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DIVERS TEXTES de la page "Accueil" |
| Eté 2010 |
André Beauchamp, théologien québecois
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"J'aime le repos, dit Dieu. Vous vous faites mourir à travailler. Vous faites du sur temps pour prendre des vacances, vous vous agitez, vous ruinez vos santés. Vous vous surmenez à travailler trente-cinq heures par semaine quand vos pères tenaient mieux le coup à soixante heures. Vous vous dépensez tant pour un surplus d'argent et de confort. Vous vous tuez pour des babioles. Dites-moi donc ce qui vous prend ! Moi, j'aime le repos, dit Dieu. Je n'aime pas le paresseux. Je le trouve simplement égoïste car il vit aux dépens des autres. Moi, j'aime le repos Quand il vient après un grand effort Et une tension forte de tout l'être. J'aime les soirs tranquilles après les journées dures. J'aime les dimanches épanouis après les six jours fébriles. J'aime les vacances après les saisons d'ouvrage. J'aime la retraite quand la carrière est terminée. J'aime le sommeil de l'enfant épuisé par ses courses folles. J'aime le repos, dit Dieu. C'est ça qui refait les hommes. Le travail, c'est leur devoir, leur défi. Leur effort pour donner du pain et vaincre les obstacles. Je bénis le travail. Mais à vous voir si nerveux, si tendus, je ne comprends pas toujours quelle mouche vous a piqués. Vous oubliez de rire, d'aimer, de chanter. Vous ne vous entendez plus à force de crier. Arrêtez donc un peu. Prenez le temps de perdre votre temps. Prenez le temps de prier. Changer de rythme, changez de cœur. J'aime le repos, dit Dieu. Et au seuil du bel été, je vous le dis à l'oreille quand vous vous détendez dans la paix du monde, Je suis là près de vous Et je me repose avec vous". |
Ne
pas avoir le temps de méditer, c'est n'avoir pas le temps de regarder
son chemin, tout occupé à sa marche. |
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| Pâques 2010 | Abbé Jules Suiliard ,Inspiré de textes de Maurice Zundel, |
Je
crois, Seigneur,
Parce que je crois à ta fragilité, |
Aux frontières de l'éternité et du temps SE dresse le Christ ressuscité. Sa résurrection donne sens à l'univers entier et à chacune de nos vies. Patriarche Athênagoras (1886-1972) |
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| Carême 2910 |
© Père Max Bobichon
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Est-ce là le jeûne qui me plaît,
N'est-ce pas plutôt ceci,
Alors ta lumière éclatera comme l'aurore, Isaïe 58, 5-8
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Trouver Dieu, Saint Grégoire de NYSSE
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| Nouvel an 2010 |
J.-P. Dubois-Dumée
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Bénis tous ces jours devant nous
Apprends-nous à
les purifier de toute vanité
Chaque jour est un
don que tu nous fais,
Bénis ceux qui
s'efforcent,
Bénis tous ceux
qui souffrent
Bénis tous ceux
qui te reconnaissent
Bénis, Seigneur,
oh oui,
Bénis, Seigneur,
cette nouvelle année, |
Bénédiction juive pour le nouvel an
Birkat ha-Schanim !
Bénis pour nous cette année,
Donne la rosée et la pluie
Veille sur cette année, délivre-la de tout mal, de toute destruction et
de toute calamité. Notre terre, Seigneur, bénis-la, par des pluies bienfaisantes et généreuses. Comme pour les bonnes années de bénédiction, qu'elle apporte la vie, l'abondance et la paix. Béni sois-tu, Seigneur, qui bénis les années.
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| Noel 2009 |
Paul VI |
A Noël, Jésus vient à nous sous les traits attendrissants de l'enfance, pour nous infuser une confiance illimitée en sa douce innocence ; pour réveiller en nous l'enfant que nous avons été et que, près de lui, nous pouvons redevenir. |
HYMNE MELCHITE POUR NOËL
L'étoile
courait dans les hauts du ciel
La pierre
que vit Daniel,
O Toi qui
as réconcilié les cimes et les abîmes |
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| Avent 2009 |
Toi, Soleil sans déclin
Seigneur Jésus, Soleil levant,
voici venir la nuit la plus longue de l'année.
notre destin nous échappe inexorablement. D'où venons-nous ? Où allons-nous ?
Toi, Soleil sans déclin, lève-Toi à l'horizon de cette terre.
Que ta lumière brille sur nous et en nous. le sourire de l'enfant que nous attendons.
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Dans la main de Dieu, que craindrais-je ? Ne perds pas de temps à sonder les origines et la fin. Avance hardiment, joyeusement. Garde allumée la lampe des vierges sages et ne manque pas la venue de l'époux ; Il s'avance voilé dans tous ceux dont la chair est blessée d'injustice, de sang, de crasse. Avance. Un pas. Un autre. Dans l'attente qui est espérance. Marie Rouanet
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| Automne 2009 | Version japonaise du Psaume 23 |
Seigneur, règle l'allure de mes pas. Je ne me précipiterai pas. Tu m'incites à des pauses régulières. Tu me pourvois d'images paisibles qui rétablissent ma sérénité. Tu me conduis sur la voie de l'efficacité par le calme de l'esprit et ta direction de paix.
Même si j'ai un grand
nombre de choses je ne me tourmenterai pas
car ta présence,
Seigneur, m'accompagne. me garderont en équilibre. Tu ménages le délassement
et le renouveau au plus
fort de mon activité, de tes huiles de tranquillité.
Ma coupe déborde d'une
joyeuse énergie. et j'habiterai dans ta demeure pour toujours.
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| été 2009 | Jean-Marc Chauveau . |
Seigneur, j'ai entendu l'appel
Et me voici saisi,
désemmuré de moi-même,
Seigneur, à de pauvres
idoles,
Seigneur, j'ai entendu
l'appel |
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Pâques Pentecôte 2009 |
Grégoire de Narek |
O Toi dont le nom brûle toutes les lèvres Seigneur, Seigneur, |
Amour, ô Transparence, |
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Pierre de Blois (1135-1204),
fut chancelier de l'archevêque de Canterbury et archidiacre de Londres |
Le Christ qui a reçu l'Esprit n'a pas fait ses
dons aux hommes avec mesure, et Il ne cesse pas encore de faire ses
dons. "Tous nous avons reçu de sa plénitude" (Jn 1,46) et "il n'est
personne qui puisse se dérober à sa chaleur" (Ps 18,7). C'est lui dont
le feu est en Sion et la fournaise en Jérusalem (Is 31,9). C'est le feu
que le Christ est venu allumer sur la terre. Aussi s'est-Il manifesté
par des langues de feu. De ce feu Jérémie dit : "Il a envoyé d'enhaut un
feu en mes os et il m'a enseigné" (Lam 1,13).
