SAINTS BIBLIQUES du 1er TESTAMENT

 

 

27 mars

ISAAC

ISAAC    

 

Fête : 27 mars dans tous les  calendriers des traditions anciennes

                sauf les Eglises Copte et Ethiopienne qui en font mémoire avec Abraham et Jacob le 3 septembre

 En Occident, au VII° siècle, une longue préface gallicane développe l’obéissance du Patriarche Abraham et la signification du sacrifice d’Isaac.

  

Lieu de mémoire / pèlerinage : cf. Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

 A Hébron avec Abraham et Jacob, avec un office propre au temps du Royaume franc

 et sur le Mont Garizim où les Samaritains plaçaient le sacrifice d’Abraham, selon le témoignage du Pèlerin de Bordeaux en 333 apr. J-C (cf. It. Burd. 587,3-4)

 

 Signification de son nom :   Ce nom propre masculin a la même racine en hébreu que le mot  «  rire » : « il a ri » ; « il rira », ou de la racine « jouer » : « il jouera ».

 Jouer= racine S-H-Q  avec les consonnes samekh-heth-qof,  le H étant prononcé Heth, la 8ème de l'alphabet

Rire=  racine TS-H-Q avec les consonnes tsadé-heth-qof.

Deux racines qui sont effectivement très proches l'une de l'autre et qui se renforcent mutuellement du fait qu'elles ont chacune une sifflante au début S et TS avec en plus un Heth commun aux deux racines et en finale, toutes les deux un Qof!

  On explique ce nom par le rire de Sarah, la stérile, femme d’Abraham, mère d’Isaac selon la promesse faite par les trois messagers de Dieu  lorsque ceux-ci annoncèrent à Abraham et Sarah la naissance à venir d’Isaac.  

Cf. Gn 21,1-8 ; 17,17 ; 18,12 ; 21,6.

  

ISAAC    S'APPELLE     «RIRE»

 II est heureux qu'un personnage de la Bible s'appelle « Rire ».

Isaac, fils d'Abraham, est celui qui s'appelle « Rire » ! Le récit nous laisse dans l'incertitude quant aux raisons qu'il y a de « rire » à son propos. Il en donne en effet plusieurs, attachées à l'ambiguïté du mot et à celle du rire lui-même.

Le mot se répète au long du récit. Un vieillard, Abraham, apprend qu'il sera père lors de sa centième année : il « rit » (Gn 17,17). Sa femme Sara, qui écoutait la nouvelle à l'abri de sa tente (la tente de la philoxénie), « rit » sous cape (Gn 18,12). Découverte, elle prétend qu'elle n'a pas « ri » (Gn 18,15). À la naissance du bébé, elle imagine les «rires» du voisinage (Gn 21,6).  « Rire », en hébreu, le même mot veut dire aussi « jouer ». Jeux d'enfants du petit Isaac avec son demi-frère Ismaël (Gn 21,9); jeux d'amour d'Isaac avec sa femme Rébecca (Gn 26,8).

La parole est le propre de l'homme. Le rire l'est plus sûrement encore, alors que la gravité des animaux (oiseaux, poissons, jusqu'aux mammifères évolués) est un de leurs traits distinctifs. Rire et parole sont en réalité indissociables. Le rire naît au cœur de la toute première expérience du bébé. Il naît de l'angoisse et du plaisir qui accompagnent le fonctionnement de la signification. Angoisse et plaisir qui consistent essentiellement à surmonter le danger de se tromper et d'être trompé.

Cinquante portraits bibliques, Paul Beauchamp, Seuil, 2000.

 

 Résumé de sa vie :  

Isaac est le « fils de la Promesse », mais sa vie resta très simple :

La Promesse (Gn 17,19-21) ; sa naissance (Gn 21) ; le sacrifice, que la tradition juive appelle «  la ligature »

(Gn 22) ; son mariage (Gn 24) : Il se marie avec Rebecca – dont le nom, en hébreu «  ribca » veut dire

« le char », ou « attaché à une corde », ce qui signifie son attachement à son mari, comme un char au cheval !

 Saint Jérôme, au IV°s. ap. J-C, interprétera le nom de Rébecca comme « la patiente ».

Isaac a un fils, Jacob, jumeau d’Esaü, né le premier (Gn 25 ; 27 ; 28 ; 35)

 Le seul texte qui concerne directement Isaac : ses démêlés et l’alliance avec Abimelek à Bersabée, point d’attache des fils d’Israël et des traditions (Gn 26,33 ; 28,10 ; 46,1-5)  

L’histoire d’Isaac reflète la conviction théologique fondamentale de toute l’histoire des Patriarches : Le Seigneur Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, celui qui conduit l’histoire par la réalisation des Promesses (Ps105).

 Par lui naîtra Jacob et la postérité d’Israël sur la terre des Promesses (Jr 33,26 ; Nb 32,11).

Cité dans la généalogie de Jésus-Christ, il est le premier des fils de la Promesse, dans la suite de ceux qui ont mis leur foi en Dieu (Mt 1,2 ; Hb 11,20 ; Rm 9,7-10).

 

 Références bibliques principales :

 Livre de la Genèse aux chapitres 17 et 18 ; 22 à 25 ; 26-27 ; 35xxx

  

Commentaire juif ou beau texte :

 «  (...) Le Seigneur parlera à Isaac : ‘tes enfants ont péché’. Isaac lui répondra : ‘ Maître du monde, est-ce que ce sont uniquement mes fils ? Ne sont-ils pas aussi les Tiens ? Lorsqu’ils t’ont assuré Nous le ferons et Nous écouterons, Tu as appelé Israël Mon fils aîné. Et à présent, ils seraient mes fils et non les Tiens ! Je dirai plus : combien de temps ont-ils péché ? Combien d’années dans une vie humaine ? Soixante dix. Ote vingt années exempte de punition -  (Les péchés commis avant l’âge de 20 ans ne sont pas punis cf. Nb 14,24) - ; il leur en reste cinquante. Retranche les nuits et il ne leur en reste que vingt-cinq. Retranche aussi les douze années et demie qu’ils passent à prier, à manger et à satisfaire leurs besoins naturels, il ne leur en reste plus que douze et demie. Si – Tu veux bien – en porter la charge entière, c’est bien. Sinon, partageons-la : j’en porterai une moitié et Toi l’autre. Et si tu estimes que c’est à moi de la porter toute, ne t’ai-je pas offert ma personne en sacrifice ?  (...) »

                     Chabbat 89b cité p. 212 dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982 

 

Sur le verset XXII, 7 : « Mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » :

 « Isaac dit à Abraham son père. Le père et le fils n’avaient encore échangé aucune parole. L’attitude silencieuse et grave du père a pu faire deviner au fils le sérieux de la tâche à accomplir. Enfin le dialogue s’engagea, après que, selon le récit du Midrach, le Satan, déguisé en être humain, se fut approché d’Isaac, et eut essayé de le corrompre : « Malheureux, fils de malheureuse ! Combien de jeûnes ta mère n’a-t-elle pas observés, combien de supplications n’a-t-elle pas adressées au Ciel jusqu’au moment de ta naissance ? Et voici que ce vieillard à tes côtés est devenu fou et va t’immoler ! » De suite, Isaac se tourna vers son père et lui dit : « Voilà ce que cet homme m’a dit. Mais où donc est l’agneau de l’holocauste ? ».

 

Et Abraham répondit : « Il nous appartient, quant à nous, d’apporter le bois, le feu et le couteau, et d’être prêts à n’importe quel sacrifice. Ce que Dieu choisira et ce qui se produira se fera uniquement par sa volonté ; laissons-en la décision à Dieu ». Abraham avait ainsi dit à son fils tout ce qu’il avait besoin de savoir : « Nous n’avons qu’à ériger l’autel et laisser à Dieu le soin de choisir le sacrifice que sa Sagesse élira ». Et ils marchèrent tous deux ensemble. » La Voix de la Thora,  idem

  

Commentaire chrétien ou beau texte : Extrait de Paul Beauchamp

  (...) ce qui singularise Isaac se concentre sur deux scènes seulement (...)

 (...) Première scène : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, celui que tu aimes. Pars pour le pays de Moriiya et là, tu l'offriras en holocauste... » (Gn 22,2). Acceptons qu'Abraham soit toujours célébré comme le héros de cet épisode. Mais si jamais un fils a surmonté la crainte d'être trompé par la parole du père, c'est bien Isaac.

Leur premier échange de parole est saisissant : « Isaac parla à son père Abraham : "Mon père", dit-il, et Abraham répondit : "Me voici, mon fils" » (Gn 22,7).

 (...) Une tradition représente Isaac les yeux bandés sur l'autel où l'a placé son père, dans la nuit que la foi traverse. Si grande est leur union que disparaissent les images de « père » et de « fils ».

        Dans la seconde scène décisive de sa vie, Isaac est un vieillard devenu aveugle. Il s'établit une correspondance souterraine entre les deux scènes. Isaac n'a pas un instant pu se croire trompé par son père, et le voici trompé par son fils, par Jacob ! Ce n'est pas le rire qui salue cet épisode, mais un frisson : un « tremblement extrêmement violent » (Gn 27,33). Or cette convulsion n'est pas sans rapport avec le rire, elle en révèle plutôt la face cachée. On rit d'avoir frôlé l'abîme. Il faut nous habituer à percevoir cette convulsion, cette alternance spasmodique d'effroi et de joie dans de nombreux récits bibliques, tant il est vrai que Dieu prend l'homme à revers, soit que ses pensées soient évidemment plus élevées que les nôtres, soit, au contraire, qu'elles nous paraissent plus basses, venant se commettre avec ce qu'il y a de moins élevé dans nos vies d'hommes. L'histoire de l'élu, Jacob, va commencer dans la violence et la traîtrise. »

 Cinquante portraits bibliques, Paul Beauchamp, Seuil, 2000.

 

«  (...) En Isaac aussi nous est offerte une préfiguration de la Passion, lorsqu’il est appelé par son père au sacrifice, lorsqu’il porte le bois du sacrifice, lorsqu’un bélier se présente pour la consommation du sacrifice »

                                                            Traité des Mystères, XVII, 1-2, Hilaire de Poitiers

 

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :  

 

Année B    2°dimanche de Carême : Gn 22,1-18

 Année C   16°dimanche de Pentecôte :           Gn 18,1-10

   17° dimanche de Pentecôte :          Gn  18,9-14

 Années A, B, C à la vigile pascale : Gn 22,1-18

  

Propositions particulières : cf.  La Vision d’Isaac d’Edmond Fleg

 

La vision d'Isaac

Isaac bénit Jacob, ses fils et leur semence,

Puis se tourna vers le mur, en silence ;

Et faible sur sa couche, aveugle et sourd.

Ayant connu pour Dieu des maux très lourds,

II attendit la mort, rassasié de jours.

Or, l'Ange d'Élohim vint, à l'heure dernière,

Toucher sa tempe et sa paupière,

Et, rendue un instant à ses forces premières,

Son âme retrouva les sons et la lumière.

Et le mur s'entrouvrit, plein d'esprits et de cris ; Et le Père mourant vit tous ceux de sa race, Dispersés et meurtris dans le temps et l'espace. Et sur les bords des mers et sur les fleuves clairs Sur les monts et les plaines Et les villes lointaines,

Et tout le long des ans sur les jours ondoyants, Et tout le long des âges, sur les siècles sauvages Le Père se penchait, — pour écouter La plainte qui montait de sa postérité :

« Isaac ! Isaac ! pourquoi nous as-tu mis au monde ? Nous allons, sans abri ; Nous n'avons point de part à la terre féconde, Et sur le sol natal nous sommes des proscrits.

« Le faible nous insulte, le poltron nous brave, L'enfant siffle contre nous ;

Et nous avons pris des âmes d'esclaves,

 à force d'user nos genoux.

 

« Au long des chemins nous cherchons des frères ; Mais nos cœurs, en lambeaux. Dans la nuit sans fin n'ont d'autres lumières Que les bûchers en flamme et l'éclair des couteaux.

 

« Et nous levons au ciel nos mains épouvantées, Sans qu'une main d'en haut nous vienne secourir ; Et sans vivre les joies que d'autres ont chantées, Nous tombons au sépulcre avant que de mourir. »

Ainsi montait la plainte, sans trêve.

Et le Père gémit dans la voix de son rêve :

« Tu leur avais promis, Seigneur, après ma mort,

Un pays de palmiers où coule l'huile d'or.

L'ont-ils déjà perdu ? Le cherchent-ils encor ?

Comme ils ont dû pécher, pour mériter leur sort.

« Lorsqu'au mont Morïah, victime volontaire,

Sous l'angoisse plié,

J'offrais ma gorge au couteau de mon père,

Par ton ange, Élohim, mon corps fut délié ;

Mais regarde mes fils ! A quoi bon ta clémence,

S'il faut que mon supplice, après moi, recommence? »

 

Alors Dieu dit au moribond : « Isaac, si pour tes fils ta douleur le demande, Je puis, t'épargnant l'épreuve trop grande, Choisir une autre chair pour y marquer mon Nom, Et tes enfants seront ce que les heureux sont.

 

« Ils posséderont un coin de la terre, Et d'autres marcheront exilés du soleil ; Ils se rassasieront au froment salutaire, Et d'autres souffriront le jeûne sans sommeil.

 

« Ils ne seront point mangés par l'épée, D'autres nourriront la flamme et le fer ;

Ils auront l'âme claire, au feu d'orgueil trempée, D'autres paraîtront vils à l'univers.

 

« Ils ne connaîtront rien des tristesses profondes Qui les pouvaient rendre immortels, — Mais d'autres feront sonner au monde, La voix de l'Éternel! »

Ainsi tonnait dans l'étendue

La parole du Dieu fort.

Mais, montrant ses fils de sa main tendue,

Isaac supplia dans la mort :

 

« Élohim! Élohim! ne change pas leur sort! Qu'ils vivent, s'il le faut, condamnés au servage ; Qu'ils errent en sanglots par les lieux et les âges, Mais qu'ils te louent, Dieu juste, et qu'ils voient ton visage! »

 

Et Dieu ferma les yeux du Père des Souffrants, Et Jacob mit ses os dans la tombe, en pleurant.

Écoute, Israël (Flammarion.)

 

1er mai

JEREMIE

 

JEREMIE 

  

Fête :Le 1° mai dans le Martyrologe romain, la plupart des calendriers orientaux anciens

ainsi que dans le Patriarcat latin de Jérusalem –(Voir plus bas : proposition particulière)

 Le 3 mai selon les Vieux-catholiques

 Le 13 mai selon les Eglises copte et éthiopienne

Le 21 juillet selon le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975 ; trad. française 1979

Il était célébré au V° siècle par les Pères de l’Eglise avec une mémoire en Egypte et en Palestine, -

(Voir plus bas : proposition particulière) et par la suite à Constantinople et à Venise.

 

 Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf. Pierre Maraval, Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985

                 Anathot 

C’est la patrie du prophète Jérémie (Jr 1,1) à petite distance – trois ou quatre milles – au nord-est de Jérusalem.

Des pèlerins y signalent au IV° siècle la tour de laquelle il aurait composé ses lamentations, au VI° siècle son tombeau. Son église, qui date sans doute du IV° siècle, réunissait la communauté de Jérusalem pour la fête du prophète (Cf. Eusèbe, Pierre Diacre et Jérôme)

 Jérusalem

La citerne de Jérémie : De Siloé, une voie à degrés remontait la vallée du Tyropaeon. En haut des marches, tout près d’une ancienne porte de la ville, on montrait au VI° siècle la citerne où le prophète Jérémie avait été jeté par le roi Sédécias (Cf. Théodosius).

On l’identifie maintenant avec une citerne située à 50 m. au sud de la porte du Fumier ; une inscription montre qu’elle était tenue pour un lieu saint.

 Taphnis, en Egypte

A une étape au sud-ouest de Péluse, Taphnis (Daphnae) était identifiée par les Anciens à Tanis, une des capitales de Pharaon : on le tenait pour le lieu de naissance de Moïse. (...) 

Une source juive du II° siècle y place le tombeau du prophète Jérémie, localisation qui ne semble pas avoir été reprise par les chrétiens.

 Tétrapyle, en Egypte

Ce monument de l’Alexandrie païenne avait été transformé en église ; il passait pour conserver les reliques du prophète Jérémie (Cf. Jean Moschus, Prat. Spi. 77)

 

 Signification de son nom :

 En hébreu Yirme-yahou.

Racine: Resh, Vav, Mèm final, vocalisé Roum: « être haut, élevé; s'élever, s'enorgueillir ; être rehaussé, exalté ».

Jérémie pourrait vouloir dire: Il est élevé par le Seigneur (Yahou ou bien Yah si on prend la version raccourcie de son nom: Yirme-yah) ou bien le Seigneur l' élève!

Même s’il n’y a pas de commentaire spécifique à ce sujet cela correspond bien à sa mission qui est sans cesse sapée. Il se laisse décourager. Même dans le fossé, Jérémie est fidèle à sa mission par amour indéfectible du Seigneur. Le Seigneur le relève de toutes ses détresses, de tous les abandons dont il est l'objet. Il le remet debout.

Jérémie, même écrasé ne peut qu'annoncer que le Seigneur sauve de toutes les situations de détresse.

 

Résumé de sa vie :

                Jérémie est d’origine rurale, d’Anatot, en territoire de Benjamin.

Il est « fils d’Hiliyyahu », d’une famille sacerdotale. (Jr 1, I)

Son ministère de prophète se situe en trois grandes périodes : sous trois rois, entre 640 et 587 av. J.-C.,

                se continuant en exil après la prise de Jérusalem et la déportation à Babylone.

Dès sa vocation de prophète, en la 13° année du règne de Josias en 627, il doit dénoncer par ses oracles contre l’idolâtrie, la faute de certains membres du peuple d’Israël ; en Juda, de 627 à 622.

                Sous Josias il quitte Ananot pour Jérusalem où le culte est centralisé avec la réforme religieuse.

                Il donne un message d’espérance à ceux du Nord qui ont perdu leur indépendance en 721 (Jr 30-31).

Il doit de nouveau parler contre l’idolâtrie sous Joiaquim, nouveau roi infidèle, et que Nabuchodonozor prend le pays (Jr 7,1-15).

                Après la déportation de Joiaquim, Jérémie dit au nouveau roi Sédécias, 597-587, de se soumettre à                Babylone : ce dernier refuse, Jérusalem est prise,en 586, Jérémie mis en prison puis emmené en Egypte

                en exil où il continue de parler  (Jr 28 ; 31 ; 40).

