Notre-Dame de Sion

à

Halle/Saale

 

 

 

Halle, 7- 9 Octobre 2009

 

 Tout au long de ces derniers jours nos médias nous parlent des tables rondes, donnent des informations, des témoignages... en mémoire d'un temps inoubliable il y a 20 ans quand les gens sortaient en masse dans les rues où ils scandaient  "Nous sommes le peuple" -  mouvement qui introduisait ce temps immédiat avant la tombée du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989.

 

 "Les débuts de cette révolution heureuse étaient petits - petits comme une graine de sénevé tombée en terre.." lisons-nous dans un article sur les événements dans et autour de la Nikolai-Kirche à Leipzig.

Christian Führer, fondateur de "la prière de paix" à Leipzig a gardé ses souvenirs dans un livre qui porte le titre "De la prière à la Demo".

  

On voulait un "pays ouvert," un "dialogue libre et vrai" - on voulait pouvoir parler, être écouté, être libre de ses mouvements, de sa croyance... on demandait "pour son pays", on ne parlait pas encore d'une réunification allemande. Et cette liberté, on voulait y arriver sans violence.

À Plauen  (le 7 Oct. - jour du 40ième anniversaire de la DDR) et à Leipzig  (le 9 Octobre) de grandes démonstrations  ont pu se passer ainsi. Le courage avait vaincu la peur et rendu visible la solidarité des habitants, et ce courage arrivait ainsi à paralyser les forces oppressives qui s'étaient manifestée souvent, à travers tout le pays, auparavant. On ne tirait pas sur les gens mais on les battaient, les blessant souvent grièvement, et /ou on les mettait en prison.

Et malgré ces expériences  on sortait à nouveau avec beaucoup d'autres qu'on n'avait jamais vus avant. Certains témoins partageaient les émotions profondes qu'ils ressentaient au milieu de cette foule , rencontrant tant de visages, connus et inconnus, tant de regards exprimant leur volonté ferme d'acquérir la liberté.

 

 Pendant que j'écris ses lignes se tient une célébration d'état  à Leipzig non pas pour célébrer notre réunification, mais pour honorer le courage des milliers de gens, courage qui avait - en grande partie et dans des moments difficiles de commencements et de faiblesse - trouvé protection  et nourriture dans des églises telles que la Nikolai-Kirche à Leipzig.

  

"De la prière à la démo" - bibliquement parlant, c'était l'Exode de nos jours.

 

"Dieu marchait avec eux,

  le jour dans une colonne de nuée

  pour leur indiquer la route,

  et la nuit dans une colonne de feu,

  pour les éclairer,

  afin qu'ils puissent marcher

  de jour et de nuit."   Ex  13, 21

 

De Leipzig nous est parvenu le signe de commémorer ce moment si important de notre histoire par une petite lumière dans nos fenêtres.

Elles y sont, ces lumières, et pour nous elles symbolisent  "Le Dieu-avec-l'homme" marchant à côté de nous à travers les haut et les bas d'une réunification allemande - finalement advenue - dont les 20 ans vont être célébrés le 3 octobre 2010.

 

                                   communauté de Halle

 

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De Frankfurt à Halle

Nous – Anna, Clemens Maria et Mechthild - nous avons quitté Frankfurt / Main, après presque 39 ans de présence de Sion dans cette ville. Les adieux de la part de l'Eglise de Frankfurt ont eu lieu le 11.juin 2007 dans la maison "Haus am Dom" nouvellement construite comme lieu d’interaction entre l’Eglise et la ville, tout près de la cathédrale.

Ils sont venus nombreux : contacts et ami(e)s ayant partagé durant ces années notre travail pastoral et social, judéo-chrétien et oecuménique... juifs, protestants, catholiques., et d’autres...de toutes générations.

Evidemment il y a eu des discours mais ce qu'a rendu cette soirée si sympathique : le "public" a été invité à faire relecture et à partager leur expériences avec les sœurs de Sion, leurs expériences personnelles et communautaires, professionnelles et gratuites. Et puis : pourquoi allons-nous quitter Frankfurt, une ville si importante pour l'histoire juive en Allemagne et encore aujourd'hui un centre dynamique de la vie juive ?

Nous avons entendu des témoignages riches et très divers, émouvants, des regrets et de la reconnaissance, mais aussi des assurances de prière et des encouragements pour ce départ vers l'inconnu...

Notre évêque Franz Kamphaus, ayant commencé lui-même sa retraite juste quelques semaines auparavant, nous écrivait: "Vous êtes venues à Frankfurt, il y a presque 40 ans (1968!), dans un temps trouble, annonçant du nouveau et maintenant il y a pour vous un nouveau départ, à un âge plus avancé - c’est comme Abraham".

