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| 27 mars ISAAC |
ISAAC
Fête : 27 mars dans tous les
calendriers des traditions anciennes
sauf les Eglises Copte et
Ethiopienne qui en font mémoire avec Abraham et Jacob le 3 septembre
En Occident, au VII° siècle, une longue
préface gallicane développe l’obéissance du Patriarche Abraham et la
signification du sacrifice d’Isaac.
Lieu de mémoire / pèlerinage : cf.
Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985
A Hébron avec Abraham et
Jacob, avec un office propre au temps du Royaume franc
et sur le Mont Garizim où les
Samaritains plaçaient le sacrifice d’Abraham, selon le témoignage du
Pèlerin de Bordeaux en 333 apr. J-C (cf. It. Burd. 587,3-4)
Signification de son nom : Ce
nom propre masculin a la même racine en hébreu que le mot « rire » : « il
a ri » ; « il rira », ou de la racine « jouer » : « il jouera ».
Jouer=
racine S-H-Q avec les consonnes samekh-heth-qof,
le H étant prononcé Heth,
la 8ème de l'alphabet
Rire= racine TS-H-Q avec
les consonnes tsadé-heth-qof.
Deux racines qui sont effectivement très
proches l'une de l'autre et qui se renforcent mutuellement du fait qu'elles
ont chacune une sifflante au début S et TS avec
en plus un Heth commun aux deux racines et en finale,
toutes les deux un Qof!
On explique ce nom par le rire de
Sarah, la stérile, femme d’Abraham, mère d’Isaac selon la promesse faite par
les trois messagers de Dieu lorsque ceux-ci annoncèrent à Abraham et Sarah
la naissance à venir d’Isaac.
Cf. Gn 21,1-8 ; 17,17 ; 18,12 ; 21,6.
ISAAC S'APPELLE «RIRE»
II est heureux qu'un personnage de la Bible
s'appelle « Rire ».
Isaac, fils d'Abraham, est celui qui s'appelle
« Rire » ! Le récit nous laisse dans l'incertitude quant aux raisons qu'il y
a de « rire » à son propos. Il en donne en effet plusieurs, attachées à
l'ambiguïté du mot et à celle du rire lui-même.
Le mot se répète au long du récit. Un
vieillard, Abraham, apprend qu'il sera père lors de sa centième année : il
« rit » (Gn 17,17). Sa femme Sara, qui écoutait la nouvelle à l'abri de sa
tente (la tente de la philoxénie), « rit » sous cape (Gn 18,12). Découverte,
elle prétend qu'elle n'a pas « ri » (Gn 18,15). À la naissance du bébé, elle
imagine les «rires» du voisinage (Gn 21,6). « Rire », en hébreu, le même
mot veut dire aussi « jouer ». Jeux d'enfants du petit Isaac avec son
demi-frère Ismaël (Gn 21,9); jeux d'amour d'Isaac avec sa femme Rébecca (Gn
26,8).
La parole est le propre de l'homme. Le rire
l'est plus sûrement encore, alors que la gravité des animaux (oiseaux,
poissons, jusqu'aux mammifères évolués) est un de leurs traits distinctifs.
Rire et parole sont en réalité indissociables. Le rire naît au cœur de la
toute première expérience du bébé. Il naît de l'angoisse et du plaisir qui
accompagnent le fonctionnement de la signification. Angoisse et plaisir qui
consistent essentiellement à surmonter le danger de se tromper et d'être
trompé.
Cinquante portraits bibliques, Paul
Beauchamp, Seuil, 2000.
Résumé de sa vie :
Isaac est le « fils de la Promesse », mais sa
vie resta très simple :
La Promesse (Gn 17,19-21) ; sa naissance
(Gn 21) ; le sacrifice, que la tradition juive appelle « la ligature »
(Gn 22) ; son mariage (Gn 24) :
Il se marie avec Rebecca – dont le nom, en hébreu « ribca » veut dire
« le char », ou « attaché à une corde », ce qui
signifie son attachement à son mari, comme un char au cheval !
Saint Jérôme, au IV°s. ap. J-C, interprétera
le nom de Rébecca comme « la patiente ».
Isaac a un fils, Jacob, jumeau d’Esaü, né le
premier (Gn 25 ; 27 ; 28 ; 35)
Le seul texte qui concerne directement
Isaac : ses démêlés et l’alliance avec Abimelek à Bersabée, point d’attache
des fils d’Israël et des traditions (Gn 26,33 ; 28,10 ; 46,1-5)
L’histoire d’Isaac reflète la conviction
théologique fondamentale de toute l’histoire des Patriarches : Le Seigneur
Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, celui qui conduit
l’histoire par la réalisation des Promesses (Ps105).
Par lui naîtra Jacob et la postérité d’Israël
sur la terre des Promesses (Jr 33,26 ; Nb 32,11).
Cité dans la généalogie de Jésus-Christ, il est
le premier des fils de la Promesse, dans la suite de ceux qui ont mis leur
foi en Dieu (Mt 1,2 ; Hb 11,20 ; Rm 9,7-10).
Références bibliques principales :
Livre de la Genèse
aux chapitres 17 et 18 ; 22 à 25 ; 26-27 ; 35xxx
Commentaire juif ou beau texte :
« (...) Le Seigneur parlera à Isaac :
‘tes enfants ont péché’. Isaac lui répondra : ‘ Maître du monde, est-ce que
ce sont uniquement mes fils ? Ne sont-ils pas aussi les Tiens ? Lorsqu’ils
t’ont assuré Nous le ferons et Nous écouterons, Tu as appelé
Israël Mon fils aîné. Et à présent, ils seraient mes fils et non les
Tiens ! Je dirai plus : combien de temps ont-ils péché ? Combien d’années
dans une vie humaine ? Soixante dix. Ote vingt années exempte de punition -
(Les péchés commis avant l’âge de 20 ans ne sont pas punis cf. Nb 14,24) - ;
il leur en reste cinquante. Retranche les nuits et il ne leur en reste que
vingt-cinq. Retranche aussi les douze années et demie qu’ils passent à
prier, à manger et à satisfaire leurs besoins naturels, il ne leur en reste
plus que douze et demie. Si – Tu veux
bien – en porter la charge entière, c’est bien. Sinon, partageons-la : j’en
porterai une moitié et Toi l’autre. Et si tu estimes que c’est à moi de la
porter toute, ne t’ai-je pas offert ma personne en sacrifice ? (...) »
Chabbat 89b cité p. 212
dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982
Sur le verset XXII, 7 : « Mais où est l’agneau
pour l’holocauste ? » :
« Isaac dit à Abraham son père. Le père et le
fils n’avaient encore échangé aucune parole. L’attitude silencieuse et grave
du père a pu faire deviner au fils le sérieux de la tâche à accomplir. Enfin
le dialogue s’engagea, après que, selon le récit du Midrach, le Satan,
déguisé en être humain, se fut approché d’Isaac, et eut essayé de le
corrompre : « Malheureux, fils de malheureuse ! Combien de jeûnes ta mère
n’a-t-elle pas observés, combien de supplications n’a-t-elle pas adressées
au Ciel jusqu’au moment de ta naissance ? Et voici que ce vieillard à tes
côtés est devenu fou et va t’immoler ! » De suite, Isaac se tourna vers son
père et lui dit : « Voilà ce que cet homme m’a dit. Mais où donc est
l’agneau de l’holocauste ? ».
