  où tu loges ?

(Confessions livre X)

N’est-ce pas dans la précarité du quotidien et parfois dans son inattendu que se révèle une trace de l’Eternel ?

 

2008
été

 absa

Quel est cet  oiseau studieux
Qui dans son coin,  
nous salue chaque fois que nous franchissons le portail de Sion ?

 La Chouette, oiseau nocturne, étrange,
Sa voix ne ressemble à aucun cri d’oiseau ; elle pourrait faire peur…
Son œil à la pupille sombre,
présente une immobilité énigmatique…
Son vol est silencieux.

 L’oiseau de Minerve,
aveugle aux apparences diurnes,
pénètre  le mystère de la Nuit
Et dévoile les sentiers du Jour…
sentiers de la Sagesse

 Hegel disait : « Si l’oiseau de Minerve ne s’envole qu’à la tombée de la nuit, c’est parce qu’il voit poindre l’aube. »

 Nuit obscure et  Aurore…

2008
Pentecôte

Jean Guitton, 

Esprit Saint,
toi qui es la douceur de ce qui est fort
et la force de ce qui est doux,
toi qui agis dans le secret des profondeurs,

toi qui sais ce qu'est dans nos cœurs
un espoir déçu, un amour trahi, une séparation
entre ceux qui se sont aimés,

toi qui sais combien il est plus difficile
de réconcilier que de concilier,

toi qui as si bien fait ce qui fut fait, refais ce qui a été défait

Toi qui sais qu'il y a des mots
qui ne se prononcent pas,
toi qui es la voix de nos silences,
le gémissement de nos prières,
sois notre recréateur.

2008

Pâques

  absa

Pessa’h …

                Passages et traversées

  

Le passage est l’itinéraire d’un être en transit
qui pérégrine, du dehors au-dedans,
de l’écorce superficielle des choses…
à la présence de Dieu au plus intime de lui-même…

 Nomade de la vie, tu franchis les espaces
de la captivité à la liberté,
de la solitude à la communion,
du refus à l’invocation.

 Chemineau d’une informulable espérance, tu scrutes l’existence,
de  la réalité à l’utopie,
de l’ici à l’ailleurs, à la recherche d’une terre nouvelle.

 Etre de passage, appelé à de mystérieuses traversées,
du visible à l’Invisible,

de la vie à la mort et de la mort à la Vie :

quels  sont tes passeurs ?

                            

2008

Carême

Ambroise de Milan      

(IVe siècle)  

 

 

Si tu brûles de fièvre,
il est la Source qui rafraîchit ;
si tu es oppressé
par tes fautes,
il est la Délivrance ;
si tu as besoin d'aide,
il est la Force ;
si tu as peur de la mort,
il est la Vie.
Si tu désires le ciel,
il est la Voie ;
si tu fuis les ténèbres,
il est la Lumière ;
si tu as besoin de nourriture,
il est l'Aliment.

 

2008

Nouvel an

Saint Augustin

Eveille-toi,
homme qui m'écoutes !
Pour toi Dieu s'est fait homme. 

         « Eveille-toi, ô toi qui dors,
relève-toi d'entre les morts,
et le Christ t'illuminera. »

Pour toi, dis-je, Dieu s'est fait homme.

Tu serais mort à jamais si, un jour, pour toi, il n'était né...

Dieu avait un fils unique,
il en a fait le fils de l'homme,
pour pouvoir, en retour,
faire du fils de l'homme un fils de Dieu.

 
2007

Avent

Paul Tillich      

 

Il n'est pas facile
de prêcher chaque dimanche sans élever la prétention de posséder Dieu et de pouvoir disposer de lui.
Il n'est pas facile de prêcher Dieu à des enfants et à des païens, à des sceptiques et à des athées, et de leur expliquer en même temps que nous-mêmes ne possédons pas Dieu, mais que nous l'attendons.
 Je suis convaincu que la résistance au christianisme vient pour une grande part de ce que les chrétiens, ouvertement ou non, élèvent la prétention de posséder Dieu et d'avoir ainsi perdu l'élément de l'attente.

