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TROIS
SEDER (trois repas de la Pâque juive)
(recueillis comme des perles
précieuses par soeur Anne-Catherine (nds Ein Karem))
Yad be-Yad (la main dans la
main)
Il s'agit de trois écoles
pionnières qui éduquent ensemble arabes et juifs depuis le jardin d'enfants.
Lors de la session de printemps du programme biblique de
langue française, nous avons invité des parents et des professeurs de l'une
de ces écoles.
Ils nous ont raconté qu'ils avaient vécu cette année un
Séder unique:
Dans la synagogue libérale 'Kol ha-Neshama", une table est
dressée et le rabbin de la synagogue Lévy Kalman est présent pour présider
ou plutôt animer avec le charisme bien connu qui est le sien. Enfants,
parents, professeurs, juifs et arabes à égalité de nombre prennent place
autour de la table. On lit en hébreu et en arabe des passages de la Haggadah
, des passages du Coran parlant de la sortie d'Egypte, on chante avec
enthousiasme dans les deux langues, des chants traditionnels des deux
peuples. Enfin on réfléchit ensemble et on s'exprime sur ce que signifie
profondément : "être libres".
A l'institution Elvin" où travaille notre sœur Colette.
Un Séder pour ceux que nous appelons handicapés (comme si
nous ne l'étions pas!):
Au pied de chaque lit, sont disposés des habits tout neufs.
Ce sont avec lesquels on habille avec soin les enfants.
Puis le défilé des chaises roulantes vers une salle où la
table a été bien préparée. Un rabbin est là qui accueille.
la lecture de la Haggadah est bien sûr un peu
simplifiée, mais on ne manque aucun rite et on chante, on rit, on crie…quoi?
On ne sait pas exactement, mais c'est la joie.
Et qui a préparé les enfants et le Séder? La plupart sont
des travailleurs arabes, jeunes étudiants, souvent à l'université hébraïque,
qui gagnent là de quoi faire leurs études. …Et notre sœur Colette, pont,
lien, présence d'amour et d'unité entre tous.
Le Séder à l'hôpital Saint Louis;
C'est un hôpital tenu par les sœurs de Saint Joseph. On y
accueille des malades en soins palliatifs. Il y a des juifs religieux et non
religieux, des arabes chrétiens et musulmans, des étrangers de passage. Une
armée de "volontaires" de tous pays qui se dévouent pour faire manger,
soigner, laver, respecter jusqu'au bout ces personnes souffrantes.
Dans cet hôpital catholique la Kashrout est respectée et
vérifiée régulièrement par des autorités compétentes.
Les malades s'acheminent en chaise roulante ou appuyés sur
des cannes, certains accompagnés d'un membre de leur famille ,vers la salle
où a lieu le Séder.
La table est prête. Le rabbin arrive, un homme simple dont
la présence crée une ambiance de joie. Tous ont le regard fixé sur lui. La
lecture de la Haggadah commence; Chacun se joint à sa manière. Chaque
malade reçoit une matsa et est aidé avec dignité, les bien portants ou les
mieux portants aidant son voisin, sa voisine.
Enfin chacun reçoit un plateau de fête. On l'aidera à le
déguster.
"ils viendront
du levant et du couchant et prendront place à table au festin du Royaume
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