Et Abraham répondit : « Il nous appartient,
quant à nous, d’apporter le bois, le feu et le couteau, et d’être prêts à
n’importe quel sacrifice. Ce que Dieu choisira et ce qui se produira se fera
uniquement par sa volonté ; laissons-en la décision à Dieu ». Abraham avait
ainsi dit à son fils tout ce qu’il avait besoin de savoir : « Nous n’avons
qu’à ériger l’autel et laisser à Dieu le soin de choisir le sacrifice que sa
Sagesse élira ». Et ils marchèrent tous deux ensemble. » La Voix de la
Thora, idem
Commentaire chrétien ou beau texte :
Extrait de Paul Beauchamp
(...) ce qui singularise Isaac se
concentre sur deux scènes seulement (...)
(...) Première scène : « Prends ton fils, ton
unique, Isaac, celui que tu aimes. Pars pour le pays de Moriiya et là, tu
l'offriras en holocauste... » (Gn 22,2). Acceptons qu'Abraham soit toujours
célébré comme le héros de cet épisode. Mais si jamais un fils a surmonté la
crainte d'être trompé par la parole du père, c'est bien Isaac.
Leur premier échange de parole est saisissant :
« Isaac parla à son père Abraham : "Mon père", dit-il, et Abraham répondit :
"Me voici, mon fils" » (Gn 22,7).
(...) Une tradition représente Isaac les yeux
bandés sur l'autel où l'a placé son père, dans la nuit que la foi traverse.
Si grande est leur union que disparaissent les images de « père » et de «
fils ».
Dans la seconde scène décisive de sa
vie, Isaac est un vieillard devenu aveugle. Il s'établit une correspondance
souterraine entre les deux scènes. Isaac n'a pas un instant pu se croire
trompé par son père, et le voici trompé par son fils, par Jacob ! Ce n'est
pas le rire qui salue cet épisode, mais un frisson : un « tremblement
extrêmement violent » (Gn 27,33). Or cette convulsion n'est pas sans rapport
avec le rire, elle en révèle plutôt la face cachée. On rit d'avoir frôlé
l'abîme. Il faut nous habituer à percevoir cette convulsion, cette
alternance spasmodique d'effroi et de joie dans de nombreux récits
bibliques, tant il est vrai que Dieu prend l'homme à revers, soit que ses
pensées soient évidemment plus élevées que les nôtres, soit, au contraire,
qu'elles nous paraissent plus basses, venant se commettre avec ce qu'il y a
de moins élevé dans nos vies d'hommes. L'histoire de l'élu, Jacob, va
commencer dans la violence et la traîtrise. »
Cinquante portraits bibliques, Paul
Beauchamp, Seuil, 2000.
« (...) En Isaac aussi nous est offerte une
préfiguration de la Passion, lorsqu’il est appelé par son père au sacrifice,
lorsqu’il porte le bois du sacrifice, lorsqu’un bélier se présente pour la
consommation du sacrifice »
Traité des
Mystères, XVII, 1-2, Hilaire de Poitiers
Situation dans le cycle liturgique
dominical/fêtes ABC :
Année B 2°dimanche de Carême : Gn 22,1-18
Année C 16°dimanche de Pentecôte :
Gn 18,1-10
17° dimanche de Pentecôte : Gn
18,9-14
Années A, B, C à la vigile pascale : Gn
22,1-18
Propositions particulières :
cf.
La Vision
d’Isaac
d’Edmond Fleg
La vision d'Isaac
Isaac bénit Jacob,
ses fils et leur semence,
Puis se tourna vers le mur, en silence ;
Et faible sur sa couche, aveugle et sourd.
Ayant connu pour Dieu des maux très lourds,
II attendit la mort, rassasié de jours.
Or, l'Ange d'Élohim vint, à l'heure dernière,
Toucher sa tempe et sa paupière,
Et, rendue un instant à ses forces premières,
Son âme retrouva les sons et la lumière.
Et le mur s'entrouvrit, plein d'esprits et de cris ;
Et le Père mourant vit tous ceux de sa
race, Dispersés et meurtris dans le temps
et l'espace. Et sur les bords des
mers et sur les fleuves clairs Sur les monts et les plaines
Et les villes lointaines,
Et tout le long des ans sur les jours ondoyants,
Et tout le long des âges, sur les siècles sauvages
Le Père se penchait, — pour écouter La
plainte qui montait de sa postérité :
« Isaac ! Isaac ! pourquoi nous as-tu mis au monde ?
Nous allons, sans abri
; Nous n'avons point de
part à la terre féconde,
Et sur le sol natal nous
sommes des proscrits.
« Le faible nous insulte, le poltron nous brave,
L'enfant siffle contre nous ;
Et nous avons pris des âmes
d'esclaves,
à force d'user nos
genoux.
« Au long des chemins nous
cherchons des frères ;
Mais nos cœurs, en
lambeaux. Dans la nuit sans fin n'ont d'autres lumières
Que les bûchers en flamme
et l'éclair des couteaux.
« Et nous levons au ciel
nos mains épouvantées,
Sans qu'une main d'en haut
nous vienne secourir ;
Et sans vivre les joies
que d'autres ont chantées,
Nous tombons au sépulcre
avant que de mourir. »
Ainsi montait la plainte,
sans trêve.
Et le Père gémit dans la
voix de son rêve :
« Tu leur avais promis,
Seigneur, après ma mort,
Un pays de palmiers où
coule l'huile d'or.
L'ont-ils déjà perdu ? Le
cherchent-ils encor ?
Comme ils ont dû pécher,
pour mériter leur sort.
« Lorsqu'au mont Morïah,
victime volontaire,
Sous l'angoisse plié,
J'offrais ma gorge au
couteau de mon père,
Par ton ange, Élohim, mon
corps fut délié ;
Mais regarde mes fils ! A
quoi bon ta clémence,
S'il faut que mon
supplice, après moi, recommence? »
Alors Dieu dit au moribond
: « Isaac, si pour
tes fils ta douleur le demande,
Je puis, t'épargnant
l'épreuve trop grande,
Choisir une autre chair
pour y marquer mon Nom,
Et tes enfants seront ce
que les heureux sont.
« Ils posséderont un coin
de la terre, Et
d'autres marcheront exilés du soleil ;
Ils se rassasieront au
froment salutaire,
Et d'autres souffriront le jeûne sans sommeil.
« Ils ne seront point
mangés par l'épée, D'autres nourriront la flamme et le fer ;
Ils auront l'âme claire, au
feu d'orgueil trempée,
D'autres paraîtront vils à
l'univers.
« Ils ne connaîtront rien
des tristesses profondes
Qui les pouvaient rendre
immortels, — Mais
d'autres feront sonner au monde,
La voix de l'Éternel! »
Ainsi tonnait dans
l'étendue
La parole du Dieu fort.
Mais, montrant ses fils de
sa main tendue,
Isaac supplia dans la mort
:
« Élohim! Élohim! ne
change pas leur sort!
