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LE CALENDRIER
Dire que le judaïsme est
un art de vivre, c'est souligner l'importance qu'il accorde au temps.
Le temps juif est
particulièrement structuré.
Tout d'abord la journée de
vingt-quatre heures commence effectivement le soir, avec l'apparition
de la première étoile : le Shabbat par exemple est célébré dès le
vendredi soir (Les premières vêpres et les Vigiles de la liturgie
chrétienne n'ont pas d'autre origine)
La semaine atteint son
sommet le septième jour, le samedi, en mémoire de la création après laquelle
« Dieu se
reposa le septième jour »
(Gn 2, 3).
Lunaires, les mois
comptent en réalité vingt-neuf jours et demi ; mais, pour des raisons
évidentes de pratique, leur durée a été fixée à vingt-neuf ou à trente
jours, en alternance. Jusqu'à aujourd'hui, ils portent des noms babyloniens.
L'année civile commence au
mois de
Tishri, à l'automne. Elle
comporte habituellement douze mois ce qui la réduit à 354 jours environ,
alors que l'année solaire en compte généralement 365. À la différence du
calendrier musulman, lunaire lui aussi, qui ne cherche pas à «
rattraper » l'année solaire (Le Ramadan intervient à n'importe quel
moment de l'année), le calendrier juif doit satisfaire
à
un impératif biblique
: «Observe le mois des Épis (Nisan
aujourd'hui)
et célèbre la Pâque
» (Dt 16, 1). La fête de la
Pâque ne peut donc avoir lieu qu'au printemps. Pour cette raison qui oblige
à
ne pas trop distancer le calendrier
solaire, on ajoute, selon des calculs très précis en vigueur depuis le Moyen
Âge, un treizième mois tous les deux ou trois ans. C'est le mois de
Adar
qui est redoublé, et
l'année de treize mois est appelée « embolismique », c'est-à-dire avec un
mois intercalaire.
Quant au millésime de
l'année, il est calculé « depuis la création du monde »... ! Bien
évidemment, pas plus que quiconque, les juifs ne savent à quand remonte
cette création ! Mais un Midrash ancien a fait, dans le Premier
Testament, le calcul des générations depuis le premier homme. Il a alors
conclu à un point de départ qui le ferait remonter à l'an 3761 avant l'ère
chrétienne. Il suffit donc d'ajouter 3760/3761 au millésime de l'année en
cours pour obtenir celui de l'année juive (L'année 2007 correspond dans son
ensemble à l'année juive 5767 (3760+2007).). Ce calcul qui n'a évidemment
aucun fondement scientifique vise seulement à faire remonter le temps à la
création du monde.
Dans la Diaspora,
les communautés juives suivent le calendrier du
pays où ils se trouvent pour la vie civile ; mais elles célèbrent les fêtes
selon leur calendrier propre. En Israël, le calendrier juif l'emporte ;
cependant dans la presse, les
documents officiels... les dates sont toujours doublées : celle de
l'année juive et celle de l'année « civile ».
Au fil des jours, des
semaines, des mois et des années, des mitsvot rythment ainsi la vie
traditionnelle. Par la fidélité qu'ils manifestent, ce sont des moyens
privilégiés de pénétrer peu à peu dans l'Alliance. Ils sont soutenus et
fortifiés par la prière et la célébration des fêtes.

in Dominique de La Maisonneuve (nds), Le judaïsme tout
simplement, ed. de L'atelier Paris 1998 |
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LES Fêtes
GRANDES FÊTES :
(ordonnées dans la Tora)
1 - LES FÊTES DE PÈLERINAGE
Ces fêtes : Pesah (Pâque),
Shavouoth
(Pentecôte), Sukkot (Les Cabanes) portent ce nom de « fêtes de
pèlerinage » parce qu'aux temps bibliques elles étaient marquées par la
montée de tout le peuple au Temple de
Jérusalem. (
Jésus a connu et vécu les célébrations festives: "Chaque année, ses
parents se rendaient à Jérusalem pour la fête de Pâque. Quand il eut douze
ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume, pour la fête » (Lc,
2,41-42). « Durant le séjour qu'il fit à Jérusalem pour la Pâque, beaucoup
crurent en son Nom » (Jn, 2,23). « La fête juive des Tentes approchait...
Quand ses frères furent montés à la fête, il y monta lui aussi (Jn, 7,2 et
10)).
2 - LES FÊTES AUSTÈRES
Rosh Ha-Shana
(Nouvel An), Yom Kippour (Jour du Pardon) Ces
fêtes, ainsi appelées en raison de la gravité, de la solennité qui les
caractérisent, appellent tous les juifs à une confrontation avec Dieu, avec
euxmêmes, avec la communauté.
Les Juifs de la Diaspora ont « doublé » les
jours fériés des grandes fêtes : Pessah dure alors 8 jours, Chavouoth 2,
Souccoth 9, Rosh Hashana 2, (sauf Kippour).
PETITES FÊTES : (dont
l'origine se trouve, soit dans d'autres parties de la Bible, soit dans la
tradition orale)
9Av : commémoration de la destruction du Temple
Fête de la Dédicace = Inauguration du Temple Hanoukka
Le Nouvel an des arbres :Tou bi-Shevat
Fête des Sorts = .. Pourim
Jour de l'Indépendance de l'Etat d'Israël
=Yom ha hatsmaouth
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ROSH HA-SHANA
Premier jour de l'année ler Tichri
(septembre-octobre~
·
La fête est
fériée ; elle dure deux jours.
•
La synagogue s'est, pour la circonstance,
parée de blanc : rideau de l'Arche sainte, robes qui entourent les rouleaux
de la Tora, nappe qui recouvre le pupitre, vêtements du rabbin et de
l'officiant. Ces ornements blancs symboles de pureté et d'innocence, ainsi
que les mélodies particulièrement impressionnantes sur lesquelles toutes les
prières sont chantées, invitent les fidèles à accomplir le grand retour, la
Teshouva.
•
A la maison, après l'office du soir, famille
et amis se retrouvent pour un repas de fête précédé du Kiddoush, de
la bénédiction du pain et de là consommation de pommes et de miel,
d'aliments doux, symboles du souhait formulé par tous « que cette année qui
commence soit pour nous agréable et douce »« soyons inscrits et scellés pour
une bonne année ».
·
Cette solennité
est dense de multiples significations :
C'est le jour anniversaire de la création du
monde ou plutôt de la création de l'homme.
C'est le jour du souvenir où l'homme est
invité à «faire un retour sur lui-même, à interroger son passé. Il connaît
sa faiblesse mais aussi la miséricorde de « son Père qui est dans le ciel ».
Il sait que Dieu, dont il célèbre particulièrement
en ce jour la souveraine royauté sur toute la création, est aussi pour tous
les hommes, un Père. C'est ce que debout devant l'Arche sainte, la
communauté tout entière chante :« Notre Père, notre Roi », Avinou
Malkénou. Il sait aussi que le « mérite des pères », la « justice »
d'Abraham en particulier, rejaillit, influence, éclaire ses descendants et
que, en leur faveur, Dieu se souviendra de l'Alliance avec son peuple et la
perpétuera de « génération en génération ». C'est le jour du jugement où
Dieu se manifeste dans sa toute-puissance et tel un berger qui fait défiler
son troupeau sous sa houlette, il passe en revue toutes ses créatures.
