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« Présentation de Jésus au Temple»,
« Purification de Marie »
pour les Eglises d’Occident,
cette fête est appelée « fête de la
Rencontre »
pour les Eglises d’Orient.
C’est en outre la fête de la
«Chandeleur» ! Celle des crêpes !
Comme nous le voyons, l’événement
que nous célébrons ce soir, supporte plusieurs appellations qui, chacune,
mettent en évidence un aspect particulier de l’événement.
C’est l’occasion de revenir sur la
portée symbolique du récit
rapporté par l’Evangile selon St
Luc au chapitre 2.
Qu’allons-nous retenir de cette
rencontre au Temple?
Nous sommes à Jérusalem, qui est le
cœur-même de la vie juive,
le centre vers lequel tous les
yeux, tous les regards se portent.
Le centre du rassemblement de
toutes les nations qui monteront là pour célébrer le Dieu unique
Jérusalem ?
Le pôle du monde que célèbrent tant
de psaumes que nous chantons et prions comme les Juifs et que chantent les
pèlerins qui montent à Jérusalem, en particulier pour les trois fêtes de
pèlerinage:
les saints rendez-vous avec le
Seigneur présent dans le Temple.
Et le Temple de Jérusalem ?
C’est là-même que Jésus, douze ans
plus tard, révélera à ses parents que seule «la volonté de son Père» donne
sens à sa conduite.
Et s’il leur reste «soumis», c’est
précisément dans la mesure où sa soumission est conforme à la volonté du
Père des cieux.
Dans le Temple, la lumière
perpétuelle brille au-dessus de l’Arche Sainte: elle contient les rouleaux
de la Torah, Parole de lumière et de vie pour les fils d’Israël. Ils la
portent aujourd’hui encore en procession dans leurs bras, sur leur cœur
pendant la prière communautaire à la synagogue.
Marie et Joseph avec l’enfant Jésus
dans leurs bras
sont soumis aux prescriptions de la
Torah donnée à Moïse au Sinaï
et transmises à Israël de
génération en génération.
Or, la Torah ordonne que la femme
qui accouche d’un garçon observe une période de purification de quarante
jours,
à l’issue de laquelle elle doit
apporter une offrande au Sanctuaire de Dieu (Lév. 12, 2-4). Marie et Joseph
ont accompli cet enseignement de la Torah, avec foi, librement, par amour de
la Torah!
Ils ont apporté l’offrande minimum
prescrite pour les pauvres : deux colombes.
Ce qui, de la part des parents de
Jésus, n’aurait pu être qu’une formalité, se révèle en réalité d’une portée
ecclésiale.
Pour nous chrétiens, qui
considérons Marie Mère du Seigneur, comme vierge de toute souillure, cette
obligation d’être «purifiée»
après l’accouchement de Jésus, nous
paraît sans doute une chose étrange. Mais Marie a accompli ce rite prescrit,
avec ferveur, accompagnée de Joseph, son époux, tout aussi fervent!
Faisant cela, elle savait qu’elle
participait à un grand culte de purification et d’offrande utile à
l’équilibre du monde.
En outre, la Torah stipule que tout
premier-né,
qu’il s’agisse d’un garçon ou d’un
animal, doit être consacré à Dieu
en rappel du jour où les Israélites
ont été sortis de l’esclavage d’Egypte (Exode 13, 2-12) «à main forte et à
bras étendu».
Oui! Comme Syméon, guetteur du
Messie d’Israël, homme d’espérance, et comme Anne la prophétesse, nous
cherchons le visage du Messie et voilà que, oh surprise! C’est Lui qui vient
à notre rencontre!
En la personne de Syméon, c’est
toute l’Eglise qui reconnaît Jésus comme le Messie attendu, «Lumière des
nations»
mais aussi «signe de
contradiction…».
Avec Anne et Syméon, Dieu fait de
nous des prophètes, des hommes et des femmes témoins d’espérance du jour où
«Dieu sera tout en tous…»
Oui ! Nos yeux se portent
aujourd’hui sur le véritable Temple qui est le corps même de Jésus, signe
définitif de la présence du Dieu vivant avec nous, au milieu de nous,
l’Emmanuel.
Et voilà que ces heureux parents,
porteurs de la Lumière du monde dans leurs bras, sont accueillis par deux
visages: Syméon et Anne : deux justes, deux priants, poussés par
l’Esprit-Saint, qui attendent activement le Messie promis à Israël. En eux,
c’est le peuple d’Israël tout entier qui attend le Messie! Celui qui sera la
Paix !
Le nom hébreu de Syméon nous invite
à l’écoute de la Parole, des événements, à l’accomplissement de la Parole de
Dieu.
«Ecoute, Israël!» en hébreu: «Shema
Israël!» (Dt 6, 4)
Quant à la prophétesse Anne, nous
sommes, par la signification hébraïque de son nom, invités à rendre grâce en
contemplant sans cesse les dons de l’amour gratuit de Dieu pour son Peuple:
Juifs et Chrétiens ensemble,
un amour sans exclusion offert à
tous les peuples, à toutes les nations :
Syméon reconnaît dans le petit
enfant la manifestation du salut: Jésus, le Christ, visage révélé du Père le
visage de tout humain.
Il s’exclame en le voyant:«lumière
pour illuminer les nations et gloire de ton peuple Israël!»
Comme Syméon et Anne dans le Temple
à Jérusalem, nous sommes invités, nous aussi, à entrer dans le «temple» de
notre cœur,
pour y rencontrer le visage de Dieu
Sauveur dans l’enfant Jésus, pour célébrer le mystère de sa consécration à
Dieu par ses parents,
la consécration de Marie elle-même
et celle de tous ceux et celles qui, suite à un appel particulier, se
mettent à la suite de Jésus,
librement, totalement, par amour du
Royaume. C’est le commandement de l’Amour :
«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu,
de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force…et ton prochain comme
toi-même» (Dt 6 et Lv 18)
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