Présentation - Chandeleur - Purification de Marie

 

 

Il est bon de laisser le repos venir à notre cœur. a notre pensée, à notre corps, afin que nous puissions faire halte et nous démettre de ce qui tourbillonne. se bouscule et s'encrasse en nous.

Car malgré les apparences que nous nous donnons d'être calmes et organisés. détachés et concentrés, en réalité nous ne faisons pas tellement trêve avec nous-même.

Nous remplissons notre temps comme une armoire comble. Nous entassons nos années comme un amoncellement de taches et de retards Nous bourrons nos vies sans nous laisser d' espace pour les vivre. Nous allons de travaux en divertissements, et nous ignorons le repos.

Prenons le temps de vivre- Et d'adorer.

 

 

 

 O DIEU, repose-nous, toi qui a pris le septième jour pour regarder, apprécier et chômer de ta propre fatigue. Fais que nos repos ne nous effraient pas, nous qui savons mal user de la liberté du temps.

Fais que nos repos ne nous dissolvent pas, nous qui savons mal vivre le silence et le calme, le retrait et la retraite. Car nous voudrions que le repos cesse d'être pour nous une hygiène et un devoir, une obligation et une résignation, pour advenir en nous tel le soleil qui s'attarde le soir, telle la nuit qui ensevelit les insuffisances, tel le sommeil qui éveille les songes, telle l'aurore aussi qui nous retrouve dispos.

Repose nos cœurs, ces chevaux qui tirent à hue et à dia nos passions.

Repose nos esprits, ces antichambres où se pressent les solliciteurs.

Repose nos corps, ces maisons où la poussière se dépose.

Repose-nous, toi qui as disposé les rythmes du monde, le jour et la nuit, l'hiver et l'été, l'allant et le silence, la parole et le sacrement, la bouche et la douceur de la main, l'oreille et l'effleurement du geste, l'animation et l'apaisement de l'amen.

Nous te demandons le repos de nos vies, à toi qui es le Dieu de la Parole Vivante, mais aussi de la paix accomplie. Amen.

(André Dumas.)

 

 

Au Seigneur des vacances

 

Tu es le Seigneur des vacances,

pas seulement des vacances scolaires ou des congés payés !

Non ! Le Seigneur de la vacance, du vide.

Nous, nous aimons les vacances

pour faire le plein d'énergie,

de santé et de bonne humeur.

Nous disons que la vie quotidienne

nous épuise, nous vide.

En fait, notre cœur n'est pas souvent vacant pour

être à ton écoute.

Le travail, les soucis, les détresses

y sont des locataires encombrants.

Pour emménager dans notre cœur,

tu voudrais bien, Seigneur,

qu'il y ait un peu de place, un peu de vide.

Si nous voulons faire le plein de ton amour,

il nous faut vider les gêneurs,

les empêcheurs d'aimer, les replis sur soi,

les regards venimeux, les méfiances égoïstes.

 

Toi, Seigneur, qui attends la moindre vacance

pour t'installer aux cœurs des hommes,

aide-nous à rentrer en vacances.

Sois le Seigneur de l'éternel été,

donne-nous la plénitude de la tendresse.

Bulletin diocésain « Reflets de la Bresle »  

          

Prière du voyageur

 

O toi le Dieu très présent
guide-nous dans la paix vers
laquelle nous voulons aller.

Permets que nous atteignions notre but sans encombre.
Protège-nous de tous les dangers
pendant que nous voyageons
sur terre, sur la mer ou dans les airs.
Ouvre nos yeux et notre cœur
afin que nous voyions ton visage
à travers la beauté du monde et la rencontre du prochain.
La création que nous découvrons avec étonnement,
jour après jour, c'est la tienne, Seigneur.
Tu es si merveilleux. Nous te remercions.

Amen.

                                                      Espace spirituel de l’aéroport de Zurich

 

 

 

 

 

 

 

Les mois de toutes les lumière
       par Marie Rouanet, écrivain 

 

Si juillet voit l'épanouissement de la lumière sur une végétation encore touffue, herbeuse, fleurie, août commence sur un désert brûlant, des herbes calcinées, des chaumes secs à odeur d'anis, des labours qui taillent dans la terre de vastes espaces nus. Août s'achèvera dans d'éclatants orages. Du moins en est-il ainsi dans ce territoire autour de moi que je tiens sous le regard dès que le seuil est franchi.

Il y a dans ces deux mois des fêtes religieuses qui ressemblent à la saison. Ce n'est pas le moindre charme de la liturgie que de s'être coulée dans les rythmes terrestres et solaires, qu'il s'agisse des Quatre Temps, des anciennes Rogations, de Pâques, liée au calendrier lunaire (Pâques est fixée au dimanche qui suit la pleine lune de l'équinoxe de printemps.), de la Saint-Jean ou de quelques grands saints de l'été, êtres de lumière.

Le 22 juillet, c'est Madeleine. Le grand moment de sa vie est l'aube du jour de la Résurrection. C'est un matin, plus beau que le tout premier matin du monde : celui de la création. Plus beau, oh combien. Les choses ne sauraient être les mêmes avant et après le passage del'Epoux. Jusqu'à ce qu'apparaisse ce jardinier évanescent presque aussi translucide que la buée de chaleur qui monte avec le jour. Elle lui tend les mains, c'est probable, puisqu'il recommande : «Ne me touche pas». C'est peut-être la parole la plus émouvante de Jésus, celle qui dit combien il a aimé être homme, combien il a trouvé de douceur à notre vie, à nos attachements. Il est mort, il est sorti de la mort et va s'attarder près des hommes. «Ne me touche pas parce que je ne suis pas encore monté vers le Père.» Dans l'espace entre la main tendue de Madeleine et celle de son Seigneur, il y a le cosmos et l'infini du temps. Si cette main le touchait, il serait peut-être retenu, un moment de trop par les tendresses de la terre. Que j'aime cette fragilité de celui qui fut homme et n'en perd pas le souvenir.

Il n'y a que Jean pour rapporter cela dans son évangile car il était le seul à le comprendre : il savait ce qu'était l'Amour ardent.

Fêté le 10 août, Laurent est lui aussi un saint solaire, consumé littéralement au vrai feu, celui qui brûle la chair. Laurent est drôle et joyeux. Mais j'ai déjà parlé de lui dont l'humour inversait le monde en présentant les pauvres et les éclopés comme les richesses de l'Eglise, en demandant qu'on le retourne comme un bifteck.

Le 11 août s'avance la rayonnante Claire, «petite plante spirituelle» de François. Nue dans ses cheveux dénoués, avant de revêtir la bure, elle fut lumière dans la nuit à la Portioncule, devant les premiers franciscains, hirsutes et heureux.

Ils étaient habités de jeunesse et de joyeux enthousiasme, préservés de tous les périls par le bouclier de Dieu. En ces mois lumineux, aimons ces grands saints éblouissants, neige et soleil. Déjà et avant l'heure, ils nous apparaissent transfigurés.

                               

 

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  Dernière mise à jour le 28/04/08
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