C'est le jour de la
sonnerie, de la sonnerie du Chofar - corne de bélier - dont les
accents rauques et plaintifs veulent réveiller les consciences endormies. Le
Chofar rappelle à la fois le sacrifice d'Abraham au mont Moria, la création,
la révélation du Sinaï et annonce la délivrance future d'Israël et de
l'humanité tout entière.
C'est dans la crainte et
l'amour que les enfants d'Israël écoutent les sonneries qui ponctuent toute
une partie de l'office du matin. Comme le psalmiste ils proclament: «
Heureux le peuple qui comprend la « sonnerie », il marche à la lumière de ta
face » (Ps 89,16).
∎ Parmi les lectures
bibliques de ces jours, signalons celle du sacrifice d'Isaac (Gn 22) et
celle de la naissance de Samuel avec l'émouvante prière d'Anne (1S,2).
Mais
Rosh-Ha-Shana n'est en quelque sorte qu'une première étape sur le
chemin qui, par «la prière, la repentance et la pratique de la charité »,
mèneront le Juif vers le jour de Kippour, et conduiront Dieu à réviser son
jugement pour pardonner « aux pécheurs repentants ».
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CHANTS et POEMES pour comprendre JESUS né du PEUPLE JUIF
et
introduire au dialogue avec les enfants juifs d’aujourd’hui
Par Isabelle Denis

ROSH HA-SHANAH
Chant avec couplets chantés et lus
Refrain chanté :
Rosh Hachana, Rosh Hachana
Sonne le choffar, teshouva
Rosh Hachana, Rosh Hachana
Oui, c’est le temps du Nouvel An
Oui c’est le temps du Nouvel An
Couplets chantés ou lus :
La tête de l’année commence
Par un grand bilan, un grand bilan
Au livre de la Vie, sois inscrit
Dès aujourd’hui, dès aujourd’hui
Oui, c’est l’Eternel qui pardonne
tous les hommes, à tous les hommes
Israël son serviteur
Crie ton attente, ton espérance |
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KIPPOUR
Chant et poème
Poème :
Le peuple juif se souvient
Aujourd’hui, c’est Kippour
Jour du Grand Pardon
On se rassemble pour prier,
Pendant des heures
On demande pardon
Parce qu’on s’est souvent trompé
Toute l’année
En oubliant la justice
Ouvrons nos coeurs à l’Eternel
Commençons une année nouvelle
Que vienne la paix
Dans le monde entier
A jamais
Chant :
Pardon Notre Père, pardon Notre Roi
C’est Yom Kippour, O Eternel
Pardonnons sur la terre, c’est teshouva
Le jour du Grand Pardon, jour de Kippour
Le jour du Grand Pardon, jour du retour
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YOM KIPPOUR
Jour du Pardon, 10 Tichri
•
Après la période
dite des « dix jours de pénitence » qui sépare Rosh-Hashana de Yom Kippour
et durant laquelle on a dû notamment essayer de se réconcilier avec ses
semblables, la communauté juive est prête à se présenter devant Dieu pour ce
jour solennel entre tous, de l'année juive.
•
La veille on achève les
derniers préparatifs ; car Kippour va être totalement chômé. D'un soir à
l'autre un jeûne absolu, rigoureux, est imposé pour permettre à l'homme de
s'abstraire de toute préoccupation matérielle et de se consacrer entièrement
par la prière à la « redécouverte de son être » et à la réconciliation avec
Dieu.
•
Les ornements blancs
donnent à la synagogue - comme à Rosh-Hashana - un éclat particulier de
pureté et de simplicité. Le vêtement blanc du rabbin - et ceux de certains
hommes très pieux - rappelleront les vêtements de lin blanc que le
Grand-Prêtre mettait en ce jour. Tous les hommes, même les jeunes enfants
portent une kippa - calotte blanche. L'assemblée vient en foule pour écouter
le chant solennel, lent, par trois fois répété du
Kol Nidrei
et ce premier office de
Kippour où exceptionnellement les hommes ont revêtu le châle de prière
(talith) s'achève par ce verset: « Il sera pardonné à toute la
communauté d'Israël ainsi qu'à l'étranger qui séjourne parmi eux » (Nb
15,26). Phrase qui reviendra, comme un leit motiv dans toute la liturgie de
ce jour.
Le lendemain toute la
journée les prières s'égrèneront sans discontinuer, confessions collectives,
appel à la repentance, imploration de pardons, etc. Les lectures bibliques,
comme celles du livre de Jonas ou du 58e chapitre du prophète Isaïe
définissant « le jeûne que Dieu aime », permettent aux fidèles une réflexion
profonde sur la signification de cette journée. Et tandis que la foule se
presse dans un immense recueillement, dans un dernier sursaut d'espérance,
tandis que le crépuscule descend à nouveau, le chantre entonne le dernier
office de cette journée : celui de la Neila. « La lumière baisse, le
jour décline, laisse-nous entrer dans tes portes, ô« notre Père, notre Roi
», scelle-nous dans le livre de vie ». La profession de foi du Chema
Israël est chantée à haute voix et un dernier son de Chofar accompagne
la proclamation :« le Seigneur est Dieu ».
∎ Les enfants - qui
observent le jeûne souvent dès l'âge de dix, onze ans - se retrouvent avec
les parents et les amis à la maison pour un repas de fête. On plantera le
premier pieu de la soucca. Kippour est achevé, l'année recommence, riche de
toutes les bénédictions spirituelles, la communauté est prête à affronter la
vie dans une continuelle marche en avant.
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Oh !
puissions-nous, nous et la Maison d’Israël, être mentionnés et inscris
dans le Livre de Vie, de bénédiction, de prospérité et de bonheur ; et
puissions-nous jouir d’une vie heureuse et tranquille
sois loué Eternel qui donne la paix
à ton peuple, Israël
AMEN
Que les paroles de ma bouche et les pensées
de mon cœur Te soient agréables, O mon Protecteur et mon Libérateur !
Inscris pour une vie de félicité
Tous les enfants de ton Alliance. »
Prière juive dite entre le Nouvel An, Rosh
Hachana et Yom Kippour.
« Notre Père, Notre Roi, nous avons
péché contre Toi,
Notre Père, Notre Roi, nous n’avons
d’autre appui que Toi,
Notre Père, Notre Roi, agis envers nous pour
l’amour de ton Nom,
Notre Père, Notre Roi, que la nouvelle année
soit bonne pour nous.
Extrait
de la prière Avinou Malkenou, en la veille de Kippour
« Tu donnes la main aux pécheurs, et ta
Droite est tendue pour recevoir ceux qui reviennent.
Tu nous as enseignés, Eternel Notre Dieu, à
confesser devant ta face tous nos péchés, afin que nous cessions la
violence de nos mains, et que tu nous reçoives devant ta face,
en repentir intègre, comme offrandes de feu et sacrifices de parfum, grâce
aux Paroles que tu as dites.
Car tu es un D.ieu de pardon, de grâce et
de clémence, lent à la colère, grand de miséricorde et multipliant tes
bienfaits….