                On ne sait rien de sa mort en Egypte : certaines traditions juives situent son martyre à Taphnale/Taphnis

 

Références bibliques principales :

En complément des  citations données dans le résumé de sa vie et le cycle liturgique A, B, C :

                L’appel Jr 1,4 -10

                Dieu fait ce qu’il dit Jr 1,11-12

Oracles de Dieu contre l’idolâtrie Jr 2,4  - entre autres -

Oracle du bonheur à venir de Jérusalem: Dieu reconnu par son peuple et par les nations Jr 3,17

Dieu propose un chemin de vie Jr 4,3

Tristesse de Jérémie Jr 8,18-20

La vraie sagesse Jr 9,22-23

Psaume de louange du Dieu vivant face aux idoles Jr 10,1-16

Prière de Jérémie pour son peuple Jr 10,23-25

Comparaison de la ceinture de lin Jr 13

Oracle d’un descendant de David Jr 23,5

Annonce de l’Alliance nouvelle ‘écrite sur les cœurs’ Jr 31,31

 

Commentaire juif ou beau texte :

«  R. Abahou a dit au nom de R. Eléazar : le feu de la Géhenne n’a aucun pouvoir sur les disciples des sages. (...) la personne des disciples des sages tout entière est feu puisqu’il est dit Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? dit l’Eternel (Jr23,29) ; ils seront donc à plus forte raison immunisés contre de feu ».

Haguiga 27a, cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier, 1982, p. 593.

 

« R. Juda a souligné, au nom de R. Ami, la contradiction suivante : Il est écrit, d’une part, Revenez, enfants rebelles et je vous guérirai de votre infidélité ( Jr 3,14 ; 3,22) et d’autre part  Car je suis votre maître (Jr 3,14).

Ce n’est pas difficile à résoudre : les deux premières citations ont trait au repentir qui vient de l’amour ou de la crainte de Dieu, la dernière fait allusion au repentir à travers les épreuves.(...)

 

R. Johanan a dit : le repentir est une grande chose, il est au-dessus d’un commandement négatif de la Thora, car il est dit Lorsqu’un homme répudie sa femme, qu’elle le quitte et devient la femme d’un autre ( cet homme retourne-t-il encore vers elle) etc. Et toi, tu t’es prostituée à de nombreux amants, et tu reviendras à moi ! dit l’Eternel (Jr 3,1)

Yoma 86a et 86b, cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier,  1982, p.385

 

Les traditions juives insistent sur la puissance de sa prière et son martyre : (Cf. par exemple, le Pseudo-Epiphane

à propos des Prophètes). 

  

Commentaire chrétien ou beau texte :

 

" Jérémie est le poète par excellence de la terre ... Personne n’a été enraciné plus visiblement dans les anciennes traditions de l’Israël tribal lorsque la terre était vénérée (1 R 21), ( …) avec la vitalité et la gratitude et de la nouveauté. Personne non plus n’a vu plus clairement que lui que la terre ne peut être gardée de la manière royale comme Israël a essayé de le faire. Il savait, sans erreur possible que la terre serait perdue. Personne n’a pris soin comme lui de la terre et personne n’a compris plus clairement que lui la marche inexorable de l’histoire royale vers l'exil."

W. Brueggemann, cité par Alain Marchadour et David Neuhaus, La terre, la Bible et l’histoire, Bayard, 2006.

 

 "  Le message de Jérémie peut tenir en un mot : n’attendre de rien le salut, de rien si ce n’est de Dieu seul. Comment tenir sur cette voie sans être soi-même ‘ une place forte, un pilier de fer, un rempart de bronze’ ? Au nom de sa certitude et dans cet esprit de force, Jérémie prononce ces mots étonnants ‘ servez le roi de Babylone et vous vivrez’, alors que ce roi est l’ennemi et le vainqueur. Ce n’est pas l’Egypte, même si elle est l’ennemie de Babylone, qui vous sauvera. Ce discours oppose le prophète au roi comme aux prophètes qui soutiennent ce roi. Il échappe de peu à la mort à plusieurs reprises. D’autres qui parlent comme lui, tel le prophète Ouriyahou, sont exécutés et jetés à la fosse commune. (Jr 26,20-23). Mais c’est vers la vie que Jérémie oriente Israël. Israël qu’il compare à deux corbeilles de figues. L’une est gâtée, l’autre qui est saine, symbolise les exilés partis à Babylone. Il leur donne cette consigne : là-bas, construisez, plantez, proliférez, intercédez auprès du Seigneur pour Babylone (Jr 29)."

Paul Beauchamp, Cinquante portraits bibliques, Seuil, 2000

 

 Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

  

Année A                               12° dimanche ap. la Pentecôte          Jr 20,10-13

                                               22° dimanche ap. la Pentecôte          Jr 20,7-9

  

Année B                                               5° dimanche de Carême                     Jr 31,31-34

                                               16° dimanche ap. la Pentecôte          Jr 23,1-6

                                               30° dimanche ap. la Pentecôte          Jr 31,7-9

  

Année C                                               1° dimanche de l’Avent                     Jr 33,14-16

                                               4° dimanche ap. la Pentecôte            Jr 1,14-19

                                               6° dimanche ap. la Pentecôte            Jr 17,5-8

                                               20° dimanche ap. la Pentecôte          Jr 38,4-6

 

 Car si le mal envahit le monde et si le prophète voit approcher la catastrophe, il sait que l’amour de Dieu demeure et appelle son peuple à la conversion. Il affirme qu’après l’épreuve viendra la réconciliation, le rassemblement, une «  nouvelle alliance » qui transformera le cœur de l’homme.

 Déjà au 1° siècle avant J.C., la mémoire du prophète Jérémie semble avoir été l’objet d’une vénération particulière dans l

Propositions particulières :

  

Mémoire de St Jérémie le 21 juillet selon le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. française 1979.

 «  Jérémie est né au village d’Anatot, au nord-est de Jérusalem, vers 650 avant J.C., d’une famille sacerdotale.

Il apparaît au moment le plus critique de l’histoire d’Israël, dans les années précédant la destruction de Jérusalem et la déportation à Babylone (586).

Pendant près de quarante ans, il sera le témoin de Dieu au milieu de son peuple dont il partagera l’angoisse et le destin.

Il découvrira au cœur même du drame les exigences de la foi et préparera l’avenir.

 e monde juif. Les chrétiens continuèrent à le vénérer, frappés par la concordance de sa vie avec celle du Christ, dont il est une des plus limpides figures. Les Pères le saluent souvent comme un martyr, et nous savons qu’au IV° siècle, sa mémoire était commémorée en Egypte et en Palestine.

 La liturgie de ce jour est surtout un appel à la conversion : Dieu est vivant et proche : son amour est capable de bouleverser une vie, sa parole s’adresse au cœur de l’homme « D’un amour éternel je t’ai aimé, c’est pourquoi je t’ai attiré dans ma miséricorde ». (Jr 31,3).

 Antienne. d’ouverture de la messe : Jr 23,3-4 ; 1° lecture : Jr 1, 4-10 ; Ps : Jr 17,7-8 avec Répons : Lc 11, 28 ; Alleluia : Jr 1,5 ;

Evangile : Lc 19,41-44 ; antienne de communion : Jr 31,3

 

9 mai

ISAIE

  ISAIE   

                La racine de ce nom, en hébreu vient de « sauver, délivrer » cf. la signification du nom 

 

Fête :9 mai selon le Martyrologe Romain, les Orthodoxes et les Gréco-Catholiques, ainsi que le Patriarcat latin de Jérusalem. – Voir plus bas : proposition particulière

 5 mai selon le rite byzantin.

 16 septembre selon les Eglises copte et éthiopienne.

 

 Lieu de mémoire / pèlerinage : cf. Pierre Maraval, Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985.

                 Jérusalem :

Dans la vallée du Cédron, en face du pinacle du Temple, le tombeau dit « de Jacques » est mentionné par le Pèlerin de Bordeaux au IV° s. comme étant celui d’Isaïe (It. Burd., 595,3).

                 Environs d’Eleuthéropolis :

Dans le village de Caphar Zacharia, ou Bethzachar, on conservait la scie avec laquelle le prophète Isaïe aurait été mis à mort et l’on montrait non loin de là le lieu de son supplice (cf. Ant. Plac.  Itin. 32,33).

                 Panéas (ex Césarée de Philippe)

C’est dans cette ville qu’on découvrit en 442 les reliques du prophète Isaïe (cf. Cedrenus Chron..).

               

 Signification de son nom :  

                                « Dieu sauveur est délivrance » 

 En hébreu, Isaïe s'appelle: YeSHa'YaH ou YeSHa'YaHou (une forme brève et une forme longue)  Son nom est composé d'une racine qui s'écrit: Yod, SHîn, Ayïn et de deux ou trois consonnes du nom divin par excellence qu'on nomme le Tétragramme (4 lettres): "Yod, Héh, Vav,Héh".

 

Dans ses différentes formes, cette racine veut dire:

"aider, assister, secourir, sauver d'un péril, délivrer des ennemis,obtenir la victoire ou le salut, triompher du danger, de la mort...et donc finalement, accorder le salut,  être victorieux, vainqueur du péché et de la mort ...

 

YaH et YaHou sont des appellations abrégées du Nom divin par excellence ineffable, ce Nom par lequel Dieu se fait connaître à Moïse au verset 14 dans le chapitre 3 du livre de l'Exode: Celui qui est avec lui personnellement, tout proche, avec chacun(e), avec son peuple à travers toute son histoire, prêt à le délivrer de tous les dangers du péché et de la mort en vertu de l'Alliance.

YaH et Yahou, c'est le Seigneur, Adonaï, l'Eternel, exprimé par les 4 consonnes du Tétragramme: Yod, Héh, Vav, Héh", le Nom imprononçable de Dieu qui sauve, "Dieu de miséricorde, lent à la colère et plein d'amour" comme on le retrouve dans les Ecritures.

 Ainsi, Isaïe porte le nom de " le Seigneur sauve...obtient la victoire..."

 La racine du verbe "sauver" se retrouve dans d'autres noms connus comme Josué,Osias, Osée, Jésus (YeSHou'aH)...

 Ainsi le prophète annonce la délivrance promise par Dieu, sauveur du peuple.

                              

Résumé de sa vie :             

 Fils d’Amoç, Isaïe est l’un des quatre «  grands prophètes » (Is. 1,1). « Grand », en référence à la longueur des textes prophétiques qui lui sont attribués.

             Il exerce son activité à Jérusalem, en la dernière année d’Osias (Is. 6,1) au temps du siège de la cité par Sennachérib, en 701 av. J.-C.

Appartenant sans doute à l’élite sociale du pays, il y joue un rôle de premier plan.Il fût profondément influencé par la prédication d’Amos.

Son envoi comme prophète lui est révélé dans une vision du « Dieu trois fois Saint ». Isaïe y répond : «  Me voici » (Is. 6,1-13).

 

 Références bibliques principales :

 Isaïe est chargé par Dieu de porter la parole divine au peuple endurci (Is.8).

Il rappelle maintes fois qu’Israël doit se garder des alliances avec ses voisins au plan politique, pour mettre sa confiance en Dieu seul.

Il dénonce les abus sociaux des riches de sa communauté, la corruption des juges, le luxe et l’oisiveté de la noblesse  (Is. 5,8 ; 3,16 ; 5,11-23 ; 10,1 ; 3,12).

Isaïe confesse sa foi en Dieu, le Seigneur, le Saint (Is. 5,19-6,3), le grand Roi (Is. 6,5), l’Unique (Is. 2,12-17), le Juste (Is. 7,19 et 3,12), Bienveillant (Is.8, 18).

Il rappelle à l’homme la grandeur de Dieu face à sa petitesse de créature  (Is. 6,5).

 

 Commentaire juif ou beau texte :

 « Il est écrit : Sur tes remparts, O Jérusalem, j’ai posté des guetteurs, qui ne se tairont ni le jour ni la nuit, en aucun temps. O vous qui faites appel au souvenir de l’Eternel, ne prenez aucun répit (Is. 62,5-6). Que disaient ces guetteurs ? Selon Rabba, le fils de R. Chila, ils disaient : Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion, car le temps d‘avoir pitié d’elle, le temps fixé est à son terme. (Ps 102,14.

Selon R. Nahaman. b. Isaac, ils disaient : L’Eternel rebâtit Jérusalem, il rassemble les exilés d’Israël (Ps 147,2). Et avant la destruction de Jérusalem, que disaient les guetteurs ? Selon Rabba, le fils de R. Chila ils disaient : Oui, l’Eternel a choisi Sion, il l’a désirée pour sa demeure (Ps 132,13) ».

 

 Menahoth 87a cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier, 1982, p. 1269

« A l’école d’Elie on enseignait : les justes que le Saint, béni soit-il, ressuscitera ne retourneront plus à la poussière : On dénommera saint quiconque aura été sauvé dans Sion et épargné dans Jérusalem (Is. 4,3). De même que le Saint est éternellement vivant, ils vivront eux aussi, éternellement. Tu te demanderas peut-être ce qu’ils feront pendant ces mille ans que le Saint, béni soit-il, consacrera à renouveler le monde et à propos desquels il est dit : Seul l’Eternel sera grand en ce jour (Is. 2 ,17). Le Saint, béni soit-il, leur fera des ailes semblables à celles des aigles, et ils planeront au-dessus des eaux, car il est dit : Aussi ne craindrons-nous rien, dût la terre bouger de sa place etc. (Ps 46,3).Tu pourrais penser qu’ils vont souffrir pendant tout ce temps, c’est pourquoi le texte précise : Ceux qui attendent Dieu acquièrent de nouvelles forces, ils prennent le rapide essor des aigles ; ils courent et ne sont pas fatigués, ils vont et ne se lassent point (Is. 40,31).

Sanhédrin 92 a-b cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982, p. 1079-1080.

 

Commentaire chrétien ou beau texte :

«  (...) Le prophète Isaïe a écrit : J’ai vu le Seigneur (Is. 6,1) (...). Du fait qu’Isaïe parle d’Isaïe (...) C ?’est un témoignage. Cette manière de dire « Je » est peut-être la caractéristique principale d’un écrit prophétique. Elle interpelle le lecteur. « Je vis le Seigneur » : ce témoignage apporte quelque chose de plus. Une pareille affirmation suffit à elle seule – «  voir YHWH » ! - pour situer le prophète Isaïe comme un géant. Mais ce géant nous apprend peu de choses sur lui-même. Il n’est pas de ceux dont le regard est tourné surtout vers leur propre destin. Ce qu’il « voit » intensément c’est le monde : personnes, choses, éléments du cosmos. Son recueil forme la plus opulente collection de poèmes de toute la Bible. La majorité d’entre eux provient des disciples proches ou de prophètes inconnus nés longtemps après lui, mais cela ne le réduit pas à nos yeux. Cela nous dit de quelle puissance créatrice il fut l’origine : elle rejaillit à travers d’autres que lui pendant plusieurs siècles. On mêla leurs écrits aux siens. On voulut joindre à ses oracles ceux qui concernaient le retour de l’exil (Is. 40 à 55), comme si Dieu lui avait montré non seulement l’avènement du roi de Perse, Cyrus, mais dévoilé même son nom en s’y prenant deux siècles à l’avance. Isaïe a quelque chose d’objectif et de solaire, qui correspond à sa stature sociale (...) Isaïe entre en scène en plein milieu de l’institution. Sa vie a trois centres qui n’en font qu’un à ses yeux : la cité de Jérusalem, le Temple, la dynastie royale. Quand il « voit » le Seigneur c’est en plein milieu de la cité, dans le Temple. Et c’est là qu’il voit lui apparaître « le Roi YHWH » (Is. 6,1 et 5). La mission qu’Isaïe reçoit est celle d’un monarque à son envoyé. La noblesse de ce dernier est soulignée par le fait qu’il s’est librement proposé pour la remplir : « Qui enverrai-je », dit Dieu. Et je dis : « me voici, envoie-moi » Il (Dieu) dit : « va ! ».

                                                                                         Paul Beauchamp, Cinquante portraits bibliques, Seuil, 2000.

 

 Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

 Le Livre d’ Isaïe est largement cité dans les trois années A, B, C (35 fois) reprenant des textes aussi bien dans les premiers chapitres des prophéties qu’en référence aux textes des Deutero et Trito Isaïe, rédigés postérieurement mais dans le même esprit prophétique.

 Voici cinq extraits choisis pour les trois années A, B, C :

                 Annonciation, 25 mars : Isaïe 7,10-14 repris au 4° dimanche de l’Avent année A

                Epiphanie : Isaïe 60,1-6

                 Baptême du Christ : Isaïe 42,1-4 et 6-7

                Au dimanche des Rameaux :

                Au Vendredi Saint : Isaïe 52 et 53

 Et la vision d’Isaïe : au 1° dimanche de l’Avent année A : Isaïe 2,1-5

 

 Propositions particulières :

  9 mai : Saint Isaïe, prophète et martyr, mémoire selon le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. française 1979.

 «  Isaïe, fils d’Amos, est sûrement un des plus grands témoins de Dieu de l’Histoire d’Israël.

De sa vocation à sa mort, il est avant tout l’homme de la foi. Il a vécu à Jérusalem au VIII°s., dans le royaume du Sud gouverné par des rois souvent médiocres, au moment où le royaume du Nord divisé s’écroule sous les coups des Assyriens.

Il est hanté par les menaces qui pèsent sur son peuple.

Prophète de la sainteté de Dieu, depuis le jour de sa vocation et de sa grande vision, il dénonce avec vigueur toutes les injustices qui sont un scandale pour sa foi.

Cependant, prophète de la fidélité du Seigneur, il annonce aussi qu’un « reste » subsistera et qu’un jour le Messie règnera dans la paix et la justice sur un Israël transformé qui rassemblera  autour de lui toutes les nations.

 

Antienne d’ouverture de la messe : Is. 61,1

Première lecture : Is. 6, 1a. 3. 5-8

Psaume : Is. 12,2-3. 4bcd. 5-6 (Refrain : Is. 12,3 )

Alleluia : Si. 44,1. 14

Evangile: Lc 4,16-21

Antienne de la communion: Is. 7,14

 

14 juin

 

ELISEE 

 

 

ELISEE 

Elisée, de l’hébreu « Elishâ » : «  Dieu sauve »

 

Fête :14 juin dans tous les calendriers actuels, dont le Martyrologe romain,

ainsi que le Patriarcat latin de Jérusalem – Voir plus bas : proposition particulière .

15 juin dans certains calendriers orientaux anciens.

Il est parfois associé à St Elie, le 20 juillet.

L’Ordre du Carmel a un office de St Elisée qui a été renouvelé en 1992.