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| Pâques 2009 |
François d’Assise
Louis Sintas sj
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Chantez au Seigneur un chant nouveau :
Que les cieux se réjouissent
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
Un printemps tout neuf fendille les vieilles écorces. Les bourgeons s'ouvrent au grand air et la vie reprend de plus belle, chantant gaiement sa victoire sur les morts de l'hiver. Tordu, perclus, noué comme un vieux cep de vigne, l'homme, et l'âge ne fait rien à cela, se sent soudain enveloppé d'une si vieille écorce, si épaisse, qu'aucune vie, jamais plus, ne saurait en surgir. Mais la sève est plus puissante que les plus vieilles écorces. Elle est surprenante. Dans nos existences aussi, elle est capable d'ouvrir de petites fissures, voire d'énormes brèches, par où le courage et la joie pourront à nouveau fleurir. Seigneur Jésus, tu es notre sève, fais vite éclater nos carapaces.
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janvier 2009
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Albert decourtray
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Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, Toi pour qui mille ans sont comme hier, un jour qui s'en va, une heure dans la nuit. A l'aube de cette année
que nos habitudes et nos rêves appellent nouvelle,
D'âge en âge tu as été notre refuge. Avant que naissent les montagnes, avant que tu enfantes la terre et le monde, de toujours à toujours, Toi, tu es Dieu.
Garde-nous de
galvauder Ton Nom trois fois Saint ! garde-nous de te confondre avec nos mots, nos idées, nos solutions, nos inventions.
Donne-nous de
comprendre ton amour davantage Que ton Esprit brise et ouvre nos cœurs pour qu'ils te donnent le Nom de Père.
Qu'il dessille
nos yeux pour qu'ils contemplent, de la vie filiale et fraternelle née pour toujours de ta miséricorde !
Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ton règne est déjà venu, il viendra, il vient ! Il vient partout où des hommes collaborent avec Toi à l'œuvre que tu leur confies
pour qu'elle
devienne l'ébauche de la Jérusalem céleste ! à l'intime de nos fragiles amours,
l'Alliance qui
les purifie, les transfigure et les éternise
Que brille pour
nous, à chaque étape de notre recherche, vers le Royaume sans ombre !
Affermis au cœur
de nos combats toujours recommencés
l'effort humain
pour établir, sur la terre comme au ciel, prépare le Royaume inaltérable ! Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous comme nous pardonnons.
Donne-nous de
désirer et de partager aujourd'hui
Donne-nous
d'attendre l'aube de chaque jour la vie temporelle et la vie éternelle !
Toi le Père prodigue qui ne te lasses pas d'attendre le retour de tes enfants perdus, pardonne-nous nos offenses
comme nous
pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
C'est en servant ses frères dans l'humilité d'un extrême amour que ton Fils nous a manifesté le pardon qui nous ouvre l'accès du monde nouveau ; apprends-nous à pardonner comme lui, pour que d'autres puissent découvrir à leur tour le chemin et la joie de ton Royaume !
Ne nous laisse pas succomber à la tentation mais délivre-nous du mal. Préserve-nous, par dessus tout, de la tentation de refuser ton pardon ! Préserve-nous de l'assurance du pharisien satisfait, donne-nous celle du publicain pardonné ! Préserve-nous de la suffisance des puissants, donne-nous l'espérance des pauvres !
En ces jours où tes enfants se souhaitent du bonheur, libère-nous, Toi, Notre Père, du péché qui empoisonne la source de la vraie joie. Arrache-nous à l'emprise du Prince des Ténèbres : il est le père du mensonge, à l'œuvre partout où nous nous trompons les uns les autres. Il est l'ennemi de la vie, à l'œuvre partout où nous nous détruisons, parce que nous aimons le pouvoir, l'argent et la mort. Délivre-nous !
Ton Fils a brisé les chaînes de l'antique servitude ! Donne-nous de nous laisser saisir par Son Esprit pour que, dans ce monde assujetti à la fatalité, triomphe déjà la glorieuse liberté de tes enfants !
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Avent 2008 |
Michel Hubaut
Colette Nys-Mazure
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Notre Dame de
l'avent,
Noël déjà ! Et
je tourne un regard incrédule
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novembre 2008 |
Recommence
Recommence même si cela te coûte,
Recommence même si une illusion s'éteint,
Recommence pour donner le meilleur de toi-même comme s'il y avait toujours de quoi se réjouir.
Recommence pour transformer l'existence Recommence pour Dieu, avec Dieu, comme Dieu.
Donne-nous, Seigneur, |
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Eté 2008 |
Marie Rouanet |
Laudes des quatre-temps d'été
Louange
à toi, Seigneur,
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Eté 2008 |
Jacques Gauthier |
«J'ai fait la route à pied avec toi
Maintenant que tu sais,
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Pentecôte 2008 |
Théophile d'Antioche
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Dieu a donné à la Terre |
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Pentecôte 2008 |
J.P. Lintanf |
Père, Source de toute vie
Je te chante parce que ma parole
Je te rends grâce pour les myriades
J'implore ton pardon. Je te demande deux choses.
De la langue perfide et de la langue de bois,
Rappelle-moi que ce qui est important pour moi |
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| Pâques 2008 |
Sylvie Reff, poète
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Je vous ai faits pour vivre
Je vous ai faits pour mourir |
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Pâques 2008 |
Mgr Guy-Marie Riobé |
Chacun de nous, s'il
devient prière, fera, par sa seule action de présence, pressentir aux autres que la vie a un sens, et que la bêtise, la haine, la mort n'auront pas le dernier mot. |
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Carême 2008 |
Je te cherche
Je n'ai pas de peuple
Je n'ai pas de lampe
La nuit dort en moi d'un sommeil de cendres
Je n'ai pas de sable au désert qui brûle,
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| Nouvel an 2008 |
Bénis,
Seigneur, cette nouvelle année,
Bénis ceux qui
s'efforcent,
Bénis
tous ceux qui te reconnaissent Bénis tous ceux qui forment ton peuple.
Bénis,
Seigneur,
Bénis,
Seigneur, cette nouvelle année, |
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| Nouvel an 2008 | D'après Karl Rahner |
Prière aux mages pour chercher avec eux
Votre cœur s'est mis en route vers Dieu en même temps que vos pas se dirigeaient vers Bethléem.
Vous cherchiez
mais aussi dans les questions
l'encens de votre vénération,
Et toi, Oublie le passé, il est mort !
La seule chose qui te reste, c'est l'avenir. la vie est là et ses possibilités entières,
car on peut toujours trouver Dieu,
a tellement plus de prix que nos rêves les plus grandioses : |
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| Nouvel an 2008 |
Bonne route
Pour ce
premier de l'an, |
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| Nouvel an 2008 |
A l'aube de cette
nouvelle année, Seigneur,
Janvier, une année
se termine,
Seigneur, décourage
en nous les habitudes,
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| Nouvel an 2008 | Prière africaine |
Seigneur,
Dieu tout-puissant, Dieu éternel,
les nuages s'épaissiront sur la Terre,
Mais je sais que tu es présent derrière les nuages
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| Noël 2007 |
Francine Carillo |
Un enfant !