Car il est dit :
«
Dis- leur, aussi vrai que je vis, dit D.ieu, L’Eternel,
la mort du méchant, je ne la veux point,
mais seulement qu’il revienne de sa voie et qu’il vive » …
Prière
au Jour du Grand Pardon
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SUKKOT

Fêtes des Cabanes ou des Tentes
Sukkot dure sept jours, du 15 au 21 Tichri (le premier
jour est férié)
« Vous demeurerez dans des cabanes sept jours, afin que
vos générations sachent que j'ai fait habiter les enfants d'Israël dans des
cabanes, lorsque je les conduisis hors d'Egypte. Je suis l'Eternel votre
Dieu » (Lv 23,42-43).
• Signification agricole. C'est la « fête de la récolte »
des fruits et de la vendange, fête où, à l'époque du Temple, la joie
populaire se donnait libre cours lors de la cérémonie de la libation des
eaux. Dans la liturgie aujourd'hui encore est insérée une prière pour la
pluie.
• Signification historique et religieuse.
Sukkot est déjà appelée dans la Bible Hag, la fête par excellence (Dt
16,15). Sukkot est mentionnée dans la liturgie notamment sous le nom
de « Temps de notre joie ». Or Sukkot rappelle les pérégrinations de nos
pères dans le désert. Dans cette marche à travers le désert qui les menait
de la terre de servitude à la « terre ruisselante de lait et de miel »,
marche semée d'épreuves et de tentations, ils faisaient l'apprentissage
difficile d'une existence libre, soumise à la miséricorde de Dieu. C'est
dans la Chekhina, dans la présence divine, que le peuple juif devait trouver
son seul appui, son unique soutien et découvrir ainsi le sens véritable de
la joie. C'est au désert que, selon l'image donnée par le prophète Osée,
Dieu a choisi et aimé Israël.
• Les rites de Sukkot vont servir de « mémorial du
désert ». Afin que le peuple juif ne perde jamais, tout au long de son
histoire, le sens de son destin d'errant sous la protection vigilante de
Dieu, la Tora a ordonné durant l'octave du 15 au 21 Tichri, d'abandonner les
demeures confortables pour vivre sous une cabane fragile.
C'est pourquoi dès le lendemain de Kippour (fête du
Pardon), tous les Juifs petits et grands, participent activement à la
construction de la soucca. Ils bâtissent une cabane de planches et de
feuillages, décorée des fruits d'automne, ouverte sur le ciel, dans les
jardins ou même sur les balcons de leur maison. Durant les huit jours de la
fête, s'ils ne peuvent y séjourner réellement, ils vont, au moins
symboliquement, y prendre quelques-uns de leurs repas. Parfois aussi, dans
l'impossibilité d'avoir sa propre sukka, on prend un repas communautaire
dans celle qui est édifiée dans les locaux de la synagogue.
Cette joie de Sukkot se manifeste
spécialement durant les offices du matin de la fête, lorsque les fidèles
chantent le Hallel (psaumes 113 à 118) en agitant dans la direction des
quatre points cardinaux, vers le haut et vers le bas, un Loulav, faisceau de
3 espèces végétales - palmier, myrthe et saule - qui est tenu dans la main
droite tandis que dans la main gauche on serre le cédrat, en hébreu éthrog.
Loulav et éthrog représentent symboliquement les différentes catégories du
genre humain qui, soumis à l'omniprésence de Dieu, forment une unité.
L’étrog, un citron cultivé
en Israël, possède à la fois le goût et l’odeur.
Il est comme les fils d’Israël qui ont à la fois la connaissance – odeur –
et les fruits des bonnes actions – goût – de l’enseignement de la vie – la
Torah.
Le palmier a des fruits mais pas d’odeur. Il représente ceux qui
profitent des enseignements de la Torah, mais ne savent pas en répandre la
connaissance. Dans le bouquet il y en a donc une branche.
La myrte a une bonne odeur, mais pas de fruits. Elle représente ceux
qui ont la connaissance de la Torah, mais ne savent pas la fructifier dans
leurs actions. Dans le bouquet il y en a trois branches.
Les deux branches
de saule sont sans goût ni odeur. Ils représentent ceux qui n’ont ni
connaissance ni action, fruits de la Torah, mais ils font quand même partie
du Peuple d’Israël.
Et c’est en faisant un bouquet de toutes ces quatre espèces de
plantes, qui représentent l’ensemble du Peuple d’Israël, que l’on acclame
l’Eternel qui a sauvé son Peuple pour en faire son serviteur.
Parmi les lectures bibliques faites à la synagogue durant la fête,
signalons celle du Rouleau de l'Ecclésiaste « Vanité des vanités, tout est
vanité... mais crains Dieu et observe ses commandements » qui doit rappeler,
comme la cabane (soucca) que la seule certitude pour l'homme tient dans la
confiance qu'il met en Dieu.
Enfin Souccoth a un sens messianique et universel puisque durant les jours
de Souccoth à l'époque du Temple, Israël offrait des sacrifices en faveur
des soixante-dix nations de la terre.
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Préserve, Seigneur, la terre, de tout fléau …..
HOSANNA
Sauve-nous par Toi-même, O notre Dieu
Sauve-nous par Toi-même, O notre Créateur
Sauve-nous par Toi-même, O notre Rédempteur
Sauve-nous par Toi-même, O notre Protecteur
Sauve-nous, Seigneur,
en faveur de ta fidélité,
de ton Alliance,
de ta grandeur et de ta
gloire,
en faveur de ta Loi et de ta majesté,
et de tes promesses.
Sauve-nous en faveur de ton Nom,
de ta grâce, de
ta bonté,
de ton UNITE et de ton
honneur,
de ta doctrine et de ton
Règne.
Sauve-nous en faveur de ton éternité,
de tes
mystérieux attributs
de ta puissance et de ta
dignité,
de ta bienveillance, de
ta Sainteté,
et de ta miséricorde
infinie.
Sauve-nous en faveur de ta divinité.
HOSANNA !
En faveur de ta louange
HOSANNA
Extrait
de prière
pour la fête des Tentes |
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SOUCCOT
Poème et chant
Poème :
David a fabriqué sur le balcon
La cabane de Souccot
Sarah, prends les fruits que tu vois
Les premiers de l’automne
Les raisins, les figues et les pommes
A accrocher au toit de la soucca
Nous allons l’habiter
Sous le ciel étoilé
Comme autrefois au désert
Souviens-toi : l’Eternel est notre Roi |
Chant : Israël, l’Eternel est fidèle, aujourd’hui comme hier
Israël, par toute la terre, comme il l’était au désert
Refrain : Israël, serviteur de l’Eternel
Israël, oui souviens-toi, et bâtis la soucca
De branchages, et de bois, pour voir à travers le toit
Israël, regarde le ciel, demeure de l’Eternel
Israël, l’Eternel est ton Roi, Il prend soin de toi
Israël, agite le loulav, habite la soucca
Israël, offre à l’Eternel, la récolte d’automne
Israël, choisis la vie, écoute sa Parole
Israël, va chercher de l’eau à la source de Siloe
Israël, l’Eternel est fidèle, aujourd’hui comme hier
Israël, prie pour tous les hommes, c’est fête de Souccot |
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Mais, comme
si le peuple juif voulait prouver de façon encore plus expressive la joie
qu'il éprouve dans ces « rencontres » avec l'Eternel, il a enrichi le
huitième jour (ou même dans la plupart des Communautés de Diaspora, il en a
ajouté un neuvième), en instituant une fête à caractère tout à fait
particulier, Simhat Tora ou la Joie de la Tora. |
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SIMHAT TORA
Ce jour on achève la lecture du Sefer Tora avec la
dernière section du Deutéronome et on recommence immédiatement dans le même
office, les premières pages de la Genèse. On prouve ainsi la volonté de ne
pas briser le cycle de la lecture de la Tora et on affirme qu'elle n'est pas
« un fardeau » mais « une couronne » que l'on porte avec joie, tout au long
de sa vie. C'est dans ce sens d'ailleurs que de jeunes enfants, non encore
Bar Mitzva, sont appelés à participer à la lecture solennelle. D'autre part,
les sefarim (livres) sont promenés en procession joyeuse dans la synagogue.