Qu'ils vivent, s'il le
faut, condamnés au servage ;
Qu'ils errent en sanglots
par les lieux et les âges,
Mais qu'ils te louent,
Dieu juste, et qu'ils voient ton
visage! »
Et Dieu ferma les yeux du
Père des Souffrants, Et Jacob mit ses os dans la tombe, en pleurant.
Écoute, Israël
(Flammarion.)
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| 1er mai JEREMIE |
JEREMIE
Fête :Le 1° mai dans le Martyrologe romain, la plupart des
calendriers orientaux anciens
ainsi que dans le Patriarcat latin de
Jérusalem –(Voir plus bas :
proposition particulière)
Le 3 mai selon les Vieux-catholiques
Le 13 mai selon les Eglises copte et éthiopienne
Le 21 juillet selon le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975 ; trad.
française 1979
Il était célébré au V° siècle par les Pères de l’Eglise avec une mémoire en
Egypte et en Palestine, -
(Voir plus bas :
proposition particulière) et par la suite à
Constantinople et à Venise.
Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf. Pierre Maraval, Lieux
Saints et pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985
Anathot
C’est la patrie du prophète Jérémie (Jr 1,1) à petite distance – trois ou
quatre milles – au nord-est de Jérusalem.
Des pèlerins y signalent au IV° siècle la tour de laquelle il aurait
composé ses lamentations, au VI° siècle son tombeau. Son église, qui date
sans doute du IV° siècle, réunissait la communauté de Jérusalem pour la fête
du prophète (Cf. Eusèbe, Pierre Diacre et Jérôme)
Jérusalem
La citerne de Jérémie : De Siloé, une voie à degrés remontait la
vallée du Tyropaeon. En haut des marches, tout près d’une ancienne porte de
la ville, on montrait au VI° siècle la citerne où le prophète Jérémie avait
été jeté par le roi Sédécias (Cf. Théodosius).
On l’identifie maintenant avec une citerne située à 50 m. au sud de la porte
du Fumier ; une inscription montre qu’elle était tenue pour un lieu saint.
Taphnis, en Egypte
A une étape au sud-ouest de Péluse, Taphnis (Daphnae) était identifiée par
les Anciens à Tanis, une des capitales de Pharaon : on le tenait pour le
lieu de naissance de Moïse. (...)
Une source juive du II° siècle y place le tombeau du prophète
Jérémie, localisation qui ne semble pas avoir été reprise par les chrétiens.
Tétrapyle, en Egypte
Ce monument de l’Alexandrie païenne avait été transformé en église ; il
passait pour conserver les reliques du prophète Jérémie (Cf. Jean
Moschus, Prat. Spi. 77)
Signification de son nom :
En hébreu Yirme-yahou.
Racine: Resh, Vav, Mèm
final, vocalisé Roum: « être haut, élevé; s'élever,
s'enorgueillir ; être rehaussé, exalté ».
Jérémie pourrait vouloir dire:
Il est élevé par le Seigneur (Yahou ou bien Yah si on
prend la version raccourcie de son nom: Yirme-yah) ou bien le
Seigneur l' élève!
Même s’il n’y a pas de
commentaire spécifique à ce sujet cela correspond bien à sa mission qui est
sans cesse sapée. Il se laisse décourager. Même dans le fossé, Jérémie est
fidèle à sa mission par amour indéfectible du Seigneur. Le Seigneur le
relève de toutes ses détresses, de tous les abandons dont il est l'objet. Il
le remet debout.
Jérémie, même écrasé ne peut
qu'annoncer que le Seigneur sauve de toutes les situations de détresse.
Résumé de sa vie :
Jérémie est d’origine rurale, d’Anatot, en territoire de
Benjamin.
Il est « fils d’Hiliyyahu », d’une famille sacerdotale. (Jr 1, I)
Son ministère de prophète se situe en trois grandes périodes : sous trois
rois, entre 640 et 587 av. J.-C.,
se continuant en exil après la prise de Jérusalem et la
déportation à Babylone.
Dès sa vocation de prophète, en la 13° année du règne de Josias en 627, il
doit dénoncer par ses oracles contre l’idolâtrie, la faute de certains
membres du peuple d’Israël ; en Juda, de 627 à 622.
Sous Josias il quitte Ananot pour Jérusalem où le culte est
centralisé avec la réforme religieuse.
Il donne un message d’espérance à ceux du Nord qui ont perdu
leur indépendance en 721 (Jr 30-31).
Il doit de nouveau parler contre l’idolâtrie sous Joiaquim, nouveau roi
infidèle, et que Nabuchodonozor prend le pays (Jr 7,1-15).
Après la déportation de Joiaquim, Jérémie dit au nouveau roi
Sédécias, 597-587, de se soumettre à Babylone : ce dernier
refuse, Jérusalem est prise,en 586, Jérémie mis en prison puis emmené en
Egypte
en exil où il continue de parler (Jr 28 ; 31 ; 40).
On ne sait rien de sa mort en Egypte : certaines traditions
juives situent son martyre à Taphnale/Taphnis
Références bibliques principales :
En complément des citations données dans le résumé de sa vie et le cycle
liturgique A, B, C :
L’appel Jr 1,4 -10
Dieu fait ce qu’il dit Jr 1,11-12
Oracles de Dieu contre l’idolâtrie Jr 2,4
- entre autres -
Oracle du bonheur à venir de Jérusalem: Dieu reconnu par son peuple et par
les nations Jr 3,17
Dieu propose un chemin de vie Jr 4,3
Tristesse de Jérémie Jr 8,18-20
La vraie sagesse Jr 9,22-23
Psaume de louange du Dieu vivant face aux idoles Jr 10,1-16
Prière de Jérémie pour son peuple Jr 10,23-25
Comparaison de la ceinture de lin Jr 13
Oracle d’un descendant de David Jr 23,5
Annonce de l’Alliance nouvelle ‘écrite sur les cœurs’ Jr 31,31
Commentaire juif ou beau texte :
« R. Abahou a dit au nom de R. Eléazar : le feu de la Géhenne n’a aucun
pouvoir sur les disciples des sages. (...) la personne des disciples des
sages tout entière est feu puisqu’il est dit Ma parole n’est-elle pas
comme un feu ? dit l’Eternel (Jr23,29) ; ils seront donc à plus forte
raison immunisés contre de feu ».
Haguiga 27a, cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone,
Verdier, 1982, p. 593.
« R. Juda a souligné, au nom de R. Ami, la contradiction suivante : Il est
écrit, d’une part, Revenez, enfants rebelles et je vous guérirai
de votre infidélité ( Jr 3,14 ; 3,22) et d’autre part Car je suis
votre maître (Jr 3,14).
Ce n’est pas difficile à résoudre : les deux premières citations ont trait
au repentir qui vient de l’amour ou de la crainte de Dieu, la dernière fait
allusion au repentir à travers les épreuves.(...)
R. Johanan a dit : le repentir est une grande chose, il est au-dessus d’un
commandement négatif de la Thora, car il est dit Lorsqu’un homme répudie
sa femme, qu’elle le quitte et devient la femme d’un autre ( cet homme
retourne-t-il encore vers elle) etc. Et toi, tu t’es prostituée à de
nombreux amants, et tu reviendras à moi ! dit l’Eternel (Jr 3,1)
Yoma 86a et 86b, cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone,
Verdier, 1982, p.385
Les traditions juives insistent sur la puissance de sa prière et son
martyre : (Cf. par exemple, le Pseudo-Epiphane
à propos des Prophètes).
