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2008 Pâques |
absa |
Pessa’h
…
Passages et traversées
Le passage est
l’itinéraire d’un être en transit
qui pérégrine, du dehors au-dedans,
de l’écorce superficielle des choses…
à la présence de Dieu au plus intime de lui-même…
Nomade de la vie, tu
franchis les espaces
de la captivité à la liberté,
de la solitude à la communion,
du refus à l’invocation.
Chemineau d’une
informulable espérance, tu scrutes l’existence,
de la réalité à l’utopie,
de l’ici à l’ailleurs, à la recherche d’une terre nouvelle.
Etre de passage,
appelé à de mystérieuses traversées,
du visible à l’Invisible,
de la vie à la mort et
de la mort à la Vie :
quels sont tes passeurs ?
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2008 Carême |
Ambroise de Milan
(IVe siècle)
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Si tu brûles de fièvre,
il est la Source qui rafraîchit ;
si tu es oppressé
par tes fautes,
il est la Délivrance ;
si tu as besoin d'aide,
il est la Force ;
si tu as peur de la mort,
il est la Vie.
Si tu désires le ciel,
il est la Voie ;
si tu fuis les ténèbres,
il est la Lumière ;
si tu as besoin de nourriture,
il est l'Aliment.
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2008 Nouvel an |
Saint Augustin |
Eveille-toi,
homme qui
m'écoutes !
Pour toi Dieu s'est fait homme.
« Eveille-toi, ô toi qui dors,
relève-toi d'entre les morts,
et le Christ t'illuminera. »
Pour toi, dis-je, Dieu s'est
fait homme.
Tu serais mort à jamais si, un
jour, pour toi, il n'était né...
Dieu avait un fils unique,
il en a fait le fils de l'homme,
pour pouvoir, en retour,
faire du fils de l'homme un fils
de Dieu.
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2007 Avent |
Paul Tillich
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Il n'est pas facile
de prêcher chaque dimanche sans élever la prétention de posséder Dieu et
de pouvoir disposer de lui.
Il n'est pas facile de prêcher Dieu à des enfants et à des païens, à des
sceptiques et à des athées, et de leur expliquer en même temps que
nous-mêmes ne possédons pas Dieu, mais que nous l'attendons.
Je suis convaincu que la résistance au christianisme vient pour une
grande part de ce que les chrétiens, ouvertement ou non, élèvent la
prétention de posséder Dieu et d'avoir ainsi perdu l'élément de
l'attente.
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2007 rentrée |
absa |
Au commencement…
De rentrée en rentrée…
tous les
commencements sont nouveaux, créatifs, débordants de vie.
C’est le temps de tous les
possibles, de tous les rêves, mais aussi celui des questions et des
inquiétudes.
Se mettre en route comme le
pèlerin, plein d’espoir et de confiance dans la traversée des terres
inconnues, des déserts, des aurores et des nuits, toujours à la
recherche de ce que les yeux ne peuvent voir !
Chemineau d’une informulable
espérance !
Commencer et recommencer : Le
philosophe Husserl, à 80 ans, avant de mourir disait :
« Je suis un perpétuel commençant. »
Le commencement décide t-il de
la fin ?
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2007 Pâques |
absa |
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Matthias Grünewald
(1470-1530)
et Teilhard de Chardin (1881-1955)
éloignés de plus de 4
siècles, célèbrent dans une même vision l’événement cosmique de la
Résurrection du Christ et annoncent une Terre à venir…
La peinture de
Grünewald, détachée du retable d’Issenheim (Musée d’Unterlinden à Colmar)
peut surprendre et ne pas toucher, aujourd’hui, notre sensibilité …
Il s’agit d’une
vision fantastique et grandiose : sur fond de ciel nocturne où ne
scintillent que quelques rares étoiles, le Christ libéré de toute pesanteur,
s’élève dans le soleil de Pâques, entraînant avec lui le linceul arraché au
tombeau.
Bleu d’abord, le
linceul devient violet pour virer au rouge flamboyant et au jaune : le
vêtement de mort se transforme ici en vêtement de lumière et de vie.
Le Cosmos aux
couleurs de l’arc-en-ciel s’embrase autour du Ressuscité, jusqu’à
l’incandescence de la toile et l’éblouissement du regard.
Grünewald réenchante
la sphère de l’Univers devenu le cœur de Dieu dans les couleurs ocre, rouge,
qui irradient le visage du Christ ressuscité et transfiguré.
C’est déjà la grande
Pâques cosmique qu’évoque le Père Teilhard de Chardin : « en Lui tout monte
comme vers un foyer d’immanence. Mais de Lui aussi tout descend, comme d’un
sommet de transcendance ». ( L’Energie humaine p.88 )
Le Christ est
ressuscité ; il a émergé du Monde, s’est étendu jusqu’aux cieux après avoir
touché les profondeurs de la Terre :
« …et Celui qui est
descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux,
afin de remplir toutes choses. » (Eph.IV, 10 )
Dans ce mouvement,
Teilhard de Chardin reconnaît le Christ ressuscité de Grünewald : l’humanité
quittant l’espace-temps, converge vers l’unique Centre, sommet de l’immense
cône évolutif, orienté vers le point Oméga, vers l’accomplissement final de
la Parousie, l’annonce d’une Terre à venir.