Pour annoncer un commencement, il fallait bien un enfant ! Un visage de tout-petit qui porte l'inouï Dieu s'entre-dit, dans notre histoire, il est à nos côtés pèlerin d'humanité. Ceux qui goûtent cette présence sont en chemin vers leur naissance. Ils abritent en eux une racine de lumière incomparable, à jamais inaltérable.
("Vers l'inépuisable" |
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| Noël 2007 |
Il vient sans cesse, notre Dieu incarné... Il vient dans le silence, dans la brise d'Elie. Il vient aussi dans la foule et dans le bruit. Il vient par tous ces visages rencontrés au long des heures Il vient à chaque instant mais mes yeux sont empêchés de la reconnaître... Un jour il viendra me prendre en son Royaume. " J'entends son pas d'or sur la route. Il vient, il vient, il vient à jamais." |
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| Noël 2007 |
Carlo Maria Martini |
Mon Dieu, tu t'es fait chair pour nous dire que tu es proche de notre humanité, que tu partages nos limites, que tu veux être pour nous, avec nous et en nous. Nous croyons que la crèche qui illumine la nuit est le signe de ton amour pour nous, et nous nous sentons aimés, pardonnés, sauvés, recherchés par toi jusqu'en cette nuit. Nous croyons que toute personne de bonne volonté peut te retrouver, et du coup se retrouver elle-même et retrouver les autres en te donnant la possibilité d'entrer dans sa vie. |
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| Avent 2007 | Edmond JABÈS (1912-1991 |
Dieu n'est pas Dieu. Dieu n'est pas Dieu. Dieu n'est pas Dieu. Il est. Il est avant le signe qui le désigne. Avant la désignation. Il est l'avant-vide, l'avant-pensée; donc, l'avant-impensé aussi - comme s'il pouvait y avoir rien. Il est l'avant-cri, l'avant-tremblement. Il est la nuit sans nuit, le jour sans jour. L'avant-regard. L'avant-écoute. Il est l'air avant la respiration. L'air inspiré et expiré par l'air. Pas encore le vent, mais l'air léger, indifférent, dans son oisiveté première. |
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| Avent 2007 |
Jean Debruynne
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Apprends-nous à attendre Dieu, tu as choisis de te faire attendre Tout le temps d’un Avent. Moi, je n’aime pas attendre dans les files d’attente, Je n’aime pas attendre mon tour Je n’aime pas attendre le train Je n’aime pas attendre pour juger Je n’aime pas attendre le moment Je n’aime pas attendre un autre jour Je n’aime pas attendre parce que je n’ai pas le temps Et que je ne vis que dans l’instant. Tu le sais bien d’ailleurs, tout est fait pour m’éviter l’attente, Les cartes bleues et les libres services, Les ventes à crédit et les distributeurs automatiques, Les coups de téléphones et les photos numériques, Les fax et les mails La télévision et les flash à la radio, internet…. Je n’ai pas besoin d’attendre les nouvelles : Elles me précèdent Mais Toi Dieu, tu as choisi de te faire attendre Le temps de tout un avent Parce que tu as fait de l’attente l’espace de conversion Le face à face avec ce qui est caché L’usure qui ne s’use pas L’attente, seulement l’attente de l’attente, L’intimité avec l’attente qui est en nous Parce que seule, l’attente réveille l’attention Et que seule l’attention est capable d’aimer. Tout est déjà donné dans l’attente Et pour Toi, Dieu, attendre se conjugue avec Prier.
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sept
2007 |
(Texte d'origine irlandaise) |
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2006 4 juin |
Antony deMello |
lI y avait une fois une dame qui était religieuse, dévote et remplie d'amour de Dieu. Chaque matin elle allait à l'église. Chemin faisant, des enfants l'interpellaient, des mendiants l'accostaient, mais elle était tellement absorbée dans ses dévotions qu'elle ne les voyait même pas. Or, un jour, elle descendit la rue comme d'habitude et parvint à l'église juste à temps pour l'office. Elle poussa sur la porte, mais ne pu l'ouvrir. Elle poussa plus fort et découvrit qu'elle était verrouillée. Bouleversée à la pensée de manquer l'office pour la première fois depuis des années et ne sachant quoi faire, elle leva les yeux. Et là, juste devant sa face, elle vit une note épinglée sur la porte. C'était écrit : « Je suis là, dehors ! » |
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2006 4juin |
Ephrem le Syrien (306-373) |
Feu et lumière qui resplendissent sur la face du Christ, Feu dont la venue est parole, le silence est lumière, Feu qui établit les cœurs dans l’action de grâce, Nous te magnifions. Toi qui reposes en Christ, Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de crainte, Nous te magnifions. Toi qui scrutes les profondeurs de Dieu, Toi qui illumines les yeux de notre cœur, Toi qui te joins à notre esprit, Toi par qui nous réfléchissons la gloire du Seigneur, Nous te magnifions.
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2006 |
Jean Sulivan |
Partir à l'aube Je vous invite donc à ne partir que pour mieux rentrer en vous-mêmes. Et même si vous ne partez pas, il est possible de retrouver votre « terre intérieure ». Qui que vous soyez, quelque soit votre peine ou votre solitude, il y a des instants heureux pour vous : des chemins, des ruisseaux, des quartiers de votre ville, la mer qui vous invite à la sérénité, la montagne qui dit : redresse-toi. Laissez quelque temps votre voiture au garage, marchez à pied seul, hors de vos horaires habituels. Savez-vous qu’il y a des aubes ? Avez-vous jamais marché à l’aube le long de la mer, dans une forêt ! Vous êtes seul, vous pouvez revenir à l’essentiel. Vous interroger sur la vie que vous menez. C’est le premier matin du monde. Il y a une parole pour vous qui se parle au-dedans, immémoriale... Ne parlez à personne de votre escapade et de la surprise heureuse qu’elle vous a réservée. Il y aurait trop de monde à l’aube ! |
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2006 |
Madeleine. DELBREL Nous autres, gens des rues |
Bal de l'obéissance C'est le 14 Juillet. Tout le monde va danser. Partout, depuis des mois, des années, le monde danse. Plus on y meurt, plus on danse. Vagues de guerre, vagues de bal. Il y a vraiment beaucoup de bruit. Les gens sérieux sont couchés. Les religieux récitent les matines de Saint Henri, roi. Et moi, je pense à l'autre roi, au roi David qui dansait devant l'Arche. Car s'il y a beaucoup de saintes gens qui n'aiment pas danser, il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser, tant ils étaient heureux de vivre Sainte Thérèse avec ses castagnettes, saint Jean de la Croix avec un enfant Jésus dans les bras, et saint François devant le Pape. Si nous étions contents de vous, Seigneur, nous ne pourrions pas résister à ce besoin de danser qui déferle sur le monde, et nous arriverions à deviner quelle danse il vous plaît de nous faire danser, en épousant les pas de votre Providence. Car je pense que vous en avez peut-être assez des gens qui, toujours, parlent de vous servir avec des airs de capitaines, de vous connaître avec des airs de professeurs, de vous atteindre avec des règles de sport, de vous aimer comme on s'aime dans un vieux ménage. Un jour où vous aviez un peu d'envie d'autre chose, vous avez invité saint François et vous en avez fait votre jongleur. A nous de nous laisser inventer pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous. Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs, il ne faut pas savoir où cela mène. Il faut suivre, être allègre, être léger, et surtout ne pas être raide. Il ne faut pas vous demander d'explications sur les pas qu'il vous plaît de faire. Il faut être comme un prolongement agile et vivant de vous, et recevoir par vous la transmission du rythme de l'orchestre. Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer, mais accepter de tourner, d'aller de coté. Il faut savoir s'arrêter et glisser au lieu de marcher, et cela ne serait que des pas imbéciles si la musique n'en faisait une harmonie. Si certains sont souvent en mineur, nous ne dirons pas qu'ils sont tristes. Si d'autres nous essoufflent un peu, nous ne dirons pas qu'ils sont époumonant. Et si, des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant, sachant bien que cela arrive toujours en dansant. Seigneur, faites-nous vivre notre vie, non comme un jeu d'échec où tout est calculé, non comme un match où tout est difficile, non comme un théorème qui nous casse la tête, mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle, comme un bal, comme une danse, dans la musique universelle de l'amour. Venez nous inviter.