De vieux messieurs respectables dansent en portant la Tora, suivis par une
foule d'enfants agitant de petits drapeaux.
Ce joyeux désordre est le signe d'une authentique
familiarité avec Dieu et de la joie réelle que l'on trouve en se soumettant
à ses préceptes. Le Dieu vivant demande que l'on vive par sa Loi.
Chacune des fêtes de pèlerinage, au-delà de la
signification présente et particulière qu'elles ont pour le peuple juif,
revêt une signification messianique universelle. Ainsi Israël inscrit dans
sa vie religieuse, voire rituelle, les deux aspects fondamentaux qui
caractérisent la réalité de l'Alliance : avec un peuple, pour toutes les
Nations de la Terre.
« En ces jours-là, dix hommes prendront
un juif par le pan de son manteau, dix hommes de toutes les langues que
parlent les Nations, en disant : ‘ permets-nous
d’aller avec vous car nous savons que près de vous nous entendrons ce
D.ieu qui est avec vous »Prophétie
de Zacharie 8,23
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SIM’HAT TORA
Chant et poème
Chant:
Sim’hat Torah, sim’hat Torah
Jour de fête danse de
joie
Sim’hat Torah,
sim’hat Torah
Joie de la Torah, joie de
la Torah
Poème :
Au jour de Sim’hat Torah est venu le moment
De prendre le “ Rouleau “
dans ses bas :
On danse, plein de joie
On l’embrasse, tout
content
‘ Merci Eternel,
De nous avoir créés pour
Toi,
Et par Moïse ton serviteur
Nous avoir donné ta Loi,
Vrai enseignement de Vie
En tout temps et tous
pays’.
Isabelle Denis |
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« Voici la LOI que Moïse a donnée aux
enfants d’Israël
par ordre de DIEU
C’est un arbre de vie pour
ceux qui s’y attardent
Heureux celui qui se repose à
son ombre !
Ses voies sont agréables,
ses sentiers paisibles
La vie est à sa droite,
l’honneur et l’abondance sont à sa gauche
L’Eternel, par amour pour la
justice
a voulu que sa LOI fut
grande et magnifique. »
Louange dite par les fidèles
lorsqu’on élève le rouleau de la Loi.
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HANOUKKA
Inauguration
du 25 Kislev au 2 Tebet (décembre)
Hanoukka, fête des lumières ou fête de la dédicace (du Temple de Jérusalem)
n'est pas comme les autres fêtes, d'institution biblique. Elle date de
l'époque du second Temple et commémore la victoire de Juda l'Hasmonéen (Juda
Maccabée) sur les troupes syriennes d'Antiochus Epiphane. Celui-ci, maître
de la Judée, avait interdit la pratique de la religion juive, en vue
d'unifier tout son royaume par une croyance et une pratique commune : celle
du polythéisme grec. Un soulèvement populaire s'ensuivit, qui permit aux
insurgés de reprendre Jérusalem et le Temple, profané par les troupes
païennes.
La fête dure 8 jours, et commémore la victoire d'une poignée de Juifs sur
les puissantes forces militaires d'un souverain syrien, qui avait fait
installer la statue de Zeus dans le Temple de Jérusalem, la purification du
Temple souillé par l'occupant et la ré-inauguration du culte. A l'heure où
l'occupant voulait anéantir le culte juif, une petite fiole d'huile sainte
avait été cachée dans le Temple. Versée dans la Menora (chandelier)
à l'heure de l'Inauguration cette huile dura miraculeusement huit jours. Ces
événements se sont déroulés au lie siècle avant l'ère chrétienne et sont
relatés dans les Livres 1 et 2 des Maccabées.
A la synagogue, et surtout dans chaque foyer, on célèbre la fête en allumant
progressivement chaque soir au crépuscule les lampes d'un chandelier à huit
branches. Parents et enfants réunis récitent les bénédictions consacrées,
chantent des psaumes et de nombreux chants populaires célébrant la joie de
Hanoukka.
Ces petites lumières vacillantes qui s'allument durant
huit jours aux fenêtres des maisons juives, témoignent de la force
spirituelle, qui, grâce à la Tora, n'a cessé depuis plus de vingt siècles
d'animer ce peuple.
L'esprit de Hanoukka peut s'exprimer par ce verset
du prophète Zacharie 4,6:
« Ce n'est ni
par la force, ni par la violence, mais par mon esprit, dit le Seigneur. »
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Pour cette fête joyeuse, on allume chaque
vieille au soir les bougies - de la première à la huitième, pendant
huit jours (une la première veille soir, deux la deuxième veille etc…) car le
miracle de l'huile grandissait chaque jour. En prononçant les bénédictions
rituelles. Le chandelier à huit branches s’appelle la hanoukia.
La neuvième bougie, celle
avec laquelle on allume les autres, représente le peuple juif qui a pour
mission de porter la lumière de la Torah au milieu des nations, en
sanctifiant le Nom de Dieu, comme Dieu UN, l’unique, le Dieu Vivant.
Une des bénédictions (la
huitième) rappelle le martyr de sept enfants juifs - cf.2 Mac7 - Avec leur
mère et un vieillard, par fidélité à la loi de Dieu. (Ces témoins de la foi
sont vénérés dans l’Eglise depuis l’antiquité chrétienne comme “ colonnes de
la loi juive “.

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Chant
R : Hanouca, hanouca, miracle de l’huile,
Hanouca, hanouca, le temple est libéré
C :Fiole d’huile préservée tu fais briller la vraie lumière
Au Temple libéré par Judas Maccabées
Désormais, chaque année, le peuple juif délivré,
Par ce chandelier allumé célèbre l’Eternel à jamais
Israël, souviens-toi, par la ménorah,
Que la flamme a brûlé huit jours sans s’arrêter
Dans le règne de l’Eternel, au temps du Huitième jour
Le monde entier réconcilié le bénira à jamais
Isabelle Denis |
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POURIM,
LA FÊTE DES « SORTS »,
OU FÊTE D'ESTHER |
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C’est une fête mineure
célébrée à la synagogue le 14 adar (courant mars), par la lecture du
« Rouleau d'Esther ». Un des 5 « Rouleaux » se trouvant dans les
Hagiographes. Elle rappelle qu'à l'époque d'Esther, 5e siècle avant l'ère
chrétienne, dans le royaume de Perse, le peuple juif fut sauvé de
l'extermination projetée par le cruel et ambitieux Haman, Premier ministre
perse, grâce au courage et à la prière du juif Mardochée et à de sa nièce
Esther devenue l'épouse du roi Assuérus.