 

Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf. Pierre Maraval, Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Cerf, 1985.

                Jéricho :

                La fontaine d’Elisée : A mille cinq cents pas au nord-ouest de la ville byzantine (It. Brud 596,6-10), une fontaine était tenue pour celle dont le prophète Elisée avait adouci les eaux (2 R 2,19-22). Justinien y bâtit un monastère ; la carte de Madaba y signale une église. Théodosius dit que dans cette église il y a la mémoria d’Elisée, que tous les autres témoignages situent à Samarie (De Situ 20).

                Le gué du Jourdain :

                Divers évènements bibliques sont, dès le IV° siècle, rattachés à ce gué : la traversée qu’en firent Elie et Elisée (2 R 2,7-8), (...) le miracle d’Elisée retrouvant la hache perdue par les prophètes (2 R. 6,1-7). (...) Sur la rive orientale on peut voir la colline d’où un char de feu enleva Elie – sous les yeux d’Elisée (2 R 2,11-12).

                Sunem, au nord de la Samarie :

                Premier village de Galilée (...) Sunem, à cinq milles au sud-ouest du Thabor (cf. Eusèbe, Onom.p. 158). C’est celui de la veuve qui reçut Elisée dans sa demeure (2 R 4,8) : on montrait celle-ci aux visiteurs du IV° siècle (Pierre Diacre, de locis, P.3).

                Route de la côte, Mont Carmel :

                Au VI° siècle c’est le souvenir du prophète Elisée qui est également attaché au Carmel – en plus de celui d’Elie : un monastère lui est dédié à l’endroit que l’on tient pour celui où il reçut la visite de la femme dont il devait ressusciter le fils (2 R 4,25) (Ant. Plac. Itin. 3,2).

 

Signification de son nom :

 «  Dieu sauve », son nom exprime sa vocation à la suite d’Elie : manifester au peuple d’Israël la promesse de salut du Dieu unique, le Dieu de leurs pères dont Israël se détourne trop souvent pour suivre les idolâtres.

 

Résumé de sa vie :

14 juin : Elisée, prophète, IX° s. av. J.-C. : Les Eglises (...) font mémoire, en ce jour, du prophète Elisée dont la vie est racontée dans le premier et le second livre des Rois.

Elisée était fils de Shafath, selon la tradition un riche agriculteur de la vallée du Jourdain ; il reçut la vocation de prophète par la médiation d’Elie.

Il fut l’héritier du prophète Elie dont il continua l’œuvre, comme en témoignent les épisodes de l’appel d’Elisée au prophétisme et l’ascension d’Elie au ciel sur un char de feu. Les deux tiers de l’esprit qu’Elisée demanda à son maître représentent en effet la part d’héritage qui revient à l’aîné dans les familles de l’époque.

Elisée, dont le nom signifie «  Dieu sauve », exerça son ministère dans la seconde moitié du IX° siècle avant le Christ : il annonçait la puissance vivifiante du Dieu d’Israël par la parole et par les œuvres qu’il accomplissait en son nom, surtout à l’avantage des petits et des souffrants. Il revendiqua avec courage, dans le royaume du Nord, la fidélité au Dieu unique à une époque délicate pour l’histoire de la monarchie en Israël.

Elisée mourut au début du VIII° s. avant notre ère, après avoir donné son ultime instruction à Joas, roi d’Israël. »

Témoins de Dieu, Martyrologe universel, Communauté de Bose, Bayard, 2002.

 

Références bibliques principales :

                Sa vocation est rapportée dans le 1° Livre des Rois 19,19-21

Son histoire est reprise dans le cycle des récits imagés rassemblés dans le 2° Livre des Rois, avec un grand nombre de signes miraculeux.

 Parmi ceux –ci : séparation des eaux  (2 R. 2,13); assainissement des eaux (2 R 2,19-22) miracle de l’huile de la veuve (2 R 4,1-7) ; retour à la vie du fils de la Shunamite (2 R. 4,35) ; multiplication des pains (2 R 4,42-44) ; guérison de Naamân, général syrien (2 R 5) ; retour à la vie d’un mort au contact du cadavre d’Elisée. (2 Rois 1-21)

                Il est cité également en Siracide 48,12-14 et dans le Nouveau Testament en Luc 4,27

 

Commentaire juif ou beau texte :

 « (...)  Pourquoi appelle-t-on Elisée, l’homme aux ailes ? Le gouvernement d’Edom avait décrété contre Israël qu’on arracherait la cervelle à tout homme portant des phylactères *. Or Elisée avait mis ses phylactères et était sorti dans la rue ; un questeur le vit ; Elisée s’éloigna en courant, l’autre le poursuivant. Lorsque ce denier l’eût atteint, Elisée retira les phylactères de sa tête et les garda dans sa main. Qu’y a-t-il dans ta main ? lui demanda le questeur ? Les ailes d’une colombe. Il lui ouvrit la main, et c’était bien les ailes d’une colombe. C’est pourquoi on appelle Elisée l’homme aux ailes. Et pourquoi les ailes d’une colombe, plutôt que d’un autre oiseau ? Parce que l’assemblée d’Israël est comparée à une colombe dans le passage Les ailes de la colombe sont couvertes d’argent (Ps. 68,14). De même que les ailes de la colombe sont sa protection, ainsi en est-il des commandements de la Thora pour Israël ».

Chabbat 49a cité dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982, p. 180-181.

 

*Phylactères / tefillin : «  pl. deTefillah, ‘ prière’. Deux petites boites (ou batim, maison, réceptacle) quadrangulaires en cuir contenant quatre passages bibliques que les hommes, à partir de l’âge de treize ans portent au bras gauche (chel yad) et sur la tête (chel roch) pendant l’office du matin en semaine. A l’origine on portait les tefillin pendant toute la journée ».

                                                               Dictionnaire encyclopédique du judaïsme Cerf, 1993

 

Commentaire chrétien ou beau texte :

 «  Par des cantiques spirituels célébrons les prophètes du Christ, car Elie le Tishbite s’élance en courant vers les cieux et son manteau procure à Elisée double grâce de par Dieu ; et tous deux se sont montrés à l’univers comme astres lumineux, sans cesse intercédant pour nos âmes. »

 «  Par des hymnes, fidèles, honorons les sommets des prophètes, ces astres brillants sur l’univers, Elie et Elisée, et, dans la joie chantons au Christ : en la tendresse de ton cœur, accorde à ton peuple, Seigneur, par la prière de Tes prophètes au grand renom, la rémission des péchés et la grâce du salut »

                                                                              Ménées Byzantines au 20 juillet : St Elie et St Elisée

 « Certains miracles – d’Elisée – ont un sens qui va loin. La Shounamite est stérile, la prière d’Elisée lui obtient un fils. Mais ce fils est frappé d’insolation pendant la moisson, comme si Dieu annulait ses propres miracles. Jadis, Dieu redemandait à Abraham son fils Isaac obtenu par miracle, faisant attendre de loin une victoire de la vie plus radicale encore que celle remportée sur la stérilité, une victoire sur la mort. Cette fois Elisée ressuscitera le fils de la veuve. Il y parvient à grand peine jusqu’à ce que le garçon, non sans avoir éternué sept fois, revienne à la vie. Ce réalisme dans le merveilleux décrispe les résistances du lecteur.

Le plus beau miracle est celui qu’opèrent les ossements d’Elisée (2 R 13,20-21).Un convoi de funérailles, sur un chemin qui n’est pas sûr, voit survenir une bande de brigands, se disperse en se débarrassant du cadavre au plus vite dans une fosse qui se trouve être la tombe d’Elisée. Ayant touché les os du prophète, le cadavre est remis sur pieds. Manière cocasse de dire que l’Esprit de vie ne renoncera jamais à se donner aux corps : Israël s’affermira peu à peu dans cette certitude. Un filet de vérité passe à travers ces prodiges. Un siècle plus tard la vérité suivra d’autres chemins : les grands prophètes du VIII° siècle, à une exception près, ne feront plus de miracles. »

Paul Beauchamp, Cinquante portraits bibliques, Seuil, 2000.

 

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

13° dimanche après la Pentecôte année A : 2 Rois 4,8-16

                13° dimanche après la Pentecôte année B et C : 1 Rois 19,19-21

                17° dimanche après la Pentecôte année B : 2 Rois 4,42-44

                28° dimanche après la Pentecôte année C : 2 Rois 5,14-17

 

Propositions particulières :

                Le prophète Saint Elisée : 14 juin mémoire selon le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. française 1979.

( ...) La vocation d’Elisée nous rappelle l’absolu de Dieu. Par toute sa vie ce prophète est, parmi les hommes comme un signe de la puissance de l’Esprit-Saint qui « renouvelle la face de la terre ». Laissons-nous saisir par cet Esprit, afin que l’espérance et la vie qui viennent du Christ éclairent notre monde.

 

Antienne d’ouverture de l’Eucharistie : 2 R 2,9 et 15b

Première lecture : 2 R 5,7a. 8-15a. 17b ou bien 2 R 2,11-15b

Psaume : 103, 1. 24. 27-28. 29bc-303 (Refrain : Ps. 103, 30)

Alleluia : 2 R 2,22

Evangile : Lc 4, 24-27

Antienne de communion : 2 R 13,21

 

1er juillet

AARON

 

 

AARON 

 

Fêté le 1° juillet (calendrier maronite repris dans le martyrologe romain) ; 3 septembre avec Josué et Gédéon (calendrier byzantin ) ; 9 août, 20 juillet  (calendriers autres)

 

Lieu de mémoire / pèlerinage  :

A l’Horeb, une plate-forme rocheuse  sur laquelle se seraient tenus Aaron et les Soixante-dix Anciens en attendant le retour de Moïse du Sinaï : cette plate-forme rocheuse est  ainsi signalée par Egérie, au IV° siècle , dans son journal de pèlerinage ( Itin. 4,5 )

 

Signification de son nom : 

Pour certains commentateurs, il n’y a pas en hébreu de racine explicite à ce nom propre masculin. D’autres le rapprochent de la racine hébraïque du mot qui vient de ‘ ron’, le ‘chant’.

 

Résumé de sa vie :

 Aaron est le frère de Moïse et de Myriam ( Ex 4,4, et 6,20 ) ; Compagnon et aide de Moïse, choisi par Dieu, dans les évènements de l’Exode (Ex 4,14-17 et 4,27 ; 7-15) avec la marche au désert (Ex.16-18; Nb11-20)

au Sinaï ( Ex 19-40 ; Nb 1-10)  ; il est le porte-parole de Moïse auprès des Hébreux ( Ex 4,14-16) ; Il est le premier Grand-Prêtre du peuple de l’Alliance (  Ex 28-39) ; Il est donc l’ancêtre du sacerdoce israélite ( Ex. 28,1 ; Ps 115,10-12 ; Ps 118,3 ) ; comme Moïse il ne peut entrer dans le pays que Dieu donne aux israélites et  il meurt sur la montagne de Hor, à la frontière d’Edom ( Nb 20,22-29 et 33,38-39 ; Dt 32,50).

 

Références bibliques principales :

 Livre de l’Exode ; Livre du Lévitique ; Livre des Nombres ; Deutéronome.

 

Commentaire juif ou beau texte :

 Sur Exode 4,27-30 : ‘ L’Eternel dit à Aaron : va à la rencontre de Moïse dans le désert’. Il y alla ; il le rencontra sur la montagne de Dieu et l’embrassa. Moïse fit part à Aaron e toutes les paroles dont l’Eternel l’avait chargé, et de tous les prodiges qu’Il lui avait ordonnés. Moïse et Aaron partirent et assemblèrent tous les Anciens des enfants d’Israël. Et Aaron dit toutes les paroles que l’Eternel avait adressées à Moïse et il opéra les prodiges à la vue du peuple’.

 

20 juillet

ELIE

ELIE

 

Fêté le  20 juillet en Occident depuis 1583 ,pour  toutes  les traditions : Martyrologe  Romain, Ordre du Carmel , Patriarcat latin de Jérusalem ,  orthodoxe byzantin et d’autres orientaux.

 

Lieu de mémoire / pèlerinage  : 

 Elie, ascète et contemplatif, au rôle de thaumaturge,est devenu modèle et précurseur de la vie monastique chrétienne. 

Il y eût dans l’antiquité chrétienne des lieux saints avec ou sans  sanctuaires un peu partout en Orient : à l’Horeb, dans le massif du  Sinaï, la grotte où s’était réfugié Elie fuyant Acab et Jézabel ; au gué du Jourdain à l’Est de Galgala  où l‘on rappelait la traversée d’Elie et d’Elisée, mémoire attestée par St Jérome - ;  à Teshbé où  l’on montrait une grotte dans laquelle Elie aurait résidé, selon Egérie, célèbre  pèlerine au IV° siècle ;  à deux milles de Sébaste, en Samarie,  on montrait également deux grottes dans lesquelles auraient séjourné Elie et les 50 prophètes  nourris par Abdias au temps de Jézabel, selon Pierre Diacre ; en Arabie, entre autre à Ezrra (Zorava) un sanctuaire édifié en 542 selon J. Lassus ; en Phénicie, au Mont Carmel, le souvenir du prophète y était évoqué dès le IV° siècle avec une grotte, vénérée par les Juifs, qui passera aux mains des chrétiens ; à Sarepta, enfin où une petite tour rappelait son passage dès le IV° siècle selon St Jérome, et une église y fût édifiée au VI° siècle ;

                             Cf .Lieux Sains et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

  On peut se demander s’il n’y a pas eu parfois substitution de cultes anciens sur d’anciens lieux de culte solaire en raison de l’homonymie «  Elias » et «  Elios »,  soleil, en grec.

 

Signification de son nom : « Le nom hébreu du prophète, ‘ Elyaou ‘ -  ‘le Seigneur est Dieu’ - dit tout sur lui : 

  ses ordres sont ceux de Dieu » – cf. Paul Beauchamp,Cinquante portraits bibliques, p.160, Seuil2000

 

Résumé de sa vie : Elie le prophète, homme de Dieu, est originaire de Tishbé.  Il défendit vigoureusement la cause du Seigneur dans le Royaume d’Israël du Nord, à l’époque d’Achab ( 874 – 853 av. .J-C) et de son épouse Jézabel. Celle-ci, fille du roi de Tyr, avait introduit en Israël le culte des idoles.

Le personnage d’Elie connut toujours une grande popularité en Israël. Et le récit de son enlèvement mystérieux vers Dieu exprime sa relation avec Lui : Sa contemplation des desseins de Dieu était intense et signe d’avenir messianique.

La tradition juive reprend  encore d’autres récits qui ne sont pas consignés dans la Bible.

 

Références bibliques principales :

 Les récits des actions d’Elie contre l’idolâtrie sont rapportés dans le cycle d’Elie aux Livres des Rois : 1 R 17-19 ; 1 R 21,17 à 28 ; 2 R 1,2 à 2,12.

En 1R.19, 9-18 est rapportée la rencontre d’Elie avec Dieu dans le signe de la brise légère après sa fuite, pleine de lassitude, dans le désert.

On y trouve aussi les récits de son disciple Elisée. Il y est rapporté une série de signes miraculeux : les plus importants sont repris dans le lectionnaire dominical triennal.

Dans la tradition biblique érie, comme dans la tradition juive orale, on attend le retour d’Elie annonçant la venue du Messie : Siracide 48,9-11 ; Malachie 3,23

Dans le N.T. les  disciples de Jésus associent parfois la venue de Jean-Baptiste à Elie «  nouvel Elie », comme annonce messianique, en Mt 17,11-13 ; parfois Jean-Baptiste le nie, en Jn 1,21.

Jésus lui-même est considéré comme le « nouvel Elie », en Mt. 16,14 et Mc. 6,15 .

Et Elie est présent à la Transfiguration du Christ : Mc. 9,1-8

  

Commentaire juif ou beau texte :

 Elie est présent à travers toute la vie juive depuis le siège de la circoncision jusqu’à la coupe de vin à Pessah, la Pâque juive, au cours du repas de fête, le Séder :

 « Le soir du Sédère on prépare une coupe de vin pour le prophète Elie dont la venue précède celle du messie ; le prophète doit arriver à Pessa’h.

La promesse de la venue d’Elie, son rapport avec l’exécution de la Torah, voilà le dernier message du dernier des prophètes, selon Malachie 3,22-24.

La coupe d’Elie est ainsi l’expression de notre confiance en la venue toujours imminente du prophète… »

Robert Nelson, La Haggadah commentée, p. 69, Colbo 1966

  «  Rabbi Béroka de Be Hozé était au marché de Beth Léphet à regarder les gens lorsque  que le prophète Elie – que sa mémoire soit bénie – lui apparut. R. Békoba lui demanda : ‘ Y a-t-il dans ce marché quelqu’un qui participera au monde à venir ?’ ( ….) A ce moment, deux  autres hommes vinrent à passer. Elie dit à R. Békoba : ‘ ceux-là (…) auront part au monde qui vient’.