Commentaire chrétien ou beau texte :
" Jérémie est le poète par excellence de la terre ... Personne n’a été
enraciné plus visiblement dans les anciennes traditions de l’Israël tribal
lorsque la terre était vénérée (1 R 21), ( …) avec la vitalité et la
gratitude et de la nouveauté. Personne non plus n’a vu plus clairement que
lui que la terre ne peut être gardée de la manière royale comme Israël a
essayé de le faire. Il savait, sans erreur possible que la terre serait
perdue. Personne n’a pris soin comme lui de la terre et personne n’a compris
plus clairement que lui la marche inexorable de l’histoire royale vers
l'exil."
W. Brueggemann, cité par Alain Marchadour et David Neuhaus, La terre, la
Bible et l’histoire, Bayard, 2006.
" Le message de Jérémie peut tenir en un mot : n’attendre de rien
le salut, de rien si ce n’est de Dieu seul. Comment tenir sur cette voie
sans être soi-même ‘ une place forte, un pilier de fer, un rempart de
bronze’ ? Au nom de sa certitude et dans cet esprit de force, Jérémie
prononce ces mots étonnants ‘ servez le roi de Babylone et vous vivrez’,
alors que ce roi est l’ennemi et le vainqueur. Ce n’est pas l’Egypte, même
si elle est l’ennemie de Babylone, qui vous sauvera. Ce discours oppose le
prophète au roi comme aux prophètes qui soutiennent ce roi. Il échappe de
peu à la mort à plusieurs reprises. D’autres qui parlent comme lui, tel le
prophète Ouriyahou, sont exécutés et jetés à la fosse commune. (Jr
26,20-23). Mais c’est vers la vie que Jérémie oriente Israël. Israël
qu’il compare à deux corbeilles de figues. L’une est gâtée, l’autre qui est
saine, symbolise les exilés partis à Babylone. Il leur donne cette
consigne : là-bas, construisez, plantez, proliférez, intercédez auprès du
Seigneur pour Babylone (Jr 29)."
Paul Beauchamp, Cinquante portraits
bibliques, Seuil, 2000
Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes ABC :
Année A 12° dimanche ap. la Pentecôte
Jr 20,10-13
22° dimanche ap. la
Pentecôte Jr 20,7-9
Année B 5° dimanche de
Carême Jr 31,31-34
16° dimanche ap. la Pentecôte
Jr 23,1-6
30° dimanche ap. la
Pentecôte Jr 31,7-9
Année C 1° dimanche de
l’Avent Jr 33,14-16
4° dimanche ap. la Pentecôte
Jr 1,14-19
6° dimanche ap. la
Pentecôte Jr 17,5-8
20° dimanche ap. la
Pentecôte Jr 38,4-6
Car si le mal envahit le monde et si le prophète voit approcher la
catastrophe, il sait que l’amour de Dieu demeure et appelle son peuple à la
conversion. Il affirme qu’après l’épreuve viendra la réconciliation, le
rassemblement, une « nouvelle alliance » qui transformera le cœur de
l’homme.
Déjà au 1° siècle avant J.C., la mémoire du prophète
Jérémie semble avoir été l’objet d’une vénération particulière dans l
Propositions particulières :
Mémoire de St Jérémie le 21 juillet selon le Propre du Diocèse de
Jérusalem, 1975, trad. française 1979.
« Jérémie est né au village d’Anatot, au nord-est de Jérusalem,
vers 650 avant J.C., d’une famille sacerdotale.
Il apparaît au moment le plus critique de l’histoire d’Israël, dans les
années précédant la destruction de Jérusalem et la déportation à Babylone
(586).
Pendant près de quarante ans, il sera le témoin de Dieu au milieu de son
peuple dont il partagera l’angoisse et le destin.
Il découvrira au cœur même du drame les exigences de la foi et préparera
l’avenir.
e monde juif. Les chrétiens continuèrent à le vénérer, frappés par la
concordance de sa vie avec celle du Christ, dont il est une des plus
limpides figures. Les Pères le saluent souvent comme un martyr, et nous
savons qu’au IV° siècle, sa mémoire était commémorée en Egypte et en
Palestine.
La liturgie de ce jour est surtout un appel à la conversion : Dieu est
vivant et proche : son amour est capable de bouleverser une vie, sa parole
s’adresse au cœur de l’homme « D’un amour éternel je t’ai aimé, c’est
pourquoi je t’ai attiré dans ma miséricorde ». (Jr 31,3).
Antienne. d’ouverture de la messe : Jr 23,3-4 ; 1° lecture :
Jr 1, 4-10 ; Ps : Jr 17,7-8 avec Répons : Lc 11, 28 ;
Alleluia : Jr 1,5 ;
Evangile : Lc 19,41-44 ; antienne de communion : Jr 31,3
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| 9 mai ISAIE |
ISAIE
La racine de ce nom, en hébreu vient de « sauver, délivrer »
cf. la signification du nom
Fête :9
mai selon le Martyrologe Romain, les Orthodoxes et les Gréco-Catholiques,
ainsi que le Patriarcat latin de Jérusalem. –
Voir plus bas : proposition particulière
5 mai selon le rite byzantin.
16 septembre selon les Eglises copte et éthiopienne.
Lieu de mémoire / pèlerinage : cf. Pierre Maraval, Lieux
Saints et pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985.
Jérusalem :
Dans la vallée du Cédron, en face du pinacle du Temple, le tombeau dit « de
Jacques » est mentionné par le Pèlerin de Bordeaux au IV° s. comme étant
celui d’Isaïe (It. Burd., 595,3).
Environs d’Eleuthéropolis :
Dans le village de Caphar Zacharia, ou Bethzachar, on conservait la scie
avec laquelle le prophète Isaïe aurait été mis à mort et l’on montrait non
loin de là le lieu de son supplice (cf.
Ant. Plac. Itin. 32,33).
Panéas (ex Césarée de Philippe)
C’est dans cette ville qu’on découvrit en 442 les reliques du prophète Isaïe
(cf. Cedrenus Chron..).
Signification de son nom :
« Dieu sauveur est délivrance »
En hébreu, Isaïe s'appelle: YeSHa'YaH ou
YeSHa'YaHou (une forme brève et une forme longue) Son nom est composé
d'une racine qui s'écrit: Yod, SHîn, Ayïn et de deux ou trois consonnes du
nom divin par excellence qu'on nomme le Tétragramme (4 lettres): "Yod, Héh,
Vav,Héh".
Dans ses différentes formes, cette racine
veut dire:
"aider, assister, secourir, sauver d'un
péril, délivrer des ennemis,obtenir la victoire ou le salut, triompher du
danger, de la mort...et donc finalement, accorder le salut, être
victorieux, vainqueur du péché et de la mort ...
YaH et YaHou sont des appellations abrégées
du Nom divin par excellence ineffable, ce Nom par lequel Dieu se fait
connaître à Moïse au verset 14 dans le chapitre 3 du livre de l'Exode: Celui
qui est avec lui personnellement, tout proche, avec chacun(e), avec son
peuple à travers toute son histoire, prêt à le délivrer de tous les dangers
du péché et de la mort en vertu de l'Alliance.