Le rouleau d'Esther n'est
pas un livre biblique comme les autres, le nom de Dieu n'y figure pas. On
comprendra qu'en le lisant chaque année, les Juifs ont conscience de relire
une histoire qui s'est reproduite de génération en génération ; menacés de
destruction, ils doivent leur salut à la présence cachée de Dieu, qui guide
l'histoire grâce à la fidélité de quelques justes.
Le terme Pourim
vient du mot perse pour qui signifie «sort», en référence au tirage
au sort organisé par Haman pour fixer la date du massacre des juifs (le 13
adar) : ce qui devait être un jour de deuil devint un jour
d'allégresse.
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Pourim
est précédée, le 13 adar, d'un jeûne
appelé jeûne d'Esther, en souvenir des trois jours d'abstinence et de
contrition que la reine s'imposa avant d'aller plaider la cause de son
peuple auprès du roi. Mais c'est la fête la plus joyeuse du calendrier juif.
Le soir, on lit la meguila (rouleau) en famille, à la maison ou à la
synagogue, en frappant des pieds et en jouant de la crécelle chaque fois que
le nom de l'infâme Haman est prononcé. Les enfants se déguisent et dans les
rues, en Israël, règne une ambiance de carnaval. Les célébrations
traditionnelles comprennent des échanges de nourriture entre amis et voisins
(michloah manot), des dons aux pauvres (matant lahevionim) et
des repas festifs composés de boissons et de gâteaux spécifiques (dont les
fameuses « oreilles d'Haman » à la datte ou à la figue). Lors des années à
treize mois, elle est célébrée le deuxième mois
d'adar
(adar cheni).
Une tradition remontant au xve siècle au
moins veut que l'on déclame des textes comiques et joue des pièces de
théâtre humoristiques parodiant la Bible pour divertir l'assistance. Le
théâtre juif est donc né à l'occasion de Pourim (Pourim Spiel : « Jeu
de Pourim», en yiddish)
Symbole de dévotion, de
courage, de piété, le personnage d'Esther inspira la pièce de théâtre du
même nom au grand dramaturge français du XVIIe siècle, Jean Racine.
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Pour écouter la lecture du rouleau d’Esther
en hébreu
http://www.hassidout.org/hassidout/audio/meguila/meguila.htm
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« Le Rouleau d'Esther, soulignent les
commentateurs traditionnels, est le seul livre de la Bible hébraïque où le
nom de Dieu soit tu. On a l'impression que Dieu lui-même y porte un masque.
La tradition orale affirme cependant que le nom de Dieu n'est pas absent,
dans ce texte. A l'appui de cette thèse, elle se réfère au verset où
Mardochée, indigné par les premières hésitations de sa pupille, déclare à
Esther : Si vraiment tu te tais en ce moment, « le salut et la délivrance
pour les Juifs viendront d'un autre lieu... (mi maqom a'hèr) » (4,
14). Le terme maqom, employé ici, désigne, dans la tradition
ésotérique juive, la résidence divine elle-même. En fait, on a l'impression
que chacun s'avance masqué dans cette histoire, y compris le Saint béni
soit-il... Selon les Sages, Dieu, créateur et souverain du monde, se situe
en son propre lieu, dans la sphère invisible et non spatiale où il
est retrait. Le lieu de Dieu ne peut se trouver qu'en dehors du monde, sinon
nous serions tous plongés dans un univers panthéiste, ce que rejette
l'enseignement de la Bible comme celui du Talmud. C'est pourquoi
nous pensons que Dieu est à la fois caché et présent. « Rabbi
Huna
dit au nom de Rabbi Ammi :... Il est le lieu
de son monde, mais son monde n'est pas son lieu » (Bereshith Rabba, 68,
49). »
Claude Vigée, La manne et la rosée, Desclée de
Brouwer, 1986, p.179.
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PESSAH : PÂQUE
Hag ha Pessah :
la Fête de la Pâque
(du passage/de l'agneau pascal).
Hag ha matsot :
la Fête des azymes.
Hag ha aviv :
la Fête du printemps/de l'épi.
Zeman hérouténou : l'époque de notre libération.
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« Dieu nous fit passer de l'esclavage à la liberté, de la
détresse à la joie, du deuil à la jubilation, des ténèbres à une grande
lumière, de la servitude à l'affranchissement » (Rituel de
Pessah.)
La Fête dure 7 jours, du 15
Nissan au soir au 21 Nissan au soir. Le premier et le dernier jour sont
fériés, chômés.
Elle a une signification
agricole : c'est la fête du printemps, du renouveau de la
nature, du début de la moisson de l'orge dont on apportait les
prémices au Temple dès le deuxième jour de Pessah, signification marquée
encore aujourd'hui par une « prière pour la rosée ».
Mais c'est sa
signification historique et religieuse qui s'est
imposée depuis les temps bibliques et jusqu'à nos jours :
Pessah
signifie « passage ». Le dérivé de sa
transcription en grec donna plus tard, le mot français « Pâque ».
Ce nom fait référence au récit biblique
(Exode, XII) racontant comment, les
enfants
d'Israël badigeonnèrent du sang d'un agneau le linteau
et les montants des portes de leurs
maisons, afin que l'ange de la mort les reconnaisse et « passe par-delà », les épargnant
ainsi de la dixième plaie d'Égypte (qui frappa de mort tous les premiers-nés
égyptiens). Le mot Pessah
désigne également
le sacrifice de l'agneau que firent les
enfants d'Israël juste avant leur sortie d'Égypte : la veille de leur
départ, chaque famille dut en effet se
tenir prête à fuir, et consomma à la hâte un agneau rôti, accompagné
de pain azyme et d'herbes amères. Plus tard, dans le désert et à l'époque du
Temple, le rituel de « l'agneau pascal »
(korban pessah) fut célébré comme un repas de fête
sacrificiel. Toutefois, après la destruction du Temple, qui rendit
impossible la consommation de l'agneau pascal dans les règles, le thème de
la fête des azymes prit le dessus sur ce dernier.
« Hag ha matsot »
ou Fêtes des (pains) azymes (du grec azymos :
sans levain), c'est le nom donné aux sept
jours ours suivant le sacrifice de l'agneau pascal, dans le livre de
l'Exode (XVII-XV) :
Conservez la fête des azymes [ ... ]
comme une institution perpétuelle. Le premier mois, le quatorzième jour du mois au soir,
vous mangerez des azymes, jusqu'au vingt
et unième du mois au soir. Pendant sept jours, qu'il ne soit pas
trouvé de levain dans vos maisons, car
quiconque mangera une substance levée
sera retranché de la communion d'Israël
[..1 vous ne mangerez d'aucune pâte levée; dans toutes vos demeures
vous consommerez des pains azymes. »
Pendant ces sept jours de Pessah, il est
donc prescrit de manger du pain sans
levain (matsa , matsot au pluriel) et interdit de consommer
tout aliment à base de pâte levée (hamèts),
ceci en souvenir de l'Exode précipité des Israélites
hors d'Égypte, où le pain fut mangé et emporté avant que
la pâte eût le temps de lever. Symbole de
liberté et de misère à la fois (pain maigre rappelant l'esclavage;
Deutéronome, XVI, 3 ), la matsa est l'aliment symbolique de la
fête de Pessah.