   Aussitôt R. Békoba alla vers eux : ‘ Quelles sont vos occupations ?’ leur demande-t-il. ‘ Nous sommes des amuseurs. Lorsque nous voyons des gens tristes, nous les égayons ; et aussi quand nous voyons deux personnes qui se querellent, nous faisons tout pour les réconcilier’. » Ta’anith 67

 

 Commentaire chrétien ou beau texte :

Commentaire de l’icône de la Transfiguration – extrait  du catéchisme orthodoxe Dieu est Vivant, le cerf, 1979 :

«  (…) Elie est descendu du ciel sur le mont Thabor pour contempler Dieu devenu homme, tandis que Moïse, réuni par la mort à ses pères, représente ceux qui attendent la venue du Christ aux Enfers. Moïse et Elie s’inclinent devant Jésus. Moïse personnifie la Loi, Elie vient au nom des prophètes pour rendre témoignage avec lui, à la divinité du Christ qui est ‘l’accomplissement de la Loi et des prophètes’- p.99

«  Ange de la chair, fondement  des prophètes,second précurseur de la Parousie du Christ, glorieux Elie, tu as fait tomber d’en haut  la grâce d’Elisée, chassé  les maladies et purifié les lépreux :

 fais donc aussi pleuvoir la guérison sur ceux qui t’honorent ». Tropaire de la fête byzantine de St Elie

« Les sombres nuages du péché me recouvrent, la tempête de la vie - la houle de l’existence -  me secoue et l’ouragan du mal contre mon âme souffle violement ; mais toi, prophète divin, prends à ma place le gouvernail, et guide moi vers le port du salut ».Ménées byzantines, ode 4, t.8

 

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

Année A  19° dimanche après la Pentecôte : 1 R 19,9a -11-13a

                              suivi du PS 84 (85) qui exprime la confiance après le découragement

Année B  19° dimanche après la pentecôte : 1 R 19,4-8

                              suivi du Ps 33 (34) qui reprend cette confiance et indique le chemin

                32° dimanche après la Pentecôte : 1 R 17,10-16

                               suivi du Ps145 (146), louange à Dieu  juste et miséricordieux

Année C  10° dimanche après la Pentecôte : 1 R 17,

                               suivi du Ps 29 (30), action de grâces après un mauvais moment passé

                                             

Propositions particulières :

 

Appliquer au personnage d’Elie cette réflexion d’André Malraux :

                       «  Ce qui m’intéresse, dans un homme quelconque, c’est sa condition humaine ; dans un grand   homme, ce sont les moyens et la nature de sa grandeur ; dans un saint, le caractère de sa sainteté ; et quelques traits, qui expriment moins un caractère individuel, qu’une relation particulière au monde. »

Antimémoires ,p.19, Gallimard NRF, 1967

 

Avec cette oraison du Martyrologe Universel de la communauté de Bose,Témoins de Dieu, au 20 juillet, St Elie :

                 «  Notre Dieu,dans la Première Alliance, par Elie et tous les prophètes, tu as parlé à ton peuple, tu as admonesté les puissants, tu as défendu les pauvres et les faibles  et tu as annoncé la venue du Messie : accorde à ton Eglise, par la puissance de ton Esprit - Saint, le don de nouveaux prophètes qui puissent annoncer avec force les exigences du Royaume et rappeler le jour de la venue glorieuse de Jésus Christ Seigneur, vivant dans les siècles des siècles. »

 

Poême

Tu voulais fondre des sommets comme un vent impétueux

et te montrer puissant comme on l’est dans la tempête,

tu voulais souffler l’existence dans les êtres

et bénir des âmes, le fléau à la main,

tu voulais avertir des cœurs épuisés dans l’ardeur de ton élan

et provoquer ceux qui sont de pierre à prendre feu.

Tu m’as cherché sur tes sentes exaltées

mais tu ne m’as pas trouvé.

Tu voulais monter jusqu’au ciel comme la langue d’une flamme

et faire place nette de tous

ceux qui ne savaient pas résister à ta fureur,

fort comme le soleil tu voulais assaillir des mondes

avec une énergie soudaine

capable d’embraser ton jeune rien.
Tu m’as cherché dans tes abîmes de flamme

mais tu ne m’as pas trouvé.

Alors mon messager a atteint ton oreille

et l’as mise au contact de mon cœur pacifique :

alors tu as appris à sentir comment semence

après semence commence à s’agiter

et toute sorte de frémissement – la croissance

des choses !-

t’apparut comme ronde de cercles,

le sang qui bruissait sur le sang,

et le silence

fut la parole qui te vainquit,

ce silence éternel, plein, doux et maternel.

Alors tu t’es penché au fond de toi

Et tu m’as trouvé dans ton cœur »

               Martin Buber Poésie

 

 21 juillet

Daniel prophète

 

Daniel

 

Fête : 

21 juillet selon le Martyrologe Romain et l’ensemble des calendriers anciens

            1° avril selon les Eglises Copte et Ethiopienne

            16 et 17 décembre avec Ananias, Azarias et Misaël selon les Orthodoxes et les Gréco-Catholiques

 

Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

             Edesse en Osrhoène : Saint-Dométios, ce martyrium dédié à un martyr perse fut construit après 379 par l’évêque Eulogios en l’honneur du prophète Daniel – mais il semble que les reliques du martyr aient fini par lui donner son nom. (Chron. Edess.n°34)

                Environs de Myre en Asie Mineure : Sanctuaire de Saint-Daniel à Sabandos, selon un document du V° siècle, La vie de Saint Nicolas de Sion, Archimandrite d’un monastère près de Myre.

 

Signification de son nom :

            Etymologie de la racine hébraïque : « dîn », juger avec les consonnes : Daleth, Yod, Noun final

                Daniel : Daleth, Noun, Yod, Aleph, Lamed :

                Sens de ce nom : « Dieu est » (EL), «  juge » (Dan), ou «  mon juge » (Dani)

 

Résumé de sa vie :

Le livre biblique de Daniel fait partie des Hagiographes. Il relate l’histoire de Daniel, l’un des talentueux jeunes gens de la noblesse de Judée exilée à Babylone après que Nabuchodonosor eut détruit Jérusalem. Remis au premier ministre pour être entraînés au service royal, leurs noms hébreux sont transformés en noms babyloniens. Daniel devient ainsi Beltshassar (...)

Sages et pieux ces jeunes gens refusent de manger la viande qui leur est servie, régime végétarien qui les fait bénéficier d’une excellente santé (...) Nabuchodonosor ayant fait un rêve effrayant, que seul Daniel parvient à interpréter de manière satisfaisante, il le nomme, ainsi que ses compagnons, à de hautes positions. (...) Plus tard, Daniel interprète un autre rêve troublant de Nabuchodonosor (...).

                Des rivaux jaloux font passer une loi selon laquelle, pendant trente jours, seul le roi peut se voir adresser des prières. Daniel, qui a continué de prier Dieu trois fois par jour est jeté dans la fosse au lions, mais il en sort indemne, pour prospérer sous les règnes de Darius et de Cyrus de Perse.

Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Ed. du Cerf, 1993

 

 Références bibliques principales :   

Cf. Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Ed. du Cerf, 1993

                Livre de Daniel     1,1 -1,21 : Daniel et ses trois amis à la cour de Nabuchodonosor

                                               2,1- 2,49 : Daniel interprète le rêve de Nabuchodonosor

                                               3,1- 3,33 : les trois amis de Daniel sont sauvés de la fournaise ardente

                                               4,1- 4,34 : Daniel interprète un autre rêve de Nabuchdonosor

                                               5,1- 5,30 : La fête de Belshassar et l’inscription sur le mur

                                               6,1- 6,29 : Daniel dans la fosse aux lions

                                               7,1- 7,28 : La vision des quatre bêtes

                                               8,1- 8,27 : La vision du bélier et du bouc

                                               9,1- 9,27 : Les soixante-dix ans

                                               10,1- 12,13 : La vision de la fin des temps

 

Commentaire juif ou beau texte :

                Les visions de Daniel sont hautement ambiguës et ont été souvent utilisées dans des tentatives de calcul de l’avènement de la fin des temps, de la venue du Messie et de la résurrection des morts. (...)

                En dépit des contradictions et des problèmes historiques, le message de Daniel suggère que les vicissitudes des grand empire sont déterminés par D. et que son projet terrestre se réalisera finalement. (...) Selon le Talmud (Yoma 76b,77a), c’était l’homme le plus sage de son temps ; D. montra à Daniel des choses qu’il ne révéla point aux trois prophètes Aggée, Zacharie et Malachie (GnR 98,2)

                                               Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993

 

                Moi, Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne la virent point, mais ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils prirent la fuite pour se cacher (Dan.10,7)

                Qui étaient ces hommes ? R. Jérémie – selon d’autres R. Hiya b. Abba – a dit : C’étaient les prophètes Haggaï, Zacharie et Malachie.Ils surpassaient Daniel et Daniel les surpassa. Ils le surpassaient, puisqu’ils étaient prophètes, et que Daniel ne l’était pas ; mais Daniel les surpassa, car c’est lui  qui eut la   vision et non eux. Mais comment se fait-il qu’ils furent si effrayés, alors qu’ils n’avaient rien vu ? C’est que leurs anges gardiens eux, avaient vu.

Meguilla 2b cité §3, p. 500 dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982

 

Commentaire chrétien ou beau texte :

                Daniel, c’est un nom propre mis sur un moment d’histoire plutôt que le nom d’un homme qui aurait joué un rôle dans l’histoire. Daniel n’est pas l’auteur, mais le héros du livre qui porte ce titre, et dont le contenu est fait de trois genres d’écrits. Ou bien nous sommes devant des épisodes merveilleux racontés avec un naturel qui déroute – n’auraient-ils pas un sens second ? Ou bien Daniel interprète comme un mage les rêves des grands rois. Ou bien de terribles visions l’accablent lui-même et il ne peut pas les décrypter sans le secours d’un ange. Elles ont pour objet le sort final du monde entier.

                Le livre de Daniel est un écrit fort tardif, le plus récent de la Bible hébraïque, rédigé quatre siècles après les évènements qu’il raconte (...) La narration d’événements bien antérieurs au narrateur et à ses lecteurs leur demande l’effort de les transposer. Il s’agit de leur faire comprendre par la fiction d’un cadre archaïque, ce qui, en réalité, vient de leur arriver sous cette pression étrangère à leur culture et à leur foi (...).

Paul Beauchamp, Cinquante Portraits Bibliques, Seuil, 2000

 

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

                33° dimanche année B :Dn 12,1-3

                34° dimanche année B : Dn 7,13-14

 

 23 juillet

Ezéchiel  

 

Ezéchiel

 

                De l’hébreu  Yehezqel

Fête :

                23 juillet selon le Martyrologe Romain

                30 juillet selon les Byzantins

                10 avril selon les Vieux-Catholiques

                13 avril selon les Eglises Copte et Ethiopienne

                Certains calendriers anciens le célébraient les 10 avril, 19 juin, 13 ou 21 juillet

 

Lieu de mémoire / pèlerinage :

Aucun lieu selon les Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

 

Signification de son nom :

                En hébreu Ezéchiel est prononcé «  YeHeZ’QeEL »

                Consonnes : Yod, Heth, Zaïn, Qof : «  fortifier, force » et, Aleph, Lamed « EL », “Dieu”

                Le Yod devant la racine indique une action inaccomplie, d’où une traduction de ce nom par un présent : «  Dieu fortifie, Dieu rend fort », sous-entendu toujours, sans fin.

 

Résumé de sa vie :

                Troisième des principaux prophètes de la section des derniers Prophètes de la Bible hébraïque aux côtés d’Isaïe et de Jérémie. D’après les rares allusions à sa vie, disséminées dans ses prophéties, il apparaît qu’il était le fils de Bouzi, issu sans doute de la famille des prêtres de Sadoq.

                En 598 av. è.c. il fait partie de ceux que Nabuchodonosor exila à Babylone avec le roi Yoyakhin (Joachin) et l’aristocratie du royaume de Juda. Il s’installa à Tel-Abib ou dans la région, dans une colonie juive près du canal de Kébar, lieu où il eut la vision du char de feu divin.

                L’activité prophétique d’Ezéchiel commença la cinquième année de l’exil de Yoyakhin et dura vingt-deux ans (la dernière date indiquée dans son livre est 571 av. è. c.).

                La tradition juive veut qu’Ezéchiel soit enterré à Babylone, sa tombe aurait été localisée entre le fleuve Euphrate et le canal Kébar.

                Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993

 

 

Références bibliques principales :

                Dans le Livre d’Ezéchiel :

                1,1 – 3,21 : l’appel d’Ezéchiel

                3,22 – 24,25 : Prophéties dirigées contre Juda et Jérusalem avec la destruction de Jérusalem

                25,1 – 32,2 : Oracles de condamnations contre sept nations

                33,1 – 39,29 : Prophéties sur la restauration d’Israël

                40,1 – 43,12 : Vision du futur Temple

                43,13 – 46,24 : Le culte restauré

                47,1 – 47,23 : La rivière de sainteté

                48,1 – 48,35 : La Terre sainte

                                               Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993

 

Commentaire juif ou beau texte :

                Les enseignements légaux, rituels et théologiques contenus dans le livre d’Ezéchiel sont contradictoires sur certains points avec ceux de la Torah. Les rabbins furent troublés par les nombreuses divergences, et n’admirent le livre dans le canon qu’après de nombreux débats.(cf. Chab. 13b)

                Cependant en raison de nombreuses législations qu’il contient et de la prophétie sur la reconstruction du Temple, le livre est considéré par la tradition comme le plus saint des livres de la Bible après le Pentateuque. Toutefois, les sages se montrèrent intransigeants à son égard en affirmant qu’Ezéchiel ne fut à l’origine d’aucune loi, car aucun prophète ne peut prononcer de nouveau commandement.

                En revanche il est admis que son ouvrage est fondé sur la loi orale qui, par tradition, fut transmise avec le Pentateuque et explique ce dernier. Les sages se servent souvent du livre d’Ezéchiel pour commenter la signification des lois du Pentateuque .

                Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993

 

                Rabbi Juda a dit au nom de Rab : vraiment, nous devons chérir la mémoire de l’homme qui a pour nom Hanania b. Ezéchias. Sans lui, le livre d’Ezéchiel aurait été écarté du canon parce que son contenu (semblait) contredire la Thora. Que fit-il ? On lui monta trois cent bouteilles d’huile dans une chambre haute et il y demeura jusqu’à ce qu’il ait résolu les contradictions.

Chabbat 13b cité § 18, p. 153 dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982

 

Commentaire chrétien ou beau texte :

                La manière dont prophétise Ezéchiel, à partir de 593, est sans précédent. Ezéchiel est un visionnaire.

(...) Il a vu la Gloire de Dieu (...) Ce qu’il voit – chapitres 1 et 10 – c’est un mouvement difficile à imaginer (...) Ezéchiel brave les conventions pour décrire en Dieu une entité foisonnante, animée, envahissante. En somme, décrire la Gloire, c’est décrire Dieu comme un vivant. L’incompréhensibilité de Dieu descend dans l’expérience humaine à travers une profusion d’images incompatibles.

                Cela oblige à dépasser le visible, mais ce sera par le chemin du visible et non par des idées. Beaucoup de mystiques procèderont ainsi.

Paul Beauchamp, Cinquante portraits bibliques, Seuil, 2000

 

 Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

                5° dimanche de Carême de l’année A : Ez. 37,12-14

                Fête du Sacré Cœur de l’année C : Ez. 34,11-16

                11° dimanche après la Pentecôte année B

                14° dimanche après la Pentecôte année B

                23° dimanche après la Pentecôte année A

                26° dimanche après la Pentecôte année A

                Christ - Roi, 34° dimanche après la Pentecôte année A

 

1er Août

Les  Sept  frères  Maccabées  et  leur  mère

Les  Sept  frères  Maccabées  et  leur  mère

      

«  Tout comme les juifs, les premiers chrétiens eurent en grande admiration ces martyrs d’Israël et les tinrent pour précurseurs des martyrs chrétiens.

   Selon la tradition, les Maccabées furent tués à Antioche, et le souvenir de leur martyre se répandit rapidement jusqu’à être universellement célébré dès le IV° siècle ap. J-C.

Leur mémoire a toujours été rappelée en ce jour dans les calendriers orientaux comme dans ceux d’Occident »

                                                              Martyrologe universel, témoins de Dieu,  Communauté de Bose, Bayard, 2002, p.458

 

 Nom :  Les Sept frères Maccabées, leur mère et le Vieillard Eléazar

 NB : Certaines traditions donnent un nom à leur Mère, Salomonie,  Solomonie, que l’on peut rapprocher du nom de Salomon, en raison de la sagesse qu’il avait demandé à Dieu.

  L’apocryphe juif du IV° livre des Maccabées nomme cette mère : Hanna  cf. l’article de L’ami d’Israël n°6, 1990

   Et la tradition byzantine donne un prénom à chacun des frères :

 

 «  Le 1° août, mémoire des sept martyrs, les saints frères Maccabées, Abim, Antoine, Gourias, Eléazar, Eusebon, Akhim et Marcel de leur   mère Solomonie et de leur maître  Eléazar :
                  ‘  Le premier avant le Christ, sur l’ordre du tyran,
                     Eléazar fraya le chemin du martyre,
                     Avant Tècle voici l’autre protomartyre :
                    Salomonie avant  Christ, sur la flamme expirant.
                    Du septième jour, la roue, l’amputation, la flamme,
                   Vers le huitième conduisent les enfants.
                   Le premier du mois d’août a vu la pieuse femme
                   Rejoindre par le feu les sept fils triomphants’
Par leurs saintes prières, 0 notre Dieu, aies pitié de nous et sauve-nous. Amen’

                                                                      Synaxaire –Ménées Byzantines 1° août

 

 Fêtés le :  - 1° août

   Martyrologe Romain : En 2° position après St Alphonse-Marie de Liguori

         «Commémoraison de la passion des saints sept frères Maccabées, de leur mère et du vieillard Eléazar »

   Catholiques d’Occident, calendrier Mozarabe : Les Maccabées, martyrs

  Orthodoxes et les Gréco - Catholiques : Les sept frères Maccabées, martyrs

  Maronites : Salomonie, ou Chemouni, et ses sept fils Martyrs Maccabées

  Syro occidentaux : Salomonie et ses sept fils, martyrs Maccabées

    - 3 août

   Messes propres du diocèse de Jérusalem, patriarcat latin de Jérusalem : Les Saints Maccabées, martyrs

 - 14 août

  Coptes et les Ethiopiens : Les martyrs Maccabées

 - 8 mai

  Syro orientaux : Solomonie et ses sept fils Maccabées, martyrs      

 

Lieu de mémoire / pèlerinage :

«  Modine, situé tout près de Diospolis : On y montrait au IV° siècle un tombeau des sept frères Maccabées.Cette localisation d’origine juive n’a pas été adoptée par les chrétiens, malgré l’appui qu’elle reçut de Jérôme »     Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf 1985, p.299

                                                               

«   Antioche: Saints Maccabées Le sanctuaire des frères Maccabées, martyrs juifs de la persécution d’Antiochus Epiphane, se trouvait au sud de la ville, à l’intérieur des murs. Elevé dès le IV° siècle sur l’emplacement d’une ancienne synagogue, il abritait neuf tombeaux, ceux des sept frères, de leur mère et du vieillard Eléazar.

C’était un sanctuaire assez important, dont la fête attirait les foules des environ. Il est encore signalé à la fin du VI° siècle » Idem Pierre Maraval, p.341

 Les  reliques de ces martyrs furent transférées d’Antioche à Rome, via Constantinople, au VI° siècle – cf. l’éloge de Léon le Grand ci-dessous -

 «  Constantinople : Saints Maccabées, oratoire attesté en 626 »Idem Pierre Maraval, p.406

  

Signification de leur nom :

 Maccabées : « Maccabim »- en hébreu au pluriel - : Ce mot peut venir de la racine ‘qui a la tête en forme de marteau’.

Dans les Livres  I et II des Maccabées, apocryphes dans la tradition juive, c’est le surnom donné à Judas, fils de Mattathias, et par extension à ses frères.