 

2007

rentrée

absa

Au commencement…

          De rentrée en rentrée…

                        tous les commencements sont nouveaux, créatifs, débordants de vie.

C’est le temps de tous les possibles, de tous les rêves, mais aussi celui des questions et des inquiétudes.

Se mettre en route comme le pèlerin, plein d’espoir et de confiance dans la traversée des terres inconnues, des déserts, des aurores et des nuits, toujours à la recherche de ce que les yeux ne peuvent voir !

Chemineau d’une informulable espérance !

 Commencer et recommencer : Le philosophe Husserl, à 80 ans, avant de mourir disait : 
  « Je suis un perpétuel commençant. »

 Le commencement décide t-il de la fin ?                                                 

 

2007

Pâques

absa

Matthias Grünewald (1470-1530)

                                 et Teilhard de Chardin  (1881-1955)

 

éloignés de plus de 4 siècles, célèbrent dans une même vision l’événement cosmique de la Résurrection du Christ et annoncent une Terre à venir…

La peinture de Grünewald, détachée du retable d’Issenheim (Musée d’Unterlinden à Colmar) peut surprendre et ne pas toucher, aujourd’hui,  notre sensibilité …

Il s’agit d’une vision fantastique et grandiose : sur fond de ciel nocturne où ne scintillent que quelques rares étoiles, le Christ libéré de toute pesanteur,  s’élève dans le soleil de Pâques, entraînant avec lui le linceul arraché au tombeau.

 Bleu d’abord, le linceul devient violet pour virer au rouge flamboyant et au jaune : le vêtement de mort se transforme  ici en  vêtement de lumière et de vie.

Le Cosmos aux couleurs de l’arc-en-ciel s’embrase autour du Ressuscité, jusqu’à l’incandescence de la toile et l’éblouissement du regard.

Grünewald réenchante la sphère de l’Univers devenu le cœur de Dieu dans les couleurs ocre, rouge, qui irradient le visage du Christ ressuscité et transfiguré.

 

C’est déjà la grande Pâques cosmique qu’évoque le Père Teilhard de Chardin : « en Lui tout monte comme vers un foyer d’immanence. Mais de Lui aussi tout descend, comme d’un sommet de transcendance ». ( L’Energie humaine p.88 )

Le Christ est ressuscité ; il a émergé du Monde, s’est étendu jusqu’aux cieux après avoir touché les profondeurs de la Terre : 

 « …et Celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. » (Eph.IV, 10 )

Dans ce mouvement, Teilhard de Chardin reconnaît le Christ ressuscité de Grünewald : l’humanité quittant l’espace-temps, converge vers l’unique Centre, sommet de l’immense cône évolutif, orienté vers le point Oméga, vers l’accomplissement final de la Parousie, l’annonce d’une Terre à venir.

 « … Je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle…

Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici que je fais l’Univers nouveau…je suis l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin… » ( Apoc 21 )

 

 « Je voudrais mourir le jour de la Résurrection » confiait le père Teilhard de Chardin à ses amis, désir comblé puisqu’ il mourut le jour de Pâques 1955, en ce jour où tout l’Univers peint aux couleurs de Grünewald, chante la gloire du Christ ressuscité , brillant de l’éclat de l’Invisible…

 

 «  Seigneur de mon enfance et Seigneur de ma fin, Dieu achevé pour soi, et cependant, pour nous, jamais fini de naître…écartez enfin tous les nuages qui vous cachent encore…

Et que, par Diaphanie et Incendie à la fois, jaillisse votre universelle Présence,

Ô Christ toujours plus grand ! » ( Le Cœur de la Matière  pp.69-70 )

 

2007
Carême

  absa

Etranger à soi-même

                                               Le Même et l’Autre

 

Ne suis-je  pas étranger à moi-même, expulsé de mon être, essentiellement apatride ?

 L’étranger est une figure de l’altérité, de l’autre différent,  de celui que je ne suis pas, de l’inconnu et parfois de l’exclu…

L’autre, celui qui échappe au familier, au chez soi, au même.