YaH et Yahou, c'est le Seigneur, Adonaï,
l'Eternel, exprimé par les 4 consonnes du Tétragramme:
Yod, Héh, Vav, Héh", le Nom imprononçable de
Dieu qui sauve, "Dieu de miséricorde, lent à la colère et plein d'amour"
comme on le retrouve dans les Ecritures.
Ainsi, Isaïe porte le nom de " le Seigneur
sauve...obtient la victoire..."
La racine du verbe "sauver" se retrouve
dans d'autres noms connus comme Josué,Osias, Osée, Jésus (YeSHou'aH)...
Ainsi le prophète annonce la délivrance promise par Dieu, sauveur du
peuple.
Résumé de sa vie :
Fils d’Amoç, Isaïe est l’un des quatre « grands prophètes » (Is.
1,1). « Grand », en référence à la longueur des textes prophétiques qui
lui sont attribués.
Il exerce son activité à Jérusalem, en la dernière année d’Osias
(Is. 6,1) au temps du siège de la cité par Sennachérib, en 701 av.
J.-C.
Appartenant sans doute à l’élite sociale du pays, il y joue un rôle de
premier plan.Il fût profondément influencé par la prédication d’Amos.
Son envoi comme prophète lui est révélé dans une vision du « Dieu trois
fois Saint ». Isaïe y répond : « Me voici » (Is. 6,1-13).
Références bibliques principales :
Isaïe est chargé par Dieu de porter la parole divine au peuple
endurci (Is.8).
Il rappelle maintes fois qu’Israël doit se garder des alliances avec ses
voisins au plan politique, pour mettre sa confiance en Dieu seul.
Il dénonce les abus sociaux des riches de sa communauté, la corruption des
juges, le luxe et l’oisiveté de la noblesse (Is. 5,8 ; 3,16 ; 5,11-23 ;
10,1 ; 3,12).
Isaïe confesse sa foi en Dieu, le Seigneur, le Saint (Is. 5,19-6,3),
le grand Roi (Is. 6,5), l’Unique (Is. 2,12-17), le Juste
(Is. 7,19 et 3,12), Bienveillant (Is.8, 18).
Il rappelle à l’homme la grandeur de Dieu face à sa petitesse de créature
(Is. 6,5).
Commentaire juif ou beau texte :
« Il est écrit : Sur tes remparts, O Jérusalem, j’ai posté
des guetteurs, qui ne se tairont ni le jour ni la nuit, en aucun temps. O
vous qui faites appel au souvenir de l’Eternel, ne prenez aucun répit (Is.
62,5-6). Que disaient ces guetteurs ? Selon Rabba, le fils de R. Chila,
ils disaient : Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion, car le temps
d‘avoir pitié d’elle, le temps fixé est à son terme. (Ps 102,14.
Selon R. Nahaman. b. Isaac, ils disaient : L’Eternel rebâtit
Jérusalem, il rassemble les exilés d’Israël (Ps 147,2). Et avant la
destruction de Jérusalem, que disaient les guetteurs ? Selon Rabba, le fils
de R. Chila ils disaient : Oui, l’Eternel a choisi Sion, il l’a désirée
pour sa demeure (Ps 132,13) ».
Menahoth 87a cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone,
Verdier, 1982, p. 1269
« A l’école d’Elie on enseignait : les justes que le Saint, béni soit-il,
ressuscitera ne retourneront plus à la poussière : On dénommera saint
quiconque aura été sauvé dans Sion et épargné dans Jérusalem (Is.
4,3). De même que le Saint est éternellement vivant, ils vivront eux
aussi, éternellement. Tu te demanderas peut-être ce qu’ils feront pendant
ces mille ans que le Saint, béni soit-il, consacrera à renouveler le monde
et à propos desquels il est dit : Seul l’Eternel sera grand en ce jour
(Is. 2 ,17). Le Saint, béni soit-il, leur fera des ailes semblables à
celles des aigles, et ils planeront au-dessus des eaux, car il est dit :
Aussi ne craindrons-nous rien, dût la terre bouger de sa place
etc. (Ps 46,3).Tu pourrais penser qu’ils vont souffrir pendant tout
ce temps, c’est pourquoi le texte précise : Ceux qui attendent Dieu
acquièrent de nouvelles forces, ils prennent le rapide essor des aigles ;
ils courent et ne sont pas fatigués, ils vont et ne se lassent point (Is.
40,31).
Sanhédrin 92 a-b cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone,
Verdier 1982, p. 1079-1080.
Commentaire chrétien ou beau texte :
« (...) Le prophète Isaïe a écrit : J’ai vu le Seigneur (Is. 6,1)
(...). Du fait qu’Isaïe parle d’Isaïe (...) C ?’est
un témoignage. Cette manière de dire « Je » est peut-être la
caractéristique principale d’un écrit prophétique. Elle interpelle le
lecteur. « Je vis le Seigneur » : ce témoignage apporte quelque chose
de plus. Une pareille affirmation suffit à elle seule – « voir YHWH » !
- pour situer le prophète Isaïe comme un géant. Mais ce géant nous apprend
peu de choses sur lui-même. Il n’est pas de ceux dont le regard est tourné
surtout vers leur propre destin. Ce qu’il « voit » intensément c’est
le monde : personnes, choses, éléments du cosmos. Son recueil forme la plus
opulente collection de poèmes de toute la Bible. La majorité d’entre eux
provient des disciples proches ou de prophètes inconnus nés longtemps après
lui, mais cela ne le réduit pas à nos yeux. Cela nous dit de quelle
puissance créatrice il fut l’origine : elle rejaillit à travers d’autres que
lui pendant plusieurs siècles. On mêla leurs écrits aux siens. On voulut
joindre à ses oracles ceux qui concernaient le retour de l’exil (Is. 40 à
55), comme si Dieu lui avait montré non seulement l’avènement du roi de
Perse, Cyrus, mais dévoilé même son nom en s’y prenant deux siècles à
l’avance. Isaïe a quelque chose d’objectif et de solaire, qui correspond à
sa stature sociale (...) Isaïe entre en scène en plein milieu de
l’institution. Sa vie a trois centres qui n’en font qu’un à ses yeux : la
cité de Jérusalem, le Temple, la dynastie royale. Quand il « voit »
le Seigneur c’est en plein milieu de la cité, dans le Temple. Et c’est là
qu’il voit lui apparaître « le Roi YHWH » (Is. 6,1 et 5). La
mission qu’Isaïe reçoit est celle d’un monarque à son envoyé. La noblesse de
ce dernier est soulignée par le fait qu’il s’est librement proposé pour la
remplir : « Qui enverrai-je », dit Dieu. Et je dis : « me voici,
envoie-moi » Il (Dieu) dit : « va ! ».
Paul Beauchamp, Cinquante portraits bibliques, Seuil, 2000.
Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes ABC :
Le Livre d’ Isaïe est largement cité dans les trois années A, B, C
(35 fois) reprenant des textes aussi bien dans les premiers chapitres des
prophéties qu’en référence aux textes des Deutero et Trito Isaïe, rédigés
postérieurement mais dans le même esprit prophétique.