Juda fut le chef de la résistance juive au 2° siècle avant JC, vers 166, contre la politique idolâtre menée par Antiochus IV.  Avec l’aide de ses proches, il va libérer et purifier le Temple de Jérusalem.

 

C’est donc dans ce cadre que se situe le récit exemplaire des sept frères, de leur mère et du vieillard Eléazar.

 Résumé de leur vie :

 «  D’après le récit du second livre des Maccabées 7,1-42 : ces sept frères, encouragés par leur mère, préférèrent mourir plutôt que de trahir la Loi de Moïse, et ils furent martyrisés sous Antiochus Epiphane vers 168 avant J-C.

   Vénérés par le peuple juif, ils le furent aussi par les premiers chrétiens qui voyaient en eux les précurseurs des martyrs du Christ. Dès la plus haute antiquité on vénéra leurs reliques à Antioche (Syrie).

  Le récit des Maccabées est un des rares textes de l’Ancien Testament qui présente explicitement ‘ le jour de la miséricorde ‘ pour ceux qui aiment Dieu, le jour de leur ‘ résurrection pour la vie éternelle, espérance que Jésus viendra confirmer en sa Personne par sa Passion et sa Résurrection ».

                                               Introduction à la liturgie du 3 août des Messes propres du diocèse de Jérusalem, 1975

 

 Références bibliques principales :

 Les Livres des Maccabées I et II font parties du canon chrétien catholique.

Le récit concernant les sept frères est en 2 Maccabées  6 et 7.

 

 Commentaire juif ou beau texte :

           La fête Juive de Hanoucca commémore pendant huit jours cette libération et  la purification du Temple de Jérusalem. La  bénédiction  de l’allumage des lumières à la veille du 7° jour reprend le témoignage des 7 frères,  témoins du culte au Dieu unique de la révélation biblique :

 « Le septième soir de la fête, nous allumons sept lumières en souvenir des sept frères qui préférèrent la mort à l’apostasie, et en souvenir de tous les martyrs de la foi qui brillait comme l’éclat du firmament et comme les astres dans l’éternité. »

  Le IV° livre des Maccabées, apocryphe juif du 1° siècle de l’ère chrétienne,en 9,1-8, donne aussi ce témoignage : « Nous rougirions de nos aïeux si nous cessions de savoir la Loi et de lui obéir….Par ce supplice et par notre endurance nous remporterons la récompense des combats pour la vertu et nous serons auprès de Dieu pour qui nous souffrons cela »

 Dans le Talmud ce témoignage est associé aux Dix Paroles d’Exode 20 ainsi qu’au  Shema Israël, Dt 6,4 :

 « L’empereur fit amener les sept frères dans sept pièces (…) .Il fait venir l’aîné et lui dit : ‘ prosterne-toi devant cette image. Celui-ci répondit : ‘ Dieu l’interdit, je ne me prosternerai pas devant une image.’ ‘ Pourquoi’ demanda le roi ? – ‘ Parce qu’il est écrit dans notre Torah – notre Loi - : ‘ Je suis Je Seigneur ton Dieu’ (Ex20,2). Immédiatement le roi le fit sortir et mettre à mort (…)

   Quand il fit venir le cinquième frère, celui-ci à son tour proclama : ‘ Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est le seul Seigneur’ (Dt 6,4). Et l’ordre fut immédiatement donné qu’il soit tué (…) » Midrash Rabba 1,16 § 50

                                                                                                                                       

 Mémoire cultuelle et jeux Olympiques  au XX° siècle :

 «  Tous les quatre ans, au rythme des jeux olympiques, la diaspora s’unit à Israël (...) depuis 1932, date de la création des Maccabiades.

   Les Maccabiades sont ainsi nommées en souvenir de Juda et de ses frères qui pourtant n’avaient pas le cœur à jouer (…)

Déjà présents en Israël une semaine entière avant les jeux, les nouveaux Maccabées ont été invités à visiter le pays – de Massada à Tibériade – à leur connaissance avec son histoire et les israéliens.

 Les XIV° Maccabiades se sont ouvertes devant 50 000 personnes, dont le président Ezer Weizmann (…)Tribune Juive, juillet 1993 

                                                                                                                       

   

Commentaire chrétien ou beau texte :

 «  La tyrannie fut incapable d’ébranler la dalle de la Loi sur sept colonnes reposant : car ils supportèrent virilement la fureur insensée du cruel persécuteur, livrant à ceux qui les tranchaient tous les membres de leur corps, les gardiens des préceptes de Moïse, ces nobles jeunes gens et frères de sang ».  Ménées byzantines 1° août

 «  Salomonie, réjouis-toi de voir tes sept rameaux porter en même temps ces fruits de la Loi que l’Eglise immaculée a cueillis pour en nourrir chaque jour, telle une mère, les héritiers de la grâce du Christ ».Idem Ode 4

 «  Colonnes de la divine sagesse au nombre de sept, chandelier aux sept branches de la lumière de Dieu, très sages Maccabées, avant la lettre sublimes martyrs. Avec ces témoins, priez le Dieu de l’univers pour le salut de qui vous chante en ce jour’.

                                          Kondation Ménées byzantines 1° août

 

«  Au jour anniversaire des Sept frères Maccabées martyrs :

Grâce soit rendue, bien- aimés, au Seigneur notre Dieu de ce que votre rassemblement montre combien est grande la solennité de ce jour (…)

La lecture de la solennité d’aujourd’hui, vous l’avez pleinement apprise par la lecture de l’histoire sacrée ; et le récit entendu n’a pu vous échapper, présentant un tel déroulement des faits : vous avez honoré en effet (…)la glorieuse mère des sept martyrs (…) heureuse mère, heureuse progéniture, mémorable piété de ceux qui sont partis les premiers, admirable force de ceux qui les ont suivis (…) les palmes des martyrs en furent multipliées (…) mais ce que l’on entend est à charge si on ne l’accueille pas pour l’imiter ( …) Tout ce donc que vous voyez de vos yeux et rappelez dans votre mémoire, faites-le servir au progrès d votre édification ; et qu’ainsi chacun d’entre vous se serve de la maison établie par les anciens, en se souvenant qu’en lui-même a été construit le temple de Dieu ».

                                                   In Natali Machabaeorum, Léon le Grand S.C. 200

Samuel prophète   20 août

 

 

Samuel

 

Fête :   20 août selon le Martyrologe Romain et l’ensemble des calendriers anciens

 21 août selon les Maronites

 16 juin selon les Eglises Copte et Ethiopienne

  

Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

                 Ramatha

                A cinq milles au nord de Jérusalem, Ramatha est tenu par certains chrétiens, dès le IV° siècle, pour la patrie du prophète Samuel - que la tradition juive place près d’Arimathie  (cf. Jérôme, Onom. p.145, 27-29. )

                La découverte des ossements du prophète, en 406, confirme le site, qui continuera d’être visité malgré le transfert d’une partie des reliques à Constantinople (sans doute l’actuel Nabi Samwill)  cf. Jérôme, Contra Vigilantium, 5, PL 23, 343 C

                Constantinople

                Saint Samuel Prophéteion, bâti après 406, pour recevoir les reliques venues de Palestine

cf.Chron. Pasch., PG 92,785 A

              

 Signification de son nom :

                 On entend dire souvent que le nom de Samuel a pour racine Shin, Mèm, Ayïn : «  écouter, exaucer » et Aleph, Lamed : « EL : Dieu », mais alors la consonne Ayïn qui est dans ce nom, manque.

                 Il faut plutôt comprendre «Shemouel » comme un nom composé de deux mots : SHEM, nom et El, Dieu

                 Shin, Mèm, Shem : nom et Aleph, Lamed, Dieu 

                 « Shemou » est compris comme « Shemo » SON (adj. Possessif, 3° pers. masc., sg.) NOM est « EL » DIEU.

 

Résumé de sa vie :

                 Prophète et dernier des juges bibliques qui dirigea Israël pendant la période de transition située entre l’époque des Juges et le début de la monarchie.

 Le père de Samuel, Elqanah, était issu d’une famille noble du mont Ephraïm. Sa mère, Hannah demeura  stérile pendant de longues années. Elle pria dans le sanctuaire de Silo, en présence du prêtre Eli, demandant un fils et faisant le vœu de le consacrer toute sa vie comme naziréen au service du sanctuaire. Une fois sevré, Samuel fut confié à Eli le prêtre. D.ieu lui apparut pour lui annoncer la

destruction de Silo et de la lignée d’Eli. Après la destruction du sanctuaire par les Philistins et la mort d’Eli, Samuel fut désigné juge, il exerçait dans la région située entre Bethel, Gilgal, Mitspé et Ramah.

             Voyant que ses fils, Joël et Abiyah, eux aussi juges, prononçaient des sentences injustes, le peuple demanda à Samuel d’oindre un roi pour les gouverner. La demande était contraire à ses souhaits mais, en accord avec l’ordre de D.ieu, Samuel oignit Saül, de la tribu de Benjamin, après avoir mis en garde le peuple contre les inconvénients du système monarchique.

    Le roi Saül déçut Samuel (...) Samuel informa Saül de la prophétie de D.ieu selon laquelle la royauté lui serait retirée et donnée à un autre. Samuel partit pour Bethléem où il oignit  en secret David et le fit roi.                                               Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993.

 

 Références bibliques principales : Cf. Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme, Cerf, 1993.

                 Premier Livre de Samuel : 1,1 – 3,21 : Naissance de Samuel et sa consécration comme prophète

                 7,1 – 7,17 : Samuel le juge

                 8,1 – 10,27 : Saül est oint roi   ou onction royale de Saül

                 12,1 – 12,25 : Discours d’adieu de Samuel

                 16,1 – 16,23 : David est oint roi   voir plus haut idem.

 

Commentaire juif ou beau texte : Une interprétation du Ps 118 (117) avec SAMUEL, David et sa famille

                 R. Samuel b. Nahmani a dit au nom de R. Johanan :

Je te remercie, parce que tu m’as répondu, parce que tu m’as sauvé (Ps. 118,21), ce passage a été dit par David ;

                La pierre qu’on rejetée ceux qui bâtissaient est devenu la principale d’angle (suite), ce passage a été dit par Jessé ;

                C’est de l’Eternel que cela est venu, c’est un prodige à nos yeux (suite), celui-ci a été dit par les frères de David ;

 VOICI LA JOURNEE QUE L’ETERNEL A FAITE, QU’ELLE SOIT POUR NOUS UN SUJET D’ ALLEGRESSE ET DE JOIE (suite), celui-ci a été dit par SAMUEL ;

                O Eternel, accorde le salut (suite) Par les frères de David ;

                O Eternel, donne la prospérité (suite), par David ;

Béni soit celui qui vient au nom de l’Eternel (suite), ce passage a été dit par Jessé ;

 NOUS VOUS BENISSONS DE LA MAISON DE L’ETERNEL (suite) par SAMUEL ;

                 L’Eternel est Dieu et il nous éclaire, (suite) par tous ;

                ATTACHEZ LA VICTIME AVEC DES LIENS, AMENEZ-LA JUSQU’AUX CORNES DE L’AUTEL (suite), ce passage a été dit par SAMUEL ;

            Tu es mon Dieu et je te remercierai, mon Dieu, je t’exalterai (suite), celui-ci par David.

                 Et tous dirent remerciez l’Eternel car il est bon, car sa grâce dure à jamais (suite).

                Pessahim 119a cité § 90, p. 330 dans Aggadoth du Talmud de Babylone, Verdier 1982

               

               

 Commentaire chrétien ou beau texte :

                 Pourquoi le nom de Samuel dans la Bible hébraïque a-t-il été donné à deux livres dans lesquels son rôle s’efface assez tôt ?  L’anomalie est explicable : ces deux livres nous font assister aux deux règnes de Saül et de David, or c’est de Samuel que l’un et l’autre ont reçu l’onction royale.

                Samuel est donc un personnage clé. Sa position est celle d’un carrefour dans l’histoire, quand approche le premier millénaire avant notre ère. (...)

                 Homme de transition, comme on dit, la présence de Samuel signale des malaises, empêche d’oublier des ruptures, empêche justement ainsi que ces ruptures soient signes de mort.

«  Même après s’être endormi, il prophétisa encore » (Si, 46,20). Il a laissé surtout le souvenir d’un intercesseur (1 S 12,23 ; Jr 15,1), au point d’être rapproché des prêtres avec Moïse et Aaron dans le Ps 99 (v.6). Ce n’est seulement entre Dieu et le peuple qu’il s’interpose, mais entre les courants de l’histoire qui s’entrechoquent et se contredisent. (...)

 Désormais, Israël fait plus qu’habiter la terre, il y plongera ses racines : l’arbre de Jessé, fils d’Obed et père de David) sera l’un des meilleurs symboles de la royauté. Et la royauté elle-même sera la forme exemplaire de l’aventure  de l’homme quittant l’enfance, trouvant vis-à-vis de son créateur une distance où il court des risques inséparables de sa dignité.

Samuel est le parrain involontaire de cette nouvelle naissance à l’âge adulte.

                                        Paul Beauchamp, Cinquante Portraits Bibliques, Seuil, 2000

 

 Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes ABC :

                 4° dimanche du Carême année A : 1 Sm 16,1-13

                 2° dimanche ordinaire année B : 1 Sm 3,1-19

 

4 septembre

moïse

moïse

 

Fêté le : 4 septembre dans le Martyrologe Romain, Edition 2004

                    « Mémoire de Saint Moïse, prophète, que Dieu a choisi pour libérer son peuple opprimé en Egypte… »

    .  18 septembre et/ou le 17 août par les Coptes et les Ethiopiens, comme  « Premier des prophètes »

    .    Il est parfois  associé à Elie, le 20 juillet, à Aaron le 1° ou le 3 septembre, à Pinéas, le 9 août.

 La mémoire de Moïse se trouve dans des synaxaires byzantins très anciens, toujours priés aujourd’hui.

Ils ont sans doute inspiré Florus de Lyon qui, au IX° siècle compile un martyrologe avec une fête de Moïse au 4 septembre.       

  

Lieu de mémoire / pèlerinage : - cf. Lieux Saints et Pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

     .  Mont Nébo : Sans doute d’origine juive, cette localisation fut ensuite légitimée par le récit d’invention inspirée :

cf.   V  Petri Ib., p.85-86 sur Nb 32,3 - Une petite église triconque existait au IV° siècle avec un mémorial considéré comme la tombe de Moïse. Au V° siècle elle fut transformée en basilique dont les restes furent mis à jour ne 1941, 1970-1976.

    .  Maran : À l’est de Clysma, une fois traversé le désert de Sur, - identifié au Mara biblique où Moïse changea en eau douce une source amère ( Ex. 15,22-23) – Aujourd’hui Ayun Musa, sources de Moïse. – Cf. Pierre Diacre, de Locis Y11

    Taphnis (Daphnae ) : en Egypte, au sud-ouest de Péluse , Taphnis était identifiée par les Anciens à Tanis, une des capitales du Pharaon, et considéré comme le lieu de naissance de Moise. – cf. Egérie Itin.9, 5 -.Ce serait l’endroit d’où Moïse accomplit les miracles qui précédèrent le départ des Hébreux – cf. Jérôme, Epist.108, 4

    .  Ramesses :  A quatre milles environ au nord d’Acadia , en Egypte, on montrait des ruines du Ramesses biblique ( Pi-Ramses) avec deux statues qui auraient été Moïse et Aaron , en fait celle d’un roi et de son dieu – cf. Egérie Itin.8,1-3,5 -

    Memphis : Dans la province d’Acadia, en Egypte, à six milles de la ville, en direction du fleuve. On montrait deux  ‘trônes’ tenus pour ceux de Moïse et d’Aaron – sans doute, en fait , bases de statues égyptiennes assises – On signalait aussi des tours dans lesquelles Moïse montait pour prier ou parler au peuple – Cf. Pierre Diacre, de Locis Y 1 -

                                  

Signification de son nom :

 Selon de nombreux commentateurs, la racine du nom propre «  Moïse » est d’origine égyptienne : Dans la tradition de l’Egypte ce nom était souvent accolé à celui d’une divinité ; par exemple : ‘ Thout-mosis’, ‘enfant de Thot’.

 Par ailleurs, ‘ méchiti,’ en hébreu, peut se traduire ‘ retiré des eaux’. Moïse est bien ‘ retiré des eaux par la fille du Pharaon.

 

Résumé de sa vie :

Fils d’hébreux, Amram et Yokkebed, ( Ex.2,5), frère d’Aaron et de Myriam ( Ex.6,20), né en Egypte, sauvé par la fille du Pharaon qui l’élève, il devient adulte, défenseur incompris de ses frères ; exilé à Madian, pour fuir, il devient berger de Jethro dont il épouse la fille  ( Ex.2,1-22) . Dieu se révèle à lui comme Dieu de ses ancêtres et l’envoie libérer ses frères esclaves du Pharaon (Ex.3, 3-15 ; 12 et 13). La mission de Moïse aboutit à l’évènement du passage de la mer des Roseaux  (Ex.14 ; 15), puis la marche des Hébreux  au désert, avec l’Alliance avec Dieu au Sinaï. Au terme d’une génération au désert ‘ quarante ans’, le récit donne les dernières instructions de Moïse pour régler la vie du peuple en Canaan, où Moïse n’entrera pas – à cause de son propre doute à l’épisode du rocher ( PNB 20,1-13 ;33,48-49 ;36,15 et Dt1,5 ;4,44 ;17,18 ;31,9-26 ;32,46) .Selon le récit biblique Moïse termine sa vie en chantant son cantique et en bénissant le peuple d’Israël avant de mourir au Mont Nébo  (Dt32 ;33 ;34)

 

Moïse est  prophète, intercesseur, élu de Dieu, homme de Dieu, serviteur du Seigneur, par qui Dieu sauve son peuple : La Torah donnée par Dieu est appelée ‘ Torah de Moïse’, normative pour tout le peuple juif : par exemple cf.  Josué 8,31-35 ; 1 Rois 2,3 ; Esdras 7 ; Néhémie 8

 

     «  Moïse est, pour le peuple juif, le maître de doctrine par excellence, celui à qui Dieu a confié ses secrets, ses règles de vie, pour les transmettre à Israël. Le trait dominant, chez lui, est sans doute sa fidélité à une mission difficile et ingrate : faire sortir ses frères d’Egypte, les conduire au désert, leur transmettre la Loi de Dieu, organiser leur vie religieuse en attendant qu’ils entrent en Terre Promise .                                   