Une dernière rencontre d'adieux a eu lieu le lendemain, avec nos amies les plus proches, autour d'un repas festif. Leur fidélité a été exemplaire durant beaucoup d'années : formation biblique et de traditions juive, soutien à certains projets apostoliques, participation aux journées de retraite, rencontres régulières de "prière sionienne" et il y a le projet ferme de trouver des moyens pour continuer.

Et maintenant nous sommes à Halle / Saale -
 un cheminement communautaire vers l'est de l'Allemagne. Comment cela ?

Nous étions convaincues qu'une nouvelle étape dans notre vie sionienne en Allemagne s'annonçait. Prenant de l'âge et pour certaines la retraite professionnelle une orientation différente semblait s'imposer.

Le désir, d'aller vers l'est nous préoccupait déjà depuis un certain temps. Et puis, c'était le moment...

La Congrégation s’est donnée une année de renouveau. Dans notre situation nous sommes appelées à vivre ce renouveau jusqu'au dernier détail pratique : demeure, environnement, habitudes de vie quotidienne, rencontres nouvelles... tout cela soutenu par notre spiritualité mais enrichissant et actualisant en même temps cette spiritualité .

 

 

Notre "chez-nous" nouveau :
Halle / Saale : Rosemarie nous y attendait déjà.
Halle / Saale, dans l'état de Sachsen-Anhalt.
Halle, avec une histoire millénaire, dans le pays de la Reformation.
Halle, une ville, guère détruite pendant la deuxième guerre mondiale, mais, depuis la chute du mur de Berlin, subissant un assainissement global : quartiers d'habitat, rues, bâtiments d'art précieux... mais aussi les espaces de nature. Les interactions humaines se font avec beaucoup de délicatesse et de respect pour l'environnement.

Halle, une ville moyenne, encore à taille humaine, avec un bon réseau de transport.

Notre demeure se trouve au début des quartiers sud de la ville, mais nous sommes rapidement au centre. Nous habitons dans un appartement, parmi sept autres parties, des couples, aussi plus âgés, des petites familles. Certains de ces voisins d'habitat, auxquels nous avons déjà pu nous présenter, se sont montrés bien surpris, étonnés, oui, mais nullement défavorables. Le temps pour des questions plus ciblées n'est pas encore arrivé.

 

Pas loin d'ici c'est le pays de Martin Luther (Eisleben, Wittenberg...). Dans la "Marktkirche" nous avons pu admirer les fonts baptismaux (11e s.) dans lesquels Georg Friedrich Händel a été baptisé et nous avons écouté l'orgue sur lequel il a pris ses leçons.

Tout près se trouve l’abbaye de Helfta, une fondation cistercienne “ nouvelle” depuis la fin des années 90, mais sur un lieu avec une histoire très ancienne et mouvementée. Ici vivaient les trois grandes mystiques allemandes du moyen âge, Gertrude la Grande, Mechthild de Magdeburg et Mechthild de Helfta (ensemble dans une même communauté!)… trois femmes dont les dialogues avec leur Seigneur connaissaient un brin d’humour et qui savaient aussi sermonner ceux qui gouvernaient, et ceci en accord avec ce même Seigneur.

 

Halle n’est pas une ville chrétienne et s’il y a des chrétiens ils sont plutôt protestants. Les deux confessions représentent une minorité absolue (7-9 % de la population). Mais il y a quelques petites paroisses catholiques et communautés religieuses que nous avons déjà rencontrées, avec lesquelles nous avons aussi célébré des liturgies. Durant nos recherches nous avons trouvé auprès d’eux accueil fraternel et bon conseil.

À côté des cimetières et de quelques espaces commémoratifs rappelant la présence juive dans la ville d’avant la Shoah, une vie juive nouvelle s’est organisée à Halle, en deux communautés, avec actuellement environ 1300 membres.

 

Ce temps de commencement?

Temps d’apprentissage, de découvertes, temps de mieux connaître ceux qui nous entourent et les situations dans lesquelles ils vivent.

Nous voulons vivre une “présence ouverte”… être attentives à la vie et à l’Esprit avec l’orientation d’entrer petit à petit en interaction…

Les mois d’été nous invitent aussi tout spécialement d’admirer la beauté des environs et de découvrir les richesses culturelles et historiques de la région.

 

                               Halle, juillet 2007

Anna, Clemens Maria et Mechthild

 

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Mis à jour le 30/06/2010

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