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Kaddish |
Aspect historique
Bien qu’il soit difficile de dater la naissance d’une prière, la formulation
simple en langue araméenne (kaddish signifie « saint »), l'absence
d'une demande de reconstruction du Temple ou du retour des exilés suggère
que le Kaddish fut rédigé en Babylonie, à l'époque du second
Temple, alors que la Judée se trouvait sous domination romaine. La
similitude avec le « notre Père » chrétien qui exprime cette attente
messianique si forte à l'époque, confirme cette datation.
Selon le Talmud, le Kaddish fut d'abord établi pour clore une étude
ou une homélie aggadique, louer l’Éternel et bénir les Maîtres, il arrivait
même, que l'on mentionnât nominativement un sage particulier tel le chef
religieux de la diaspora (rech galouta). Dans la liturgie yéménite
on a retrouvé le nom de sages vénérables comme Maïmonide.
La première mention du Kaddish en tant que partie de l’office, se
trouve dans le traité Sofrim (Scribes) (IIIe siècle). À
l'époque des Guéonim (VIIe siècle), le Kaddish était déjà
codifié puisqu’il exigeait qu'il soit récité debout, en présence d'un
minyan, ou quorum de dix hommes majeurs religieusement.
Le Kaddish dans la prière
Depuis cette date, le Kaddish marque les différentes étapes de
la prière, les mystiques parlant des différents niveaux de dévotions liés
aux sphères supérieures. Dès lors, le Kaddish devient une sorte de
station où tous les fidèles se rassemblent, lorsque attentifs aux mots du
ministre officiant, ils répondent à l’unisson “Amen”. Cette idée
mérite notre attention, car l’une des particularités de la prière juive est
justement de traduire un équilibre entre la ferveur du particulier et la foi
de la communauté.
Ce Kaddish occupe une telle place que le Talmud affirmera que
quiconque répond “Amen” de toute la force de sa conviction verra
ses fautes effacées, car le fidèle exprime clairement son acceptation de la
royauté divine.
Construit à partir de versets tirés des Hagiographes (Psaumes,
Job, Daniel), le Kaddish possédait à l'origine
diverses formulations, jusqu’à ce que celle du séder rav Amram
(ouvrage liturgique composé par ce rabbin babylonien) soit adoptée (IXe
siècle).
Les différents Kaddish
A part le Kaddish des rabbins (Kaddish dérabanan), trois autres
furent élaborés par la Synagogue :
- Le demi-Kaddish (hatsi Kaddish) qui constitue en fait la
première partie de tous les Kaddish, qui commence par : “ Que son
grand Nom soit glorifié et sanctifié”. Cette louange sera entrecoupée par
cinq “Amen”, prononcés par le public, le troisième se prolongeant
par : “Que son grand Nom soit béni à jamais, d’éternité en éternité”,
formule qui est une réminiscence d’une pratique du Temple.
- Le Kaddish d'acceptation de la prière (Kaddish titkabal),
prononcé après la Amida et à la fin de l'office et qui est une demande
adressée à Dieu pour exaucer toutes les prières d'Israël.
- Enfin le Kaddish des orphelins (Kaddish yatom), traduit
à tort par Kaddish des morts. En entendant la traduction l’on
comprendra pourquoi cette appellation est fausse, puisque les défunts n’y
sont jamais évoqués. C’est le lieu de rappeler que la tradition hébraïque ne
connaissait aucun culte des morts (pas même dédié à Moïse), et que la prière
pour « l’élévation de l’âme » est tardive (après l’exil de Babylonie)
En fait, le but de ce Kaddish, comme les autres rites de
circonstance d’ailleurs, est d'aider les enfants à faire le deuil de l’être
aimé et à réintégrer le chemin de la vie en acceptant le décret du ciel,
comme dit le Talmud : “l'homme est tenu de bénir Dieu aussi bien pour le
bonheur que pour le malheur”. La récitation du Kaddish est donc ici
l’équivalent au tsidouk hadin ou acceptation de la justice divine.
Si malgré tout ce Kaddish fut associé aux morts, c’est en raison
des terribles massacres des Croisés au XIIIè siècle.
Pour être exhaustif, précisons qu’il existe un autre Kaddish des
orphelins qui est récité après l'enterrement et qui exprime le vœu de voir
la reconstruction du Temple et la résurrection des morts, Kaddish récité
également durant le jeûne du 9 av, mais du fait de sa rareté et de sa
difficile prononciation, seuls les plus orthodoxes le récitent.
Une merveilleuse liturgie s’est construite autour de ce texte ; chaque
communauté possède son air du Chabbat, des fêtes ou des Jours redoutables.
Si la sainteté renvoie à la séparation et par conséquent à la théologie de
l’altérité, le Kaddish est devenu la mélodie d’une rencontre où le
chant de l’homme égrène sur le fil du temps les perles d’un amour
intarissable.
(Extrait de
Lamed.fr) |
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Midrash |
Mot hébreu, de darash, scruter.
Nom hébreu masculin
singulier formé sur la racine d-r-sh, plus précisément sur le verbe
darash : exiger, interroger, examiner, d'où interpréter en
profondeur.
Évolution sémantique :
midrash apparaît à deux reprises seulement dans la Bible, dans un
contexte identique (II Chroniques 13,22 et 24,27 : [les
autres événements de la vie du roi] sont mentionnés dans le midrash
d'un prophète). Le mot signifie donc ici récit, exposé détaillé.
Dans la littérature talmudique il prend parfois le sens d'étude.
Mais selon le Traité des Pères (1,17), ce n'est pas le
midrash ou l'étude qui est l'essentiel, mais le maaseh,
l'œuvre, l'interrogation, l'action (cette rivalité entre œuvre,
action et étude se retrouve par exemple dans les Epîtres de
Paul). De ce sens d'étude pour midrash découle l'expression de
beyt-midrash maison d'étude
Le midrash construit donc une exégèse du texte
biblique. Toutefois, il s'agit d'une exégèse très
particulière qui use de paraboles, d'allégories, de
métaphores, de jeux de mots à base de glissements phoniques
(y compris entre hébreu, araméen, grec, voire latin),
sémantiques, allusifs, de concordances temuriques
(permutation des voyelles possibles) et guématriques
(à partir du calcul de la valeur numérique des mots)... et
qui finit par produire des textes fort éloignés du texte
biblique commenté. On considérera donc que midrash est
doté d'une homonymie interne :
- de nombreux midrachim (avec une minuscule) sont
rapportés dans les Talmuds ;
- on désigne aussi par Midrash (avec une
majuscule) des compilations d'enseignements oraux et de
commentaires systématiques des livres bibliques qui n'ont
pas trouvé place dans les recueils du Talmud ; on y trouve
aussi des proverbes, des contes et des fables ; de même le
recueil des Fables de La Fontaine, avec une
majuscule, contient des fables, avec une minuscule ;
- le midrach est enfin une méthode d'exégèse, aux règles
précises, dont les 13 principes de Rabbi Ishmaël donnent
une idée : on dit que tel verset dérive de tel autre « par
midrash » ; pour poursuivre la comparaison, le
recueil des Fables de La Fontaine dérive de celui
d'Esope par traduction du grec en français et par
application des règles précises de la versification
classique (rythme, rimes, allitérations, etc.)
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