         «  Il a vécu avec Dieu dans une intimité exceptionnelle, depuis la vision du Buisson Ardent – Ex.3 -, ses rencontres avec Dieu sur la montagne ou dans la Tente de Réunion – Ex. 19-20-24 - , dont il revenait le visage éclairé d’une lumière rayonnante – Ex. 34, 29-35 – jusqu’à sa mort mystérieuse sur le Mont Nébo : ‘Plus jamais en Israël ne s’est levé un prophète comme Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face’ - Dt 14,10 - .

Les premiers chrétiens ont vu en Moïse le prophète dont les écrits rendent témoignage à Jésus (...)  - cf.  Dt 18,15 ; Jn 1,45 ;

Mt.17,3 -  

                                                         Idem – Introduction messe propre de St Moïse, Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. Française 1979

 

Références bibliques principales :

        .  Moïse est présenté dans Le Siracide  45,1-5. 

        . Moïse est nommé plus de 700 fois dans les livres de l’Exode,  des Nombres, du Deutéronome et de Josué.

        . Il est  cité dans le livre des Psaumes  par exemple cf. Ps 77 ; 90 ; 99 ; 103 ;105 ;106

        . Il a une place importante dans le N.T. en rapport avec la venue de Jésus :

                        par exemple  cf. Jn 5,39 et 46 ; Mt 5,17 ; Lc 24,27 et 44 ; Act 26,22-23 ; Gal 3,23-29 ; Hb 11,23-29

             

Commentaire juif ou beau texte :

 

« R. Josué b. Lévi a dit : Lorsque  Moïse eut quitté le Saint, béni soit-il, et fut redescendu sur la terre, Satan vint trouver le Seigneur et Lui dit : Maître de l’Univers, où est la Thora ?

-  Je l’ai offerte à la terre.

Satan vint alors voir la terre et lui dit :

-  Où est la Thora ?

       -  ‘ C’est Dieu qui en sait le chemin’ (Job 28,23)

Il alla voir la mer qui lui dit :

      -  Elle n’est pas avec moi !

Il alla voir l’abîme, qui lui dit :

 - Elle n’est pas en moi.

C’est en effet ce qui est écrit : ‘ L’abîme dit : Elle n’est point en moi ; et la mer dit : Elle n’est point avec moi (Ib.14).

La perdition et la mort dirent : Nous en avons entendu  parler ( Ib.22)

 

Satan revint alors devant le Saint, béni soit-Il et Lui dit :

-  Souverain du monde, je l’ai cherchée par toute la terre et je ne l’ai point trouvée.

    -  Va voir le fils d’Amram  - Moïse -, répondit le Seigneur.

Il se rendit donc chez Moïse :

   -  La Thora que t’a donnée le Saint, béni soit-Il, où est-elle ?

   -  Qui suis-je pour que le Saint, béni soit-Il, m’ait donné la Thora ?

 

 Le Saint, béni soit-Il, dit alors à Moïse :

-  Moïse, tu es un menteur !

  -  Souverain du monde, ce trésor précieux dont tu fais chaque jour tes délices, puis-je me déclarer seul possesseur de ses bienfaits ?

  -  Puisque tu es si modeste, le nom de la Thora sera attaché au tien.

En effet il est dit ‘ Souvenez-vous de la Loi de Moïse mon serviteur’ (Mal.3 ; 22)

                                                                                                      Chabbat 138 Talmud de Babylone

 

 «  ‘ Cette même verge, tu l’auras à la main’ (Ex. 4,17)

Cette verge – avec laquelle Moïse devait délivrer Israël en faisant des signes – fait partie des objets créés par Dieu ‘ au crépuscule du 6° jour’  (Pirke Avot V). Confiée au premier homme au Gan Eden, elle fut donnée ensuite à Hénoc, puis c’est Sem, Fils de Noé qui la reçut. Il la confia à Abraham, celui-ci à Isaac, puis elle passa à Jacob qui la donna à Joseph. A la mort de Joseph, tous les trésors de son palais passèrent dans la résidence de Pharaon. Jethro, qui faisait partie des magiciens de Pharaon, vit cette verge avec des inscriptions étranges qui en couvraient l’extrémité ; il l’emporta chez lui et la planta dans son jardin : personne n’osait s’en approcher. Lorsque Moïse, fuyant le pays d’Egypte arriva chez Jéthro, il vit ce bâton mystérieux, sur lequel était gravé le Nom Ineffable : aussitôt il l’arracha et s’en empara. Jéthro compris que cet étranger venant d’Egypte libèrerait ses frères opprimés par le Pharaon : il lui donna donc sa fille. »

 Midrash cité  dans Les Ephémérides de l’année juive, T 3 Nissan, Eliahou Kitov, CLKH Paris, 1979

 

          «  La quatrième nuit viendra lorsque le monde arrivera à sa fin pour être racheté : les jougs de fer seront brisés et les générations perverses anéanties ; Moïse montera du milieu du désert, et le roi Messie du milieu de Rome. L’un s’avancera en tête du troupeau et l’autre s’avancera en tête du troupeau, et la Parole du Seigneur s’avancera entre eux et eux marcheront ensemble. Telle est la nuit de la Pâque pour le nom du Seigneur – YHWH -, nuit réservée et fixée pour la délivrance de toutes les générations d’Israël »

                                             Commentaire sur Exode 12,42, Targum  Palestinien –II°/III siècle

              

Commentaire chrétien ou beau texte :

  

«  En ce jour, mémoire du Saint prophète Moïse qui vit Dieu, ce n’est plus de dos ni du creux du rocher que Moïse contemple enfin le Dieu des dieux, mais de son créateur ayant pu s’approcher, face à face il le voit tout entier de ses yeux »

                                                                                  Office Byzantin pour la Saint Moïse

  

« (…) La foi de nos pères (…) cette foi toutes entière repose sur la Loi et les prophètes (…) Une juive qui n’observe point la loi de Moyse ne me paraît pont une excellente juive (…) Tu seras donc une excellente juive que quand ta foi embrassera avec amour, avec respect, tous les dogmes, les préceptes et les prophéties sacrées de la Bible ».

                                                    Théodore Ratisbonne Lettre à sa nièce Hélène, Paris 28 juillet 1844

 

 «  Personne, l’ange sinistre déchu seul l’a voulu : muni d’armes mortelles il s’approcha du Désigné. Mais avec un crissement de lames il recula subitement, reprit son vol et clama à la face des cieux : Je ne peux pas !

Car Moïse, paisible, derrière ses sourcils touffus, l’avait escorté et continuait à écrire : des paroles de bénédictions et le Nom infini. Et jusqu’au bout de son être, son œil était limpide.

Entraînant avec lui la moitié des cieux, le Seigneur alors descendit, Il aplanit la montagne et sur cette couche improvisée y déposa le vieillard. Il appela son âme à quitter sa demeure et revoyait les unes après les autres les nombreuses étapes que leur amitié de toujours avait vécues en commun.

Mais à présent il était fatigué. Et l’âme en son achèvement reconnut qu’elle était lasse. Alors lentement le vieux Dieu inclina sur le vieillard son vieux visage. D’un baiser Il l’attira dans son âge, tellement avancé. Et de la main qui créa le monde Il reforma la montagne comme les autres de la terre, recréée, impossible à reconnaître pour l’homme ».

                                               D’après Rainer Maria Rilke (1875-1926), La mort de Moïse,

 Cf. au 4 septembre dans Témoins de Dieu, martyrologe universel, communauté de Bose, Bayard 2002

 

     Moïse extrait de P. Beauchamp 

      Pas plus que tu ne pénètres dans le secret de Dieu, tu ne pénètres dans le secret de l’envoyé de Dieu. Mais ce double obstacle a pour effet de nous laisser pressentir combien semblables sont les deux secrets : secret de l’envoyé, secret de Dieu. Quand Jésus viendra sa face n’apparaîtra dans son éclat sur la montagne, seulement à Pierre, Jacques et Jean.

       Le Deutéronome assure qu’il n’est pas (pas encore) venu un prophète comme lui (Dt 34,10)  parce que le Seigneur «  le connaissait face à face ». D’après Nb 12,6-8, Dieu parle aux prophètes par des visions et des songes. Mais, dit-il «  il n’est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Je lui parle bouche à bouche en me   faisant voir – non en énigme. Il voit la forme du Seigneur ». Moïse habite son secret.  D’une part, il est celui qui se dit dans la loi. D’autre part, il est aussi celui qui est caché par elle. Il est le législateur. La loi est son voile. Le principe de la Loi est derrière le voile.

  Moïse remonte au principe de la loi. Ce principe lui avait été révélé dès l’origine de sa mission (Ex 3). D’abord, par la vision du buisson qui brûle sans se détruire. Symbole de la vie, mais de la vie à sa source. Notre vie à nous, et il en va ainsi pour tout législateur et pour Moïse, brûle en se détruisant. Non la vie qui vient de Dieu ! Moïse voit la vraie vie. Ensuite, du milieu du buisson Dieu va dire comment il s’appelle. Or le Nom de Dieu est alors révélé sous deux formes ; « Il est » : c’est une troisième personne d’un verbe ; on l’écrit  YHWH. Mais ce n’est pas ainsi que Dieu le révèle d’abord à Moïse (Ex 3,14). Il dit d’abord « Je suis qui je suis » (ou « je serai ». Dieu anticipe ainsi sur la première personne du décalogue :

 « Je suis YHWH qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte. » Dieu « décline » son nom, en déclinant le verbe être. Car la révélation ne consiste pas seulement dans ce verbe être, mais premièrement dans le sujet. Dieu est sujet ; Dieu dit « Je ». Quand « Je » fait défaut «  être » s’efface. Dire «  Je », c’est parler. Dieu se révèle comme celui en qui être et parler ne font qu’un. Dans le Dieu vivant vit l’unité de l’être et du parler. C’est pourquoi jean dira un jour que «  la Parole était avec Dieu et la parole était Dieu ». Et la Parole est vérité. Et la Parole est vie, qui brûle sans se consumer. De même source, Moïse a vu la vie dans le buisson ardent et entendu la Parole.

      Ainsi se prépare de loin le Prologue de Jean,  à notre intention. Aucun évangile, d’ailleurs, ne nomme Moïse autant de fois que celui de Jean.

      Le Nom de Dieu ouvre la loi, il en est le principe. Avant toute loi quelqu’un (le Seigneur) parle à quelqu’un (Moïse), dans un dialogue contemplatif, un dialogue qui est aussi une vision, comme se voir et se parler vont ensemble. Dire «  Je », c’est parler. C’est aussi appeler, faire dialogue. Ce dialogue vient d’avant la loi qui conduit plus loin que la loi, vers l’accomplissement qui la dépasse.

                                                 Cinquante portraits bibliques, Paul Beauchamp,  Ed. du Seuil 2000

 

 

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

 Parmi les leçons bibliques du lectionnaire :

              Année A : Fête de la Trinité :  Ex.34, 4-9

                              11° dimanche  ap. la Pentecôte :  Ex. 19,1-6

              Année B : 4° dimanche ap. L’Epiphanie : Dt 18,15-20

              Année C : 3° dimanche de Carême :  Ex.3, 1-15

                              24° dimanche ap. le Pentecôte :  Ex 32,7-14

                              28° dimanche ap. la Pentecôte :  Ex.17, 8-13

 

Années A, B, C au Jeudi Saint Ex 12,1-14

                        à la vigile pascale Ex14, 15 à 15,1

 

Proposition particulière :

         En écho  au  texte de Rainer Maria Rilke, voici  la dernière partie d’un long poème d’Edmond Fleg (1874-1963) :

 

                                                                    Moïse

 … Mais Dieu :

                      (…) Quand meurt le serviteur, Dieu meurt-il avec lui ?

                      Je puis en choisir un autre,  puisque je t’ai choisi.

 

     Et l’homme répondit :

                       Ton chemin est clémence et ton sentier justice ;

                       Fais que vive ton peuple et fais que je périsse.

 

      Alors Dieu dit à Micaël :                               

                        Cueille son âme. Et l’ange dit à l’Eternel :

                        Il a touché le cœur de tes tribus farouches

                        Ton miracle en son poing, ta parole en sa bouche ;

                        Son œil a foudroyé le taureau d’or ;

                        Il a séché les mers d’un pied robuste

                        Et contemplé ta face au son du cor :

                        Je ne verrai pas la fin de ce Juste !

 

       Alors Dieu dit à Gabriel :

                          Cueille son âme. Et l’ange dit à l’Eternel :

                          Il est né circoncis au ventre de sa mère ;

                          Tu fis descendre en lui ton souffle sur la terre ;

                          Il reçut de ta main la Loi de feu ;

                          Ton ineffable Nom, seul il le nomme ;

                          Tu l’as fait plus qu’un ange, presque un Dieu :

                           Je ne verrai pas la mort de cet homme !

 

        Alors l’Eternel

        dit à Samël

                          Cueille son âme. Et, dans les ténèbres damnées,

                          Le démon attendait depuis cent vingt années

                          Que l’homme trois fois saint eût fini sa journée.

                          Mais comme il s’approchait, le mortel au cœur fort,

                          Acceptant de mourir, écrivait sur le sable

                          Le Nom ineffaçable.

                           Alors  - L’Ange de la Mort -   eut peur de la mort.

 

         Et Dieu dit :

                          L’Eternel ira cueillir son âme.

 

         Au sommet du Nébô, la colonne de flamme

         Mit sur la bouche humaine une bouche de feu,

         Et l’âme vint au ciel dans le baiser de Dieu.

 

         Israël gémit, le front dans la cendre :

                            Le Juste n’est plus ! Qui nous conduira ?

         La terre sanglota : Les hommes vont descendre !

         Le ciel dit : Hosanna !

                             Sa demeure est en moi, nul ne peut le reprendre !

 

                       Et Dieu pleura

 

                                                    Extrait de Ecoute Israël, Flammarion

 

9 octobre

ABRAHAM

SARAH

ABRAHAM, avec SARAH

 

 Nom :

Abraham de  Ab « père » – en hébreu – et de Am « peuple »avec la lettre H, ajoutée selon la parole de Dieu  cf. Gn 17,3-5

« Dieu parla ainsi : ‘ Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations. Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations

 

Fête :

Au IX° siècle le diacre lyonnais Florus introduit le nom d’Abraham dans le Martyrologe Romain, alors qu’en Orient les mentions de sanctuaires chrétiens pour sa mémoire remontent au IV° siècle, ce qui laisse supposer que l’on y venait déjà avant !

            Le 9 octobre : selon le Martyrologe romain ; l’Eglise copte et éthiopienne

Le 6 octobre : selon le Rite byzantin – ainsi que le dimanche avant Noël, avec les ancêtres
                                   du Christ

Le 14 juillet : par l’église éthiopienne, Visite de la Trinité à Abraham

Le 3 septembre : par les Eglises copte et éthiopienne Abraham, Isaac et Jacob

Le 27 mars : lorsqu’ Abraham est associé à Isaac selon des calendriers liturgiques orientaux
                                anciens

Le 8 août : lorsqu’ Abraham est associé à Melkisédeck  selon des calendriers liturgiques
                             orientaux anciens

           Le 21 août : selon le Calendrier liturgique copte et autres orientaux  anciens

 

               Sarah est fêtée en même temps qu’Abraham, elle qui est appelée  mère d’Israël, Is. 51,2  est considérée comme la mère des enfants de la Promesse, héroïne de la foi et épouse modèle,  - Rm 4,19 et 9,9 ; Hb 11,11 ; 1°Pierre 3,5-6

 

Lieu de mémoire / pèlerinage :

 Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient de Pierre Maraval, Cerf, 1985

Mambré : au nord d’Hébron, Mambré est l’endroit où le Patriarche Abraham reçut la visite de trois messagers d’en haut, cf. Gn 18,1-6. C’était déjà un lieu saint pour les Juifs, avec le chêne – devenu térébinthe,  à l’époque de Flavius Josèphe, et le puits. Un mur d’enceinte fut élevé sous d’Hérode. Une basilique, édifiée sous Constantin, fut probablement détruite lors de l’invasion perse. Un petit  édifice  octogonal fut bâti sur le site avec les restes du chêne desséché, cf. St Jérôme

Hébron : la vieille cité des Patriarches possédait les tombeaux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, avec leurs épouses, au-dessus de la grotte où ils furent enseveli dans un cour enclose d’époque hérodienne, cf. Pierre Diacre, De Locis, N 2

Le Mont Garizim : le pèlerin de Bordeaux rappelle que les Samaritains y plaçaient le sacrifice d’Isaac par Abraham, cf. It Burd. 587,3-4

Ascalon : c’est une étape d’Eleuthéropolis. Un souvenir biblique :

celui du puits creusé par Abraham, montré aux visiteurs dès une époque ancienne,cf. Origène,  C. Celsum, 4,44

Harran : cette ville à une étape au sud-est d’Edesse possédait plusieurs souvenirs bibliques dont la maison d’Abraham transformée en église, cf. Egérie, Itin., 20,5

 

 Signification de son nom :

 « ‘Abram, qui est Abraham’ (1 Chr.1, 27) : au début il est le père – Ab – d’Aram, à la fin le père du monde entier. ‘ Saraï, qui est Sarah’ : au début elle est princesse – Saraï - de sa nation, à la fin princesse du monde entier ». (Berakhot, §94 Aggadoth du Talmud de Babylone, Ed.Verdier, 1982)

 Selon la tradition juive le ‘iod’ : ‘i’ du nom de Saraï, qui a valeur numérique ‘10’, a été divisé en deux : la moitié de sa valeur allant à Abraham, c'est-à-dire ‘5’, valeur de la lettre ‘hé’, l’autre moitié, ‘5’ étant pour elle avec un ‘hé’ à la fin de son nom au lieu du ‘iod’ : ‘i’. Saraï signifie ‘ ma’ princesse’, Sarah ‘la’ princesse.

 

 Résumé de sa vie :

  «  Abraham est le ‘ Père’ dans la foi des juifs, des chrétiens et des musulmans. Le livre de la Genèse nous raconte sa vie, son départ d’Ur en Chaldée, sa mise en route vers l’inconnu à l’appel de Dieu, la bénédiction dont il est l’objet et qui doit rejaillir sur tous les peuples de la terre, et la promesse dont il est bénéficiaire : ‘ Sa descendance sera nombreuse comme les étoiles du ciel’ et à elle sera donnée la terre de Canaan. Père d’Ismaël par sa servante Agar, Abraham aura finalement de Sarah un fils, Isaac, qui sera héritier de la Promesse et qui recevra la circoncision comme signe de l’alliance. La Genèse nous raconte aussi comment le Patriarche fut éprouvé par Dieu et reçut l’ordre de sacrifier ce fils ; comment il obéit dans un acte de foi inconditionnelle, obéissance à laquelle Dieu répondra en épargnant Isaac et en confirmant les promesses et les bénédictions.