La célébration de Pessah est tout
entière rappel de ce passé, et affirmation de son sens actuel et futur.(La
,Fête de Pâques est la fête par excellence pour les chrétiens. Elle s'enracine
dans la fête juive, non seulement par le nom et la date, mais encore par sa
signification. En effet, au témoignage des évangiles il semble bien que
Jésus dans sa montée à Jérusalem pour la Pâque, prend le risque de provoquer
la crise avec les chefs religieux et politiques. Et ce choix montre qu'il
concevait sa mission comme accomplissement de la mission permanente d'Israël
que chaque Pâque juive confirme. C'est pourquoi les chrétiens,
dès l'origine, ont célébré la Passion-Résurrection de Jésus dans
l'esprit de l'Exode comme définitif passage de l'esclavage
à la liberté Cette signification, à sa mort, Jésus l'a
donnée lui-même dans le rite du repas pascal juif qu'il prend
avec ses disciples).

Début du printemps, joie du pèlerinage, fête
de la libération : pour toutes ces raisons, les prières d'affliction et les
manifestations de deuil sont bannies du mois de
nissan.
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Le climat
de Pessah est celui de l'attente déjà concrétisée par de longs
préparatifs de presque un mois qui ont permis de débarrasser les maisons de
tout levain, de toute pâte levée. Pendant sept jours, dans la maison et à l'extérieur,
on ne consomme que des matsoth. Extirper le levain de sa maison c'est
penser à la nécessité de l'extirper de son coeur. « Le levain de
la pâte, ont dit les Rabbins, c'est le mauvais instinct. »
(C'est dans cet esprit que s'exprime
l'apôtre Paul, cité dans la liturgie pascale chrétienne : «
Célébrons donc la Fête, non pas avec de vieux ferments de malice et de
perversité, mais avec du pain non fermenté, azymes de pureté et de vérité »
(1 Co 5,8). |
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Le Seder
Le 14 au soir
(le 14 et le 15 en diaspora) a lieu un dîner familial solennel appelé
seder,
qui signifie « ordre » en hébreu. Découpée en
quatorze parties distinctes, cette cérémonie suit
en effet un ordre liturgique très précis,
que l'on lit à table dans la Haggada (littéralement, « le
Récit ») .
À quelques
nuances près, la structure du seder tel qu'on le connaît aujourd'hui
date du IIe siècle, quand les rabbins de l'époque de la Michna, après
la destruction du Temple, durent
réordonner le rituel de la fête sans sacrifice pascal. Auparavant,
la fête se réduisait en effet au sacrifice de l'agneau
pascal au Temple, suivi d'un repas spécial, ainsi qu'il l'était
ordonné dans la Bible. Les rabbins
s'inspirèrent donc de ce repas et
de l'injonction biblique plusieurs fois répétée de relater
la sortie d'Égypte et les exploits miraculeux de l'Exode,
pour concevoir le seder : « En ce
jour-là, tu expliqueras à ton fils, en disant : c'est par ce que m'a
fait l'Éternel, en sortant d'Égypte... » (Exode, XIII, 8).
Au
centre de la table trône une grande assiette, le plateau du seder,
sur laquelle
sont
disposés tous les objets et aliments symboliques qui
seront
utilisés pendant le seder :
- ’os
d'agneau
rôti
(zeroa),
rappelant le sacrifice de l'agneau pascal,
- les
herbes amères
(maror),
rappelant l'amertume de la condition d'esclave en
Égypte ;
- le
haroset : pâte, mélange de pommes, de noix pilées, de cannelle et de
vin symbolisant le mortier fabriqué pour les Égyptiens par les Hébreux ;
- du
persil (karpas) qui sera trempé dans l'eau salée, en souvenir
des « larmes versées par nos pères en terre d'Égypte »
- un
oeuf dur
(betsa): en même temps symbole de vie et de mort, deuil en souvenir de la
destruction du Temple ;
- de
l'eau salée
(mé-méla),
larmes que l'on versera à l'énumération des plaies qui
frappèrent les Égyptiens car on ne se réjouit pas de la mort de ses ennemis.
On trouve aussi
trois
pains azymes : matsoth ;
Avant le repas, on raconte ainsi la sortie d'Égypte, les
commentaires qu'en
firent les grands rabbins, en suscitant,
par des actions inhabituelles, la curiosité
des enfants : on s'accoude ostensiblement, en signe de liberté retrouvée, on
mange
les différents ingrédients disposés sur le plateau du seder ; le chef de famille fend une
matsa en deux (en souvenir de l'ouverture de la
mer Rouge) ; on boit quatre coupes
de vin à des moments précis, symbole chacune d'un terme signifiant la
rédemption ; on verse une coupe en l'honneur du prophète Élie : on entrouvre
la porte pour l'accueillir symboliquement
et, avec lui, l'espérance en la
venue d'une ère de liberté et de
paix. La porte ouverte l'était également pour souhaiter la bienvenue
à tout pauvre ou nécessiteux désireux de partager un seder. Un bout
de matsa symbolisant le repas frugal avalé à la hâte au moment
de la fuite
d'Égypte clôt un repas copieux, à base de viande de boeuf ou d'agneau;
suivent actions de grâce, louanges, chants. Le seder se conclut sur
la phrase chantée : « l'An prochain à Jérusalem » (le
Chana haba bi-yeroushalayim).
On permet ainsi à chacun,
grands et petits, de se rendre compte que « cette nuit est vraiment
différente des autres nuits », que cette nuit, chacun peut ressentir avec
force et fierté son appartenance au Peuple qui a montré aux hommes la valeur
inaliénable de la liberté humaine. Chacun peut, en proclamant « qu'en
toute génération l'homme doit se considérer comme si lui-même
était sorti d'Égypte », prendre conscience que Pessah est à la
fois le fondement et l'espérance de toutes les libérations d'Israël et de
l'humanité. Enfin en buvant au cours du
Seder
quatre coupes de vin et en laissant la coupe
« d'Elie le Prophète », en chantant les psaumes du Hallel et ce refrain si
plein de sens « L'An prochain à Jérusalem », chacun peut réaffirmer avec
joie son attente fidèle et active du Messie.
Voir aussi Claude Vigée, le partage de
Paque |



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LES QUATORZE
PARTIES DU SEDER CONTENUES DANS LE LIVRE DE LA HAGGADA
1.
Kadech
: sanctification (kiddouch) sur le vin, comme au début de tout repas de
fête.
2.
Ourehats
: le chef de famille, qui
conduit généralement le seder, se lave les
mains, généralement à l'aide d'une cruche
d'eau et d'une bassine, en récitant la bénédiction d'ablution des
mains.
3.
Carpass
: du persil ou
un autre légume vert (céleri...) est mangé par chaque membre de l'assemblée,
après avoir été trempé dans l'eau salée puis béni.
4.
Yahats
: la matsa du milieu,
parmi les trois présentées sur la table,
est coupée en deux; une moitié est cachée (l'afikomane)
et devra être consommée à la fin du seder. Afin de tenir en éveil les
enfants, une coutume veut qu'ils recherchent l'afikomane, en échange d'un
cadeau pour le gagnant.