En effet, je ne suis jamais de plain pied avec moi.

 C’est dans cet écart entre moi et moi-même, dans ce dépaysement intérieur que j’accueille ma propre altérité.

Quand on accède aux profondeurs de soi, on trouve tout, sauf  soi.

Alors, on s’expulse, on se décharge du poids de  son identité, de l’épaisseur du Même qui se décolle et se dessaisit de lui-même.

 

Dans cette faille entre le même et l’autre, au creux de l’altérité se découvre la trace de l’Infini qui ne vient pas de moi, mais de Celui qui est totalement Autre et m’attire vers l’Etrangeté absolue, , vers une autre terre : terre natale ou terre promise , vers un Ailleurs…                                                             

2006
octobre

Absa

Mourir au présent

La mort inséparable de la vie n’est plus à venir,
 Mais  ici et déjà  là.

Expérience du néant qui chaque jour, se creuse en nous
Expérience de l’infini qui chaque jour, dans ce qui est fini,
 nous ouvre à sa Présence.

Mort quotidienne : mourir à nos projets, à nos déceptions,
à nos certitudes comme à nos doutes
à nos engagements comme à nos démissions
à notre intelligence prisonnière des savoirs 

Sommes- nous capables de croire
qu’en nos morts quotidiennes,

Germe  l’Eternité ? 

L’enfantement de Dieu en nous ?

Maintenant
et à l’heure de notre mort

2006
septembre
 
Absa

L'ECOLE : Fabrique de crétins (J.P. Brighelli)... ou Chemins d'intelligence ?

 L'ENSEIGNANT :  Pilote sur un bateau ivre (Platon) ou Passeur d'hommes ?

 L'ELEVE : Citerne à remplir ou Source à faire jaillir ?

  Pour éclairer le débat:

 Ouvrir la Charte des Etablissements  de N.D. de Sion

 Se souvenir de cette  parole du Talmud :

 «  Le Monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui étudient. »

 

2006
21 juin

 

Absa

Bienheureux ceux qui savent rire…

Non pas le rire destructeur,

mais le rire souverain qui met à distance de soi : rire de soi, rire de ses problèmes

des larmes de rire

de démesure à en mourir…

des éclairs de pensée libre, l’envers de la raison !

le rire éclate avec l’inattendu 

transcende les limites humaines

libère  l’énergie de l’esprit jusqu’aux confins du temps et de l’espace…

A l’époque de Machia’h , quand toute la vérité sera révélée :

« Alors les bouches seront emplies de rire »

 selon le Talmud , cité par le rabbin Noah Weinberg 

 

2006

 4 juin 

Maitre Eckhart 1260 - 1328

" Ne savez-vous pas que la philosophie est le dépassement de la raison dans le but de se complaire dans la sagesse et l'intelligence de Dieu ?"

2006

2février

Absa,
d'après Bachelard

Rêveries d’un philosophe
                                     devant la flamme d’une chandelle.

  

«   La flamme de la chandelle sur la table du solitaire prépare toutes les rêveries de la verticalité. La flamme est une verticale vaillante et fragile. Un souffle dérange la flamme mais la flamme se redresse.

La flamme est une verticalité habitée. Tout rêveur de flamme sait que la flamme est vivante.

La flamme est si essentiellement verticale qu’elle apparaît, pour un rêveur de l’être, tendue vers un au-delà, vers un non-être éthéréen…

Jouer de l’être et du non-être avec un rien, avec une flamme, c’est là, pour un philosophe, un bel instant de métaphysique.

Mais toute âme profonde a son au-delà personnel. La flamme illustre toutes les transcendances.

Elle symbolise l’art de sauter au-delà de soi-même : elle consume et renouvelle.

 

Un être devient libre en se consumant pour se renouveler, en se donnant ainsi le destin d’une flamme : dans la vie, il y a tant de choses à brûler et tant de choses à  réenflammer !

Il ne faut pas laisser s’endormir la lumière.

                                                                         D’après Bachelard