Modèle d’obéissance, Abraham est aussi l’intercesseur qui ose parler avec son Seigneur, l’ami que Dieu met dans la confidence de ses desseins et le plus bel exemple du respect des règles de l’hospitalité. D’après la Bible, Abraham vécut 175 ans et fut enseveli à Macpela. (…) C’est de la descendance d’Abraham qu’est né Jésus (…) et tous ceux qui croient en Lui, juifs et païens, sont appelés à participer aux bénédictions de ce Patriarche. »

 Introduction à la messe de St Abraham dans le Propre du Diocèse de Jérusalem, 1975, trad. en français 1979

 

 Références bibliques principales :

 Le livre de la Genèse : Gn 12 ; 13 ; 14,14-17 ; 17 ; 18 ; 20 ; 21 ; 22 ; 23 ; 25.  Si. 44,19-21

 Descendants d’Abraham : Ismaël, né d’Agar, servante égyptienne, Gn 16 ; Isaac, né de Sarah, fils de la promesse, Gn 18 ; Gn 21

Clans sémites, dont celui de Madian, dits ‘nés de Quetoura’, deuxième femme d’Abraham après la mort de Sarah, Gn 25, 1-6

Jésus de Nazareth, le Christ : dit ‘Fils d’Abraham’, Mt 1,1.

 

 Commentaire juif ou beau texte :

 

« … Il est utile de se remémorer que la Tora emploie le même terme pour établir un lien entre certains évènements ou certains actes. Lors de sa première épreuve, il est enjoint à Abraham : ‘ Va-t-en de ton pays… (Gn12, 1). Et dans sa dernière épreuve : ‘ va-t-en ay pays de Moriya, et là offre-le en holocauste … (Gn22, 2). Dans la première épreuve il lui est demandé de renoncer à son passé, dans la dernière de renoncer à son avenir ; les deux sections  Lekh-lekha et Wayéra, qui nous racontent toute la vie de notre père Abraham s’étendent (…) d’un ‘ va-t-en’ à un autre ‘ va-t-en’ ; entre l’un et l’autre Abraham va d’épreuve en épreuve, de révélation en révélation.

Nous conclurons notre méditation par la mention d’une remarque de Benno Jacob, dans son ouvrage sur la Genèse : Dans les versets adressés à Abraham, nous trouvons cinq fois des termes de la racine ‘ bénir’ : ‘Je te bénirai’, ‘Sois une bénédiction’,’Je bénirai’,  ‘Et je veux te bénir’,  Et…seront bénies’ (Gn 12,1-3). Il s’agit d’une abondance de bénédictions, d’une abondance de lumière spirituelle, comparable à la même abondance exprimée par le terme cinq fois répété de ‘ lumière’ dans le récit de la Création. « Un nouveau monde venait de naître avec l’apparition d’Abraham, un monde de bénédictions, accordées aux hommes par des hommes ».

En méditant la sidra Berechit, de Nehama Leibowitz, trad. de l’hébreu, Dépt de l’Education et de la Culture par la Torah dans la Diaspora, de l’Organisation Sioniste Mondiale, 1981

 

 

« Je vais apporter une tranche de pain’, Gn 18,5’. Le festin préparé par Abraham comporte une triple signification. Il est d’abord l’expression de l’amour d’autrui, trait caractéristique du Patriarche. Mais Abraham concevait cet acte de charité comme une occasion d’amener les hommes à l’amour de Dieu, comme Rachi le signale plus loin : ‘Après que ses hôtes avaient mangé et bu, Abraham leur disait : Bénissez Celui à qui appartient la nourriture dont vous vous êtes nourris. Vous pensez que ce que vous avez mangé est à moi. Non pas, c’est à Celui qui a créé le monde’ (XXI, 33). En outre, le festin tient lieu de sacrifice offert en hommage de gratitude à l’Eternel. Abraham n’avait pas encore manifesté sa reconnaissance pour le don de l’Alliance et les riches promesses divines. Il considéra l’arrivée des messagers du ciel comme l’occasion providentielle de présenter son offrande en guise de sacrifice. C’est ce qu’il exprima par la phrase :C’est pour cela (pour me donner l’occasion d’une offrande sacrée) que vous avez passé près de votre serviteur (v.5)’. Enfin, le festin, où le Patriarche sert les anges, est une préfiguration du ‘festin des Justes’ de l’avenir messianique, tableau idéal qui représente les justes attablés, entourés des archanges, dans une ambiance de sainteté serein en l’honneur de Dieu. »

Commentaire cité dans La Voix de la Torah, Commentaire du Pentateuque, La Genèse,

par Elie Munk, Fondation Samuel et Odette Lévy, 7° Edition, 1992

 

 

Commentaire chrétien ou beau texte :

 

« Je vous enseignerai, dit le prophète Michée, ce qui nous est utile et ce que le Seigneur demande de vous. Il demande que vous marchiez en sa présence avec une attention respectueuse et vigilante. Cette parole sainte résume les règles de la sagesse. Ainsi le Seigneur dit à Abraham, le patriarche de tous les saints : ‘marche en ma présence et soit parfait’ !

Il est évident, d’après l’Ecriture, que Dieu considère tout ce qui est sous le ciel ; Il observe vos voies et vos démarches, Il compte vos pas ; Il sonde vos pensées ; Il éclaire tous les actes de votre vie. »

Théodore Ratisbonne, Miettes Evangéliques

 

 

«  Jérusalem est le cadre de l’Histoire biblique ; elle est le foyer des origines et des généalogies ; elle est la ville des Patriarches, des Prophètes et des Apôtres ; la patrie terrestre de Dieu et de l’homme ; elle est le berceau de l’Eglise catholique. Son nom résume tous les temps, tous les souvenirs, toutes les espérances. (…) C’est un pêle-mêle de siècles renversés les uns sur les autres, et qui subsistent tous ensemble dans une atmosphère inoubliable.

La ville entière apparaît comme un vaste linceul qui ensevelit les générations humaines, Adam, Eve, Abel, Noé, Melkisédek, les Patriarches, Josué, David, les Prophètes, les Saints de l’Eglise primitive, les soldats de la Croix y laissent leurs empreintes ; empreintes funèbres et cependant pleines de vie : car le DIEU D’ABRAHAM n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants. »

Théodore Ratisbonne, Rayons de Vérité

 

 

« Selon la Lettre aux Hébreux, Abraham est avant tout le croyant dont la foi, sans cesse mise à l’épreuve, se manifeste dans l’obéissance. Selon la tradition synagogale, Abraham est surtout l’Ancêtre, celui que les Hébreux saluent du titre  Abraham, notre père’.

Mais le récit relatif à Abraham présente un autre aspect. Bien que le vocabulaire de l’espérance ne se trouve pas dans le texte hébreu qui se rapporte au patriarche, le propre du destin d’Abraham est de vivre sous son signe. L’espérance inaugure l’histoire sainte, elle signe de son sceau les divers épisodes de l’existence du patriarche, décide du sort de ses descendants, ouvre à l’humanité de nouveaux possibles. Dès l’instant où YHWH s’est adressé à Abraham, toute chose a été renouvelée ou plus exactement appelée à être. »

D’après Robert Martin-Achard, Actualité d’Abraham, cité dans Témoins de Dieu, Martyrologe universel, Communauté de Bose, Bayard, 2002

 

 

«    Le radieux appel d’Abraham ouvre sur tous les dangers. Dieu a demandé aux nations de le bénir – Gn 12,1-3.

Faut-il déjà s’inquiéter et voir d’avance une ombre sur l’avenir des Nations, que Dieu met à rude épreuve en leur demandant de bénir son élu ? Etre béni n’est pas pénible et il ne devrait pas être pénible de bénir…mais que de pièges s’annoncent ! (…) L’ombre est même une redoutable ambiguïté.

‘Je ferai de toi une grande nation’ avait dit Dieu. Glorification inoubliable de l’individu en ce moment décisif de l’histoire humaine. Et voici que le même texte vient se mettre en travers de lui-même, en nous rappelant qu’un peuple ne sort jamais d’un individu. Dans l’épisode qui suit immédiatement l’appel – Gn 12, 10-20 - Sara (encore appelée Saraï), qui est l’épouse, est le personnage principal. Ce peuple sort non d’un mais de deux individus. D’un couple. Et si la nation part d’un couple, c’est qu’avant ce couple il n’y avait pas cette nation, donc que les deux premiers conjoints proviennent de deux nations différentes. S’ils proviennent de deux nations différentes, alors la mixité ethnique est au principe, à l’origine, est inscrite pour toujours dans la texture génétique de cette nation, comme de toute autre. Il existe un moyen d’échapper à cette conclusion. C’est que le premier couple, les premiers époux, soient en même temps frère et sœur. Mais cela équivaut à placer un inceste à l’origine de la nation.

     Il est remarquable que la Genèse s’acharne autour de ce dilemme, avec trois épisodes où le rapport époux-épouse et le rapport frère-sœur se rapprochent dangereusement. L’une de ces zones d’ombres que nous évoquions se présente devant nous. Abraham était-il l’époux de Sarah ou était-il son frère ? S’il était son frère, Térah – Gn 11, 31-  serait le vrai père d’Israël. Tel n’est pourtant pas le parti choisi par la promesse de Dieu. Il n’a pas choisi Térah, dont nous ne connaissons pas l’épouse, ni Abraham séparé de son épouse, mais leur couple – Gn 17, 15.

    Ce que nous appelons tache d’ombre est en réalité un faisceau lumineux sur les origines d’un peuple. Le peuple de la Bible déclare lui-même l’ambiguïté de toute nation. Ce qui n’empêche pas la nation d’être nécessaire, d’une nécessité à laquelle nous pouvons dire que le plan de Dieu se soumet. Dès le départ, en posant un homme, une nation, le récit biblique pose de la manière la plus crue, la nécessité inéluctable de la différence, et de la relation. Un homme, une femme. Une nation, les autres nations. L’œuvre de Dieu, la semence de vie ne s’inscrira jamais ailleurs que dans le sillon qui passera entre les uns et les autres. »

Paul Beauchamp, Cinquante Portraits Bibliques, Seuil, 2000

 

  Commentaire musulman :

 

 Sur Abraham, dans le Coran  sourate 21

 

« Quand Abraham dit à son père et à son peuple : ‘que signifient les idoles que vous adorez avec tant d’ardeur ?’

Ils répondirent : ‘Nous avons vu nos pères les adorer’ – ‘Vous et vos pères, dit Abraham, vous êtes dans une erreur évidente (…). J’en jure par Dieu, je jouerai un tour à vos idoles aussitôt que vous serez partis’. Et il les mis en pièces, excepté la plus grande, afin qu’ils s’en prissent à elle (…). Ils dirent : ‘Est-ce toi, Abraham, qui a ainsi arrangé nos dieux ?’ – (Il dit) : ‘C’est la plus grande des idoles que voici : interrogez-les pour voir si elles parlent (…)

Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne comprenez-vous pas !  ».

                                    Koran XXI, 52-69 cité en note dans l’Anthologie de la pensée juive, par Edmond Fleg,

                                                          Ed. J’ai Lu, Flammarion, 1966

 

 Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

 

Année A   : 2° dimanche de Carême   Gn 12,1-4

Année B   : 2° dimanche de Carême   Gn 22,1-18

Année C   : 2° dimanche de Carême   Gn 15,5-18

       16° dimanche après la Pentecôte Gn 18,1-10

       17° dimanche après la Pentecôte  Gn 18,9-14

Fête du Saint-Sacrement  Gn 14,16-20

 

Année A, B, C à la vigile pascale Gn 22,1-18

 

 Propositions particulières :

 

Avec le Concile Vatican et un des textes d’application qui ont suivi, il est bon de se rappeler que :

 

« En scrutant le mystère de l’Eglise, le Concile se souvient du lien qui unit spirituellement le peuple du Nouveau testament à la descendance d’Abraham.

En effet, l’Eglise du Christ reconnaît que les origines  de sa foi et de son élection se trouvent, selon le dessein de salut de Dieu, chez les Patriarches, Moïse et les Prophètes. Elle affirme que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi, sont inclus dans la vocation de ce Patriarche (…)

En conséquence, puisque le patrimoine spirituel commun aux chrétiens et aux juifs est si grand, le Concile veut encourager et recommander entre eux la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques ainsi que de dialogues fraternels. »

Déclaration Nostra Aetate § 4, Concile Vatican II, 1965

 

 «  Dieu a voulu se faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C’est pourquoi il s’est choisi Israël pour être son peuple avec qui il a fait alliance et qu’il a progressivement instruit, se manifestant, lui-même et son dessein, dans l’histoire de ce peuple et se l’attachant dans la sainteté ».

Constitution Lumen Gentium § 9, Concile Vatican II, 1964

  

« Le Dieu  très aimant, envisageant et préparant avec soin le salut du genre humain tout entier, s’est choisi, selon un plan tout particulier, un peuple auquel il confierait ses promesses. Ayant, en effet, conclu une alliance avec Abraham – Gn 15,18, puis par

 l’intermédiaire de Moïse avec le peuple d’Israël – Ex. 24,8 , Il s’est révélé de telle manière par des paroles et par des actions comme le Dieu unique, vrai et vivant, au peuple qu’Il s’était acquis, qu’Israël connût par expérience quels étaient les cheminements de Dieu avec les hommes, et que, Dieu Lui-même parlant par la bouche des Prophètes, il les comprenaient de jour en jour plus profondément, et plus clairement, et les faisait connaître plus largement parmi les nations – Psaume 21,28-29 ; Psaume 95,1-3 ; Isaïe 2,1-4 ; Jérémie 3,17.

L’économie de salut annoncée, racontée, expliquée par les auteurs sacrés, apparaît comme la vraie Parole de Dieu dans les livres de l’Ancien Testament ; aussi ces livres, divinement inspirés, gardent-ils une valeur perpétuelle : ‘ En effet, tout ce qui a été écrit le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Ecritures nous procurent l’Espérance ‘ Rm 15,4  »

Constitution Dei Verbum  §14, Concile Vatican II, 1965

 

 

« Il s’agit de présenter l’unité de la Révélation biblique  (…) 

             Il s’agit d’évènements singuliers concernant une nation singulière, mais qui, dans la vision de Dieu qui révèle son propos, sont destinés à recevoir une signification universelle et 

exemplaire. Il s’agit, en outre, de présenter les évènements de l’Ancien Testament non comme des évènements qui concernent seulement les juifs, mais qui nous concernent aussi personnellement. Abraham est vraiment le père de notre foi – cf. Rm 4,10-12 et le Canon Romain ‘ Patriarchae nostri Abrahae’ - Et il est dit – I Cor 10,1 :‘ Nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer’.

Les patriarches et les prophètes, et les autres personnalités de l’A.T., ont été et seront toujours vénérés comme saints dans la Tradition liturgique de l’Eglise orientale comme aussi de l’Eglise latine. »

Catholiques et Juifs, Nouveau Regard

                                Note de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme, 1985

 

19 novembre

ABDIAS

ABDIAS

 

Fêté le 19 novembre :  selon Le Martyrologe Romain.

Le 24 janvier par les Coptes/Ethiopiens

19 novembre par les Orthodoxes/Greco-catholiques

3 décembres par les Maronites.

selon le Martyrologe Universel de la cté de Bose, Bayard 2005 

Le 22 juin selon Les Orientaux anciens 

 

Signification du nom :

Ovadia/Obadia : « serviteur du Seigneur »

 

Epoque/activité : vers 587 av.J-C. Il connaît bien la liturgie : Était-il rattaché au Temple de Jérusalem 

 

Commentaire juif:

«  - Vision d’Obadia – Ainsi parle l’Eternel Dieu au sujet d’Edom (Ob, 1,1: pourquoi Obadia  prophétisa-t-il particulièrement sur Edom ? Selon R[abbi] Isaac, le Saint, béni soit-il, se dit : Qu’Obadia, qui a vécu entre deux impies sans imiter leurs mœurs, aille prophétiser sur Esaü, qui a vécu entre deux justes et n’a pas suivi leur exemple. Selon Ephraïm Machecha, disciple de R[abbi] Méïr, qui parlait au nom de ce dernier, Obadia était un prosélyte du pays d’Edom. Comme dit le proverbe, c’est de la forêt même que vient la cognée. »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », : cf. page 1036  § 73

1er décembre

 

NAHUM

NAHUM

 

Fêté le 1 décembre selon Le Martyrologe Romain.

Le 14 août par les Orthodoxes/Greco-catholiques

Le 14 décembre par les Coptes/Ethiopiens

 selon le Martyrologe Universel de la cté de Bose, Bayard 2005

Le 1 décembre selon Les Orientaux anciens

 

Signification du nom :

Nahum  « celui qui est réconforté »

 

Epoque/activité :

Sous Manassé 663-640  av.J-C probablement  originaire d’Elqosh   Son oeuvre est de grande qualité littéraire

 

         «  De R. Ochaiya : ‘Lorsque Salomon bâtit le Temple, il y planta toutes sortes d’arbres fruitiers rares et leurs fruits poussaient en  leur saison. (…) C’est de ces fruits que les prêtres tiraient leur subsistance.  Lorsque les païens ont pénétré dans le sanctuaire, les fruits se sont desséchés, la fleur du Liban s’est flétrie (Nah. 1,4).

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », page 362 – 363  § 55

 

2 décembre

HABAQUQ

HABAQUQ

 

Fêté le 2 décembre selon Le Martyrologe Romain.

Et toutes les traditions.

 

Lieu de mémoire / pèlerinage :

 Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient de Pierre Maraval, Cerf, 1985 Cf. page 302

 «  Le tombeau d’Habaquq se trouvait dans un village appelé Kela ou Keila à sept ou huit milles à l’Est d’Eleuthéropolis sur une route en direction d’Hébron. Il y avait vraisemblablement un sanctuaire avec son monastère – c’est sans doute l’endroit du monastère d’Epiphane , que St Jérôme appelle Becos Abacuc – cf.  St Jérôme Epist. 82,8

 

Le champ d’Habaquq : Ce champ se trouve dans les environs d’Eleuthéropolis : cf. Dn 14, 32-38

 

Signification du nom :

mot transcris de l’accadien : plante odoriférante. Vocaliquement réinterprété en hébreu leh’abek « embrassé, enlacé »

 

Epoque/activité :

Sous Joachim 609-594 av.J-C ; homme très cultivé

 

         «  R. Simlaï a fait l’exposé suivant : 613  commandements ont été énoncés devant Moïse sur le Mont Sinaï  (…)

Le prophète Michée vint ensuite et réduisit à trois le nombre des commandements, puisqu’il est dit  On t’a fait connaître, O homme, ce qui est bien ; et ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu (Mic.6, 8). (…) Isaïe revint sur ces commandements et les réduisit à deux : Ainsi parle l’Eternel : Observez ce qui est droit, et pratiquez la charité (Is. 56,1).