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2006 |
Martin
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Tu voulais fondre des sommets comme un vent impétueux et te montrer puissant comme on l’est dans la tempête, tu voulais souffler l’existence dans les êtres et bénir des âmes, le fléau à la main, tu voulais avertir des cœurs épuisés dans l’ardeur de ton élan et provoquer ceux qui sont de pierre à prendre feu. Tu m’as cherché sur tes sentes exaltées mais tu ne m’as pas trouvé. Tu voulais monter jusqu’au ciel comme la langue d’une flamme et faire place nette de tous ceux qui ne savaient pas résister à ta fureur, fort comme le soleil tu voulais assaillir des mondes avec une énergie soudaine
capable
d’embraser ton jeune rien. mais tu ne m’as pas trouvé. Alors mon messager a atteint ton oreille et l’as mise au contact de mon cœur pacifique : alors tu as appris à sentir comment semence après semence commence à s’agiter et toute sorte de frémissement – la croissance des choses !- t’apparut comme ronde de cercles, le sang qui bruissait sur le sang, et le silence fut la parole qui te vainquit, ce silence éternel, plein, doux et maternel. Alors tu t’es penché au fond de toi Et tu m’as trouvé dans ton cœur » Martin Buber Poésie
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2006 16 août |
Card. Etchegaray dans l'homélie de la messe del'Assomption à N.D du Liban |
Notre-Dame du Liban, voici
ton peuple. |
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2006 1er septembre |
Prière pour les vacances |
Seigneur, notre
Dieu,
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2006 septembre |
Nayla Tabbara Libanaise sunnite Enseignante en islamologie à l'université Saint Joseph, Beyrouth
Témoignage dans "La Croix du 17 août 2006
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Lorsqu'on n'attend plus le sauveur envoyé du
ciel,
Mes peurs remplissent l'horizon. Pas l'univers, ces jours-ci je ne peux pas voir plus que deux dimensions. L'horizon devient la limite, car le ciel, alourdi de tous genres d'avions de guerre israéliens, semble se refermer sur nous comme un couvercle. l'incapacité humaine à arrêter d'autres conflits, d'autres guerres qui s'enlisent, la Palestine, l'Irak, fait que l'horizon me semble comme le seul interlocuteur possible. De cette montagne qui regarde Beyrouth et sa banlieue comme une plaie béante et où je me suis réfugiée comme une couarde parce que j'ai peur du bruit assourdissant des obus qui tombent, je m'adresse à la mer devant moi. Mer brumeuse, et tant mieux: je ne voudrais pas voir les navires israéliens, juste les bateaux qui effectuent les embarquements, des ouvertures, des promesses de futurs et de rêves pour des milliers de jeunes et d'enfants qui quittent cet enfer. Nous autres, ceux qui restent dans l'enfer, avons quand même le privilège d'être parmi les miséreux de cette terre, les miséreux qui survivent parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, ceux dont le demain est très très loin, si loin qu'il n'est plus de ce monde, mais de l'autre, que chacun imagine à sa manière. 5 h 30 du matin, un nouveau jour, et, oh ironie, un nouvel espoir. Dehors c'est le calme, il y a même les oiseaux qui se lèvent. Peu à peu, le soleil apparaîtra, les avions avec, et de nouveau ce sera les obsèques de l'espoir. Sisyphe. Ce Sisyphe-là, à chaque moment de calme croit, croit à nouveau, en Dieu et en l'homme, à la vie, à la paix, à la communication, au dialogue, et puis boum... c'est la mort, la haine, l'incompréhension, les cloisonnements et les peurs. Ensuite, moments de calme, la foi revient à nouveau, et puis, à nouveau, elle est bafouée. Ironiquement, je m'accroche au titre d'un livre écrit par un juif qui raconte l'autre côté d'Auschwitz: La Force du bien. Je m'y accroche mais il me file d'entre les mains. Les peurs que nous avons ici ne sont pas des peurs des obus uniquement, pas des peurs de cette mort si cruelle qui atteint nos concitoyens, ni la peur de manque de vivres qui atteint d'autres encerclés depuis plus d'une dizaine de jours et qui tombent peu à peu car il n'ont ni médicaments ni pain. C'est la peur de l'incapacité devant la force du mal. Et la force du mal, pour beaucoup ici, réside dans le danger d'une séparation. Des années et des années que nous oeuvrons pour le dialogue, pour la paix, pour le vivre-ensemble semblent s'effondrer. Le danger d'une séparation entre musulmans et chrétiens, entre frères qui ont bravé bien des obstacles pour continuer à affirmer leur conviction qu'ils ne veulent vivre qu'ensemble, que c'est ensemble qu'ils se comprennent plus eux-mêmes, que c'est ensemble qu'ils se rapprochent de Dieu, que c'est ensemble qu'ils veulent oeuvrer, construire, unir, agrandir leurs coeurs et leur bras. Le cri de mon coeur voudrait remplir l'univers, et plus il se fait entendre, plus il brave le couvercle. C'est un coeur qui, au cours d'un long cheminement, a appris à grandir pour inclure tous les autres et qui saigne pour les misères de tous: chrétiens, musulmans, juifs et tous les autres, quelle que soit leur appartenance religieuse ou leur non-appartenance. Mais je m'arrête aux juifs car le dialogue islamo-chrétien ne se confine pas à l'islamo-chrétien uniquement, mais plus on s'y achemine, plus il permet d'ouvrir une dimension dans le coeur qui lui permet d'accepter et d'aimer tous les autres. Et même si ce sont des avions israéliens qui détruisent notre pays et nos âmes, mon coeur renie la force du mal qui fait que des hommes ou des femmes puissent tuer d'autres hommes, femmes ou enfants mais il ne renie nullement les juifs. Je porte aux juifs un grand amour, pour leur religion, pour leur histoire, pour leurs souffrances, mais aussi pour les peurs qui peuvent rendre certains d'entre eux inhumains. Tout comme je porte un très grand amour pour mes coreligionnaires musulmans, pour leur foi, pour leur abnégation, pour leur colère devant l'état actuel du monde, pour leur courage devant la mort, tout en déplorant les actes de détresse de certains d'entre eux, actes eux aussi inhumains. Ceci est un cri du coeur à tous les coeurs du monde qui voudraient bien l'entendre. De