5.
Maguid
: lecture du récit de la
sortie d'Égypte, des dix plaies, agrémenté
de commentaires rabbiniques et d'explications
sur les principaux symboles de la fête : pessah, matsa, maror (sacrifice de
l'agneau pascal, pain azyme, herbes amères).
6.
Rahats
: tous les
convives se lavent les mains, avant de passer à table.
7.
Mossi matsa
: bénédiction sur
la matsa, dont chacun mange un morceau :
la bénédiction commence comme celle faite sur
le pain avant chaque repas, mais on y ajoute une phrase sur l'obligation
faite, ce soir-là, de manger de la matsa.
8.
Maror
: les herbes
amères (souvent une feuille de verdure) sont trempées dans le harosset (le
mortier), puis consommées après une bénédiction.
9.
Korekh
: sandwich de matsa et maror, en souvenir du sacrifice au Temple, où
l'agneau était mangé en même temps que les herbes amères. Également hommage
rendu au sage Hillel (C siècle) qui dégustait le maror entre deux tranches
de matsa.10
10.
Choulehan Orekh :
(littéralement, « table dressée »). Le repas du seder,
repas de fête dont le mets principal est
cuisiné à base de viande de boeuf ou d'agneau (selon les traditions).
Partie intégrante du seder, il rappelle le repas pascal originel.11
11.
Tsafoun
: le repas se
termine par la consommation du morceau de matsa
caché au début du repas, symbole du
repas frugal avalé à la hâte par les Hébreux avant de fuir l'Égypte.
12.
Barekh
:
actions de grâce après le repas.
13.
Hallel : « louanges » chantées, ainsi que
d'autres poèmes et chants populaires datant du Moyen Âge. On boit la
troisième coupe de vin.
14.
Nirtsa
: conclusion du
seder sur la formule précisant que la célébration a bien été « agréée »,
avec pour phrase finale : « L'an prochain à Jérusalem ». |
FETES DE PELERINAGE
Poème
Pour
les trois fêtes de pélerinage,
Pessa’h
- la Pâque -, Chavouot - Pentecôte -,
Et
Souccot, - la fête des cabanes -,
Toutes
les familles juives d’Israël
Montent
à Jérusalem
En chantant : “ alleluia, amen “
En dansant sur les psaumes, au son du tambourin
David
est tout content : il est assez grand cette année pour y aller
Il entendra l’appel du choffar, la corne de bélier !
Isabelle Denis
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« Voici le pain de misère que nos pères ont
mangé en terre d’Egypte.
Quiconque a faim vienne et mange !
Quiconque est dans le besoin vienne et célèbre Pessah avec nous !
Cette année ici, l’an prochain dans le Pays d’Israël
cette année esclaves, l’an prochain, hommes libres. »
Extrait de la Haggada de Pessah

« C ‘est
pourquoi il est de notre devoir de remercier, de louer, de vanter de
célébrer, d’élever, de glorifier, de bénir, d’exalter et de magnifier Celui
qui a fait ces miracles pour nous
LE SEIGNEUR NOTRE DIEU.
IL NOUS A CONDUITS DE L’ESCLAVAGE A LA LIBERTE
DE L’AFFLICTION A LA JOIE
DU DEUIL A LA JUBILATION
DE L’ OBSCURITE A LA PLEINE LUMIERE
DE LA SERVITUDE A LA DELIVRANCE
Récitons donc devant l’ETERNEL NOTRE DIEU un cantique nouveau
HALLELOUYA »
Extrait de la Haggada de pessah
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SHAVOUOT
Fêtes des Semaines, Pentecôte
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Deuxième des trois grandes
fêtes de pèlerinage bibliques, Shavouot signifie « semaines», en
référence aux sept semaines que la Bible demande de compter entre Pessah
(Pâque) et cette fête (Exode,
XXXIV,
22 ; Lévitique,
XXIII,
15 ; Deutéronome,
XVI,
9-10). Elle a une signification agricole : c'est
la fête des Prémices. «Tu compteras sept semaines : aussitôt qu'on mettra la
faucille au blé, tu commenceras à compter ces sept semaines. Et tu
célébreras la fête des semaines en l'honneur de l'Éternel, ton Dieu, à
proportion des dons que ta main pourra offrir [...]. »
Elle a lieu le 6 Sivan, soit sept
semaines après Pessah d'où le nom de Shavouot (semaines), soit
encore au cinquantième jour après Pessah, d'où le nom grec donné
à cette fête : Pentecôte qui veut dire cinquantième.
Dans
l'Antiquité, cette fête au double caractère, agricole et religieux, revêtait
une importance bien plus grande qu'aujourd'hui. Elle est également connue
sous le nom de Fête des moissons (Hag Hagatsir; Exode,
XXIII,
16) et de Fête des prémices (Hag Habikourim;
Nombres,
XVIII, 26).
Aux temps bibliques on apportait
au Temple comme prémices les plus beaux produits de la moisson, ce qui
donnait lieu à des cérémonies d'une grande beauté. Aujourd'hui
en Israël, on a redonné vie au caractère saisonnier de Shavouot.
Comme pour Pessah, plus
tardivement sans doute, c'est le sens historique et
religieux qui a pris le pas dans l'âme du peuple juif sur le
sens agricole de la fête. Shavouot est, en effet, « le jour du don de notre
Tora » (Yom Mattane Tora. Autrement dit elle célèbre l'événement
essentiel de l'histoire d'Israël : la révélation de
Dieu, la promulgation des « Dix paroles du Mont Sinaï ».
C'est pourquoi
Shavouot est liée à Pessah : elle marque en quelque sorte « la clôture », l'achèvement
spirituel de la délivrance matérielle célébrée à Pessah. La véritable
liberté réside en effet dans l'acceptation volontaire de la Loi
de Dieu : les enfants d'Israël, libérés du joug de l'esclavage
égyptien, purent accepter de devenir « les serviteurs de l'Eternel
».
Ce lien entre Pessah et Shavouot
est aujourd'hui encore marqué chaque soir au cours d'une
bénédiction par le compte des jours (de 1 à 50) dans la période qui
sépare les deux fêtes.
Ce rite permet à chacun d'essayer
de s'élever spirituellement pour être apte à se retrouver en
quelque sorte, au pied du Mont Sinaï, pour redire aujourd'hui,
dans sa génération, comme ses ancêtres l'avaient fait :
« Tout ce que l'Eternel a dit,
nous le ferons et nous l'écouterons » (Ex 24,7)
réaffirmant ainsi son engagement
dans le destin « du peuple de prêtres, de la Nation Sainte ».
À la différence des deux autres
fêtes de pèlerinage, peu de rites distinguent la fête de Shavouot, si
ce n'est la décoration rustique des maisons et de la synagogue à l'aide de
plantes et de fleurs, rappelant le caractère agricole de la fête et les
offrandes des prémices offertes au Temple. Comme si l'événement
même que l'on célèbre ne pouvait se vivre que dans le silence et
la grandeur d'un dépouillement rituel.

à la synagogue au matin de la
fête, dans le livre de la Tora.