Voici cinq extraits choisis pour les trois années A, B, C :
Annonciation, 25 mars : Isaïe 7,10-14 repris au 4°
dimanche de l’Avent année A
Epiphanie : Isaïe 60,1-6
Baptême du Christ : Isaïe 42,1-4 et 6-7
Au dimanche des Rameaux :
Au Vendredi Saint : Isaïe 52 et 53
Et la vision d’Isaïe : au 1° dimanche de l’Avent année A : Isaïe 2,1-5
Propositions particulières :
9 mai : Saint Isaïe, prophète et martyr, mémoire selon le Propre du
Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. française 1979.
« Isaïe, fils d’Amos, est sûrement un des plus grands témoins de
Dieu de l’Histoire d’Israël.
De sa vocation à sa mort, il est avant tout l’homme de la foi. Il a vécu à
Jérusalem au VIII°s., dans le royaume du Sud gouverné par des rois souvent
médiocres, au moment où le royaume du Nord divisé s’écroule sous les coups
des Assyriens.
Il est hanté par les menaces qui pèsent sur son peuple.
Prophète de la sainteté de Dieu, depuis le jour de sa vocation et de sa
grande vision, il dénonce avec vigueur toutes les injustices qui sont un
scandale pour sa foi.
Cependant, prophète de la fidélité du Seigneur, il annonce aussi qu’un « reste »
subsistera et qu’un jour le Messie règnera dans la paix et la justice sur un
Israël transformé qui rassemblera autour de lui toutes les nations.
Antienne d’ouverture de la messe : Is.
61,1
Première lecture : Is. 6, 1a. 3. 5-8
Psaume : Is. 12,2-3. 4bcd. 5-6
(Refrain : Is. 12,3 )
Alleluia : Si. 44,1. 14
Evangile: Lc 4,16-21
Antienne de la communion: Is. 7,14
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14 juin
ELISEE
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ELISEE
Elisée, de l’hébreu « Elishâ » : « Dieu sauve »
Fête :14 juin dans tous les calendriers actuels, dont le Martyrologe
romain,
ainsi que le Patriarcat latin de Jérusalem – Voir plus bas :
proposition particulière .
15 juin dans certains calendriers orientaux anciens.
Il est parfois associé à St Elie, le 20 juillet.
L’Ordre du Carmel a un office de St Elisée qui a été renouvelé en 1992.
Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf. Pierre Maraval, Lieux Saints et
pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985.
Jéricho :
La fontaine d’Elisée : A mille cinq cents pas au
nord-ouest de la ville byzantine (It. Brud 596,6-10), une fontaine
était tenue pour celle dont le prophète Elisée avait adouci les eaux (2 R
2,19-22). Justinien y bâtit un monastère ; la carte de Madaba y
signale une église. Théodosius dit que dans cette église il y a la
mémoria d’Elisée, que tous les autres témoignages situent à Samarie
(De Situ 20).
Le gué du Jourdain :
Divers évènements bibliques sont, dès le IV° siècle,
rattachés à ce gué : la traversée qu’en firent Elie et Elisée (2 R
2,7-8), (...) le miracle d’Elisée retrouvant la hache perdue par les
prophètes (2 R. 6,1-7). (...) Sur la rive orientale on peut voir la
colline d’où un char de feu enleva Elie – sous les yeux d’Elisée (2 R
2,11-12).
Sunem, au nord de la Samarie :
Premier village de Galilée (...) Sunem, à cinq milles au
sud-ouest du Thabor (cf. Eusèbe, Onom.p. 158). C’est celui de la
veuve qui reçut Elisée dans sa demeure (2 R 4,8) : on montrait
celle-ci aux visiteurs du IV° siècle (Pierre Diacre, de locis, P.3).
Route de la côte, Mont Carmel :
Au VI° siècle c’est le souvenir du prophète Elisée qui est
également attaché au Carmel – en plus de celui d’Elie : un monastère lui est
dédié à l’endroit que l’on tient pour celui où il reçut la visite de la
femme dont il devait ressusciter le fils (2 R 4,25) (Ant. Plac.
Itin. 3,2).
Signification de son nom :
« Dieu sauve », son nom exprime sa vocation à la suite d’Elie :
manifester au peuple d’Israël la promesse de salut du Dieu unique, le Dieu
de leurs pères dont Israël se détourne trop souvent pour suivre les
idolâtres.
Résumé de sa vie :
14 juin : Elisée, prophète, IX° s. av. J.-C. : Les Eglises (...) font
mémoire, en ce jour, du prophète Elisée dont la vie est racontée dans le
premier et le second livre des Rois.
Elisée était fils de Shafath, selon la tradition un riche agriculteur de la
vallée du Jourdain ; il reçut la vocation de prophète par la médiation
d’Elie.
Il fut l’héritier du prophète Elie dont il continua l’œuvre, comme en
témoignent les épisodes de l’appel d’Elisée au prophétisme et l’ascension
d’Elie au ciel sur un char de feu. Les deux tiers de l’esprit qu’Elisée
demanda à son maître représentent en effet la part d’héritage qui revient à
l’aîné dans les familles de l’époque.
Elisée, dont le nom signifie « Dieu sauve », exerça son ministère
dans la seconde moitié du IX° siècle avant le Christ : il annonçait la
puissance vivifiante du Dieu d’Israël par la parole et par les œuvres qu’il
accomplissait en son nom, surtout à l’avantage des petits et des souffrants.
Il revendiqua avec courage, dans le royaume du Nord, la fidélité au Dieu
unique à une époque délicate pour l’histoire de la monarchie en Israël.
Elisée mourut au début du VIII° s. avant notre ère, après avoir donné son
ultime instruction à Joas, roi d’Israël. »
Témoins de Dieu, Martyrologe universel, Communauté de Bose, Bayard,
2002.
Références bibliques principales :
Sa vocation est rapportée dans le 1° Livre des Rois
19,19-21
Son histoire est reprise dans le cycle des récits imagés rassemblés dans le
2° Livre des Rois, avec un grand nombre de signes miraculeux.
Parmi ceux –ci : séparation des eaux (2 R. 2,13); assainissement
des eaux (2 R 2,19-22) miracle de l’huile de la veuve (2 R 4,1-7) ;
retour à la vie du fils de la Shunamite (2 R. 4,35) ; multiplication
des pains (2 R 4,42-44) ; guérison de Naamân, général syrien (2 R
5) ; retour à la vie d’un mort au contact du cadavre d’Elisée. (2
Rois 1-21)
Il est cité également en Siracide 48,12-14 et dans le
Nouveau Testament en Luc 4,27
Commentaire juif ou beau texte :
« (...) Pourquoi appelle-t-on Elisée, l’homme aux ailes ? Le
gouvernement d’Edom avait décrété contre Israël qu’on arracherait la
cervelle à tout homme portant des phylactères *. Or Elisée avait mis ses
phylactères et était sorti dans la rue ; un questeur le vit ; Elisée
s’éloigna en courant, l’autre le poursuivant. Lorsque ce denier l’eût
atteint, Elisée retira les phylactères de sa tête et les garda dans sa main.