« …
Je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle…
Alors, Celui qui
siège sur le trône déclara : « Voici que je fais l’Univers nouveau…je suis
l’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin… » ( Apoc 21 )
« Je voudrais mourir
le jour de la Résurrection » confiait le père Teilhard de Chardin à ses
amis, désir comblé puisqu’ il mourut le jour de Pâques 1955, en ce jour où
tout l’Univers peint aux couleurs de Grünewald, chante la gloire du Christ
ressuscité , brillant de l’éclat de l’Invisible…
« Seigneur de mon
enfance et Seigneur de ma fin, Dieu achevé pour soi, et cependant, pour
nous, jamais fini de naître…écartez enfin tous les nuages qui vous cachent
encore…
Et que, par Diaphanie
et Incendie à la fois, jaillisse votre universelle Présence,
Ô Christ toujours
plus grand ! » ( Le Cœur de la Matière pp.69-70 )
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2007
Carême |
absa |
Etranger à soi-même
Le Même et l’Autre
Ne suis-je pas étranger à moi-même, expulsé de mon être,
essentiellement apatride ?
L’étranger est une figure de l’altérité, de l’autre différent, de
celui que je ne suis pas, de l’inconnu et parfois de l’exclu…
L’autre, celui qui échappe au familier, au chez soi, au même.
En effet, je ne suis jamais de plain pied avec moi.
C’est dans cet écart entre moi et moi-même, dans ce dépaysement
intérieur que j’accueille ma propre altérité.
Quand on accède aux profondeurs de soi, on trouve tout, sauf soi.
Alors, on s’expulse, on se décharge du poids de son identité, de
l’épaisseur du Même qui se décolle et se dessaisit de lui-même.
Dans cette faille entre le même et l’autre, au creux de l’altérité se
découvre la trace de l’Infini qui ne vient pas de moi, mais de Celui
qui est totalement Autre et m’attire vers l’Etrangeté absolue, , vers
une autre terre : terre natale ou terre promise , vers un Ailleurs… |
2006
octobre |
Absa |
Mourir au
présent
La mort
inséparable de la vie n’est plus à venir,
Mais ici et déjà là.
Expérience du
néant qui chaque jour, se creuse en nous
Expérience de l’infini qui chaque jour, dans ce qui est fini,
nous ouvre à sa Présence.
Mort
quotidienne : mourir à nos projets, à nos déceptions,
à nos certitudes comme à nos doutes
à nos engagements comme à nos démissions
à notre intelligence prisonnière des savoirs
Sommes- nous
capables de croire
qu’en nos morts quotidiennes,
Germe
l’Eternité ?
L’enfantement
de Dieu en nous ?
Maintenant
et à l’heure de notre mort |
2006
septembre |
Absa |
L'ECOLE :
Fabrique de crétins (J.P. Brighelli)... ou
Chemins d'intelligence ?
L'ENSEIGNANT : Pilote sur un bateau ivre (Platon)
ou Passeur d'hommes ?
L'ELEVE :
Citerne à remplir
ou Source à faire jaillir ?
Pour éclairer le débat:
Ouvrir
la
Charte des
Etablissements de N.D. de Sion
Se
souvenir de cette parole du Talmud :
«
Le Monde ne se maintient que par le souffle des enfants qui
étudient. » |
2006
21 juin |
Absa |
Bienheureux
ceux qui savent rire…
Non pas le rire
destructeur,
mais le rire
souverain qui met à distance de soi : rire de soi, rire de ses problèmes
des larmes de
rire
de démesure à
en mourir…
des éclairs de
pensée libre, l’envers de la raison !
le rire éclate
avec l’inattendu
transcende les
limites humaines
libère
l’énergie de l’esprit jusqu’aux confins du temps et de l’espace…
A l’époque de
Machia’h , quand toute la vérité sera révélée :
« Alors les
bouches seront emplies de rire »
selon
le Talmud , cité par le rabbin Noah Weinberg
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2006
4 juin |
Maitre Eckhart 1260 - 1328 |
" Ne savez-vous pas que la philosophie est
le dépassement de la raison dans le but de se complaire dans la sagesse et
l'intelligence de Dieu ?" |
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2006
2février |
Absa,
d'après Bachelard |
Rêveries d’un philosophe
devant la flamme d’une chandelle.
« La flamme de la chandelle sur la table du solitaire prépare toutes
les rêveries de la verticalité. La flamme est une verticale vaillante
et fragile. Un souffle dérange la flamme mais la flamme se redresse.
La flamme est une verticalité habitée. Tout rêveur de flamme sait que
la flamme est vivante.
La flamme est si essentiellement verticale qu’elle apparaît, pour un
rêveur de l’être, tendue vers un au-delà, vers un non-être éthéréen…
Jouer de l’être et du non-être avec un rien, avec une flamme, c’est
là, pour un philosophe, un bel instant de métaphysique.
Mais toute âme profonde a son au-delà personnel. La flamme illustre
toutes les transcendances.
Elle symbolise l’art de sauter au-delà de soi-même : elle consume et
renouvelle.
Un être devient libre en se consumant pour se renouveler, en se
donnant ainsi le destin d’une flamme : dans la vie, il y a tant de
choses à brûler et tant de choses à réenflammer !
Il ne faut pas laisser s’endormir la lumière.
D’après Bachelard |
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