A la synagogue, pendant
l'office du matin la Communauté, réunie, écoute solennellement la lecture
des Dix Commandements, les Dix Paroles, Exode (chapitre
XX),
ainsi que le Rouleau de Ruth : ce récit transporte le lecteur au temps de la
moisson du blé et surtout rapporte l'aventure spirituelle de
Ruth, cette jeune fille moabite qui se « convertit » à la foi d'Israël
- comme le peuple juif au Sinaï - et qui sera l'aïeule du Roi
David et l'ancêtre du Messie.
La nuit de Shavouot, les Juifs se
rassemblent pour une nuit de veille et d'étude, marquant ainsi
leur amour de la Tora.
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C
H A V O U O T
Ce chant reprend les différentes significations de la fête de la
Pentecôte juive.
La hora est une danse traditionnelle ancienne dans la
communauté juive orientale. Elle exprime ici la joie de tout le peuple, à
l’instar du Roi David qui a dansé devant l’arche du Seigneur ...
Poème :
A Chavouot, Pentecôte,
En chantant les psaumes de David
On apporte au Temple
Les fruits, les gerbes de blé
Les prémices
Pour l’Eternel qui nous les as donnés,
Avec le livre de la Vie
- la Torah -
Enseignement que Moïse nous a transmis
Pour notre vie
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LES DIX PAROLES
Chant
Ce chant reprend le célèbre décalogue, les “ Dix commandements “ donnés
par Dieu à Moïse pour le peuple.
En hébreu le mot est “ parole “ dans le sens de “parole de vie “,
Donc "orientation, direction vitale" pour vivre de la vraie vie proposée
par Dieu... Et non loi au sens légaliste, extérieur et impersonnel, comme
on l’a si souvent déformé par ignorance de la profondeur de la vie juive,
ou par une traduction du mot reprise de la Septante, Bible juive traduite en
grec avec tout ce qu’entraîne les interprétations des langues.
Ecoute Israël,
Je suis le seigneur, l’Eternel
Ton bouclier de toujours à toujours
- Je t’ai fait sortir de la terre de servitude,
Je suis qui Je suis, l’Eternel, le Tout-Puissant
- Tu n’auras pas d’autre D.ieu que Moi, écoute,
Suis la Torah, je serai avec toi
- Souviens-toi que tu fus en Egypte, hier,
N’oublie pas, tous les opprimés sont tes frères
- N’aie pas d’idole, ne vole pas, ne parjure pas, ne tue pas,
Ne dis pas de mensonge, ne fais de tort à personne
- Honore ton père et ta mère, pour avoir longue vie sur la
terre
Que te donne l’Eternel
Isabelle Denis |
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«
Fais–nous la grâce
de pouvoir remplir tes volontés d’un cœur pur
et donne-nous part à ta sainte Loi.
Fortifie-nous
Et rend nous digne de ta gloire.
Fais briller sur nous les rayons de la sagesse
et de l’intelligence
Et accomplis à notre égard ta promesse
ainsi conçue :
Et l’Esprit du Seigneur reposera sur lui :
L’Esprit de sagesse et d’intelligence
de prudence et de force
de science et de la crainte de
Dieu ».
Extrait de prière pour les
fêtes de pèlerinage.
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Shema Israël
Rabbi Shiméon disait :
Applique-toi à réciter le Shema (Chema)
et la prière ( Tephillah); et quand tu pries, ne fais pas de ta
prière
un geste contraint, mais un geste de grâce devant le Lieu,
béni soit-il ! Suivant ce qu’il est dit, en Joël 2,13:
« Car Il est plein de grâce et de miséricorde,
patient et de bonté débordante ».
Ne sois pas méchant contre toi-même
Pirke Abot 17
La Mezouza
possède un rôle symbolique de
protection et de rappel à la vigilance d’une « éthique du chemin ».
La Mezouza
est un morceau de parchemin
sur lequel sont écrits les deux premiers paragraphes du
chema
(Dt 6,4-9 et 11, 13,21).Ce
parchemin est enroulé et placé dans un étui de bois, de métal ou de
toute autre matière.
La Mezouza
dot être fixée sur le montant
de la porte, en haut, à droite en entrant (...)
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Placée à la porte de sa maison, la
Mezouza rappelle à l’homme qui vient d’un long chemin, que le
voyage ne doit pas s’arrêter, et que l’homme doit continuer à
s’inventer. Mais la Mezouza qui fait signe vers la mise en
mouvement indique aussi la manière de réaliser cette mise en mouvement:
c’est le langage en mouvement ...
L’homme, être de langage, accède au temps
vivant par un langage vivant : celui de l’étude et de l’interprétation.
Refusant les sens morts et les sens uniques, il rouvre les mots à leurs
sens multiples et éclatés, sortant ainsi de tout enfermement, de toute
lassitude, pour s’inventer, vivre et renaître à chaque instant.
Le rite de la Mezouza est une
invitation continuelle au chemin (...)
«Tu en parleras... quand
tu es en route ... en chemin ...» Dt 6-7
Tout tient au chemin : nous sommes plus
près du lieu recherche quand nous sommes en chemin que lorsque nous nous
persuadons être arrivés à destination et n’avoir plus qu’à nous établir.
Comme dit Edmond Jabès :
«N’oublie jamais que tu
es un homme en transit»
Le mot «chemin» n’a pas nécessairement
une signification spatiale (...) Il est le passage de la pensée
elle-même.
le chemin met en mouvement, met en cause,
met en balance. Il invite et inquiète, il incite et sollicite.
L’homme du chemin n’est pas seulement
l’homme juif, c’est l’homme de manière générale.
Dans l’un des plus beaux textes écrit sur
l’être juif Maurice Blanchot, inspiré ici par l’oeuvre d’André Neher,
approfondit et développe cette idée centrale du judaïsme. Nous en
reprenons ici les idées essentielles:
« Que signifie être juif ? Pourquoi cela
existe-t-il ?
Cela existe pour qu’existe l’idée du «
chemin » comme mouvement juste, cela existe pour que, dans et par le
chemin, l’expérience de l’étrangeté s’affirme auprès de nous dans un
rapport irréductible ; cela existe pour que, par l’autorité de cette
expérience, nous apprenions à parler.
Ainsi l’être juif s’oppose à l’être
païen; être païen c’est se fixer, se ficher en terre en quelque sorte,
s’établir par un pacte avec la permanence qui autorise le séjour et que
certifie la certitude du sol. Le cheminement, le nomadisme répondent à
un rapport que la possession ne contente pas. Se mettre en chemin, être
en chemin, c’est déjà le sens des paroles entendues par Abraham :
«Va-t-en de ton lieu
natal, de ta parenté, de ta maison»
(...) «Ce mouvement nomade
s’affirme non pas comme l’éternelle privation d’un séjour, mais comme
une manière authentique de résider, d’une résidence qui ne nous lie pas
à la détermination d’un lieu, ni à la fixation auprès d’une réalité
d’ores et déjà fondée, sûre, permanente (...)
Comme si l’état
sédentaire était nécessairement la visée de toute conduite! Comme si la
vérité elle-même était nécessairement sédentaire ! Il faut sortir de la
demeure, aller et venir de manière à affirmer le monde comme un
parcours»
Les symboles du judaïsme,
Marc-Alain Ouaknim, Assouline, 2005, p.28-30 |
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