sous les décombres, le seul espoir pour ce pays et pour le monde, c'est de toujours garder le coeur grand ouvert, face à un monde qui devient de plus en plus étroit. Aujourd'hui je comprends différemment la fameuse phrase de Jean-Paul Il. Si «le Liban est un message», c'est un message au coeur même de nos religions, c'est le message qu'ont porté tous nos prophètes ou fondateurs de nos religions: celui de la force de l'amour au coeur de la haine. Lui seul peut nous permettre de continuer. Petite, j'avais accroché sur le mur de ma chambre deux phrases, l'une de Paul Éluard, l'autre d'Alki Zei. La première disait: «La vie commence de l'autre côté du désespoir», l'autre disait: «Toujours de l'avant, vers une vie nouvelle». Je les revis aujourd'hui et je comprends comment elles ne sont pas en contradiction. C'est vraiment au coeur du désespoir que commence la vie nouvelle. J'avais commencé à écrire cette nuit en plein désespoir, désespoir parce que nous sommes seuls, désespoir parce que la peur, la haine, l'incompréhension grandissent de jour en jour, parce que l'injustice dépasse largement les limites du possible, parce qu'une voix comme la mienne, qui n'appartient ni à un camp ni à un autre, me semblait plus faible qu'un murmure, mais c'est du fond de ce désespoir que s'est-opéré en moi le retournement. Lorsque l'on se sent délaissés de partout, lorsque l'impuissance des autres fait écho à la nôtre, lorsqu'on n'attend plus le sauveur envoyé du ciel, on le retrouve en nous. C'est du désespoir et dans le désespoir que j'ai retrouvé la force de la vie, la force du bien, la force de l'amour, une force qui me permet de dire à chaque instant: « toujours de l'avant, vers une vie nouvelle».
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| Août 2006 |
Le temps de prendre le temps Ph. Meirieu |
Les vacances, c'est pas toujours de tout repos ! Après la séance de jogging, votre enfant n'a que quelques minutes pour rattraper le groupe de tir à l'arc. Il enchaîne avec l'escalade-les jours pairs - ou le canyoning - les jours impairs. Au retour, en milieu d'après-midi, il n'aura pas le temps de flâner car l'animateur de l'atelier cirque n'aime guère qu'on le fasse attendre. Et puis, ce soir, il y a la veillée sur la faune locale : avec la carte « multi-activités », l'entrée est gratuite. Lui ne veut pas y aller : il a largement utilisé sa carte aujourd'hui et il est trop fatigué pour ça. Voilà qui ne fait pas votre affaire : vous n'avez pris que quinze jours de location à la montagne et il faut en profiter au maximum. Il sera bien temps, une fois revenu à la ville, de traîner devant des émissions de télévision débiles ! A ce régime-là, évidemment, peu d'enfants tiennent le coup. Presque tous pourtant, font les efforts nécessaires : ils comprennent bien que leurs parents veulent leur faire découvrir ce qu'il y a de mieux, leur faire vivre les aventures les plus intéressantes possible. Ils savent qu'ils ont de la chance, à côté de eux qui ne sont pas partis en vacances et « rouillent » toute la journée sur les places surchauffées des villes. Mais, passé l'intérêt de la découverte, les premiers jours, ils peinent un peu : ils ne peuvent pas s'intéresser à tout... Trop, c'est trop ! Pourtant, tous les parents savent bien que leur enfant serait le premier à se plaindre si rien n'était organisé. Ils en ont fait l'expérience un jour ou l'autre : ils connaissent les journées qui traînent, les plaintes qui n'en finissent plus, les grasses matinées qu'on laisse durer jusqu'à midi, par découragement : « Pour ce qu'il fait quand il est levé, il n'a qu'à rester couché !» Ils se souviennent des protestations : « Au moins, à la maison, il y a toutes les chaînes de télé ! Ici c'est pourri ! II n'y a rien d'intéressant à faire... » Mais les parents oublient trop vite que toutes les activités de loisir peuvent devenir de tristes obligations si elles sont prises dans la tenaille d'un emploi du temps implacable. Pouvoir faire varier le cours du temps : c'est cela les vacances. Il faut y faire quelque chose, quelque chose de passionnant si possible. Mais il faut pouvoir aussi prendre du temps, prendre « son temps » : s'asseoir, ne rien dire, regarder un moment autour de soi, feuilleter un livre ou un magazine, parler de choses et d'autres, puis se taire à nouveau... Laisser filer le temps. S'apercevoir que le temps a passé. Mais que, justement, ce n'est pas grave... parce qu'on est en vacances ! Ainsi nous faut-il savoir organiser assez les vacances pour qu'elles ne basculent pas dans le désoeuvrement. Mais il faut également savoir oublier l'organisation pour laisser les choses se distendre un peu. Avec juste assez d'ennui pour qu'on sente le temps passer et juste assez de repères pour qu'on sache qu'on ne va pas s'ennuyer toujours. |
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| août 2006 |
"Du bon usage de la lenteur" P. Sansot |
Flâner, ce n'est pas suspendre le temps mais s'en accommoder sans qu'il nous bouscule. Cela implique de la disponibilité et, en fin de compte, que nous ne voulions plus arraisonner le monde... Je vous propose un ennui dans lequel on s'étire voluptueusement, par lequel on bâille de plaisir, tout au bonheur de n'avoir rien à faire, de remettre à plus tard ce qui n'est pas urgent. Vous vivrez alors dans le sentiment de la non-urgence.
Ce n'est pas là chance accordée à beaucoup. Il faut donc s'y préparer de très bonne heure.
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| Août 2006 | Couleurs |
Un jour, toutes les couleurs du monde se mirent à se disputer entre elles, chacune prétendant être la meilleure, la plus importante, la plus belle, la plus utile, la favorite. Le vert affirma : Je suis le plus essentiel, c’est indéniable !Je représente la vie et l’espoir. J’ai été choisi pour l’herbe, les arbres et les feuilles Sans moi, les animaux mourraient. Regardez la campagne et vous verrez que je suis majoritaire. Le bleu prit la parole : Tu ne penses qu’à la terre mais tu oublies le ciel et l’océan. C’est l’eau qui est la base de la vie alors que le ciel nous donne l’espace, la paix et la sérénité. Sans moi vous ne seriez rien.