Puis vint Amos, qui résuma ces deux commandements en un seul : Car ainsi parle l’Eternel à la Maison d’Israël : Cherchez-moi et vous vivrez (Am. 5,4).  Objection de R. Nahman : Cherchez-moi signifie peut-être ‘ cherchez dans toute la Thora’ ; c’est Habakuk qui résuma ces deux commandements en un : le juste vivra par sa foi (Hab. 2,4). »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », pages 1188 – 1190  § 20

 

3 décembre

SOPHONIE

SOPHONIE

 

Fêté le 3 décembre selon Le Martyrologe Romain.

selon le Martyrologe Universel de la cté de Bose, Bayard 2005

selon Les Orientaux anciens

  

Signification du nom :

Tséphania, racine cacher   « Dieu a caché, protégé », « secret de Dieu » Le prophète dit ce qui est caché

 

Epoque/activité :

En 622 c’est la grande réforme de Josias  640-600 av.J-C

 

                 «  Rentrez en vous –mêmes, puis examinez (Soph. 2,1), ce que Rech Lakich interprète ainsi : Corrige-toi toi-même avant de corriger les autres. »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », . page 1005  § 22

 

18 décembre

AGGEE

AGGEE

 

Fêté le 18 décembre selon Le Martyrologe Romain.

Le 29 décembre par les Coptes/Ethiopiens.

 

Signification du nom :

H’agaï/ Haggaï : « né un jour de fête » ou « mes festivités »

 

Epoque/activité:

 d’août à déc. 520 av J-C ; occupé à restaurer le Temple avec Esdras

  

           « Nos rabbins ont enseigné : Les gens d’Alexandrie ont posé douze questions à R. Josué b. Hanania (…)

Les trois dernières questions portaient sur la conduite des affaires terrestres. (…) Que doit faire un homme pour s’enrichir ? Réponse de R. Josué : Faire beaucoup de commerce et être honnête en affaires. On lui a objecté : bien des gens ont tenu cette conduite et cela ne leur a guère réussi. Mieux vaut dire : Prier le Miséricordieux, possesseur de toutes richesses, puisqu’il est dit  l’argent et à moi et l’or est à moi (Hag.2, 8). Quelle est la leçon à tirer ? Que l’honnêteté en affaires sans la prière ne suffit pas, et inversement. »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », pages 1376-1377  § 33

 

18 décembre

MALACHIE

MALACHIE

 

Fêté le 18 décembre selon Le Martyrologe Romain.

Le 3 janvier par les Maronites

Le 5 septembre par les Coptes/Ethiopiens

 selon le Martyrologe Universel de la cté de Bose, Bayard 2005

Le 3 janvier selon Les Orientaux anciens

 

Signification du nom :

Malachie  « mon envoyé » - On ne sait pas son vrai nom –

 

Epoque/activité :

A l’époque perse  après la reconstruction du Temple était-il lévite ?

  

         «   Alors ceux qui craignent l’Eternel se parlèrent l’un à l’autre : l’Eternel fut attentif et il écouta ; et le livre de souvenirs fut écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Eternel et qui honorent son nom (Mal. 3 ?16). Que devons-nous entendre par Et qui honorent son nom ? Selon R. Achi, cela signifie que, si un homme a l’intention d’accomplir un commandement et qu’il en est empêché, cette intention lui sera comptée par le Saint, béni soit-Il, comme s’il l’avait réalisée. »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », . page  51  § 40

 

21 décembre

 

MICHEE

MICHEE

 

Fêté le 21 décembre selon Le Martyrologe Romain.

Le 14 août par les Orthodoxes/Greco-catholiques

Le 28 août par les Coptes/Ethiopiens

 selon le Martyrologe Universel de la cté de Bose, Bayard 2005

Le 24 novembre selon Les Orientaux anciens

 

Lieu de mémoire / pèlerinage :

                                    «  Le tombeau de Michée : Ce tombeau se trouvait dans le village de Morasthi, à trois milles au Nord-Est d’Eleuthéropolis. Il fut doté d’une église dès la fin du IV° siècle. Cf. Jérôme Epist. 108,14          

 Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient de Pierre Maraval, Cerf, 1985

cf. page 302

Signification du nom :

Contraction de Mikka Yahhu   « qui est comme Dieu ? »  « Nul n’est comme Dieu »

 

Epoque/activité ;

Sous Yotam, Achaz et Ezéchias :740-736 ; 736-716 ; 717-687  av.J-C . Paysan cultivé du sud-ouest de Jérusalem

  

              «  Le tombeau de Michée : Ce tombeau se trouvait dans le village de Morasthi, à trois milles au Nord-Est d’Eleuthéropolis. Il fut doté d’une église dès la fin du IV° siècle. Cf. Jérôme Epist. 108,14          

         «  A l’école d’Hillel, on a dit : ‘Celui qui est plein de grâce penche du côté de la grâce’. Comment le Seigneur procède-t-il ? Selon R. Eliézer, il presse le plateau de la balance qui contient nos mérites, car il est dit il aura encore compassion de nous, il supprimera nos iniquités (Mic. 7,19). »

Cf. Aggadoth du Talmud de Babylone , La Source de Jacob- Ein JaKov

VERDIER, 1982     Collection «  les Dix Paroles », . page 429  § 18

 

29 décembre

David

DAVID

 

   16 ou 29 décembre

 

Nom :

           David: La racine de ce nom propre vient de l’hébreu   yedidout : ‘amitié ’

 

Fête :

           Au IX° siècle, Florus de Lyon a introduit David au 29 décembre dans la révision du martyrologe hiéronimien.

           A la même époque le Patriarcat latin de Jérusalem introduit la fête de Saint David, avec messe :

                                                                                                                                 on insiste sur le messianisme royal

  

          Le 16 décembre selon les Messes propres du diocèse de Jérusalem :

«  La fête de ce jour unit dans une même célébration le souvenir du roi David et celui des autres ancêtres du Christ » 

                                        

          Le 29 décembre selon le Martyrologe Romain et les Vieux Catholiques

           Le 26 décembre, ou le dimanche après Noël selon le rite Byzantin

           Le  2 janvier selon les Eglises Copte et  Ethiopienne

           Le  3 août selon le rite Maronite

          

Lieu de mémoire / pèlerinage : Cf.  Lieux Saints et pèlerinages d’Orient, Pierre Maraval, Cerf, 1985

 

          Le tombeau de David :

          Hors les murs de Bethléem, mais dans une vallée toute proche – un demi mille au nord-est – un tombeau est tenu pour

           celui du roi David – et selon certains, d’autres membres de sa famille (cf. Jérôme, Epist.46, 13) -.

            Au VI° s. ce tombeau se trouvait à l’intérieur d’une Eglise

 

          Une grotte :

          A deux milles d’Hébron, au bord du Cédron, un guide du VI° siècle signale la grotte où David, poursuivi par Saül,

           s’était réfugié et avait vécu sept ans – 1 S 23,14 – (cf. Theodosius, De situ, 5)

 

            Le site du combat de David et Goliath :

         A une vingtaine de milles en direction d’Eleuthéropolis, on montrait le site du combat de David et Goliath  -1 S 17 –

           Cette localisation existe sans doute depuis l’époque d’Egérie, - cf. Pierre d’Acre, De locis V, 7 - mais c’est seulement vers la fin du VI° s. qu’un pèlerin mentionne, au bord du chemin, le tombeau de Goliath. (cf.  Ant. Plac., Itin. 31,1-4)

          

          Signification de son nom :

           Certains commentateurs font un rapprochement entre ce nom que David a reçu comme sien et la profonde amitié qu’il a vécue avec l’un des fils de Saül, Jonathan.

  

Résumé de sa vie :

 

           Entre 1000 et 970 av. J-C : David est le fils cadet de Jessé.

                                                      Il est d’Ephata, petite bourgade près de Bethléem, en Juda.

 

           «  Deuxième roi d’Israël – de 1004 à 965 avant J-C – et successeur de Saül, David est né à Bethléem, de la famille de Jessé, et a été oint par le prophète Samuel. Au cours de nombreuses guerres il vainquit plusieurs fois les Philistins, ainsi que les Moabites et les Ammonites. Il unifia les tribus d’Israël sous sa royauté, prenant pour capitale Jérusalem où il introduisit l’Arche d’Alliance et institua la liturgie. Il exprima dans les psaumes sa foi et son espérance dans le Dieu d’Israël.
Il fut – nous dit la Bible - un roi ‘
selon le cœur de Dieu’ qui se lia à lui par une promesse et fit de lui le fondateur d’une lignée appelée à régner à jamais dans la paix et la bonté : ‘ J’ai juré à David mon serviteur : A tout jamais j’ai fondé ta lignée et je te bâtis

d’âge en âge un trône. Ps 88,4 ».

                                                                                                   Messe propre du diocèse de Jérusalem, Ed. 1979

  

Références bibliques principales :

                                                         1 Samuel 16 à 24 ;  2 Samuel ; 1 Rois 1,1 à 2,11 ;1Chroniques 11 ;12 ;15 ; 16

                                                         Sans compter les psaumes qui lui sont attribués dans le Psautier dit de David

                                                         Entre autres, le Ps 88 (89), v.20 à 22 et25 :

                                                                                           «  Autrefois – Seigneur – tu as parlé à tes amis,

                                                                                               dans une vision tu leur as dit :

                                                                                               J’ai donné mon appui à un homme d’élite

                                                                                               J’ai choisi dans ce peuple un jeune homme ;

                                                                                               J’ai trouvé David mon serviteur,                                

                                                                                               Je l’ai sacré avec mon huile sainte ;

                                                                                               et ma main sera toujours avec lui

                                                                                               mon bras fortifiera son courage (…)

                                                                                               Mon amour et ma fidélité sont avec lui ».

 

Commentaire juif ou beau texte :

            

             Extraits de Tehilim, les Psaumes, la Bible commentée,

              traductions et commentaires fondées sur les sources talmudiques, midrachiques et rabbiniques, Ed. Colbo, 1977- 1979

 

    « Les psaumes représentent l’effort accompli par David pour rehausser le peuple d’Israël au niveau d’Adam avant la faute. (…)

      Les trois lettres du nom d’Adam, alef, dalet, mem, représentent les initiales du nom de trois personnages : Adam, David, Messie. Ce qu’Adam a commencé, David l’a continué et le Messie l’achèvera – cf.  . Zohar ; Torat’ Haïm, Sanhédrin 107, a –

(…) Rabbi ‘Haïm de Vlozhin -  Néfch Haïm 3,11 – affirme qu’à l’époque du Messie, Les Enfants d’Israël retrouveront la clarté de vision qu’ils avaient atteinte au Sinaï ( …) Toutes les créatures partageront le don messianique des beaux yeux et toutes en seront témoins – Is. 40,5 – Ensemble : dans l’harmonie, sans dissensions ; dans la fraternité, sans jalousie ni orgueil. Chaque créature reconnaîtra le droit chemin qui lui est propre et ne s’immiscera pas ? dans celui d’aucune autre. (…)

La mélodie universelle d’Adam s’élèvera à nouveau, pour ne plus jamais être interrompue. L’homme découvrira que les Psaumes que nous chantons aujourd’hui étaient une parfaite répétition générale de la parfaite symphonie de demain.
Le Messie fera écho aux paroles éternelles des
 Tehilim – Psaumes, et continuera bien, bien au-delà ! »  Introduction tome 1

              

  «  L’un des plus grands enseignements de David a été celui de l’art difficile du repentir. David a été  «  celui qui leva le fardeau du repentir » - Moed Katan 16 b - ; il fait la preuve que le pardon est accessible à tous ceux qui le recherchent sincèrement ».  Introduction au Psaume 32, tome II

 

  «  Car  tu as sauvé mon âme de la mort, mes pieds bel et bien de trébucher, de sorte que je continue à marcher devant Dieu dans la lumière de la vie -  Ps 56,14 :

De sorte que je continue à marcher devant Dieu : Devant Dieu signifie sur la terre d’Israël (…) Là j’aurai la possibilité d’étudier la Torah dans la paix de mon cœur, sans être harcelé par mes ennemis – Sforno

Dans la lumière de la vie : C’est une allusion au jardin d’Eden ou au Monde à venir – Sforno- Cette image nous évoque  un passage du Talmud  - Sanhedrin 102a – où Dieu dit à ses interlocuteurs : ‘ venez, promenons-nous avec David, le fils de Jessé, dans le jardin d’Eden .C’est la récompense la plus élevée à laquelle l’homme puisse aspirer, et le but de toute la vie de David ». Tome III

 

                Extrait de Aggadoth du Talmud de Jérusalem, Verdier, 1982, chapitre Sanhédrin  § 3 :

 

  « Qu’est-ce qu’un jugement qui porte en lui la paix ? Un compromis. C’est ce que le texte dit à propos de David ‘ Il gouverna avec justice et charité’ – II Samuel 8,16 – ( …) David appliquait la loi ; il acquittait l’innocent et punissait le coupable. Mais lorsqu’il constatait que le coupable était pauvre, il payait de ses propres deniers l’indemnité que l’homme était condamné à verser. Ainsi il pratiquait la justice et la charité. La justice pour l’un, qui recevait l’indemnité pour le préjudice subi, la charité pour l’autre, à la place duquel il payait. »

 

 

              Extrait de La prière juive, une Anthologie composée et présentée par Joseph Heinemann,

              Les cahiers de l’Institut catholique de Lyon n°13, 1984, p. 65 Moed Katan 16, b

 

 « Le Dieu d’Israël a dit. Le Rocher d’Israël m’a parlé. Le juste gouverne les hommes, il gouverne même la crainte de Dieu- 2 S 23,3 –

Qu’est ce que cela veut dire ? R. Abbahu a dit : Cela veut dire le Dieu d’Israël a dit à moi, David, le Rocher d’Israël a parlé : je gouverne les hommes ; qui me gouvernera ? Le Juste ! Car je prononce un décret mais lui a le pouvoir de l’annuler’ » 

 

 Commentaire chrétien ou beau texte :

            Oraison de la messe propre du diocèse de Jérusalem :

 «  Seigneur Jésus, tu t’es fait fils de David pour que nous devenions, en toute réalité fils de Dieu. Nous t’en prions, fais que nous progressions dans cet esprit filial, afin de parvenir un jour à la gloire éternelle des enfants de Dieu. »

  

            Extrait de Cinquante portraits bibliques, Paul Beauchamp, Seuil, 2000 :

  

« David est comme un résumé d’humanité, il attire. Le récit relève sa beauté – I  S  16,18 ; 17,42 -, la couleur de ses cheveux, son talent de cithariste. Plus remarquable encore est le fait que sa biographie nos conduise à un sommet dans le plaisir de la lecture. L’heure du narrateur est celle d’une civilisation à ses plus beaux moments, où la lucidité et la capacité d’aimer ne s’enlèvent rien l’une à l’autre. David est vu comme à travers le regard de son créateur, comme chaque homme voudrait être vu.

Il y a en effet correspondance entre l’esthétique de ce récit et l’affirmation que l’homme est image de Dieu – le thème de l’image rejoignant celui de la beauté, visible ou invisible. Cela ne veut pas dire qu’il s’agisse d’un portrait idéal. Impossible d’oublier comment David fit tuer par traîtrise son fidèle soldat pour dissimuler qu’il avait séduit sa femme Bethsabée et pour pouvoir la garder. Mais il se dessine au long de cette biographie un partage plus subtil entre l’idéal et la réalité.

 Il vaut la peine d’examiner comment se superposent les interprétations d’un beau geste de David. On admire que, pourchassé par Saül comme on pourchasse les perdrix dans les montagnes – I S 23 ; 24,1-3il trouve son ennemi sans défense et l’épargne. La scène se déroule dans une grotte au désert d’Engaddi, où Saül s’est abrité un instant ‘ pour s’accroupir ’- I  S 24,4. (…).Ni le narrateur ni les personnages ne perdent de vue la réalité politique de l’événement : Je ne porterai pas la main sur  l’Oint du Seigneur, dit David. N’est-il pas préférable, pour succéder à un roi, de ne pas l’avoir tué, et même encore d’en avoir volontairement négligé l’occasion ? Saül non plus n’est pas sans comprendre ainsi la chose : Maintenant je sais que tu règneras. (…)

Nous percevons ainsi que le geste de David est d’un homme avisé. Mais aussi d’un homme courageux qui met sa propre vie en danger plutôt que de hâter l’heure où ce qu’il désire lui sera donné. («  Alors le cœur lui battit »). Cette force, aux yeux du narrateur lui vient de se savoir élu : Samuel le lui a signifié après avoir rejeté Saül. C’est de Dieu, non de sa main à lui qu’il tiendra sa royauté. Mais il lui faut attendre. En dernière analyse, il s’appuie sur ce qu’il cite comme l’ancien proverbe : «  des méchants sort le mal » - I  S 24,14 – Il faut comprendre «  le mal qui les dévore eux-mêmes », ce qui viendra sans que le juste ait à y mettre la main.

L’épisode de l’ennemi épargné se reproduit deux fois, signe qu’il peut servir de clé à la destinée de David. On peut bien l’affirmer : Il n’est aucune des bonnes actions de David qui ne lui profite pas. La doctrine des livres de Sagesse – surtout des Proverbes et celle du récit s’ajustent l’une à l’autre. Cette harmonie est ce qui incite à parler de beauté, mais au niveau le plus profond, au- delà de ce qui est seulement littéraire. 

 

 J’ai vu un fils de Jessé, de Bethléem, il sait jouer , et c’est un vaillant, un homme de guerre, il parle bien, il est beau et le Seigneur est avec lui -  I  S 16,18 . »

  

Situation dans le cycle liturgique dominical/fêtes  ABC :

 

Année A  4° dimanche de Carême    I  Samuel 16,1-23

 Année B  4° dimanche de l’Avent   II  Samuel 7

 Année C  7° dimanche après l’Epiphanie   I Samuel 26,2-23

                 11° dimanche après la Pentecôte   II  Samuel 12,7-13

                 34° dimanche après la Pentecôte, Christ -Roi   II Samuel 5,1-3

 Années A, B, C  Assomption de Marie   I Chroniques 15,3-4 & 15-16 et  16,1-2

 

Propositions particulières : Les Psaumes de David redonnés à tous au Concile Vatican II

 

   
   
   
   

 

 

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