Qu’y a-t-il dans ta main ? lui demanda le questeur ? Les ailes
d’une colombe. Il lui ouvrit la main, et c’était bien les ailes d’une
colombe. C’est pourquoi on appelle Elisée l’homme aux ailes. Et
pourquoi les ailes d’une colombe, plutôt que d’un autre oiseau ? Parce que
l’assemblée d’Israël est comparée à une colombe dans le passage
Les ailes de la colombe sont couvertes d’argent (Ps. 68,14). De même que
les ailes de la colombe sont sa protection, ainsi en est-il des
commandements de la Thora pour Israël ».
Chabbat 49a cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone,
Verdier 1982, p. 180-181.
*Phylactères / tefillin : « pl. deTefillah, ‘ prière’. Deux petites
boites (ou batim, maison, réceptacle) quadrangulaires en cuir
contenant quatre passages bibliques que les hommes, à partir de l’âge de
treize ans portent au bras gauche (chel yad) et sur la tête (chel
roch) pendant l’office du matin en semaine. A l’origine on portait les
tefillin pendant toute la journée ».
Dictionnaire encyclopédique du judaïsme Cerf, 1993
Commentaire chrétien ou beau texte :
« Par des cantiques spirituels célébrons les prophètes du
Christ, car Elie le Tishbite s’élance en courant vers les cieux et son
manteau procure à Elisée double grâce de par Dieu ; et tous deux se sont
montrés à l’univers comme astres lumineux, sans cesse intercédant pour nos
âmes. »
« Par des hymnes, fidèles, honorons les sommets des prophètes, ces
astres brillants sur l’univers, Elie et Elisée, et, dans la joie chantons au
Christ : en la tendresse de ton cœur, accorde à ton peuple, Seigneur, par la
prière de Tes prophètes au grand renom, la rémission des péchés et la grâce
du salut »
Ménées Byzantines au 20 juillet : St Elie et St Elisée
« Certains miracles – d’Elisée – ont un sens qui va loin. La
Shounamite est stérile, la prière d’Elisée lui obtient un fils. Mais ce fils
est frappé d’insolation pendant la moisson, comme si Dieu annulait ses
propres miracles. Jadis, Dieu redemandait à Abraham son fils Isaac obtenu
par miracle, faisant attendre de loin une victoire de la vie plus radicale
encore que celle remportée sur la stérilité, une victoire sur la mort. Cette
fois Elisée ressuscitera le fils de la veuve. Il y parvient à grand peine
jusqu’à ce que le garçon, non sans avoir éternué sept fois, revienne à la
vie. Ce réalisme dans le merveilleux décrispe les résistances du lecteur.
Le plus beau miracle est celui qu’opèrent les ossements d’Elisée (2 R
13,20-21).Un convoi de funérailles, sur un chemin qui n’est pas sûr,
voit survenir une bande de brigands, se disperse en se débarrassant du
cadavre au plus vite dans une fosse qui se trouve être la tombe d’Elisée.
Ayant touché les os du prophète, le cadavre est remis sur pieds. Manière
cocasse de dire que l’Esprit de vie ne
renoncera jamais à se donner aux corps : Israël s’affermira peu à peu dans
cette certitude. Un filet de vérité passe à travers ces prodiges. Un siècle
plus tard la vérité suivra d’autres chemins : les grands prophètes du VIII°
siècle, à une exception près, ne feront plus de miracles. »
Paul Beauchamp, Cinquante portraits
bibliques, Seuil, 2000.
Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes ABC :
13° dimanche après la Pentecôte année A : 2 Rois 4,8-16
13° dimanche après la Pentecôte année B et C : 1 Rois
19,19-21
17° dimanche après la Pentecôte année B : 2 Rois 4,42-44
28° dimanche après la Pentecôte année C : 2 Rois 5,14-17
Propositions particulières :
Le prophète Saint Elisée : 14 juin mémoire selon
le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. française 1979.
( ...) La vocation d’Elisée nous rappelle l’absolu de Dieu. Par toute sa vie
ce prophète est, parmi les hommes comme un signe de la puissance de
l’Esprit-Saint qui « renouvelle la face de la terre ». Laissons-nous
saisir par cet Esprit, afin que l’espérance et la vie qui viennent du Christ
éclairent notre monde.
Antienne d’ouverture de l’Eucharistie : 2 R 2,9 et 15b
Première lecture : 2 R 5,7a. 8-15a. 17b ou bien 2 R 2,11-15b
Psaume : 103, 1. 24. 27-28. 29bc-303 (Refrain : Ps. 103, 30)
Alleluia : 2 R 2,22
Evangile : Lc 4, 24-27
Antienne de communion : 2 R 13,21
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| 1er juillet AARON
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AARON
Fêté le
1° juillet
(calendrier maronite repris dans le martyrologe romain) ; 3 septembre avec
Josué et Gédéon (calendrier byzantin ) ; 9 août, 20 juillet (calendriers
autres)
Lieu de
mémoire / pèlerinage :
A l’Horeb,
une plate-forme rocheuse sur laquelle se seraient tenus Aaron et les
Soixante-dix Anciens en attendant le retour de Moïse du Sinaï : cette
plate-forme rocheuse est ainsi signalée par Egérie, au IV° siècle , dans
son journal de pèlerinage ( Itin. 4,5 )
Signification de son nom :
Pour certains
commentateurs, il n’y a pas en hébreu de racine explicite à ce nom propre
masculin. D’autres le rapprochent de la racine hébraïque du mot qui vient de
‘ ron’, le ‘chant’.
Résumé de
sa vie :
Aaron
est le frère de Moïse et de Myriam ( Ex 4,4, et 6,20 ) ; Compagnon et aide
de Moïse, choisi par Dieu, dans les évènements de l’Exode (Ex 4,14-17 et
4,27 ; 7-15) avec la marche au désert (Ex.16-18; Nb11-20)
au Sinaï ( Ex
19-40 ; Nb 1-10) ; il est le porte-parole de Moïse auprès des Hébreux ( Ex
4,14-16) ; Il est le premier Grand-Prêtre du peuple de l’Alliance ( Ex
28-39) ; Il est donc l’ancêtre du sacerdoce israélite ( Ex. 28,1 ; Ps
115,10-12 ; Ps 118,3 ) ; comme Moïse il ne peut entrer dans le pays que Dieu
donne aux israélites et il meurt sur la montagne de Hor, à la frontière d’Edom
( Nb 20,22-29 et 33,38-39 ; Dt 32,50).
Références
bibliques principales :
Livre
de l’Exode ; Livre du Lévitique ; Livre des Nombres ; Deutéronome.
Commentaire juif ou beau texte :
Sur
Exode 4,27-30 : ‘ L’Eternel dit à Aaron : va à la rencontre de Moïse dans le
désert’. Il y alla ; il le rencontra sur la montagne de Dieu et
l’embrassa. Moïse fit part à Aaron e toutes les paroles dont l’Eternel
l’avait chargé, et de tous les prodiges qu’Il lui avait ordonnés. Moïse et
Aaron partirent et assemblèrent tous les Anciens des enfants d’Israël. Et
Aaron dit toutes les paroles que l’Eternel avait adressées à Moïse et il
opéra les prodiges à la vue du peuple’.
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| 20 juillet ELIE |
ELIE
Fêté le
20 juillet en Occident depuis 1583 ,pour toutes les traditions :
Martyrologe Romain, Ordre du Carmel , Patriarcat latin de Jérusalem ,
orthodoxe byzantin et d’autres orientaux.