Le jaune rit dans sa barbe :
L’orange éleva sa voix dans le tumulte :
Le rouge qui s’était retenu jusque là, prit la parole haut et fort : C’est moi le chef de toutes les couleurs car je suis le sang, le sang de la vie. Je suis la couleur du danger et de la bravoure. Je suis toujours prêt à me battre pour une cause. Sans moi la terre serait aussi vide que la lune. Je suis la couleur de la passion et de l’amour, de la rose rouge et du coquelicot. Le pourpre se leva et parla dignement : Je suis la couleur de la royauté et du pouvoir. Les rois, les chefs et les évêques m’ont toujours choisi parce que je suis le signe de l’autorité et de la sagesse. Les gens ne m’interrogent pas, ils écoutent et obéissent.
Finalement, l’indigo prit la
parole,beaucoup plus calmement que les autres mais avec autant de
détermination :
Et ainsi toutes les couleurs continuèrent de se vanter, chacune convaincue de sa propre supériorité. Leur dispute devint de plus en plus sérieuse. Mais soudain, un éclair apparut dans le ciel et le tonnerre gronda. La pluie commença à tomber fortement. Inquiètes, les couleurs se rapprochèrent les unes aux autres pour se rassurer.
Au milieu de la
clameur, la pluie prit la parole : Les couleurs obéirent et unirent leurs mains.
La pluie
poursuivit :
Et chaque fois que la pluie lavera le monde, un arc en ciel apparaîtra dans le ciel, pour vous rappeler de nous apprécier les uns les autres. |
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2006 19septembre
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Tolérance et fraternité Paraboles, janvier 1980.
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La tolérance sinue sur une ligne de faîte entre deux abîmes. Du fond du premier montent des voix rauques :« Nous sommes les maîtres de la vérité ! Tout autre que nous gît dans l'erreur ! » C'est le versant abrupt et rocheux, où d'âpres vents sifflent : convertissons ou méprisons ! L'autre pente est ensoleillée, des voix aimables y murmurent :« Toutes les croyances se valent et sont relatives au génie si divers des hommes. Essayons donc de tout comprendre. » Croit-on que le versant fleuri soit bien meilleur que la face nord ? Entre ceux qui rejettent tout sauf eux-mêmes, et ceux qui ont le coeur assez grand pour tout accueillir, je ne vois pas que l'on respecte l'homme et sa foi. La tolérance (mot déplaisant, genre « du bout des lèvres », il en faudrait inventer un autre) exige, ce me semble, trois qualités : l'esprit critique, l'humilité et la conviction.
L'esprit critique L'esprit critique se campe devant la doctrine qui défend l'équilibre de tous les cultes et l'accuse, sous ses airs de douceur, de professer un étrange dédain de l'homme. Car mainte religion a réclamé des sacrifices sanglants, des bûchers, et aujourd'hui encore cette cruauté n'est pas éteinte, qui survit dans des sectes mutilantes et crapuleuses, parfois dans les condamnations que prononcent nos coeurs. Continuer à chanter que toutes les religions se valent, parce que tout est relatif, cela reviendrait à dire que peu importe chez l'homme sa vie ou sa mort, sa santé ou sa blessure, son enchaînement ou sa liberté. Relativisons ce que nous voulons, mais la dignité de l'homme, jamais. La tolérance ne peut accepter l'intolérable et doit rester sous l'indispensable contrôle de l'esprit critique.
L'humilité Mais entre traditions raisonnables et peu différentes entre elles, comme le sont, dans le christianisme, catholicisme, protestantisme ou orthodoxie, saluons plutôt l'humilité et son petit frère l'humour. Nous sommes catholiques ou protestants par le hasard de la naissance, rarement par une décision personnelle. Notre confession nous a façonnés. Nous l'aimons comme le visage de notre mère ou la poésie de notre maison. C'est bien assez de raisons pour demeurer où nous sommes (notez comme il y a peu de transfuges), mais sans en appeler à une prétention supérieure qui nous ferait dire, pardessus tant d'attachement et de gratitude : « C'est nous qui possédons la vraie foi du Christ ! » Qui ose dire qu'il a la vérité à lui seul, avec sa famille et ses troupeaux, mais sans les autres ? Quelle est cette vérité sans la vérité du prochain ? Nous devons, entre confessions différentes, être comme des époux, non point dans l'orgueil d'une suffisance, mais dans l'émerveillement de notre incomplétude et le besoin que l'autre nous comble de ce qui nous manque. Attente réciproque et charmée : tiens, il a quelque chose à nous dire, ce réformé, avec son libre examen ! Tiens, cette profondeur sacramentelle du catholique et ce rite d'absolution, comme c'est beau ! Tiens, cette ferveur de l'orthodoxe, et cette icône qui incline à l'adoration!
La conviction Devant juifs et musulmans, nous avons, comme entre catholiques et protestants, à oublier les haines d'un autre âge, pour tirer, en nos échanges, tout le parti possible de nos sensibilités particulières. Mais nos monothéismes sont trop dissemblables pour que la seule humilité puisse aimablement régler nos rapports. Entre eux et nous, le Christ ; il nous sépare. Devons-nous le taire pour simuler l'accord parfait des doctrines ? Certes pas, au contraire. Nous serions aussi faux dans la pusillanimité que nous l'avons été dans l'arrogance. Quoi qu'en pensent les autres, le Christ reste notre Seigneur, et nous le proclamons puisque c'est notre foi. C'est ici que la tolérance nous pose son plus difficile problème : si le Christ est notre plénitude, comment ne pas penser que celui qui l'ignore souffre d'un manque ? Notre tolérance s'assortit alors d'une moindre estime : nous nous donnons raison, pacifiquement, mais contre eux. Les tolérer revient à accepter qu'ils aient tort. Et notre amitié s'en trouve tout altérée, si nous les jugeons moins visités par le Seigneur, moins pourvus en bonne religion. Ce sentiment de tenir le vrai, si propre à la foi, ne peut se concilier avec un authentique respect de l'autre et le sens de son entière dignité... Or, chez le chrétien au moins, la foi en Jésus-Christ devrait abolir immédiatement le problème qu'elle crée : car si je me préfère dans ma foi, je trahis la foi. Celle-ci m'enjoint d'aimer le Christ et de le préférer à tout, certes, mais pas en moi, en autrui. La pitié ne possède pas plus Jésus, que sa maison ou même sa tombe ne l'ont possédé. Éternel vagabond, Jésus m'est connu en celui qui partage avec lui, moins les idées, que sa face de nomade et son errance d'étranger. Si nous aimons le Christ, c'est dans les autres ; si nous offensons l'étranger, la blessure est sur lui. Je ne puis me flatter de posséder le Christ. Eux non plus, puisqu'ils l'ignorent ou le rejettent ; mais moi qui l'accepte, je ne l'ai pas beaucoup plus qu'eux. Nous sommes presque à égalité. Et je suis même plus bas, car ma foi m'enjoint de voir que ces autres, qui n'ont pas le Christ, sont pour moi le Christ. Jésus s'est nommé à eux et a lié son adoration à des obligations envers eux. Sa vérité et son amour se confondent. Je suis tenu, là ou j'allais dédaigner, à un respect sans limite. C'est pourquoi, comme l'aveugle-né, je délaisse la vaine discussion avec eux qui n'y croient pas. Qu'importe s'ils n'y croient pas ! Moi, d'y croire me fait croire en eux et me lie à eux comme au Christ qu'ils figurent à leur insu :« Ma vérité à moi, c'est leur dignité à eux. » Voilà où mène la force d'une conviction. Ne serait-elle qu'une concession à la diversité des opinions humaines, elle n'irait pas si loin, pas du moins jusqu'à saluer cette grandeur cachée que seule la foi découvre. Il n'est alors plus question de tolérance, le mot est décidément trop étroit, qui laisse à l'autre ses opinions, mais sans les estimer. La conviction s'y prend autrement : elle met au sommet le respect de l'autre et comme l'on ne sépare pas un homme de ses idées, elle salue aussi en ses idées, une vérité que je ne sais pas, au nom d'une vérité, la mienne que je sais ; c'est notre différence. Ici ma foi dont je connais le prix incomparable. Là mon ignorance, mais qui ne laisse pas de pressentir une infinie grandeur. Non, tolérance ne suffit pas, il faut un nom nouveau : que diriez-vous de « fraternité » ? |
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2006 Novembre |
Alain Lerbret |
BEATITUDES
Heureux qui veille avec un coeur de pauvre
Heureux qui jamais ne montre le poing
Heureux qui par amour a de la peine
Heureux qui pour la justice a souffert
Heureux qui ne cesse de pardonner
Heureux qui voit tout d'un regard d'enfant
Heureux qui pour la paix donne sa vie
Heureux qui pour moi risquera sa tête d'après Matthieu 5/1-12 |
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2006 Décembre |
Lanza del Vasto |
Il va venir comme un grand vent,
Il va venir avec le feu,
Depuis que le Seigneur a divisé les eaux,
L'Océan a vomi, mangé, vomi les îles ;
Les monts se sont levés comme des flots d'orage,
La verdure de l'arbre a grandi par étage, |
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2006 décembre |
Madeleine delbrel |
Ne pensez pas que notre joie soit de passer nos jours à vider nos mains, nos têtes, nos coeurs.
Notre joie est de passer nos jours à creuser
Car il est inouï de le savoir si proche,
Et de ne pas lui ouvrir cette porte |
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2007 Janvier |
Soeur Marie-Joie |
OSONS...NOËL
« Il n’y a que le silence qui révèle les abîmes de la vie » (Zundel). Les grandes œuvres de Dieu sont le fruit du silence. Dieu seul en est témoin et avec lui, ceux qui voient de l’intérieur , qui font silence et vivent de la présence du verbe silencieux, comme Marie qui retenait et méditait ces événements dans son cœur. Alors Osons…. Avec Marie écouter dans le silence la Parole de Dieu, laissons la résonner pour qu’elle prenne chair en nous …. Osons…. Rayonner notre foi en ce Dieu qui prend visage d’homme dans un tout petit enfant. Osons …. La tendresse envers nos frères : elle est offerte à tous dans la fragilité d’un nouveau né. Osons…. La paix : sans armes, ni carapace le Prince de la Paix s’offre vulnérable au monde entier Osons…. « La déprise » de nous-même : dans une étable sans richesse, le Fils de Dieu se donne, désapproprié de sa divinité . Osons…. L’émerveillement : celui des bergers et des mages devant le Mystère du Dieu fait homme. Osons… Croire : au creux de nos pauvretés, de notre péché Dieu vient « s’installer » et fait naître la vraie vie. Osons…Inventer, rêver un monde lumineux où chacun se saura différent et unique pour Dieu. Osons… Devenir de « nationalité divine » Fils d’un même Père… Ouvrons des chemins fraternels.
Osons Noël….
Oui, Osons Noël Alors… Osons Noël et risquons l’audace de la joie
Sœur Marie-Joie 11Transmis par Monique Huberfeld |
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| Noel | Congo |
Dieu
avait besoin d'un père pour son peuple.
Il
avait besoin d'un porte-parole.
Il
avait besoin d'un chef pour son peuple.
Il
avait besoin d'une mère pour naître au monde
Il
avait besoin d'un roc pour poser l'édifice.
Il
avait besoin d'une femme pour annoncer sa résurrection
Il
avait besoin d'un témoin pour crier son message
il a
besoin de nous pour que son peuple se rassemble
Lu
pour Noël au Congo |
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| Chandeleur |
Angelus Silesius |
J’ai cherché Dieu avec ma lampe si brillante que tout le monde me l’enviait. J’ai cherché Dieu dans les astres. J’ai cherché Dieu dans d’infimes trous de souris. J’ai cherché Dieu dans les bibliothèques. J’ai cherché Dieu dans les universités. J’ai cherché Dieu au télescope et au microscope... Jusqu’à ce que je m’aperçoive que j’avais oublié ce que je cherchais. Alors, éteignant ma lampe, je jetai mes clés et me mis à pleurer... Et aussitôtSa lumière fut en moi. |
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| Décembre 2006 |
Noël Ph Meirieu |
NOËL Ali connaissait bien le chemin de la crête. Il le parcourait plusieurs fois par jour pour rejoindre la ferme du père Jean. Mais cette nuit-là il avait neigé et Ali ne retrouvait presque rien, ni les cailloux auxquels il était habitué, ni le petit mur démoli juste avant le tournant, ni même les fils de fer barbelés qui séparaient le chemin des champs. Il allait vite, les mains enfouies dans ses poches. Il regardait droit devant lui, espérant apercevoir au loin la lueur de la fenêtre. Il fallait se dépêcher. Il se mit à courir, dépassa le petit bois de sapins, longea les barrières de bois et ralentit; en levant la tête il aperçut la petite lumière de la ferme. Ce n'était qu'une très faible lueur un peu rouge, mais elle était là et c'était l'essentiel; dans cette nuit elle brisait l'isolement, elle indiquait une présence. Ali ralentit, il regarda la petite lumière: le père Jean était là, tout seul, il devait fumer sa pipe devant la cheminée en regardant le feu de bois. Il y avait deux ans qu'Ali connaissait le père Jean. Il était arrivé dans la région avec sa femme parce que l'usine qui l'employait avait fermé et qu'il avait entendu dire qu'on cherchait ici des ouvriers agricoles. Deux ans déjà qu'il aidait le père Jean. Il avançait maintenant beaucoup plus lentement les yeux fixés sur la faible lumière. Il passa le petit pont et attaqua la côte. La ferme était à cinq cents mètres