Lieu de
mémoire / pèlerinage :
Elie,
ascète et contemplatif, au rôle de thaumaturge,est devenu modèle et
précurseur de la vie monastique chrétienne.
Il y eût dans
l’antiquité chrétienne des lieux saints avec ou sans sanctuaires un peu
partout en Orient : à l’Horeb, dans le massif du Sinaï, la grotte où
s’était réfugié Elie fuyant Acab et Jézabel ; au gué du Jourdain à l’Est de
Galgala où l‘on rappelait la traversée d’Elie et d’Elisée, mémoire attestée
par St Jérome - ; à Teshbé où l’on montrait une grotte dans laquelle Elie
aurait résidé, selon Egérie, célèbre pèlerine au IV° siècle ; à deux
milles de Sébaste, en Samarie, on montrait également deux grottes dans
lesquelles auraient séjourné Elie et les 50 prophètes nourris par Abdias au
temps de Jézabel, selon Pierre Diacre ; en Arabie, entre autre à Ezrra (Zorava)
un sanctuaire édifié en 542 selon J. Lassus ; en Phénicie, au Mont Carmel,
le souvenir du prophète y était évoqué dès le IV° siècle avec une grotte,
vénérée par les Juifs, qui passera aux mains des chrétiens ; à Sarepta,
enfin où une petite tour rappelait son passage dès le IV° siècle selon St
Jérome, et une église y fût édifiée au VI° siècle ;
Cf .Lieux Sains et pèlerinages d’Orient,
Pierre Maraval, Cerf, 1985
On peut se
demander s’il n’y a pas eu parfois substitution de cultes anciens sur
d’anciens lieux de culte solaire en raison de l’homonymie « Elias » et «
Elios », soleil, en grec.
Signification de son nom : « Le nom hébreu du prophète, ‘ Elyaou ‘ -
‘le Seigneur est Dieu’ - dit tout sur lui :
ses ordres
sont ceux de Dieu » – cf. Paul Beauchamp,Cinquante portraits bibliques,
p.160, Seuil2000
Résumé de
sa vie : Elie le prophète, homme de Dieu, est originaire de Tishbé. Il
défendit vigoureusement la cause du Seigneur dans le Royaume d’Israël du
Nord, à l’époque d’Achab ( 874 – 853 av. .J-C) et de son épouse Jézabel.
Celle-ci, fille du roi de Tyr, avait introduit en Israël le culte des
idoles.
Le personnage
d’Elie connut toujours une grande popularité en Israël. Et le récit de son
enlèvement mystérieux vers Dieu exprime sa relation avec Lui : Sa
contemplation des desseins de Dieu était intense et signe d’avenir
messianique.
La tradition
juive reprend encore d’autres récits qui ne sont pas consignés dans la
Bible.
Références
bibliques principales :
Les
récits des actions d’Elie contre l’idolâtrie sont rapportés dans le cycle
d’Elie aux Livres des Rois : 1 R 17-19 ; 1 R 21,17 à 28 ;
2 R 1,2 à 2,12.
En 1R.19,
9-18 est rapportée la rencontre d’Elie avec Dieu dans le signe de la brise
légère après sa fuite, pleine de lassitude, dans le désert.
On y trouve
aussi les récits de son disciple Elisée. Il y est rapporté une série de
signes miraculeux : les plus importants sont repris dans le lectionnaire
dominical triennal.
Dans la
tradition biblique érie, comme dans la tradition juive orale, on attend le
retour d’Elie annonçant la venue du Messie : Siracide
48,9-11 ; Malachie 3,23
Dans le N.T.
les disciples de Jésus associent parfois la venue de Jean-Baptiste à Elie
« nouvel Elie », comme annonce messianique, en Mt 17,11-13 ; parfois
Jean-Baptiste le nie, en Jn 1,21.
Jésus
lui-même est considéré comme le « nouvel Elie », en Mt. 16,14 et Mc. 6,15 .
Et Elie est
présent à la Transfiguration du Christ : Mc. 9,1-8
Commentaire juif ou beau texte :
Elie
est présent à travers toute la vie juive depuis le siège de la circoncision
jusqu’à la coupe de vin à Pessah, la Pâque juive, au cours du repas de fête,
le Séder :
« Le soir du
Sédère on prépare une coupe de vin pour le prophète Elie dont la venue
précède celle du messie ; le prophète doit arriver à Pessa’h.
La promesse
de la venue d’Elie, son rapport avec l’exécution de la Torah, voilà le
dernier message du dernier des prophètes, selon Malachie
3,22-24.
La coupe
d’Elie est ainsi l’expression de notre confiance en la venue toujours
imminente du prophète… »
Robert
Nelson, La Haggadah commentée, p. 69, Colbo 1966
« Rabbi Béroka de Be Hozé était au marché de Beth Léphet à
regarder les gens lorsque que le prophète Elie – que sa mémoire soit bénie
– lui apparut. R. Békoba lui demanda : ‘ Y a-t-il dans ce marché quelqu’un
qui participera au monde à venir ?’ ( ….) A ce moment, deux autres hommes
vinrent à passer. Elie dit à R. Békoba : ‘ ceux-là (…) auront part au monde
qui vient’.
Aussitôt
R. Békoba alla vers eux : ‘ Quelles sont vos occupations ?’ leur
demande-t-il. ‘ Nous sommes des amuseurs. Lorsque nous voyons des gens
tristes, nous les égayons ; et aussi quand nous voyons deux personnes qui se
querellent, nous faisons tout pour les réconcilier’. » Ta’anith 67
Commentaire chrétien ou beau texte :
Commentaire
de l’icône de la Transfiguration – extrait du catéchisme orthodoxe
Dieu est Vivant, le cerf, 1979 :
« (…) Elie
est descendu du ciel sur le mont Thabor pour contempler Dieu devenu homme,
tandis que Moïse, réuni par la mort à ses pères, représente ceux qui
attendent la venue du Christ aux Enfers. Moïse et Elie s’inclinent devant
Jésus. Moïse personnifie la Loi, Elie vient au nom des prophètes pour rendre
témoignage avec lui, à la divinité du Christ qui est ‘l’accomplissement de
la Loi et des prophètes’- p.99
« Ange de
la chair, fondement des prophètes,second précurseur de la Parousie du
Christ, glorieux Elie, tu as fait tomber d’en haut la grâce d’Elisée,
chassé les maladies et purifié les lépreux :
fais donc
aussi pleuvoir la guérison sur ceux qui t’honorent ». Tropaire de la
fête byzantine de St Elie
« Les
sombres nuages du péché me recouvrent, la tempête de la vie - la houle de
l’existence - me secoue et l’ouragan du mal contre mon âme souffle
violement ; mais toi, prophète divin, prends à ma place le gouvernail, et
guide moi vers le port du salut ».Ménées byzantines, ode 4, t.8
Situation
dans le cycle liturgique dominical/fêtes ABC :
Année A 19°
dimanche après la Pentecôte : 1 R 19,9a -11-13a
suivi du PS 84 (85) qui exprime la confiance
après le découragement
Année B 19°
dimanche après la pentecôte : 1 R 19,4-8
suivi du Ps 33 (34) | |