un peu au-dessus de lui. Il en distinguait les contours, une ombre noire qui se détachait sur la neige. Il hésitait. Qu'allait-il dire le père Jean? Ali ne put s'empêcher de penser à son arrivée à la ferme. Le père Jean, on lui avait dit que c'était un brave homme, un homme bon, il était arrivé confiant. Le père Jean l'avait regardé: «Ah! c'est vous. J'aurais préféré un français; je n'aime pas les arabes, mais puisque vous êtes là ! » Et depuis le vieux ne lui avait jamais adressé la parole. Ali était à la ferme tous les matins à cinq heures avec sa femme. Mériem faisait le ménage et préparait le repas, elle ne mettait qu'un couvert, celui du vieux; eux allaient manger chez eux, dans la vieille cabane de berger, derrière la crête. Ail suivait le vieux toute la journée, il recevait ses ordres par gestes, jamais le vieux n'avait desserré les dents. Maintenant Ali était assis dans la neige. II n'avait pas froid. II regardait la fenêtre éclairée en roulant de la neige dans ses doigts. La lumière faiblissait, le feu devait être en train de s'éteindre: dans quelques minutes le vieux irait se coucher. Dans la tête d'Ali tout se mélangeait: les images du pays, le visage de Mériem, la ferme, la neige, et toujours la tête du père Jean, les dents serrées sur sa pipe, le regard sombre et cette phrase qui tapait à ses oreilles: «Je n'aime pas les arabes! Je n'aime pas les arabes! » Et puis tout à coup Ali tourna la tête dans la direction de la cabane qu'il avait quittée depuis une demi-heure maintenant et où Mériem attendait. Il se leva et lentement monta vers la ferme. La porte était toujours ouverte. Ali le savait. II posa la main sur la poignée et entra. Dans la pièce il faisait chaud, le feu s'éteignait lentement. Devant la cheminée le fauteuil du vieux était vide. Ali s'avança, il ne comprit pas tout de suite. Il sentit quelque chose de froid toucher son cou et la voix du vieux retentit: «Je savais bien qu'un jour tu penserais à ça! II doit avoir des économies le père Jean. Ah vous êtes bien tous les mêmes! » Ali ne comprit pas, qu'est-ce qu'il disait? Il n'avait jamais pensé aux économies du vieux, il se retourna; le canon du fusil était maintenant devant son visage. « Ce n'est pas vrai! » parvint-il à dire. Le vieux baissa son fusil. «Maintenant ça dépend de la police.» «Ce n'est pas vrai», répéta Ali, et puis, très vite, en baissant la tête comme s'il avait honte: «C'est Mériem, le bébé arrive, vous devez venir, je ne sais pas faire. » Le vieux fit quelques pas de côté, raccrocha son fusil et alla s'asseoir dans son fauteuil. Ali le suivit des yeux, maintenant il ne voyait que le dos du vieux, ses larges épaules dépassaient le fauteuil, il était immobile. Ali comprit qu'il resterait là silencieux, qu'il n'avait rien à attendre de lui. Il partit sans bruit, referma doucement la porte derrière lui. Dès qu'il fut dehors il se mit à courir, il dévala la pente, reprit le chemin de la crête, il courait sur la neige, les yeux fixés sur les traces de pas qu'il avait faites tout à l'heure et qui lui indiquaient le chemin. Maintenant le soleil était levé; dehors il faisait beau, la plaine au loin était sombre et grise, mais autour de la cabane de berger la neige avait tout recouvert, la montagne éclatait de lumière. Ali regardait par la fenêtre, il essayait de retrouver sous la neige la place de chaque rocher, de chaque chemin. Il revint près de Mériem, l'enfant était là, à côté d'elle, tous deux dormaient. Ali, lui, n'avait pas dormi, il ne pouvait s'ôter de la tête la sensation du fusil sur sa nuque, l'image du vieux, impassible dans son fauteuil. Il regarda longuement Mériem et l'enfant, puis se dirigea vers la porte, il l'ouvrit. A ses pieds il y avait un paquet, un petit paquet de carton attaché avec une vieille ficelle. Il regarda le paquet, se pencha pour le ramasser et le rapporta sur la table: le paquet contenait une petite poupée de bois, taillée à la main dans une bûche; Ali regarda la poupée, il la tint longuement dans ses doigts, puis sortit machinalement sur le seuil et regarda en direction de la ferme du père Jean, il fixa longuement le petit point noir au loin et leva machinalement le bras comme pour faire un signe, mais sa main s'arrêta à mi-parcours. Il rentra dans la cabane, posa doucement la poupée près de l'enfant puis se coucha à côté et s'endormit. Au fond du paquet il y avait aussi une vieille feuille de carnet avec ces quelques mots: « il fait plus chaud à la ferme, je vous attends.» Mais ni Mériem, ni Ali ne savaient lire.
Philippe Meirieu |
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Paques 2007 |
Conseil Plénier de 83 à Sale |
MON DIEU FAIBLE
Mon Dieu n'est pas un Dieu qu'on ne puisse atteindre, difficile, insensible, stoïque et incapable de souffrance. Mon Dieu est faible. Il est membre de ma race, et moi de la sienne. Mon Dieu a fait l'expérience de la joie humaine, de l'amitié, la joie de la terre et de tout ce qu'elle nous donne. Mon Dieu a eu faim, a ressenti la fatigue, le sommeil. Mon Dieu était sensible. Il a été nourri au sein de sa mère; il a senti et reçu l'affection et la tendresse d'une femme. Mon Dieu a aimé tout ce qui était humain, les hommes et les choses, le pain et le vin, les saints et les pécheurs. Mon Dieu était un homme de son temps. Il était vêtu comme les hommes de son temps. Il parlait la langue de son peuple. Travaillait de ses mains. Il est mort jeune parce que Il était sincère. Ils l'ont tué, parce que, à leurs yeux, il était dans l'erreur. Mais, mon Dieu est mort sans haine. Il est mort en excusant ceux qui le tuaient, ce qui est encore plus fort que de pardonner. Mon Dieu est faible, mais il a vaincu la mort, et de ses mains a fleuri une fleur nouvelle, la Résurrection. Tant de personnes trouvent difficile d'accepter mon Dieu faible, mon Dieu qui pleure, mon Dieu qui a dû mourir pour triompher; mon Dieu qui a fait d'un voleur, d'un criminel, le premier saint de son Eglise, mon Dieu jeune, mort parce que coupable d'être un agitateur politique. Il est difficile d'accepter mon Dieu faible, abandonné par son Père, mon Dieu qui ne se défend pas. C'est très difficile d'accepter mon Dieu faible; mon Dieu qui a éprouvé la tentation. Mon Dieu qui a trouvé si dur d'accepter la volonté de son Père, qu'il en a sué le sang. Mon Dieu faible est difficile à accepter pour ceux qui continuent à rêver d'un Dieu qui ne soit pas comme eux. En fait, il est impossible de comprendre mon Dieu si on ne comprend pas l'Amour. |
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été
2007 |
André Dumas |
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